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Melquiades présente son EP Les parallèles

Melquiades est un artiste indépendant de la scène française. Il sort son EP Les parallèles le 19 octobre 2018. Melquiades, une chanson française à la fois brute et onirique qui se donne pour objet de dire avec poésie une réalité souvent très crue.

Melquiades

D'où vous vient votre passion pour la musique et est-il possible d'en savoir un peu plus sur votre univers ?
Je n'ai pas grandi dans un environnement musical fort mais j'ai très vite été happé par les sonorités, les voix et les textes de groupes et d'artistes comme Louise Attaque, Gaêtan Roussel, Noir désir, Alain Bashung,... C'est toute cette scène musicale française où la plume a une valeur très importante qui m'a construit musicalement. Je crois que ce sont davantage les mots et l'écriture qui me passionnent que la musique en tant que telle même si aujourd'hui les deux sont pour moi indissociables. Depuis mes premiers textes qui remontent à une dizaine d'années j'ai développé un besoin vital d'écrire, c'est devenu une sorte de réflexe sans que ce soit routinier. Ma musique se place toujours au service du texte, pour le mettre en valeur.

Pouvez-vous nous présenter votre EP Les parallèles ?
C'est un EP de 4 titres que j'ai écrit essentiellement en 2017.
De manière diffuse je crois qu'il aborde la question des contradictions intérieures, des contradictions sociales aussi. Ma théorie et J'alterne abordent cela d'une manière volontairement légère et distanciée, La foule dans une tonalité plus sombre et torturée évoque notamment la puissance de la norme et l'enfermement auquel elle peut conduire. Le titre Les parallèles à travers la métaphore d'un voyage en mer raconte que par la lutte, l'acharnement et la volonté on peut toujours essayer de tordre le coup au prévisible, à une forme de destin ineluctable qui nous attend.

Qu'appréciez-vous dans le fait de mêler réalité et poésie dans vos compositions ?
C'est pour moi la meilleure manière de traduire la réalité. Car la poésie est partout dans notre quotidien, y compris et surtout peut-être dans des situations d'une infinie banalité. L'urgence du quotidien, les délais, les impératifs font que trop souvent on ne prend pas le temps de s'arrêter dessus. Cette dualité poésie/réalité je l'ai découverte par la rencontre avec le réalisme magique de Garcia Marquez, à qui je dois mon nom de scène d'ailleurs.
Ce que j'aime là dedans c'est notamment le fait de révéler et de voir tout l'extraordinaire qui est présent dans l'ordinaire. Mais cela ne se limite pas à l'écriture, c'est une manière d'aborder les situations, la vie, les rencontres. Pour moi c'est la poésie qui donne du sens à l'existence. La poésie, c'est la seule chose à laquelle je crois vraiment.

Il y a un instrument qui vous plait tout particulièrement, c'est votre guitare. Pourquoi celui-ci et quelle place lui accordez-vous dans votre parcours ?
J'ai d'abord commencé par la basse plus jeune et puis très vite je suis passé à la guitare qui était l'instrument le plus évident pour s'accompagner au chant. C'est un instrument qui offre une très grande liberté, de composition, de déplacement aussi, on peut voyager très loin avec. Comme tous les guitaristes j'aime le rapport très physique qui existe avec cet instrument. Mais dès le début je l'ai abordé comme un support pour le chant. Je n'ai jamais vraiment envisagé de jouer de la guitare sans chanter. Peut-être que dès le départ ce qui m'intéressait c'était de raconter quelque chose, essayer de toucher les gens avec un propos.

Peut-on en savoir plus sur le titre Ma théorie ?
Un titre qui est né après de nombreuses discussions avec un ami qui fréquemment utilise cette tournure : “j'ai une théorie sur...”. J'aimais bien l'idée de cette phrase récurrente pour illustrer le fait qu'on a tous beaucoup de théories sur pas mal de choses. Sur le fond ce morceau aborde la question de nos incohérences et contradictions intérieures. En réalité je crois que toutes ces théories sont une manière de trouver une explication, une justification aux choses que l'on arrive pas à faire.
Ce que j'ai aimé dans l'écriture de ce morceau c'est de placer des situations d'une grande banalité et ridicules à l'échelle du monde, face à des lois et questions fondamentales qui en structurent le fonctionnement. Ceci dans le but de mieux faire ressortir l'absurdité et la dérision de certains de nos questionnements et points de vue.

Est-ce qu'il y a un titre que vous aimeriez plus cliper qu'un autre et comment imaginez-vous l'univers visuel de celui-ci ?
Les parallèles certainement. Je pense que c'est le titre qui a la symbolique la plus forte parmi les titres de l'EP. C'est surement le moins évident d'un point de vue de la réalisation car il évoque l'univers marin et fait allusion au terrible accident qu'a vécu Yann Elies lors du Vendée Globe 2008 (un récit qui m'avait particulièrement marqué et dans lequel j'y ai vu une grande portée symbolique). Mais il y aurait pas mal d'images et de parallèles – justement – à faire avec la traversée d'une vie, ses épreuves, ses tourments qui peuvent nous faire plonger ou au contraire nous révéler.

Aurez-vous l'occasion de défendre prochainement l'EP Les parallèles sur scène et quelle relation entretenez-vous avec le public ?
Oui j'ai eu plusieurs dates dernièrement, j'ai joué à la Fête de l'Huma, je suis allé faire deux dates de présentation de l'EP dans le sud, à Pau et Bordeaux et je serai en concert pour la sortie de l'EP à la Dame de Canton à Paris le 24 octobre prochain avec Vanehssa et Gris Lagon deux autres artistes de la scène française émergente. D'autres dates sont à venir pour la fin d'année et début 2019.
La scène est une évidence, c'est pour ça que je fais de la musique parce que c'est dans l'espace scénique qu'il se passe souvent quelque chose avec les gens. On vit un moment ensemble qui échappe à tout le reste envirronant. Il m'est arrivé après être allé voir un concert de me dire que ça m'avait changé. C'est ce sentiment là qu'on aimerait transmettre en tant que musicien, faire que le public se dise “ce soir il s'est passé quelque chose”. Et lorsque des gens viennent me dire qu'ils ont été touchés par mes mots, on se dit que c'est peut-être là notre place, sur scène.

Quel souvenir gardez-vous de votre programmation sur la scène Pression Live du Printemps de Bourges ?
Excellent ! Le Printemps de Bourges a une raisonnance particulière pour moi car très en phase avec ma culture musicale. Pouvoir y jouer, même sur le off, était une belle expérience. J'espère y retourner mais pour jouer dans le In du festival un jour !

J'ai lu que vous étiez aussi musicien du métro. Peut-on en savoir plus sur cet univers particulier, comment l'appréhendez-vous ? Avez-vous eu déjà l'occasion d'y jouer Les parallèles ?
Ca fait 2 ans et demi maintenant que je suis accrédité pour jouer dans les couloirs du métro. C'est une scène particulière, de rue, mais souterraine. On y apprend beaucoup et ça rend assez humble car personne n'est là bas pour vous écouter. Il faut être capable de supporter que pendant parfois de longues minutes il n'y ait pas d'attention particulière de la part des passants. Ce qui fait à la fois sa valeur et sa dureté c'est que c'est un lieu qui ne triche pas, qui nous renvoie immédiatement une sorte de vérité. Là bas on joue vraiment nus, sans artifices, sans lumière, sans scène, avec une acoustique souvent mauvaise. Donc lorsque malgré cela les gens s'arrêtent pour vous écouter, ça donne de la force pour tout le reste. Une fois qu'on a joué dans le métro, je crois qu'on peut jouer dans pas mal d'endroits...
J'y joue tous les titres de l'EP évidemment et d'autres qui n'ont pas été retenus pour cet EP. Je teste aussi de nouveaux morceaux, ça permet de voir si les gens sont récéptifs ou pas. C'est un bon exercice.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Que j'ai toujours hâte de monter sur scène pour défendre mes morceaux et y retrouver le public ! Je donne rendez-vous aux gens le 24 octobre pour découvrir cet EP et plus encore sur la scène de la Dame de Canton.
Dire aussi que je travaille dès maintenant à l'écriture d'un deuxième EP qui sera certainement plus ambitieux, avec une configuration scénique qui évoluera. Je développe plusieurs collaborations avec d'autres artistes qui viendront apporter de nouvelles choses... tout en gardant la ligne Melquiades !

Merci à Melquiades d'avoir répondu à notre interview !
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Musique interview

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