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Marion de Juniac présente son livre Chronos – Un temps pour jouer

Maxime Lopes Par Le mardi, 08 décembre 2020 à 10:22 0

Dans Culturel

Marion de Juniac présente le premier tome de son livre Chronos – Un temps pour jouer. La notion du temps ne sera plus jamais la même après la lecture de Chronos.

Marion de Juniac

Pouvez-vous nous présenter votre livre Chronos – Un temps pour jouer ?
Chronos – Un temps pour jouer est le premier tome d’une trilogie, qui s’adresse aux adolescents, mais pas seulement. C’est l’histoire de Lisa, une jeune adolescente, qui rêve d’échapper à sa vie banale par le biais d’un jeu vidéo fascinant, où elle est entraînée dans une quête effrénée du temps, pour sauver le monde du chaos. Captivée par le merveilleux monde de Gaia, elle ne se rend pas compte qu’elle perd pied dans sa vraie vie…

Pourquoi vouloir évoquer les risques d'addictions des ados face aux écrans et aux jeux vidéo dans Chronos ?
Notre relation face aux écrans est un sujet omniprésent de nos jours ! Cela concerne les ados, mais aussi les adultes. Le jeux vidéo n’est qu’une facette de ce phénomène, mais elle est importante, car souvent mal comprise. S’évader dans un autre monde où l’on peut expérimenter un autre aspect de soi-même est une incroyable opportunité pour les joueurs. Mais, le risque d’addiction est fort et souvent un sujet épineux dans les familles concernées. Avec Chronos, j’espère entre autres créer un dialogue entre les ados et leurs parents et faire réfléchir toute la famille sur des sujets plus globaux, presque philosophiques, comme le temps ou les rapports aux autres.

Quel a été le déclencheur pour écrire cet ouvrage et vos études de psychologie ont-elles façonné votre approche dans son écriture ?
Oui, mes études de psychologie m’ont clairement influencée, voir aidée dans la conception de ce roman, qui a un volet psychologique important. Pour commencer j’ai lu énormément d’articles et de livres sur les jeunes et l’attrait que les jeux vidéo représentent pour eux, ainsi que les risques d’addiction. Et puis dans l’écriture même du roman, je me suis appuyée sur mes connaissances pour créer des personnages authentiques et des conflits et relations justes.

Dans quelles conditions aimez-vous écrire ?
Il faut que je trouve un moment de paix intérieure. J’ai besoin d’être certaine d’avoir un moment sans être dérangée, ce qui n’est pas toujours évident. Cela peut être dans un café, à la maison, sur un bateau. Comme Lisa j’ai besoin de temps pour plonger dans mon histoire.

Parlez-nous du personnage principal de Chronos : Lisa...
Au début de l’histoire, Lisa est une fille parfaitement normale, qui est happée par le jeu parce qu’elle peut y vivre des choses extraordinaires. A son âge tout parait compliqué – voire impossible – les amis, les parents, son propre corps, donc quel cadeau de pouvoir fuir, s’échapper dans un autre monde, et d’y rencontrer des nouveaux amis, changer d’aspect physique. Découvrir une autre réalité, plus intense, plus facile, plus exigeante, moins banale. En quelque sorte c’est une Alice au pays des merveilles moderne.
Et puis, je l’aime bien cette fille ! Je m’y suis attachée et j’espère que cela sera pareil pour le lecteur.

Lisa s'isole de sa famille et de ses amis, a sa vie scolaire perturbée et sous-estime même son état de santé. Quels conseils donneriez-vous à ceux qui rencontrent cette problématique et leurs proches ?
Je suis avant tout romancière, donc je ne sais pas si j’ai beaucoup de conseils à donner… mais on voit bien dans la relation entre Lisa et sa mère qu’il y a des opportunités manquées, des incompréhensions et un problème de communication. Je crois qu’il y a toujours un moment où les ados ont envie d’échanger avec leurs proches sur cet aspect de leur vie. Il ne faut pas leur fermer la porte… Pour le reste, pour savoir comment et si Lisa va s’en sortir, il va falloir patienter jusqu’au dernier tome ;-)

2020 a été une année sacrément moche avec ses 2 confinements... N'est-ce pas illusoire de se passer des écrans quand on est coincé chez soi ?
Si, bien sûr, je dirai même que c’est impossible ! D’ailleurs, je ne pense pas qu’il faille se passer complétement des écrans. Les histoires qu’on y raconte sont souvent des formidables échappatoires, que cela soit des séries, des films ou des jeux. En revanche il faut faire attention qu’ils ne prennent pas le dessus sur nos vraies vies, qu’ils ne remplacent pas la réalité.

Chronos commence avec la vie d'une jeune fille normale. Regrettez-vous nos anciennes vies d'élèves par rapport aux nouvelles générations connectées et avec le téléphone greffé dans la main ?
En ce qui me concerne, j’ai eu mon monde de Gaia devant la porte de la maison dans laquelle j’ai grandi. C’est donc forcément une enfance très différente de celle de la plupart des enfants d’aujourd’hui. Mais ce que je regrette le plus c’est cette liberté que nous avions, de ne pas être joignable. Cette liberté moi aussi je l’ai perdu.

Que peut-on savoir du monde de Gaia dans lequel Lisa s'évade et se réfugie dans le jeu ?
Gaia est un monde perdu mais un monde vrai ! Ce que je veux dire par là, c’est que ce n’est pas qu’un monde fantastique ou fantasmé, mais un monde que j’ai connu et qui existe encore aujourd’hui dans certains endroits de la planète. C’est un monde que l’homme n’a pas encore gâché et je crois que nous sommes nombreux à ressentir une certaine nostalgie de ce monde. Même et surtout les jeunes, qui pourtant sont de plus en plus rare à l’avoir connu !

On n'a pas encore évoqué le temps qui a une influence majeure sur le récit, notamment à travers le bracelet que porte Lisa. Pourquoi le temps est-il si important ? Nous échappe-il et devons-nous mieux nous concentrer sur des choses plus essentielles ?
En tout cas, il m’échappe souvent. Oh combien de fois cela m’arrive de m’assoir pour écrire et de finir par être distraite par le monde infini du World Wide Web : une véritable toile d’araignée, qui vous attrape et dont vous ne pouvez vous échapper que difficilement. Et finalement ce temps est souvent – pas toujours – une perte de temps. En revanche je ne prêche pas du tout l’efficience dans nos vies, au contraire maintenons à tout prix notre capacité de rêver les yeux ouverts ! Pour une écrivaine, l’ennui est une formidable source d’inspiration.

Qu'est-ce qui vous a plu dans le fait de tenter l'aventure de l'autoédition et est-ce trop compliqué de faire appel à un éditeur ?
Il y a plusieurs raisons, qui m’ont poussée à tenter l’autoédition. La difficulté de trouver un éditeur pour un premier roman en était une. Il est clair que l’autoédition ne vous procure pas la validation de « l’establishment » si important pour beaucoup d’écrivains débutants. Mais dès lors que vous vous en affranchissez, l’autoédition représente certains avantages. C’est d’abord le chemin le plus direct vers vos lecteurs. Vous avez ensuite la main sur beaucoup d’aspects liés à la sortie de votre livre et vous gardez vos droits, donc votre liberté. Après, il faut se lancer dans l’autoédition avec professionnalisme, connaitre ses propres limites et s’entourer le cas échéant d’experts de l’édition, comme je l’ai fait pour Chronos.

Peut-on en savoir plus sur la première de couverture de Chronos – Un temps pour jouer ?
La couverture est issue d’une collaboration avec une graphiste française, Marie-Inés Langland et mon éditrice Geneviève de la Bretèche. Nous nous sommes assez rapidement mises d’accord sur le concept avec la silhouette de notre héroïne au centre. J’adore le résultat final, qui est à la fois mystérieux, esthétique et tout simplement beau ! Il donne envie d’ouvrir le livre.

Avez-vous déjà des retours de lecteurs sur Chronos et, même si c'est compliqué, aimeriez-vous les rencontrer pour des séances de dédicaces ?
Oui, j’ai déjà pas mal de retours de mes lecteurs, qui ont été happés par l’histoire de Lisa et qui souvent ont lu le livre d’un trait ou presque. Évidemment je rêve de les rencontrer. Malheureusement, plusieurs dédicaces de lancement ont été annulées, mais j’espère pouvoir en planifier d’autres, dès que la situation nous le permettra.

Vous venez de sortir votre premier tome. A quoi peut-on s'attendre dans les prochains épisodes de votre livre ?
Je sais que c’est évidemment une question qui démange beaucoup mes lecteurs, mais pour garder le suspense, je préfère garder le secret…

Votre nouvelle La berceuse était parmi les finalistes d’un prix littéraire. Qu'est-ce que cela vous évoque et est-ce important ?
Même si le retour de mes lecteurs est la validation la plus importante pour moi, un prix littéraire (même si on est seulement parmi les finalistes) reste une belle reconnaissance dans un monde où il est difficile de percer.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
J’espère tout simplement que ce livre continuera à faire son chemin, qu’il sera lu par les ados et leurs parents, apprécié par les adeptes du jeu vidéo et par des accros de la lecture et que chacun y trouvera quelque chose pour lui, mais comprendra aussi un peu mieux l’autre.

Merci à Marion de Juniac d'avoir répondu à notre interview !
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