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Melba prépare son 1er EP

Rédaction Divertir Par Le mercredi, 20 février 2019 à 19:08 0

Dans Culturel

Melba prépare son premier EP et un clip en financement participatif. Découvrez l'univers de Melba qui entre sur scène comme sur un ring : présence irradiante. Uppercut.

Melba (crédit Hèctor Abela hotography)

Crédit visuel : Hèctor Abela Photography

Pouvez-vous nous présenter votre 1er EP et son univers ?
Ce premier EP est le résultat d'une longue maturation de mon côté. Même si tout est allé très vite dès lors que j'ai rencontré Bonetrips et Nicolas Steib qui sont les réalisateurs. Ca fait quelques petites années que j'écris, que je chante, que je cherche quelle musique je veux faire, quels mots je veux poser sur les sujets qui me touchent, sur quoi et comment j'ai envie de communiquer avec le monde.
Tout sera en français, il y aura 5 titres dont 3 que j'ai déjà joué sur scène et 2 nouveaux qui sont nés avec ce projet de disque. C'est de la pop, le beat avance, les basses se calent au fond du cœur et moi je pose ma voix sur des nappes de synthé bien stylés. La guitare d'Arno Jouffroy (qui m'a accompagnée sur scène ces 2 dernières années) va faire des apparitions, et Claudine Pauly et Nyna Loren au violoncelle et au violon vont venir faire vibrer tout ça avec la profondeur qui les caractérise, toute organique.

Peut-on en savoir plus sur le travail de composition et de préparation des titres avec Bonetrips et Nicolas Steib ?
J'ai voulu leur livrer mes chansons dans des versions les plus nues possibles. Je leur ai apporté la matière première, puis ils l'ont modelée. Je voulais qu'ils s'approprient totalement les morceaux. Ils savaient où je voulais aller, ils ont eu la mission de réaliser la musique que je voulais faire, tout en y mettant vraiment d'eux même. J'aime leur musique, ça m'a paru évident de leur confier la mienne. Tout ça, c'est de la réelle collaboration, entre nous 3, mais aussi tous les deux, dans leur travail de réalisateurs en duo. Ils ont vraiment respecté ce qui est au cœur de mon travail : le texte et la voix, tout en prenant de grandes libertés dans la composition. Ils ont comme recomposé mes titres.
Il y a aussi un morceau qu'on a composé ensemble dès le départ avec Nicolas, je suis arrivée avec un nouveau texte qui était sur une musique dont je n'étais pas satisfaite et j'avais envie de travailler dessus avec quelqu'un dès la genèse du morceau. Ca s'est fait naturellement, je suis arrivée en studio avec cette chanson, puis on a trouvé ce qui semblait juste pour mettre en valeur le texte. Je n'avais pas eu l'habitude de travailler en collaboration dès le début de la création et finalement c'est quelque chose que j'envisage pour la suite, ce qui s'est d'ailleurs déjà reproduit avec un autre morceau qui sera sur l'EP, qui a été co écrit avec Clou.

Comment appréhendez-vous le passage en studio ?
​J'ai beaucoup entendu dire de la part des musiciens qui ont beaucoup fait de scène que c'était douloureux. Je ne trouve pas. C'est sûr que c'est un tout autre travail. En tant que chanteuse, ça change toute la spatialisation du son. Je n'entends plus mon instrument comme d'habitude, de manière mixte (en interne et externe avec des retours sur scène par exemple) mais quasi que de manière externe avec le casque. C'est assez troublant, mais intéressant.
C'est surtout un énorme kiff en fait. Parce que je sens mes chansons naître réellement, avec du corps, plus de substance, c'est la magie de la réalisation, des arrangements, ça décuple les possibilités.

Parlez nous du titre Machine de guerre et de son clip...
Parfois, j'ai un sujet dont je sais que je veux parler absolument, mais je n'ai pas tout de suite l'angle, l'amorce, qui me fait passer le cap d'en faire une chanson. J'ai mis du temps à l'écrire, mais j'ai bien fait. Ca marque un vrai virage en terme de style d'écriture pour moi. J'ai trouvé avec cette chanson quelque chose qui me parle profondément. C'est un alliage entre du texte très ciselé et bavard, et un refrain plus vocal, posé.
C'est le premier titre que j'ai sorti de toute ma vie. Ca devient un symbole fort pour moi. Pour le clip, j'avais cette idée de lumière noire en tête depuis longtemps aussi. Je savais que je voulais dessiner les corps, dans quelque chose de très esthétique, avec une évocation des peintures de guerre mais tout en subtilité. Je ne parle pas de vraie guerre dans cette chanson, donc j'ai voulu m'en attribuer les codes que de façon subliminale dans les images.

Par les temps qui courent, l'EP de Melba ne signifierait-il pas : "faites l'amour pas la guerre" ?
On peut le voir comme ça oui. Les combats que je mène sont pacifistes. Je fais la bagarre, c'est dans mon tempérament, mais je me bats avant tout pour des choses intimes, qui sont souvent de l'ordre de la vulnérabilité. L'acceptation de soi, des différences, c'est vraiment l'une des choses qui me touche le plus. Puis se battre pour la réconciliation, pour trouver les points communs, ce qui peut nous faire vibrer, tous ensemble. C'est ma quête.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
J'ai cherché des solutions pour financer mon premier EP et en même temps faire découvrir ma musique, tenter de relier des gens à ce projet d'EP, fédérer ceux qui me soutiennent déjà depuis quelque temps grâce aux concerts, puis de nouvelles personnes, qui ne connaissent pas encore ma musique. Le financement participatif semblait réunir tous ces critères.

D'où vient cette idée d'offrir des culottes à vos contributeurs ?
Je voulais trouver un objet qui parle mes valeurs, et qui n'est pas classique dans les contreparties de financement participatif. C'est un vêtement merveilleux le sous-vêtement. Il est caché, et en même temps, ce petit secret peut être une belle source d'empowerment si on se sent bien dedans. Je rêve que chacun se sente bien dans son corps, peu importe quelle forme à ce corps. Faire une culotte "machine de guerre", c'est célébrer ça : chaque corps a du sex appeal, chaque personne, de toutes les manières possible. Je crois que porter un sous-vêtement qui te rappelle que tu peux prendre les choses dans une posture de saine puissance, ça peut donner de la force, de la confiance en soi. Ca fait beaucoup de missions pour une culotte mais j'y crois.

Vous pouvez soutenir l'EP de Melba sur Ulule.

 

En quoi l'auto-production est important pour vous plutôt que de passer par un label ?
J'ai eu à coeur de proposer un premier EP qui soit le résultat de mes rencontres artistiques et de mes cheminements personnels. Un label, en tant que producteur, se positionne clairement sur l'artistique. Je n'ai pas encore rencontré de label avec qui il y a eu d'évidence, donc l'évidence c'est de faire sans, et de suivre son instinct.

Est-ce qu'il y a un artiste avec qui vous aimeriez faire une collaboration ?
J'adorerais faire une collaboration avec un artiste musicien et pas forcément chanteur : je rêve d'une collaboration avec Ibrahim Maalouf. Sinon, il y a plein de gens que j'adorerais rencontrer et avec qui j'adorerais collaborer : Rosalía, Lady Gaga, Pierre Lapointe, Brigitte Fontaine, Safia Nolin, Terrenoire...

Si on se permet un jeu de mots, peut-on dire que l'EP de Melba donnera la pêche ?
Je pense plutôt que vous aurez la banane après l'avoir écouté. (moi aussi je sais faire !)
Sans rire, ce dessert a été créé en hommage à une chanteuse, donc... je suis plutôt fière de m'appeler comme ça. Si seulement Google existait, le monde serait au courant et me parlerait plus de mon homonyme que de crème glacée.

Faire un télé-crochet, comme The Voice, ça vous tente ?
Pour l'amour du fun pourquoi pas, surtout pour la chanteuse à voix que je peux être, mais je n'y pense pas, c'est une exposition médiatique éclair qui ne me fait pas rêver. Puis j'adore l'exercice de la reprise mais en réalité si j'écris c'est bien pour mettre mes propres mots sur ce dont je veux parler.

Aurez-vous vous l'occasion de donner des concerts à la sortie de l'EP et que représentent-ils pour vous ?
Oui, il y a 3 dates qui se concentrent autour de la sortie : Le 10 avril au Forum Léo Ferré d'Ivry sur Seine en région parisienne, le 12 avril A Thou Bout d'Chant à Lyon et le 13 avril au Château du Rozier à Feurs.
C'est très important pour moi de sortir ce disque et de le défendre sur scène. C'est là que la rencontre peut se faire avec les gens. Je serais très heureuse de savoir que les gens écoutent le disque et que les chansons fassent écho dans leur vie. Mais le moment du concert, c'est un moment à vivre ensemble, même si c'est moi qui ai la parole, on communique. C'est un échange émotionnel et peu palpable qui n'existe quasi qu'en étant au même endroit et au même moment, en partageant la musique ensemble.
En plus, le concert à Lyon aura lieu dans la salle avec laquelle j'ai une belle histoire. L'équipe m'a accompagné dans tout le cheminement artistique que j'ai eu depuis que je fais de la musique, et j'ai vraiment passé beaucoup de temps à travailler là bas, j'ai envie de naître encore entre ces murs. La sortie du disque, c'est un symbole que je suis heureuse de partager avec eux et avec le public de cette salle qui me porte aussi.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
 Merci beaucoup !

Merci à Melba d'avoir répondu à notre interview !
Vous pouvez la suivre sur Facebook.

MELBA - Machine de Guerre

Musique interview

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