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Le livre Mon Beau légume de Renata Libal

Maxime Lopes Par Le lundi, 13 juin 2022 à 16:04 0

Dans Culturel

Nous voulons tous mieux suivre les saisons et nous approvisionner auprès de producteurs locaux. Mais comment avoir envie du bon légume pile au bon moment, et surtout comment le cuisiner et l’accompagner pour qu’il révèle toute sa saveur ? Renata Libal nous prodigue bons conseils et recettes dans son livre Mon Beau légume.

Renata Libal - Mon beau legume

Ce petit livre raconte, en idées, recettes faciles et photos, une année d’exploration en cuisine familiale, pour tirer le meilleur du végétal qui vient à peine de sortir de terre. De l’entrée au dessert, seuls ou garnis de viande ou poissons, les produits du potager sont à l’honneur.
Blanquette de veau à la vanille avec céleri branche, pâtisson en transparence crue avec courgette, radis noirs en chips ou encore chou palmier et cabillaud aux noisettes, les légumes s’amusent.
De vraies vedettes !

Interview avec Renata Libal

Pouvez-vous nous présenter votre livre Mon Beau légume ?
Il s’agit d’un livre de recettes faciles et joyeuses, qui permettent de s’amuser avec les légumes. Mais plus largement, ma démarche consiste à donner envie aux gens de cuisiner des légumes qui ont poussé et mûri près de chez eux, pile au moment où ils sont à leur meilleur. Quitte à découvrir des variétés dont on a peu l’habitude, comme le rutabaga ou le radis noir. Je ne suis pas - et de loin ! – une professionnelle de la cuisine. Juste une gourmande qui aime partager ses découvertes et qui sait que le légume n’est pas juste une punition triste à côté de la viande.

Qu'est-ce qui vous a incitée à écrire cet ouvrage ?
Je suis journaliste, active dans la presse suisse romande depuis de nombreuses années, rédactrice en chef d’un magazine lifestyle nommé encore! A ce titre, j’ai eu le privilège de rencontrer de nombreux chefs – dont Alain Passard, le célèbre rôtisseur multi-étoilé converti au culte du légume, qui m’a beaucoup fait réfléchir – et d’observer comment notre société aspire à toujours plus de naturel. Puis une personne qui m’est chère s’est lancée dans le maraîchage urbain et je me suis abonnée au panier hebdomadaire que son association proposait… Tout s’est mis en place dans ma tête : tant de légumes soudain dans ma cuisine, mon expérience professionnelle, ma réflexion sur notre alimentation, l’envie de manger plus sainement sans aucunement renoncer au plaisir. Le livre est né ce cette conjonction d’éléments : je suis partie à la découverte des légumes locaux et voilà mon année végétale en livre !

Avez-vous eu des surprises ?
Certainement ! J’ai réalisé que la palette de l’offre était beaucoup plus vaste que les légumes que j’achetais un peu par automatisme. J’ai ainsi fait connaissance avec d’étranges végétaux dont j’ignorais tout. Je me suis parfois retrouvée à regarder une racine dans le blanc des yeux et à lui demander : « Tu es qui, toi ? ». Du coup j’ai cherché ce que c’était, comment ça se cuisinait. Je me suis mise à photographier les légumes, puis le résultat dans l’assiette, à créer un profil instagram pour archiver mes trouvailles.
J’ai aussi réalisé que si la saison des tomates pouvait être très courte selon la météo de l’été, celle des choux est interminable ! D’où la nécessité de varier les manières de les cuisiner.

Que pensez-vous des légumes que l'on trouve à toutes saisons et dans certains cas qui viennent de l'autre bout du monde ?
L’industrialisation et la mondialisation excessives de l’agriculture nous a menés dans une impasse. En matière environnementale, naturellement, mais aussi en matière de goût. Il est bon de réapprendre à savourer l’asperge ultra fraîche du champ d’à côté, à mordre dans une tomate gorgée du même soleil qui nous a tenu chaud dans l’après-midi. Nous avons perdu la sensation délicieuse de cette immédiateté.

Etes-vous partie à la rencontre de producteurs locaux ou de restaurateurs pour écrire Mon Beau légume ?
Durant un an, je me suis engagée envers moi-même à ne consommer que des légumes locaux - du moins les variétés qui poussent chez nous, car je ne suis pas dogmatique : je m’autorise volontiers un citron ou une banane. Mais je n’ai, par exemple, plus acheté une seule courgette, une seule aubergine non locale… Outre le panier de mon abonnement, je ne me suis fournie qu’auprès des producteurs, en direct, et j’ai mieux compris leur travail, leurs contraintes… et leur passion. Cela dit, je vis en Suisse, où il est facile de faire son marché près de chez soi : le pays est petit et la campagne toujours au coin de la rue.

Il y a eu un phénomène de mode où les fruits et légumes devaient être beaux, lisses, ronds ou longilignes... Je me souviens d'une grande enseigne qui faisait la pub des fruits moches qui sont tout aussi savoureux. N'a-t-on pas là des habitudes alimentaires trop formatées ?
Bien-sûr ! Consommer ce que la magie conjuguée de l’agriculteur, de la terre et de la météo a fait pousser incite à réviser ses critères de beauté végétale et à accepter l’individualité de chaque légume. Mais regardez les podiums de mode : là aussi, les temps changent et on met en avant la diversité des beautés, des personnalités, plutôt que de promouvoir un modèle unique. Et en matière de légumes, la saveur n’a rien à voir avec la forme, au contraire ! Certaines variétés anciennes et délicieuses – de tomates, par exemple – ont été mises de côté, car les fruits étaient trop fragiles ou trop biscornus pour le transport. Quel gâchis ! Je suis très sensible au mouvement actuel qui repart à la conquête des saveurs.

Nous vivons une période économique compliquée dans de nombreux pays et où les prix de l'alimentation s'envolent. Avez-vous une astuce à nous partager pour que les fruits et légumes impactent le moins possible notre budget ?
Pour ceux qui ne vivent pas au cœur d’une capitale, les champs où le consommateur peut aller récolter ses fruits et légumes en direct et les payer au poids offrent une bonne solution.
Acheter au cœur de la saison, à petit prix, et congeler aussi un moyen de réduire les coûts.
Et il ne faut surtout pas hésiter à planter des herbes aromatiques ou des fleurs comestibles sur son balcon ou son rebord de fenêtre. Ces touches de saveur font toutes la différence.

Est-ce important de proposer des idées de recettes simples et rapides dans votre livre ?
Absolument ! Chaque repas doit être une petite fête. Et souvent, il suffit juste d’un peu d’imagination. Et je tiens à préciser que mes recettes ne nécessitent aucune technique particulière : j’ai tout réalisé dans ma cuisine, mes casseroles et ma vaisselle. Je suis équipée de manière plutôt sobre et le robot plongeur est à peu près ce que je pratique de plus sophistiqué.

Quelle place occupe l'image et les photos dans Mon Beau légume ?
J’ai réalisé toutes les images moi-même, avec mon téléphone mobile. Et chaque plat qui figure dans le livre a bel et bien été mangé par ma famille et mes amis – souvent un peu froid d’ailleurs, car je devais prendre l’image avant de passer à table. Le résultat est un peu brut, comme un carnet de bord – car je ne suis pas non plus photographe ! Mais je tenais à la sincérité du propos : si moi je suis parvenue à faire cette tagine aux courgettes, vous y parviendrez aussi.

Quel est votre légume préféré et avez-vous un plat où vous appréciez le cuisiner ?
Je suis une inconditionnelle des légumes de printemps, comme l’asperge – que je sers volontiers « à la polonaise », soit couverte d’un mélange doré à la poêle de chapelure, beurre, œufs dur émietté et ciboulette.

Souvent les grand-mères avaient de bonnes astuces et on garde tous des souvenirs des plats qu'elles préparaient. En avez-vous un à nous partager ?
Je vous donnerai mes astuces quand je serai grand-mère ! Plus sérieusement, j’ai découverte que presque tous les légumes gagnent à être rôtis au four (ça, c’est une idée chipée à Alain Passard !) , avec un bon trait d’huile d’olive. Choux, choux-fleurs, courgettes, betteraves… Cuisinés en steaks épais ou rôtis entiers, comme un poulet, ils développent un goût généreux et roboratif, presque caramélisé, Un délice ! Même l’humble poireau y pend des allures de festin.

Aurez-vous l'occasion de rencontrer les lecteurs, en Suisse ou ailleurs, pour dédicacer votre ouvrage ?
Pour le moment, je n’ai fait de dédicaces qu’à des amis d’amis, à l’occasion de cadeaux. Je ne suis pas une vedette qui part en tournée. Je préfère m’attabler, avec ceux que j’aime, devant un plat à partager. Ces temps, je cuisine avec plaisir du poulet à la rhubarbe.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Qu’il ne faut jamais oublier que les petits plaisirs sont les plus précieux et qu’il faut les cultiver avec amour. Comme ce plant de basilic sur la fenêtre.

Merci à Renata Libal d'avoir répondu à notre interview !

A propos

Renata Libal est journaliste active dans la presse magazine en Suisse romande, attachée à l’univers du beau et du bon.
Actuellement rédactrice en chef du magazine lifestyle Encore ! elle puise son inspiration gourmande auprès des grands noms de la gastronomie comme des grands-mères astucieuses.
Résultat : des recettes accessibles (vraiment !), pour que chaque jour soit une petite fête.

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