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Léo Beker : la BD Les Tribulations de Louison Cresson

Maxime Lopes Par Le mardi, 19 avril 2022 à 18:17 0

Dans Culturel

Léo Beker présente la BD Les Tribulations de Louison Cresson - Le secret du Mister. (Re)découvrez Louison Cresson, un petit garçon aux cheveux en brosse, en casquette, veste et culottes courtes qui habite avec ses parents et sa grande sœur dans une H.L.M. à Chatenay-Malabry.

Les Tribulations de Louison Cresson - Le secret du Mister

Pouvez-vous nous présenter votre saga Louison Cresson ?
Je vais essayer... Au milieu des années '50, un petit garçon découvre le rock'n roll. Il habite dans une banlieue rouge parisienne. Parents communistes. Le voisinage est de la même couleur politique. Le problème est que la musique que Louison met à fond la caisse dans l'appart de ses parents dérange les voisins qui trouvent en plus qu'elle corrompt les esprits révolutionnaires des jeunes.
De ce fait, on trouve pratique d'envoyer Louison, ses disques et sa sono chez le cousin Gaspard. Gaspard es un jeune ingénieur agricole, oenologue qui a acheté pour deux sous un terrain abandonné dans le Gard. Autour d'une ancienne abbaye en ruines. ou dans le temps les moines produisaient un grand vin. Donc Gaspard se met à la production de vin. Mais il découvre pourquoi il a réussi à avoir ces terrains pour si peu d'argent :  tout le voisinage sait que ces terres sont maudites : l'abbaye est hantée par des fantômes qui réclament du vin à grand cris depuis la nuit des temps. Ayant l'esprit pratique Gaspard conclut un accord avec les fantômes, il leur donne du vin mais les fantômes arrêtent de l'importuner et lui confient le secret de leur ancien vin célèbre.
Louison va arriver au milieu de tout ça et va prendre comme si de rien le commerce avec les fantômes. Il va a devenir leur ami et protecteur. Et il va réussir avec Mr le Professeur Ono, un savant japonais de passage (Louison a le don de comprendre toutes les langues, contrairement à ses compatriotes qui ont la réputation de mal les pratiquer ) à faire que le vieil fantôme de l'abbé accepte de fouler le raisin qui produira les quelques bouteilles de vin magique qui vont rendre l'entreprise de Gaspard viable.

Comment décririez-vous le personnage de Louison Cresson pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore ?
Un petit parisien typique des années '50 comme dans le photos de Robert Doisneau. Mais possédant le don de la polyglottie spontanée et le goût du rock.

A quelles aventures sera confronté Louison dans le tome Le secret du Mister ?
En fait la série s'appelle "Les Tribulations de Louison Cresson" parce que ce ne sont pas aventures à proprement parler qui lui arrivent mais des contretemps qui lui tombent dessus. "Tribulations" étant un joli vieux mot qui dit bien ce que ça veut dire : des revers, des obstacles surmontés. Pas de poursuites en voiture ni de coups de feu. Enfin... Presque...
A cette occasion, Louison va être pris en stop par l'inventeur du Rock n' Roll lui-même : Chuck Berry... En fin, lui, Louison croit avoir été pris en stop par Berry. En fait il se trompe. Il s'agit de Seymour Craig. (inspiré de Seymour Cray, qui a vraiment existé) le chercheur en informatique de l'époque le plus prisé au monde. Qui inventait les ordinateurs les plus puissants pour la défense des USA. Or, Craig, en a marre des inconvénients que lui pose sa situation vis à vis de la défense et décide d'y échapper pour se consacrer à son rêve fou : faire qu'un ordinateur assimile l'esprit de Vincent Van Gogh et continue à peindre les toiles que celui-ci n'a pas peintes parce que  mort trop jeune...

Quelles sont vos sources d'inspirations pour votre BD ?

Les grands humoristes comme Mark Twain, les frères Marx, Fernand Reynaud, et des artistes tout court comme Jacques Tati, le précité Doisneau,. Marcel Pagnol. Et du point de vue graphique Carl Larsson le grand peintre suédois et Yves Chaland.

Qu'est ce qui vous a intéressé de mélanger les passions du rock, de la vigne, de la métallurgie et des plaques d'égoût chez vos personnages ?
Que ça donnait des résultats drôles, si on arrivait à leur trouver un lien vraisemblable et cohérent. Que plus c'était tarabiscoté si j'arrivais à trouver un fil conducteur dans tout ça, plus c'était drôle.

Comment travaillez-vous les dessins ?
Cette reprise est faite à la planche à dessiner électronique : une grande invention. Mais à l'époque de la création de la BD, c'était crayon gris, ou bleu et encre de chine ou encre de rotring.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Parce que avec la baisse des prix de production suite à la révolution informatique dans l'imprimerie, ça permet de ne pas passer par un éditeur, ou de le devenir facilement soi-même. Le public achète une BD en avance d'un mois ou deux et l'auteur paye avec ça l'impression. Pas de filtre, pas de censure éventuelle... Du producteur au consommateur. Label bio...

Quelle attention apporterez-vous à l'impression du livre ?
Nous confions ça à des spécialistes d'une grande expérience dans le domaine. Ils nous ont été recommandés par des collègues qui sont clients des mêmes depuis longtemps. Mais chaque réédition est rafraichie, corrigée, s'il le faut et augmentée de deux pages bonus supplémentaires en rapport avec l'histoire.

Aurez-vous l'occasion de rencontrer vos lecteurs en salons ou en librairies ?
Je fais ça dès que je peux. Mais surtout à un niveau régional, ici en Bretagne.

Que représente pour vous les publications que vous avez eu dans le journal de Spirou ?
Spirou, pour quelqu'un d'origine modeste et venant du fin fond de l'Amérique du Sud, était le rêve impossible à atteindre, et pourtant j'ai eu le coup de fil de ma vie pour me dire qu'ils acceptaient ma proposition et qu'ils voulaient bien publier mes planches. Le canard qui a publié Johan et Pirlouit, Franquin, Greg, Fournier ! C'était comme faire du cinéma à Hollywood. Excusez du peu...

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Je voudrais remercier les gens qui n'ont pas oublié Louison et qui m'ont écrit tous ces ans pour me dire qu'ils attendaient une renaissance de Louison parce qu'il avait été important dans leurs vies. Si je recommence à mon âge canonique cette douce galère de la BD c'est grâce à eux ou par leur faute... Vous me direz...

Merci à Léo Beker d'avoir répondu à notre interview !

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