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LyriX Lost Hours présente l'EP This Is Who We Are

Maxime Lopes Par Le samedi, 09 juillet 2022 à 11:01 0

Dans Culturel

LyriX Lost Hours a sorti l'EP This is who we are, accompagné du clip Hello, hello.

LyriX Lost Hours - This Is Who We Are

Rien ne prédestinait LyriX Lost Hours à exister. Ballotté par les échecs personnels entre Reims, la Région Parisienne, l’Ecosse, Toulouse, et enfin la Normandie, c’est en anglais qu’il chante comment il s’est relevé chaque fois.

C’est dans cette Pop résiliente, quelque part entre un Andy Warhol post-Valerie Solanas et Rover, que LyriX Lost Hours vous drape dans sa voix pour délivrer son message parfois mélancolique, mais toujours réconfortant.

Membre de la Vague Folk de Lewis Evans, et accompagné par la SMAC Le Cargö Caen, il signe en 2021 chez Indelible Records (The Lanskies 1er album, Mélanie Destroy) et enregistre dans la foulée un EP “This is who we are” sorti en Mai 2022, réalisé par André Baille Barrelle - Studio LDC (Thomas Dutronc & Aurore Voilqué, Charles Pasi…), et un clip pour le single “Hello, hello”.

Un album est à venir, sortie prévue fin 2022.

Interview

Pouvez-vous nous présenter l'EP This Is Who We Are et son univers ?
Cet EP m'est venu à mes heures perdues en avril 2020. "This is who we are" est un constat amer et pourtant positif. J'étais sidéré comme tous par l'ambivalence du moment où je constatai, impuissant, la fragilité du monde dans lequel nous vivons ainsi que celle des humains d'une part, mais aussi d'autre part la nécessité de paraître fort devant mes filles afin de les rassurer alors que je n'avais aucune idée de ce qui allait nous arriver. J'ai même fait un morceau avec elles, un jour, comme exutoire ! On retrouve cette idée d'ailleurs dans "Hello, hello". "This is who we are", c'est le besoin d'un retour à notre nature profonde, proche de nos émotions, de nos sensations, et de se retrouver.

Comment votre parcours personnel et vos voyages ont influencé cet EP ?
J'ai été habitué dès le plus jeune âge à déménager souvent, changer d'école, d'amis, de région... Ce côté instable m'a conduit une fois adulte à pas mal bouger moi-même, j'avais toujours le sentiment de n'appartenir à aucun lieu, aucune histoire commune; mais je crois aussi que ça a développé chez moi une capacité à rebondir après les échecs, et j'en ai eu ! Partir en Ecosse à 25 ans a été une vraie libération chez moi, il y a tout ça dans cet EP. Le côté aérien des paysages majestueux que j'ai pu ressentir dans les Glens, l'humilité d'un peuple qui veut juste vivre tranquillement, et qui m'a accepté comme l'un des siens. Il y a de mes échecs et de ma résilience dans chacun des titres de cet EP.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental ?
André Baille Barrelle (Studio LDC) est intervenu comme réalisateur pour arranger l'EP. Ça a été une très belle rencontre, un peu intimidante au début pour moi, mais André est une personne qui est capable d'entrer dans mon cerveau, d'arranger sans pour autant détourner mes titres; au contraire, ça reste mes chansons, mais en mieux, ha ha ! On a d'abord enregistré "Hello, hello", "Ink in my pen", et "This is who we are" avec Benjamin Poisson (batterie), André a fait la basse et j'ai fait les guitares et les voix. Puis pour "Words", Michaël Rête (basse) et Paul Escoffier (guitare électrique) ont rejoint le projet et m'accompagnent maintenant en concert, et Jacques Favrel a fait les percussions; c'était une évidence qu'il y en avait besoin, elle a un caractère un peu oriental, presque mystique, cette chanson; d'ailleurs on adore la jouer en Live pour son climat. Paul fait des textures géniales avec ses pédales à la fin du morceau ! Il y a aussi des nappes de synthés qui ont traversé mon enfance, comme le Mellotron dans "Ink in my Pen" qui me rappelle Bowie ou les Beatles.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
Loïc de Bénazé m'a contacté en 2020 alors que je postais mes morceaux sur Facebook. Il m'a proposé de faire un essai et d'enregistrer d'abord "Hello, hello" dans son studio à Saint-Lô (50), puis comme j'en avais d'autres qui lui plaisaient, j'ai signé chez son label Indelible Records, et il a fait appel à André pour venir enregistrer cet EP.  Le studio de Loïc est incroyable ! C'est un amoureux du son, du bon son. Il a tous les preamps imaginables pour reproduire l'ambiance des enregistrements anglais ou des USA. Je n'y comprends pas tout techniquement, mais c'est probablement l'un des meilleurs studios de Basse-Normandie ! Je le remercie encore aujourd'hui parce que ça joue énormément sur la qualité sonore de cet EP, forcément.
Pour être complètement franc, je voulais mettre en boîte des morceaux puissants, mais j'avais une appréhension, notamment pour le chant, je ne me voyais pas vraiment comme un chanteur, alors que je chantais déjà depuis un moment dans un groupe. Mais je n'étais pas sûr que je parviendrai à reproduire ce que j'avais fait avant. Entre faire des maquettes chez soi et enregistrer dans un tel studio, de label qui plus est, avec un réalisateur pro qui a travaillé avec des grands de la musique, ça n'a rien à voir. C'est là qu'André a été super, il m'a mis en confiance, et j'ai vite su que j'allais pouvoir travailler facilement avec lui.

Parlez nous du titre Hello, hello et de son clip...
J'écris beaucoup sur le temps qui file entre les doigts, ça me pétrifie. Hello, hello est la rencontre entre 2 personnes : l'une a perdu quelqu'un et réalise qu'elle ne sera plus jamais avec, et l'autre l'entend, s'approche, et essaie de la réconforter comme elle peut, comme un ami le ferait la main sur son épaule, en lui disant qu'il y aura des jours meilleurs, tout en sachant que ça peut être faux. Mais parfois, on est obligé d'arranger la vérité pour rassurer, comme quand on est parent.
Pour le clip, j'étais parti sur un tout autre scénario, mais je sentais que ça n'irait pas, difficile à expliquer. Je cherchais à ce que l'histoire racontée dans le clip ne soit pas forcément celle de mes paroles. Et puis peu de temps avant le tournage, peut-être 1 mois, j'ai eu cette idée du robot, cet être déshumanisé commandé en ligne, dont on se sert et on abuse quelques temps, mais qui bugge lorsqu'il commence à montrer des signes de résilience, et dont on se débarrasse un peu trop facilement. La fin du clip nous a semblée évidente, à Enzo Lair (réalisateur) et moi, mais je ne veux pas spoiler, ha ha ! On m'avait offert un coffret DVD d'une série scandinave il y a des années, Real Humans, elle vient de réapparaître sur Arte replay récemment, j'ai vu. Je suis sérievore, et elle m'avait marqué, cette fiction. Ensuite, ce n'était pas fini. C'est bien beau d'avoir des idées, mais pour représenter un robot à l'image, c'était vite compliqué, et je n'avais pas le budget de Real Humans ! Je cherchais qui allait pouvoir jouer ce robot, et là je suis tombé sur l'Insta d'une amie photographe, Nina Couppey, maquillée, déguisée, et avec une expression qui collait parfaitement au personnage que je cherchais, presque désinvolte. Un rôle féminin était parfait, encore plus fort pour illustrer mon propos. Puis son ami Benji s'est joint au cast, et il a été au-delà de mes espérances pour jouer le solitaire misogyne aux attitudes consuméristes, il était à fond dans le rôle !

Que peut-on savoir de la pochette du disque This is who we are ?
En tout cas pas le lieu où la photo a été prise ! C'est l'oeuvre de Jacques Blondel, même à moi, il ne me l'a jamais dit ! Jacques est une personne dont j'admire vraiment le travail et le coup d'oeil. Malgré la sobriété de ce cliché, il dit tout ce que cet EP exprime : espace, étendue, proportions, horizon... La terre est comme balafrée, et pourtant cette photo est chargée de perspectives possibles malgré son économie. C'est très fort.

Que souhaitez-vous apporter au public avec This is who we are ?
Difficile de répondre à ça... Si ça peut apporter une parenthèse aux gens le temps de l'écouter, que ça les sort de leur quotidien, voire les surprend agréablement, je serai déjà très heureux.

Avez-vous une anecdote à nous raconter ?
Pour le clip Hello, hello, je me revois dans mon garage avec un fer à souder, en train d'essayer d'alimenter en électricité une diode de couleur avec une pile 9V. J'étais une quiche en Techno au collège, ça n'a pas bien changé, j'avais oublié qu'il fallait une résistance, j'ai probablement dû en griller une douzaine avant de comprendre, ha ha !

Des concerts sont-ils prévus et que vous procure la scène ?
J'ai joué aux "Baroclites", le Off des Hétéroclites à Saint-Lô en juin, à présent je suis mon propre booker. D'ailleurs, avis aux programmateurs de salles et festivals ! Si vous souhaitez surprendre votre public, que vous aimez faire découvrir de nouveaux artistes, I'm your man :)

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci !

Merci à LyriX Lost Hours d'avoir répondu à notre interview !

Lyrix Lost Hours - Hello, hello

Musique interview

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