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Luc Alenvers : le livre Le Seigneur des écorchés

Maxime Lopes Par Le mardi, 11 janvier 2022 à 18:35 0

Dans Culturel

Luc Alenvers vous fait voyager au Mexique avec le livre Le seigneur des écorchés qui célèbre le dieu maya Xipe Totec.

Luc Alenvers - Le Seigneur des écorchés

Résumé Le seigneur des écorchés

San Pedro Sula, Honduras : Marybel, accompagnée de sa mère et de sa jeune soeur, rejoint la caravane des migrants qui quitte le pays le plus violent au monde, dans le but de s'installer aux États-Unis. Péninsule du Yucatán, Mexique : Artemio Fuentes est apiculteur-chaman. Paris : Jill, effeuilleuse pole-dance, s'apprête à partir au Yucatán avec sa compagne Chloé. Mexico : Carlos Del Rio est un luchador au masque figurant une roue solaire noire. Tout ce que le peuple mexicain n'aime pas. Ces personnages se retrouveront liés par l'hommage rituel et sanglant rendu au dieu maya Xipe Totec, « le Seigneur des écorchés ».

Le seigneur des écorchés
Luc Alenvers
192 pages
ISBN: 978-2-343-25102-8

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre livre Le Seigneur des écorchés ?
C'est un polar explosif qui dissèque l’envers du décor mexicain : le tourisme de masse, la corruption, le couloir migratoire entre le Honduras et les Etats-Unis. On suit Marybel, une jeune Hondurienne, Jill, parisienne effeuilleuse, Artemio Fuentes, apiculteur et chaman maya, Carlos Del Rio, luchador au grand coeur. Loin de tout manichéisme, sans leçon de morale, mes personnages se promènent au milieu d'un champ de ruines où pointe par instants, un soleil resplendissant.

Quelles ont-été vos sources d'inspirations pour cet ouvrage ?
Un fait divers lu dans Libération, qui racontait la découverte d'un serial-killer mexicain, qui découpait ses victimes, les enterrait dans le sol de sa maison (suivant l'ancienne tradition maya), et revendait les organes à des cliniques.

Qu'est-ce qui vous a intéressé d'évoquer notamment la situation des migrants d'Amérique latine vers les Etats Unis ?
L'empathie. Me dire que, si j'étais dans un pays en guerre ou un pays violent, il faudrait me résoudre à quitter mon propre pays, me déraciner, et essayer de vivre en paix dans un lieu qui m'accueille. C'est ce trajet que j'essaie de raconter avec le personnage de Maribel, une jeune Hondurienne, qui quitte San Pedro Sula, la ville la plus meurtrière au monde, afin de fuir la violence, la délinquance, la misère, la corruption et l’indifférence.

Vos personnages se retrouvent pour célébrer le dieu maya Xipe Totec (le Seigneur des écorchés). Que peut-on savoir à ce sujet et pourquoi y avoir placé une intrigue ?
Le Seigneur des écorchés, le Dieu Xipe Totec, est le dieu de la fertilité et de la régénération des cycles agricoles pour les Mayas. On lui rendait hommage lors de la fête de Tlacaxipehualiztli, qui signifie « mettre la peau de l'écorché » en langue nahuatl.
Devant des milliers de sujets, les rois-prêtres Mayas ouvraient la cage thoracique des victimes pour leur arracher le coeur. Ils étaient ensuite dépecés et leurs peaux étaient revêtues par les rois. Un nouveau cycle agricole pouvait alors commencer sous les meilleurs auspices.
Je voulais garder l'histoire initiale du tueur mexicain, qui respectait les traditions et les cultes mayas. Ça me paraissait intéressant de développer un personnage immergé dans cette culture violente et sanguinaire, qui l'amenait à une vision détraquée du monde actuel.

Quelle place occupe les cultes et rituels dans le roman et que peut-on savoir à ce sujet ?
Le prologue se déroule à Chichen Itza, dans la péninsule du Yucatan au Mexique, en l’an 893. On assiste à la cérémonie du Seigneur des écorchés, sur une pyramide, sous l'égide du roi-prêtre Itx’ak Barum « Griffe de Jaguar », chef militaire et religieux de la Cité-État Maya de Chichén Itzá. On suit ensuite, tout le long du roman, mais à notre époque, un personnage qui est le descendant du roi-prêtre et qui perpétue à sa manière les rituels sanglants de son ancêtre.

Que peut-on savoir de votre personnage Carlos Del Rio ?
Carlos Del Rio dit El Sol Negro « Le soleil noir », est un luchador, un catcheur au masque à la figure circulaire constituée d'une roue solaire prolongée de douze rayons. Le symbole de l’éclipse du soleil. Tout ce que le peuple mexicain n’aime pas.

Votre vie personnelle et votre parcours ont-ils inspiré une partie du récit ?
Non, c'est un monde imaginaire inspiré de la réalité, mais dans lequel je n'évolue pas. Je me sors de moi-même et de mon environnement pour découvrir d'autres pays sans y être allé. Cependant, on peut me retrouver dans les scènes de baston, où je me sers de mon expérience en sports de combat (boxe thaï, karaté contact, krav-maga) pour décrire les actions.

Qu'est ce qui vous a intéressé et motivé à passer de la musique à l'écriture avec ce roman ?
Tout d'abord, j'écris les textes de mes chansons et j'anime pas mal d'ateliers d'écriture. C'est en participant à un atelier avec Karim Miské (Arab Jazz), que je me suis confronté au roman. C'est devenu un plaisir d'écrire de longues histoires.

Dans quelles conditions avez-vous écrit votre livre et êtes-vous plutôt papier ou ordinateur ?
J'ai fini et peaufiné ce roman pendant le 1er confinement. Je fais mes plans sur papier, mais j'écris sur ordi.

Pourquoi avoir choisi Le Seigneur des écorchés comme titre pour votre ouvrage ?
Parce que ça sonnait bien. Ça reflète à la fois la culture maya et l'esprit polar du bouquin.

Des séances de dédicaces sont prévues. En quoi ces moments d'échanges sont importants pour vous ?
Ça permet de se confronter avec ses lecteurs, de recueillir leurs avis, leurs ressentis, leurs critiques aussi.
Éventuellement de boire un verre avec eux, et de parler de mes romans à venir : "Rodéo Park" et "Proxima Centauri".

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Faites gaffe au Seigneur des écorchés... Ne lui tournez pas le dos...

Merci à Luc Alenvers d'avoir répondu à notre interview !

A propos de l'auteur

Alenvers nous vient tout droit de Cuba. Musicien dans l'orchestre de Roselindo Consuelo, il est mis à la porte du groupe pour une vague histoire de rhum frelaté. Pourchassé par des malfrats, il traverse la forêt amazonienne en se nourrissant de serpents et de crocodiles. À Buenos Aires, il se cache dans un container à bananes, traverse l'Atlantique et atterrit en Espagne. À nouveau inquiété pour une sombre histoire de vodka trafiquée, il s'enfuit en France, subit une opération du visage et réapparaît sous le nom d'Alenvers.

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