Publicité

Loin des yeux de Boulevard des Airs

Rédaction Divertir Par Le mardi, 13 avril 2021 à 15:42 0

Dans Culturel

Le nouvel album Loin des yeux de Boulevard des Airs est sorti.

Loin des yeux - Boulevard des Airs

Boulevard des Airs (aussi communément appelé BDA) est un groupe français composé principalement des frères Dasque - Jean-Noël et Florent, Sylvain Duthu et Jérémie Plante. Ils produisent, écrivent et composent tous leurs titres, essentiellement en français sur des productions modernes. En quelques chiffres BDA c’est trois nominations aux victoires de la musique (2011, 2013, 2019), plusieurs disques de platines, des millions de streams et de vues you tube, des tournées en France et a l’étranger (Europe, Japon, Amérique latine …).

Début 2020 , le groupe devait continuer sa tournée triomphale des Zeniths, mais le Covid 19 en a décidé autrement forçant le groupe a changer ses plans et les incitant à travailler sur un nouveau projet comme l’indique le communiqué du groupe présentant le nouvel album ‘ Loin des yeux ‘: « Voici notre nouvel album. L’idée est née durant le confinement, alors que la tournée s’annulait. Il s’appelle «Loin des yeux» et il contient 24 titres. On y mélange la joie de revisiter nos titres avec des gens qu’on aime beaucoup. Et celle de vous plonger, à travers douze inédits, dans l’intimité du groupe. Les très beaux invités de l’album : Vianney, Patrick Bruel, Claudio Capéo, Tryo,Jérémy Frérot, Lola Dubini, LEJ, Gauvain Sers, Tibz, Yannick Noah, Doya, Lunis. »

Histoire de titres

Et nous vraiment

J’essaie souvent de me rappeler du tout premier souvenir que j’ai avec Boulevard des airs. Déjà, à quel moment commence BDA? Est-ce que c’est quand je vais voir Flo dans la cour du lycée Marie Curie pour lui proposer de monter un groupe de musique? Est-ce que c’est quand on répète pour la première fois, quand on trouve le nom, quand on le voit écrit pour la première fois sur une affiche, quand on monte sur scène pour la toute première fois ? Ou est-ce que c’est même avant tout ça ?
Le premier souvenir. Le tout premier. Je suis dans le local de répétition chez Flo et Jano, derrière un vieux piano, avec Flo, on improvise, quatre mains, lui dans les graves, moi dans les aigus. Et le souvenir très clair d’une sensation. Le souvenir d’une complicité musicale parfaite entre nous, des arrêts, des silences, et des reprises, exactement au même moment. Le souvenir très clair que ça nous fait mourrir de rire. Et plus tard ce même sentiment et ces mêmes fous rires avec Jano dans notre nouveau local de répétition, quand nous vivions tous ensemble. Lui à la batterie, moi derrière le piano. A jouer de plus en plus vite, de plus en plus fort, de plus en plus mal aussi alors, mais riant crescendo. Des chansons sont nées comme ça. C’est le cas de ce qu’on a appelé le « remix » de Paris-Corbeil qu’on jouera pendant des années sur scène. Cette énergie que nous trouvions là à l’improviste, entre la blague et l’envie, dans un local exigu se transformait et explosait complètement sur scène. Nous étions fou de la scène, nous trouvions ça fous d’être là, devenions fous tout court, la scène comme exutoire, plus tout à fait les mêmes, et nous vraiment. Plus tout à fait les mêmes, et nous vraiment.
Le self de la cantine d’un ensemble scolaire, l’arrière d’une buvette, un anniversaire, les vestiaires d’un terrain de sport, une salle des fêtes sans public, une boîte de nuit à Buenos-Aires, un soir à 2876 mètres d’altitude, des gens pieds-nus à Tokyo, un stade qui se vide à 5h du matin en Biélorussie, la vision depuis une montgolfière d’un champ qui se remplit de milliers de personnes, un bar qui se soulève à Nouméa, des lettres rouges sur un bâtiment parisien, des milliers d’affiches, de pass, de bracelets, de visages, de sourires, de larmes, de mots, de « merci ».

Le déserteur

S’il y a une chose qui est certaine, c’est que les chansons nous échappent. Déjà parfois, pendant l’écriture, c’est un combat que de garder le cap, les mots vont et viennent, et parfois quittent le sens, comme un bateau qui se détache et qui dérive, quittant le port, doucement. Les mots s’amusent presque malgré nous, et c’est beau, c’est séduisant tant de liberté, alors on les suit. Mais c’est le risque, on en oublie le sens, le message, la cohérence même, et il faut beaucoup d’honnêteté, ou alors il faut plusieurs lectures, plusieurs lecteurs, pour s’en rendre compte, et l’accepter. Alors on y retourne. On se met à la place. On reprend le fil. On rappelle les mots au port. Ils ne sont pas prêts pour prendre le large. Et puis, même, souvent, quand on a fini de bidouiller, qu’on estime les mots prêts, le sens évident et qu’on balance la chanson dans la nature, comme une bouteille à la mer, il en revient des messages qu’on n’attendait pas.Un jour, nous étions invités au Centre Pénitentiaire du Havre à jouer quelques titres pour quelques détenus volontaires. Il devait y avoir une dizaine d’hommes devant nous, dans cette pièce transformée en mini-salle de concert pour l’après-midi. A la fin il y a eu un échange et un hommenous a demandé si la chanson « Demain de bon matin » avait été écrite par un détenu, ou pour un détenu. « Demain je pars seul sans escorte, c’est ce dont je rêve tous les jours moi » . Avait-il dit. Notre chanson, sorte de réécriture libre du Déserteur de Boris Vian, nous avait échappée. Je me souviens pourtant qu’elle était restée très longtemps au port, à quai, et que nous avions trafiqué longtemps avant d’être certain que le sens, lui, n’échapperait à personne. C’était sans compter cet homme, cette après-midi, dans cette pièce, au Centre Pénitentiaire du Havre. S’il y a une chose qui est certaine, c’est que les chansons nous échappent. « Demain je pars seul sans escorte, c’est ce dont je rêve tous les jours moi » . Avait-il dit.

Au début de vos lettres

Je vous ai abordé au concert du Zénith d’Auvergne à Clermont-Ferrand le 22 novembre. Avec un peu de culot, je dois l’avouer. Etonnant de ma part, j’ai 55 ans et ça fait un peu stupide de jouer à la groupie, mais les rêves sont faits pour être réalisés, n’est-ce-pas ?
Les Boulevard des airs, c’est une bande de copains sympas réunis par la même passion. Ils sont frères de musique et collègues de scène.
J’ai beaucoup de tristesse de ne pas être là aujourd’hui. Obligations obligent. Je vous envoie ma fille. Merci pour votre générosité. Je quitte Tarbes bientôt avec le plus beau souvenir; vous.
Cette lettre peut vous surprendre, mais sait-on peut-être pas.
Vous allez être très sollicités alors je réfère vous laisser le temps et un mot d’explication. Qui suis-je ? Très proche de la mamie de Jean-Noël et Florent. Pour Sylvain, je suis née à Esparros.
Permettez-moi cette fois encore d’utiliser cette ancienne méthode de communication pour vous faire part de quelques unes de mes pensées du moment.
Je lâche un ballon dans les airs, comme une bouteille à la mer Avec l’espoir qu’il flottera et que jusqu’à vous il arrivera Non vous ne me connaissez pas Mon nom ne vous parlera pas J’ai juste écrit avec le coeur ces quelques vers, ces quelques mots avec passion, avec bonheur, presqu’une chanson, s’il le faut.
Une petite lettre au milieu d’une multitude de courriers j’imagine, mais je tenais à vous écrire simplement pour mettre par écrit mon ressenti quand je vous écoute, quand je vous vois.
Je vous ai découverts au printemps 2017, un soir en écoutant la radio. J’ai accroché à l’interview et ensuite j’ai entendu « Demain de bon matin ». J’étais en voiture. Je me suis garée. J’ai écouté, scotchée. Cela me parlait tellement. J’avais décidé en mars de partir effectuer une longue marche en septembre.
Je me permets de vous adresser cette lettre, mais je l’adresse à vous tous. Je voulais à travers ce courrier vous remercier, cette rencontre m’a permis de me relever et de me recentrer sur ce que j’avais un peu perdu de vue dans ma vie.
Nous vous écrivons pour vous dire que vous êtes géniaux, vous êtes notre rayon de soleil.
Je m’appelle Lise, j’ai 14 ans. Je suis fan de vous depuis votre premier album grâce à ma famille qui vous écoutait beaucoup et parle souvent de vous parce que vous êtes dans les Hautes-Pyrénées. Je ne suis venue qu’une fois à un de vos concerts. C’était à Pau, le 12 mai 2017, pour mon anniversaire, c’était un cadeau de ma tatie et de mon parrain.
Le 20 novembre nous étions au Trianon, en haut, avec le 3ème âge comme vous dites. Sachez que ça chantait (les textes en entier) ça dansait (et bien mieux qu’en bas avec les jeunes qui ne faisait que sauter comme des cabris) et ça applaudissait à tout rompre. Moi j’ai 61 ans et tout autour de moi, des mémés, des pépés en grande forme, la banane sur le visage, le sonotone dans la poche et le dentier bien accroché! Bon d’accord, on était assis … mais n’empêche !
Petite, j’aimais les histoires.
Quelques notes, une mélodie, des mots forts de sens et de vie, quand je parle de vous, je suis souvent émue, je l’avoue.
C’est avec gratitude et sans ambiguïté que je viens aujourd’hui vous offrir ce présent. Nous avons besoin des autres pour exister.
Nicolas et Pauline vivent dans un petit village breton. Ils sont parents de deux petites filles. Il y a deux ans, leur vie bascule, ils apprennent que leur fille ainée souffre d’un cancer.
Je vous écrit car j’aurais besoin d’un petit service! Vous ne nous connaissez pas mais nous, on vous connaît très bien. Mon meilleur ami va se marier le 29 Février 2020 (pour éviter d’avoir trop d’anniversaire de mariage) et c’est un fan de votre groupe. Il vous a écrit il y a quelques mois pour vous proposer de venir jouer contre un repas. Les jeunes mariés se sont rencontrés à un de vos concerts et ont pour tradition de venir vous voir à chaque fois que vous passez dans le Doubs pour se remémorer ce moment.

Sacré Michel

Rencontre dans une petite fête de village.
Première répétition le dimanche matin. Pas mal de soirées le samedi soir. Répet’ décalée au dimanche aprem.
Nous sommes dix dans le groupe. Il y a une clarinette, un accordéon. deux guitaristes, trompette, trombone, piano, basse. Pas de batteur officiel. Sylvain, Jano et Florent tournent sur chaque morceau.
Premier concert, dans un petit village proche de Saint-Gaudens. Vingt personnes. La moitié sont nos amis.
Premier grand concert, festival « Melle en scène », venons tout juste d’avoir le permis. Les copines aux lumières. Aller/retour à perte financièrement. Mais quelle soirée ! Elle finira au petit jour. Le groupe est lancé, nous décidons d’en faire une priorité dans nos vies. Alors que nous sommes tous encore entrain de faire nos études. La coloc « BDA House » est formée. Une grande maison, un ancien moulin au bord de Tarbes. Tout le groupe y séjournera à un moment ou à un autre. Cinq ans de partage. Les deux premiers albums sont composés dans la garage retapé en « studio ». La maison sert plus à faire « les soirées du vendredi ».
Novembre 2011, premier concert payé! Premier camion aménagé spécial tournée, la folie. Un grand pas est franchi. Le but est atteint. On part enfin en tournée ! Première partie d’un groupe que l’on adore tous: Les Ogres de Barback dans la salle de L’Autre Canal à Nancy. Sans l’imaginer encore, nous y reviendrons quelques années plus tard, seul. Nous découvrons ce qu’est la tournée. Cent dates par an. Des heures et des heures de conduite. Se coucher à 2h du matin, départ 8h, les yeux qui piquent, « qui conduit ? » tout le monde se regarde les pieds… Repas sur les aires d’autoroutes, on ne s’habituera jamais. Découverte des festivals d’été. La culture française, il y en partout surtout en Bretagne, notre seconde maison. Des centaines de lieux magiques, de rencontres, de publics en folie, ou pas… Et petit à petit on fait notre chemin, des salles et festivals de plus en plus gros. Nos premiers « gros festivals ». Reggae Sun Ska, Garorock, deux coupures de courant. Pas de soucis, ni une ni deux on prend tous les cuivres. Moi l’hélicon venu tout droit du fin fonf de la Sibérie, Jano au trombone, Sylvain et Florent à la trompette à palettes moldaves. Et quelle ambiance, en plein coeur du public. Souvenir aussi de notre première salle à Bruxelles, jamais on avait eu une ambiance aussi incroyable lors d’un morceau. Et pour la première fois dans le groupe, nous avons même joué un « bis », Bruxelles, non prévu.
Les festivals grossissent et nos équipes aussi. Alors vient le Tourbus, un grand pas que l’on pensait ne jamais atteindre. Premier Tourbus, tout rouge, un chauffeur en or. Mais quelques ennuis. A deux doigts de perdre la remorque pleine de matos. On a eu droit à un tracteur, un manitou et une grue… Sacré Michel !

Que tout ça recommence

L’idée ce serait de mélanger plein de trucs, de faire quelque chose entre la chanson et l’archive. Des petits bouts de couplets, de refrains, et d’y intégrer des souvenirs, des vieux enregistrements, des ébauches de textes, des lettres, je sais pas, tout ce qu’on peut trouver, on verra bien. On aimerait bien que ce soit assez original mais que ça s’écoute comme une chanson, qu’il y ait la même fluidité, la même intensité, ou plus encore, ce serait génial si ça pouvait filer des frissons.

Boulevard des Airs - Bruxelles (Clip officiel) ft. Lunis

Musique

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam