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Menni Jab : l'EP Caméléon

L'auteur compositeur nantais Menni Jab dévoile son premier EP Caméléon.

Menni Jab Caméléon

Pouvez-vous nous présenter votre EP Caméléon qui est sorti récemment ?
Caméléon est mon premier EP et mon premier projet solo. C’est un EP de 6 titres que j’ai entièrement écrit et composé, qui rassemble des nouveaux morceaux et quelques anciens sons que j’ai retravaillé. Cet EP mélange des ambiances et des thèmes assez variés : on y parle de villes, de femmes et d’hommes, de cultures, mais aussi de vie nocturne, de rêves et de potes.

Quelles sont vos sources d'inspirations pour vos compositions et comment composez-vous ?
En général pour écrire un morceau, je pars d’une idée, d’une réflexion, d’une humeur, de quelque chose que je vois dans la rue. Il en faut assez peu pour commencer un nouveau morceau, juste une idée assez forte pour se mettre au bureau et commencer à écrire. Reste ensuite à trouver de quoi écrire une chanson en entier... Dans tous les cas j’essaye de partir du ressenti pour écrire mes textes car ils sonneront forcément plus vrais à la fin.
La particularité de ma musique est que je compose également l’ensemble des instrumentales, ce qui modifie forcément la manière de créer un morceau. Mais il n’y a pas deux fois où j’ai composé de la même manière : je peux commencer par écrire la musique puis les textes, l’inverse ou alors les deux en parallèle. Tout dépend de ce qui me vient en premier.
Au niveau musical, mes sources d’inspirations viennent de styles musicaux variés : rap, chanson française, électro, musiques du monde et même classique de temps en temps. Mais c’est tout de même dans le rap français que je trouve le plus d’inspiration : Youssoupha, Hugo TSR, Gaël Faye, Orelsan et beaucoup d’autres.

Pourquoi est-ce important de faire du rap conscient, poétique et rêveur ?
Je dirais tout bêtement que j’écris le rap qui me correspond, qui correspond à ma vision du monde. Et comme je suis quelqu’un d’engagé et de rêveur c’est venu naturellement. Au départ j’ai commencé à rapper essentiellement par goût de l’écriture et des beaux textes. Le but était avant tout d’écrire, et le rap était le style musical qui correspondait le mieux pour ça. Et aujourd’hui ce que j’aime c’est écrire des chansons fortes qui prennent au ventre quand je les chante sur scène, qui font réfléchir. 

Qu'est ce qui vous plait dans le fait de mélanger rap, slam et musiques du monde ?
J’ai toujours adoré les musiques sonnant d’ailleurs : Afrique, Amérique du Sud, Espagne, Portugal, Grèce… Principalement pour la chaleur des des mélodies, des sonorités, des ambiances et des couleurs. Je veux que ma musique change de couleur d’un morceau à un autre. C’est ce que j’ai recherché sur certains morceaux de l’EP comme Nantes et surtout Sin fronteras. Bien que je fasse du rap je ne veux pas restreindre ma musique à des frontières stylistiques. Et puis bien sûr il y a mon éducation et mes origines qui entrent en compte : mon père est marocain, ma mère est à moitié espagnole (de coeur) et j’entends du flamenco à la maison depuis que je suis petit.
Pour ce qui est du slam, c’est vrai que certains morceaux de l’EP s’en rapprochent plus que du rap. Mais je ne le fais pas exprès ! J’ai l’impression que plus j’écris un texte doux et poétique, plus j’ai tendance à slamer. C’est surtout une question d’interprétation je crois.

Pour cet EP, vous êtes passé du home studio à un studio professionnel. En quoi est ce important cette transition et comment se sont passés les enregistrements ?
Avant cet EP j’enregistrais effectivement tous mes morceaux dans le home studio très basique que j’ai monté dans ma chambre : un micro, une carte son, un clavier maître et deux moniteurs. J’ai le sentiment d’avoir poussé au maximum ce mode de création, mais n’étant pas ingé son je devais nécessairement en changer pour passer à l’étape supérieure. J’ai donc cherché un studio professionnel pour enregistrer cet EP. J’ai trouvé le studio Le Batiskaf à Nantes avec qui le courant est bien passé et l’aventure était lancée.
L’enregistrement a été une période très intense, enrichissante et extrêmement exigeante. Pendant 8 jours nous avons décortiqué mes morceaux un à un, arrangé mes instrumentales et enregistré toutes les voix. J’ai beaucoup douté pendant cette longue semaine avant d’arriver au résultat final, mais à la première écoute de l’EP complet j’étais très satisfait et fier du travail réalisé. 

Peut-on en savoir plus sur le titre Si j’osais et son clip ? D’ailleurs, est-ce tiré d’une histoire personnelle ?
Si j’osais est le premier titre que j’ai écrit depuis que j’ai commencé mon projet solo en 2017. Il est assez naïf mais très naturel, je l’aime bien, et je l’ai toujours chanté en concert. Cependant la version d’origine était trop maladroite car c’était ma première instru et mon premier mixage maison, du coup sur cet EP j’ai choisi de la retravailler entièrement et de le réenregistrer.
Comme on peut le deviner ce morceau est tiré de mon expérience, de mes hésitations au moment de terminer mes études et d’entrer dans le monde du travail, des choix entre la musique et le boulot, etc. J’ai écrit le morceau il y a déjà deux ans, j’ai osé un peu depuis, mais il est toujours autant d’actualité.
Concernant le clip, je voulais quelque chose de simple comme la chanson. Avec mon clippeur Raphael CreaProd on est donc parti sur l’idée suivante : alternance de plans en ville dans un univers de béton, et de plans en forêt symbolisant l’échappée et le souvenir. Simple et efficace. Il a fait un super travail sur l’image et les couleurs afin d’illustrer au mieux les deux univers ! J’en suis très content !

Vous avez réalisé un financement participatif il y a quelques temps, en quoi cela vous a-il été utile ?
Vous savez je n’ai pas fait ça pour l’argent… Non, je plaisante : ce financement participatif m’a permis de démarrer le projet avec un budget de plus de 3000€ d’avance ce qui est loin d’être négligeable, car enregistrer en studio coûte très cher. Je remercie d’ailleurs tous ceux qui m’ont soutenu dans ce projet. Et au-delà de l’aspect financier, le financement participatif m’a permis de rassembler 110 personnes autour de mon projet d’EP. Ça a donc été également un excellent moyen de communication en amont de la sortie. De plus pendant toute la création de l’EP j’ai pu échanger avec les contributeurs, recevoir leurs encouragements, etc. Ça m’a beaucoup aidé car faire tout ça seul et dans l’ombre aurait été bien plus compliqué...

Vous espériez également une subvention de votre ville. On sait que c'est compliqué d'avoir des aides publiques, l'avez-vous obtenue ?
Oui ! La Ville de Nantes fait beaucoup pour la culture et pour encourager les projets des jeunes Nantais. Il y a notamment un dispositif qui s’appelle le CLAP, qui permet d’accompagner financièrement et de promouvoir des projets artistiques, culturels ou sociaux initiés par les Nantais de moins de 25 ans. C’est ce dispositif qui m’a permis d’être subventionné et d’être accompagné aujourd’hui sur la diffusion de ma musique.

Si on se permet un jeu de mots, peut-on dire que vous et votre EP êtes de vrais "caméléons" musicaux ?
Bien sûr, et c’est d’ailleurs de ce constat que m’est venu le titre de l’EP ! Au niveau musical je suis passé par le piano, la guitare électrique et le rock / hard rock, la chanson française et enfin le rap. Et de manière générale, que ce soit dans la musique, le travail ou la vie en général, je me suis toujours bien adapté à des environnements très différents.

Une indiscrétion ou une anecdote à nous raconter sur l'EP Caméléon ?
La chanteuse sur « Sin fronteras ». C’est ma mère.

Aura-on l'occasion de vous retrouver sur scène prochainement et que représente-elle pour vous ?
Oui, à Paris et à Nantes. J’ai enchaîné pas mal de concerts dans les bars entre février et avril (Nantes, Bordeaux, Paris) avec mon pote Pi-Well et quelques autres amis rappeurs, beatmakers… et nous préparons en ce moment deux grosses dates le 18 mai à Paris pour le Point Gamma (plus grosse soirée étudiante de France) et le 7 juin à Nantes pour le festival SPOT. Pi-Well c’est un rappeur et surtout un ami avec qui j’ai commencé à rapper il y a 5 ans en école d’ingénieurs. Il a d’ailleurs sorti son premier EP Aurores – que je vous conseille vivement d’écouter – en février dernier. J’en profite aussipour glisser un mot sur Le Passage, le collectif hip hop dont je fais partie et que l’on a créé avec Pi-Well et d’autres rappeurs. C’est avec ce collectif qu’on sera sur scèneen mai et en juin, et lesconcertss’annoncenttrès très cools !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
J’espère que tous ceux qui écouteront Caméléon prendront autant de plaisir à l’écouter que j’en ai pris à le faire. Pour l’instant je savoure la sortie de l’EP et je profite un peu, mais ce n’est que le début d’une belle aventure !
Merci à Divertir et à Maxime pour cette interview. Et surtout merci à tous ceux qui m’ont soutenu de près ou de loin dans ce projet. Juste entre nous.

Merci à Menni Jab d'avoir répondu à notre interview !
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Menni Jab - Si j'osais (clip)

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