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Luka Faulisi trace son propre chemin

Maxime Lopes Par Le vendredi, 08 octobre 2021 à 15:34 0

Dans Culturel

Le violoncelliste Luka Faulisi trace son propre chemin.

Luka Faulisi

Une pâte sonore chargée de caractère

« a million dollar sound » - voilà comment Pinchas Zukerman caractérise le timbre du violon de Luka Faulisi, dont la petite vingtaine n’atténue en rien l’expression d’une personnalité déjà forte et singulière. A la rencontre entre le tempérament italien, le sentimentalisme de l’âme russe et la nostalgie slave, la sensibilité artistique de Luka Faulisi exploite une pâte sonore pleine, reconnaissable entre mille et chargée de caractère. « Des facilités incroyables » pour Jean-Jacques Kantorow, « un virtuose incroyablement doué » pour Pavel Berman... la sphère internationale du violon s’accorde pour remarquer un talent hors-norme, en pleine éclosion.

La passion comme leitmotiv

Élevé entre deux parents musiciens, Luka découvre l’endroit et l’envers du décor dans un apprentissage conjoint : avec son père, grand facteur de têtes de flûtes qui reçoit à Paris les plus grands instrumentistes, et par l’étude du violon qui s’impose très tôt entre ses mains d’enfants. Cadet d’une sœur pianiste et mezzo-soprano, Luka est bercé par le répertoire lyrique qui fait partie intégrante de l’univers familial. L’Italie, la passion et le drame deviennent leitmotiv dans un patrimoine d’une immense richesse.

Maturité anticipée

A onze ans seulement, Luka fréquente de très près les services de réanimation de la Salpêtrière qui accueillent son père après un accident. Son quotidien au violon auprès des patients et des infirmiers pendant un an et demi creuse la sensibilité du jeune musicien dont la maturité se développe de manière anticipée. Celle-ci l’emmène quelques mois plus tard à la première place du concours Arthur Grumiaux, à treize ans seulement. Luka Faulisi trouve sa place artistique dans le sillon d’écoles hybrides – notamment l’héritage croisé par Maxim Vengeron entre l’école russe et l’ouverture américaine. Nemanja Radulovic, Kreisler, Ysaye, Vieuxtemps... alimentent son univers qu’il définit volontiers comme « old fashion »

A l’écoute des plus grands

Très libre dans ses influences, Luka Faulisi s’est formé auprès de professeurs variés : Alexandre Brussilovsky, qui fut l’élève de Jankélévitch dans une des plus grandes classes de l’URSS, lui apprend une technique solide. Le pédagogue Miroslav Rusin, ancien disciple de David Oïstrakh, l’aide ensuite à développer son vibrato, sa structure et sa musicalité. Il lui transmet alors l’héritage de Stern et Menuhin qu’il fréquenta également. Ensuite à Maastricht, Boris Belkine lui permet de développer une technique extrêmement exigeante, avant que la rencontre avec Roman Simovic n’apporte à Luka l’ultime dimension qu’il attendait chez un maître : une référence musicale, artistique et instrumentale, une oreille et un suivi attentif. A l’écoute des plus grands, Luka Faulisi recherche une indépendance artistique et croise les conseils et enseignements avec intelligence et humilité.

L’indépendance d’un musicien atypique

Fort d’un enseignement très complet et d’une expérience développée notamment auprès de l’académie Menuhin à Gstaad, Luka s’illustre désormais dans un répertoire vaste : les concertos de Prokofiev, Brahms, Glazunov, Sibelius, Tchaïkovski, Mozart... Le disque Aria qui paraîtra en 2022 présentera une série d’airs d’opéra au violon, accompagnés par le pianiste Itamar Golan. Ce choix de programme affirme l’indépendance d’un musicien atypique et détaché des balises académiques dont on attend les prochaines années avec délice et curiosité !

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