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Los Disidentes Del Sucio Motel : l'album Polaris

Los Disidentes Del Sucio Motel reviennent avec l'album Polaris.

Los Disidentes Del Sucio Motel - Polaris

Los Disidentes Del Sucio Motel ne cesse de tracer son sillon depuis 15 ans sur scène.  Forts d'une identité évoluant au fil des albums (« Soundtrack for the Motion Picture » en 2010 et « Arcane » en 2013 chez Deadlight Ent (FR) puis « Human Collapse » en 2016) et marqué d'un caractère sonore transcendant, l'expérience s'enrichit depuis 4 ans de projections en live.  Plongeant alors le public en immersion totale dans l'univers du groupe, leur dernière tournée les emmènent dans plusieurs pays d'Europe, mais également au Hellfest sous la Valley.  
 
Dépassant désormais les codes du genre, s'attaquant à des perspectives célestes logées au creux de l'humain pour leur 4e album « POLARIS », le groupe est en plein travail scénique.  Cette évolution d'orientation associée à un changement de line-up, rabat les cartes des envies de sonorités toujours plus enrichissantes dans la composition.  Les nouvelles chansons se doivent d'exister maintenant sur scène et LDDSM fidèle à sa réputation, se prépare à le faire de la manière forte.

Interview

Que peut-on savoir sur Los Disidentes Del Sucio Motel et pourquoi avoir choisi ce nom ?
Et bien c’est une longue histoire. Au départ c’était un side project. Nous évoluions tous dans divers groupes et puis un jour ces groupes se sont tous arrêtés et ce qui était un projet récréatif est devenu notre projet principal. Il y a bientôt 16 ans que nous existons et à la base nous étions très inspiré par la culture Sud-Américaine, les vieux Motels délabrés et le Nouveau Mexique et à l’issu d’un brainstorming, c’est ce nom à dormir dehors qui est ressorti. Aujourd’hui notre style musical et visuel a beaucoup évolué et on se présente plus sous LDDSM. Polaris est notre 4 ème album.

Pouvez-vous nous présenter l'album Polaris ?
Comme toutes nos précédentes sorties, c’est un concept album. La thématique tourne autour de la relation entre l’Homme et l’Univers à travers différents angles de vue. Ce lien peut être scientifique, tout comme politique ou spirituel et chaque chanson évoque un angle différent.

Comment l'avez-vous composé et quelles ont été vos sources d'inspirations ?
Nous composons toujours plus ou moins de la même façon. Généralement je compose déjà dans mon coin. J’enregistre des bouts de chansons, des riffs, des mélodies. Des fois le morceau est très clair dans ma tête et des fois ce sont simplement des choses qui peuvent aller ensemble sans trop de précision. Puis on jam dans le local et chacun y met sa pâte et les morceaux prennent vie. Katia est arrivée dans le groupe alors que nous avions déjà commencé l’écriture de Polaris, mais elle a apporté beaucoup de sa personnalité et on ressent déjà bien sa signature dans les arrangements. Puis est arrivé le 1er confinement et là ça a été le coup de frein brutal. Nous avions eu le temps d’enregistrer les préprods juste avant heureusement, mais il restait à faire les chants et les claviers, ce qui pour un groupe comme LDDSM est une part énorme du travail. Donc on a dû s’adapter et trouver des solutions pour pouvoir avancer et tenter tant bien que mal de maintenir notre planning initial. Donc on bossait sur Skype, les 3 voix. Katia au piano pour contrôler la justesse des harmonies, Dany derrière son PC pour suggérer des idées et moi avec Cubase et mon micro à enregistrer toutes les voix dans mon coin au fur et à mesure. C’était intense, mais ça a eu le mérite de m’apprendre beaucoup de choses ! Avant tout ça, j’étais incapable de m’enregistrer correctement sur ordinateur.
Pour ce qui est des sources d’inspirations, elles ont été très variées. Nous avions une discussion d’idées sur Whatsapp et chacun venait l’alimenter. Je crois que c’est la première fois que chacun participe à ce niveau-là. Ça pouvait venir d’un article dans une revue scientifique, une page FB, une série, une photo, un film, un documentaire… Tout ce qui pouvait faire un lien entre nous et l’espace.

Selon vous, est-ce important que les textes soient porteurs de sens ou d'un message ?
Pour moi oui c’est important, de mon point de vue d’auteur car j’ai besoin d’avoir un vrai truc à raconter pour me sentir inspiré. Après en tant qu’auditeur, je t’avouerai que les 2 me vont tant que l’ensemble musique/texte reste cohérent. Certains textes de gros tubes ne veulent pas dire grand-chose, ça ne les empêche pas d’être des tubes… LDDSM n’a jamais été réellement un groupe engagé avec un vrai message. Nous préférons raconter des histoires, partager des réflexions, amener les gens à se projeter, ou à réfléchir. Si je devais citer un modèle dans le genre, je dirai Maynard car j’adore son approche. Mais ça ne m’empêche pas d’être un grand fan de RATM et de kiffer des phrases directes comme « fuck you I won’tdo what you tell me ! ». Parfois le sens importe peu, tant que la beauté des mots évoque quelque chose dans ta tête. Regarde Nick Cave. Sur ces derniers albums, il tend de plus en plus vers l’abstrait et la poésie et pourtant, sans réellement comprendre le sens de sa pensée, le tout te fait quand même ressentir des émotions. Il n’y a pas de règle en musique.

Qu'est-ce qui vous a motivé à proposer l'intro :-:o :-: et avoir choisi ces symboles ?
Alors cette intro, elle n’était pas vraiment voulue au départ, c’est un peu un hasard du studio. Un matin en préparant la session du jour, Rémi du White Bat Recorders, le studio où nous avons enregistré, repassait la bande à l’envers du titre The Great Filter et la reverbe de la table était enclenchée. Ca a créé cet effet super psyché qu’on a adoré. J’ai dit à Rémi « Attends ! Comment t’as fait ça ? On pourrait l’utiliser comme intro ! Le début serait donc la fin passée à l’envers » et on l’a gardé. Quant aux symboles, il a effectivement une signification, mais pour le moment, on laisse planer le mystère car on aimerait voir si les gens arrivent à deviner ce que c’est ! Ceux qui nous connaissent bien, doivent pouvoir trouver.

Quels ont été vos choix sur la partie instrumentale ?
Le choix de départ c’était : enregistrer en live. Nous voulions nous mettre en danger et en même temps retrouver l’impulsivité de nos débuts. Nous nous sentions prêt à relever ce défi et étions bien préparé. Au final nous ne regrettons pas une seconde ce choix. Tous les morceaux ont donc été enregistré à 4 dans la même pièce tous en même temps, 2 guitares, basse et batterie. Greg avait son clic dans les oreilles et roule ma poule ! Bien sûr derrière les voix, claviers et guitares lead ont été faites après, mais le gros des morceaux était là.
L’enregistrement live a ce charme de la dynamique du groupe qui envoie le bousin comme dans son local de répète. Il y a forcément des mini imperfections, mais c’est ce qui donne aussi de la vie à ton disque.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio et pourquoi l'avoir fait en analogique ?
L’analogique vient de pair avec le live en fait. Nous avons choisi de bosser avec Rémi Gettliffe car nous avions déjà aimé ses précédentes prods et notamment les 2 reprises que nous avions déjà enregistrées chez lui, Teardrop et Welcome to the Machine. Je trouvais que nous n’avions jamais sonné aussi bien. L’analogique t’apporte une chaleur dans le son, unique. Si je devais définir le son de Polaris en 1 mot, je dirai : organique. Le son des guitares fuzz est râpeux, la basse est ultra profonde, la batterie est lourde et aérée en même temps. Enregistrer sur tout ce vieux matos, te replonge dans une époque tellement aux antipodes de ce qui se fait majoritairement aujourd’hui. C’était un réel voyage dans le temps passionnant.

Que souhaitez-vous apporter au public avec cet album ?
On espère les faire voyager tout simplement. L’album est construit avec beaucoup de diversité, tant sur les thèmes abordés que sur les ambiances et la dynamique. En cette période de confinement, on vise modestement, à offrir un peu d’espace aux gens, c’est le cas de le dire. Voyager dans sa tête c’est déjà voyager.

Parlez-nous du titre Blue Giant...
Ah ce titre est particulier pour moi. Je suis content que tu m’en parle. Je remarque au fur et à mesure de la promo que cette chanson marque beaucoup les esprits. C’est une chanson que j’ai écrite pour un ami d’enfance qui nous a quitté peu de temps avant le début de l’écriture de l’album. C’était un de mes meilleurs amis quand j’étais ado et j’avais aussi beaucoup d’admiration pour lui. C’était une personne réellement brillante dans tous les sens du terme. Il rayonnait de par son intelligence et sa bonté. Malheureusement les chemins de vie ont fait que petit à petit j’ai perdu contact avec lui. Et puis un beau jour une copine du collège m’a contacté pour me dire que Kilian était mort d’un cancer foudroyant. Nous avions le même âge, étions papa d’un petit garçon tous les deux… Tous mes souvenirs heureux d’enfance ont ressurgit d’un coup et j’ai pris conscience de l’importance qu’il avait eu dans ma vie et j’ai regretté de toutes mes forces de ne pas avoir chercher à entretenir cette amitié au fils des années. Aller à ses obsèques a été une des plus dures épreuves de ma vie, mais je suis content de l’avoir fait. En rentrant, j’ai pris ma guitare et j’ai voulu lui rendre un dernier hommage. Le géant bleu c’est évidemment lui et la chanson compare sa vie à celle d’une étoile (une géante bleue en astronomie), un chaos de poussière qui s’assemble, qui grandit, développe puis consume son énergie, puis explose et laisse derrière elle de nouvelles étoiles.

Des clips sont-ils prévus et quels sont vos choix sur l'univers visuel de Polaris ?
Oui bien sûr. Nous en avons déjà sorti un, Blood Planet Child, tourné fin 2020 à La Laiterie de Strasbourg. Puis nous en avons tourné un autre pour le titre Alpha Ursae Minoris sous un dôme à 360° avec une création visuelle stellaire réalisée par Jésus Baptista des Ateliers Eclairés. Ça devrait sortir mi-avril. Ces 2 clips ont été réalisé par Ben Auer, qui nous suit depuis un petit moment maintenant. Ensuite on compte sortir aussi une lyrics video pour Blue Giant justement, celle-ci réalisée par Thomas Lincker. Et pas plus tard qu’aujourd’hui, un ami qui bosse dans les images de synthèses pour la télévision nous a contacté pour réaliser un clip pour Earthrise. Ça viendra donc plus tard, mais ça devrait être mortel ! Tout l’album est basé autour de la thématique spatiale évidemment et on essaie de décliner ça partout. Sur la pochette, le merchandising, les vidéos live etc… J’en profite pour souligner le travail d’Akito Sengoku un artiste japonais spécialisé dans le fluid art, qui a filmé des heures de performances sur notre musique pour nous offrir toutes ces textures, ces couleurs, ces formes si magnifiques qui ont servi de base à tout le travail visuel et aussi à Benjamin Hincker qui a su mettre en image ce que nous avions en tête avec un professionnalisme et une créativité merveilleuse.

Une indiscrétion à nous donner sur l'album Polaris ?
Peut-être plus une anecdote qu’une indiscrétion, mais je me souviens que The Great Filter nous a donné du fil à retordre. En fait le dernier jour de prises, Katia et Dany étaient encore au studio à enregistrer les derniers claviers, quand soudain en faisant les pianos, Rémi a eu une illumination et a voulu qu’on change UN accord sur les couplets… Sauf que changer un accord à ce moment-là du processus, c’est un truc de fou, surtout en analogique ! Donc Katia a refait le piano avec ce changement d’accords, mais du coup les guitares et la basse ne collaient plus… Du coup elle a dû ré enregistrer sa basse en pleine nuit, avec une autre basse, d’autres pédales et moi j’ai dû réécrire ma partie pour qu’elle colle à la leur, puis ré-enregistrer mes guitares depuis chez moi, qui ont finies par être des acoustiques au lieu d’électriques. Bref un vrai bordel. Je me souviens aussi de ma dernière prise chant, vers 1h de matin je crois. J’étais rincé et j’avais les cordes vocales en feu et Rémi a voulu que je hurle de toutes mes forces une phrase pour changer là aussi UN putain de mot ! J’ai donné tout ce que j’avais et j’ai perdu ma voix pendant 2 jours derrière. Il a fait le coup à Dany et Katia aussi, le dernier jour de leur prise. C’était un véritable marathon cette journée ! Mais ça valait le coup et on remercie Rémi de nous avoir poussés dans nos derniers retranchements.

La scène ne vous manque-t-elle pas et comment la ressentez-vous ?
Oh si bien sûr. C’est un vide énorme ! Surtout que pour nous ça fait 2 ans que nous n’avons pas joué ! Puisque notre dernier concert était le dernier avec Baloo à la basse. Ensuite il a fallu trouver son remplaçant, se remettre à l’écriture tout en assurant sa bonne intégration, puis la crise Covid est arrivée et voilà où nous en sommes aujourd’hui. 1 an après le premier confinement, on a l’impression que quasiment rien n’a changé ! Les lits d’hôpitaux sont toujours manquants, les lieux culturels toujours fermés, les enfants masqués… C’est déprimant on ne va pas se mentir. On continue tant bien que mal à travailler sur l’album et à bosser nos futurs lives. On prépare une résidence en mai justement pour ça, dans l’espoir que les salles pourront de nouveau nous accueillir, musiciens et publics. Nous devons sans cesse revoir notre organisation. Sortir un album en 2021, c’est un vrai calvaire, soyons honnête, mais c’est notre rôle de continuer à le faire pour ne pas que la culture meurt à petit feu. S’il faut que la musique ne vive qu’à travers Internet pour un moment, tant pis, il faut le faire. L’art est essentiel au bien-être.

A quelles surprises peut-on s'attendre pour votre retour en concerts ?
Une fille à la basse ! Je rigole bien sûr mais mine de rien, ça change pas mal de petites choses dans l’image du groupe et ça attire la curiosité, surtout que Katia ne passe généralement pas inaperçue. Comme pour la précédente tournée, il y aura d’autres vidéos de backdrop synchronisées sur la musique. Du fluid art bien sûr, mais pas que. Vous pouvez en voir un exemple sur le clip de Blood Planet Child. Ça devrait être très beau et immersif.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Déjà merci de nous avoir offert cette fenêtre d’expression, c’est toujours un plaisir. Et un gros merci à tous ceux qui nous soutiennent depuis si longtemps maintenant et notamment tous les donateurs du crowdfunding qui nous ont épaté par tant de générosité ! C’est grâce à vous qu’LDDSM peut continuer d’exister. Prenez soin de vous, respectez les gestes barrières et on arrivera à se retrouver tous ensemble autour d’une scène.

Merci à Los Disidentes Del Sucio Motel d'avoir répondu à notre interview !
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