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Le single Dali de Claire Gimatt

Claire Gimatt présente son single Dali, inspiré du célèbre peintre et extrait de son futur album Sorcières.

Claire Gimatt (crédit Michela Filzi)

crédit photo Michela Filzi

Peut-on en savoir plus sur votre parcours artistique et votre univers ?
Je me sens issue de rencontres avec plusieurs disciplines artistiques. Fille de comédiens, petit fille d’une grand-mère peintre, l’art, a très vite été un moyen important de m’exprimer. J’écrivais, peignais, jouais du piano, chantais, jouais avec mes cousins et mes ami.e.s des pièces de théâtre qu’on écrivait, de manière ludique et à ma mesure bien sûr. Mais c’est toujours ce jeu, ce besoin de transposer le réel, d’ouvrir des brèches dans le quotidien, qui me pousse aujourd’hui à faire ce métier d’autrice-compositrice-interprète. J’ai par la suite fait des études de musique, de théâtre, je pratique la danse contemporaine en amatrice avec un grand plaisir et toutes ces pratiques nourrissent énormément mon travail. J’aime mettre en scène des mondes imaginaires, proposer des échappées, des ouvertures vers un ailleurs aux dimensions surnaturelles et en même temps avoir conscience de la dimension physique des concerts, de la présence scénique, du corps et de ce qu’il exprime.

Pouvez-vous nous présenter votre single Dali ?
Dali est une chanson que j’ai écrite après avoir découvert le tableau Les Cygnes se reflétant en éléphants. C’est un tableau qui représente des cygnes au bord d’un lac et dont les reflets dans l’eau sont des éléphants. Ca m’a évoqué une identité cachée, complexe, multiple, et j’ai aimé que le cygne, symbole de grâce soit en même temps l'éléphant, qu’on dit lourd et maladroit. J’aime aussi l’idée d'un monde secret qu’on peut découvrir en se décalant, en regardant différemment. Déjà attirée par le surréalisme, j’ai saisi l’occasion pour écrire une chanson qui parle d’une plongée dans un monde où tout est possible, dans lequel on peut se transformer, expérimenter, affronter ses peurs (ce qui est un peu le thème de l’album aussi).

Souhaitez-vous nous parler de votre album dont est extrait ce projet ?
Oui, c’est un album qui va sortir en mars avec une pré-sortie toulousaine et régionale fin novembre. Il s’appelle Sorcières. Ce sont des chansons histoires, comme des courts-métrages qui se déroulent dans des décors sauvages, avec des femmes qui sont souvent un peu perdues et à la fois déterminées à chercher qui elles sont, ce qu’elles font là et qui prennent des risques. C’est un appel à se jeter à l’eau, d’où la pochette qui représente un plongeon. C’est un album co-arrangé avec le talentueux musicien Arthur Guyard. il sort de codes établis, c’est un album de chanson dans lequel les textes sont importants mais il se nourrit de beaucoup d’influences entre musiques traditionnelles et sonorités actuelles. Les cordes du contrebassiste Louis Navarro et de la violoniste Chloé Bousquet apportent une dimension organique en plus de celle de ma voix et les sons électroniques amènent vers un ailleurs, vers une dimension immatérielle.

Que souhaitez-vous procurer au public avec votre musique ?
Je ne me pose pas trop cette question mais je pense que j'aimerais pouvoir ouvrir une brèche justement et offrir un moment suspendu, durant lequel on frissonne, on est ému, on a les sens en éveil, les poumons qui s’ouvrent, on change de perspective. Quand ça m’arrive en temps que public c’est la magie qui opère, le moment de grâce quand la rencontre se fait, le duende comme on dit et ça fait tellement de bien !

Vous préparez un clip pour Dali, comment l'imaginez-vous ?
Quand je l’ai découvert, je suis tombée en admiration devant le travail de Miraruido qui va réaliser ce clip. Il assemble les éléments, les tailles, les couleurs et il y a un sens qui se dégage immédiatement. Il y a quelque chose de foisonnant comme dans mon écriture avec beaucoup d’images et quelque chose de simple, sans prétention, immédiat. C’est un clip qui va être fait de collages avec une dimension surréaliste mais qui ne collera pas à la peinture de Dali. Dans mon texte, je fais appel à des références présentes dans ses toiles. Je parle d’images ou de concepts comme celui du temps : « des géantes à tête de fleur, se prélassent, prennent leur temps », «  je m’étends, me fiche de l’heure » mais ce sont des évocations. De la même manière, le clip va se dérouler dans un monde surréaliste mais avec une esthétique qui est propre à Miraruido. Je l’imagine comme un voyage trépident, sensoriel, poétique !

Comment le célèbre peintre influence-il votre projet ?
Disons que je suis assez fascinée par la peinture surréaliste ou par celle de Frida Khalo par exemple qui ne la définit pas comme telle. J’aime voir d’autres règles que celles qui régissent la vie réelle, d’autres dimensions, de la poésie, des choses étranges qui ne se révèlent pas immédiatement mais dont un sens se dégage et nous touche sans qu’on sache forcément pourquoi. Ca me fait me sentir mieux, j’ai l’impression que des espaces s’ouvrent, je me sens moins à l’étroit.

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif ?
Miraruido est un artiste espagnol, déjà reconnu pour son travail. J’avais vraiment envie de travailler avec lui sur ce clip. Je lui ai envoyé le morceau il y a un an sous forme de maquette avec une traduction du texte en espagnol. Je ne savais pas du tout si ça allait l’intéresser. Il a répondu avec enthousiasme qu’il était partant mais évidemment il restait l’aspect financier à résoudre. J’ai mis du temps avant de me décider à lancer ce financement participatif mais ça m’a paru finalement la possibilité pour réussir à ce que cette rencontre se fasse et j’espère fort que cela va porter ses fruits !

Quelle est votre peinture préférée de Dali ?
Je vais dire Labyrinthe qui a été conçu comme décors pour un ballet. C’est une toile immense représentant un homme avec le crâne fendu penché et avec une porte dans le ventre à travers laquelle passaient les danseurs. 

En quoi l'univers visuel est-il important en musique selon vous ?
Je ne sais pas s’il est important en soi, cela dépend des projets, des démarches. Notre époque exige des musicien.ne.s une communication visuelle à la pointe qui peut parfois être épuisante à réaliser. Dans mon cas et en ce moment, ça me plait de me poser la question de l’univers visuel, c’est comme un prolongement de mon identité artistique dans une autre dimension. Les sens sont proches les uns des autres, on peut écouter de la musique et se sentir transporté dans un décors ou dans une ambiance lumineuse. A moi de trouver ce décors qui correspond à ce que je fais et de trouver les artistes auxquels m’associer pour le faire passer de l’imaginaire au réel. 

Le fait d'expérimenter dans la composition musicale est-il pour vous nécessaire ?
Oui, complètement, j’aime chercher ma propre voie en m’inspirant de ce qui me plait dans diverses esthétiques pour créer une musique qui me ressemble. Je pratique la musique traditionnelle espagnole avec un groupe depuis plusieurs années. Nous reprenons des chants anciens, des boleros que nous jouons sur des rythmes flamenco, des coplas. Les mélodies sont merveilleuses à chanter et je cherche à avoir le même plaisir à chanter mes textes et à procurer la sensation de sacré que peuvent dégager ces chants. En même temps, je suis issue d’une école de jazz, musiques actuelles et évidemment entourée par les musiques modernes au quotidien. La musique assistée par ordinateur me permet de trifouiller, de chercher des matières, des textures qui viennent aussi nourrir mes compositions. Ce qui me plait vraiment c’est ça, chercher comment faire sonner, comment trouver une place pour chaque chose, tirer les fils un à un jusqu’à trouver une forme qui me touche. Autant pour l’écriture des textes que pour celle de la musique.

Comment se passe généralement une session d'enregistrement en studio ?
Une session d’enregistrement en studio c’est un moment très particulier à vivre. Quand on est habituée à la scène et donc à quelque chose d’éphémère où on cherche la magie du moment même s’il y a des imperfections. On peut faire évoluer la forme d’un concert à l’autre. Là, c’est difficile de se dire qu’on fait quelque chose de gravé, destiné à être écouté plein de fois et auquel on ne pourra plus retoucher. Ca pose beaucoup de questions, procure du stress et oblige à lâcher le besoin de contrôle, de perfection sinon on peut ne jamais s’arrêter. Mais c’est beau aussi, j’ai été très bien entourée par des personnes dans lesquelles j’avais entièrement confiance et ça m’a beaucoup aidée. C’était magique d’entendre jouer ma musique par d’aussi beaux et belle musicien.ne.s.

Quel souvenir gardez-vous du concours Nougaro pour lequel vous avez été lauréate en 2011 ?
J’étais très stressée, je sortais en plus tout juste d’un oral d’espagnol, j’étais arrivée en courant et c’était la toute première fois que j’interprétais mes chansons en public en piano-voix. Un groupe d’amis qui faisait déjà des concerts depuis l’adolescence était présent, ils étaient nombreux sur scène et j’étais très impressionnée de passer toute seule sur le piano à queue, je ne me sentais pas du tout légitime. J’avais d'ailleurs joué deux morceaux une octave plus haut avant de réussir à poser mon esprit pour comprendre d’où venait le souci… :D

Aurez-vous l'occasion de rencontrer le public prochainement ?
A Paris, le 27 Octobre lors d'un co-plateau avec Lucie Taffin au Connétable. Ensuite, ce sera pour la sortie d’album régionale, le 1er décembre au Pari dans une programmation de la SMAC la Gespe à Tarbes, le 11 décembre au Bijou à Toulouse, avec ma nouvelle formule en trio.

Quelle est l'ambiance en concert ?
En concert, je présente un solo très immersif, avec mon clavier et mon spd-sx (sampler avec des pads qui se jouent aux baguettes). Un concert dans lequel les morceaux s’enchaînent, avec des matières sonores ou textuelles qui font le lien, un peu de danse, un engagement physique important, des choeurs, des histoires, des sons. Là, je prépare un nouveau concert en trio avec un côté plus brut, avec une batteuse et une contrebassiste qui vont aussi chanter les choeurs en direct.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Je souhaite dire qu’on vit un moment très dur, angoissant, qu’il faut continuer à rêver et en même temps rester vigilants, garder la citation de Pina Baush tellement d’actualité en tête « dansez, dansez sinon nous sommes perdus », prenons garde à rester vivants !

Merci à Claire Gimatt d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez la également sur Facebook.

Financement participatif du clip de Dali !!/ Lancement

interview Musique

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