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Les Fleurs du Paradis, la musique sacrée de Matthieu Stefanelli

Rédaction Divertir Par Le vendredi, 23 septembre 2022 à 15:52 0

Dans Culturel

Dans son nouvel album, le compositeur Matthieu Stefanelli interroge notre sentiment du sacré, cet émerveillement que suscitent en nous la beauté et le mystère, préférant le dialogue avec l’histoire de la musique et les différentes cultures aux dogmes religieux.

Matthieu Stefanelli

À l’image de ces rosaces demeurées intactes après l’incendie de Notre Dame, sa musique juxtapose les couleurs et les réminiscences, ouvrant une fenêtre sur une autre temporalité.

Album disponible au format CD.

Pourquoi ce titre, Les Fleurs du Paradis ?
Après l’incendie de Notre Dame de Paris, j’ai été marqué par ces images des vitraux restés intacts : on voyait la lumière les traverser et éclairer la croix. C’est ce message d’espoir qui a inspiré mon deuxième quintette pour piano et quatuor à cordes, intitulé justement Fleurs du Paradis. J’ai voulu rendre hommage à l’histoire musicale de Notre Dame, de Pérotin au XIIème siècle aux grandes œuvres pour orgue du XIXème, mais aussi donner à entendre l’incendie lui-même avec cette chute de la flèche qui nous a tous marqués.

C’est donc un album de musique religieuse ?
Je préfère la notion de sacré à celle de religieux. Dans l’album en effet, il y a un mélange de traditions : Incantations pour violoncelle s’inspire des rites celtes alors que Praeludium et organum ou Les Fleurs du Paradis regardent du côté de la musique ancienne. Même la Missa Brevis puise dans de la tradition du géorgien mozarabe, où se mêlent Islam et Christianisme. Ce qui m’attire, c’est moins le dogme que cette vibration, ce sentiment du sacré.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, ce sentiment du sacré ?
Ce sentiment, je peux le retrouver dans des lieux spécifiques, mais aussi dans la musique ou dans la beauté de la nature. C’est un émerveillement qui me fait penser qu’il y a peut-être quelque chose de plus grand que l’homme qui régit tout ça. Moi-même, comme compositeur, j’ai l’impression d’être simplement un véhicule capable par le métier d’assembler des sons mais je ne suis pas entièrement responsable de la beauté de la musique : c’est la nature qui est ainsi, c’est quelque chose qui dépasse l’homme.

Vous avez écrit une messe pour solistes, chœur, quintette et harmonium, une œuvre qui semble plus directement religieuse ?
 Avec In Tempus Sacri, Missa brevis, j’ai essayé de parler de mon rapport à la foi. Dans la messe romaine, il y a le Credo qui affirme le dogme, avec notamment ce passage “et resurrexit” (“il est ressuscité”), qui est traditionnellement un moment musical glorieux. De mon côté, j’ai voulu faire chuchoter les voix, comme si c’était une rumeur, une interrogation. Il y a toujours du doute et du mystère dans la foi.
 
Le sacré, c’est aussi une question de temporalité ?
Je crois que le temps sacré est différent de notre quotidien, c’est autre chose. La sonate Aevum par exemple réfléchit à partir d’un texte de Saint Thomas d’Aquin : l’Aevum, ce serait un temps avec un début mais sans fin, le temps des anges et des saints. Pour moi la musique elle-même pourrait être un Aevum : elle est apparue un jour et sans doute qu’elle continuera à résonner dans l’univers après la disparition des hommes.

Quelle est cette pièce, Lux, qui referme l’album ?
J’ai eu envie de rendre hommage à Bach, en rassemblant différents éléments de son écriture : l'œuvre commence par une toccata solennelle et finit par une autre toccata qui regarderait vers le XXème siècle, vers l’avenir, avec quelque chose d’assez explosif.

TEASER 1 short - New Album by Matthieu Stefanelli Les Fleurs du Paradis - contemporary sacred music

Musique interview

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