Publicité

Le conte musical et illustré Chems et la Parade du Ciel-Feu

Plusieurs artistes haut-savoyards sortent un conte illustré et musical intitulé Chems et la Parade du Ciel-Feu. Il aborde la question du genre, avec une héroïne / héros en quête de son identité.

Chems, parade du ciel feu

Chems et la parade du Ciel-feu est un album illustré et musical associé à une performance en piano-voix invitant enfants et adultes à laisser libre cours à leur imaginaire . Ce projet est porté par des artistes de Haute-Savoie : Christine Cufi pour la création d'illustrations, Valérian MacRabbit pour l'écriture, Jacqueline Lemasle pour la musique avec la participation de François Juillard en tant que conteur.

« C'est l'histoire d'un petit garçon aux doigts de feu qui s'enfonce un jour dans un désert aussi brûlant que fantaisiste. A ses côtés un escargot-maison, un ver qui rêve de devenir papillon et toute une parade de créatures étranges qui le poussent à s'interroger sur le monde, mais aussi sur lui-même. »

A la fois visuelle et musicale, l'expérience prend place dans une dimension fantaisiste qui n'est pas sans évoquer l'univers de Lewis Carroll. Par-delà le conte et les singulières créatures qui le peuplent, un questionnement sur le genre, l'acceptation de soi, nos instincts matérialistes.

Chems ne connaît pas ses parents et se trouve reclus dans une tour car il est atteint d'une maladie qui le rend trop sensible à la lumière du soleil. Empli de frustration il décide de mettre feu à la ville. Il sort alors de la tour et fait la rencontre de personnages singuliers qui le confrontent à ses peurs. Est ce que son père l'aime vraiment ? Pourquoi certaines choses nous paraissant absurdes mais existent néanmoins ? En tant qu'être humain nous comportons nous comme des parasites ? Peut-on accepter de ne pas se fier aux apparences ?

interview

Pouvez-vous nous présenter votre conte musical et illustré Chems et la Parade du Ciel-Feu ?
Valérian : C’est un conte initiatique qui se déroule dans un désert dystopique, près d’une mégalopole qui ressemble étrangement à Dubaï. A la manière d’une Alice ou d’un Petit Prince, Chems va rencontrer plusieurs créatures étranges qui vont le mener à se questionner sur le fonctionnement du monde et sur sa propre identité. Mais contrairement à la plupart des contes, qui sont généralement atemporels, Chems va faire face à des problématiques très contemporaines : le matérialisme, l’écologie, jusqu’à questionner son propre genre.

Vous êtes 4 artistes haut-savoyards sur ce projet. Comment vous êtes vous rencontrés et était-ce simple d'échanger sur ce projet ?
Christine : Nous nous sommes tous rencontrés grâce à Jacqueline, avec qui je travaillais et à qui j’ai montré mes illustrations. Elle avait déjà collaboré avec la compagnie théâtrale de François et avec Valérian sur son album.

Que peut-on savoir sur votre personnage principal, Chems, et ses doigts de feu ?
Valérian : Chems est présenté comme le fils du Soleil. Il grandit dans une tour qui le protège des rayons destructeurs de son père jusqu’au jour où, incapable de maîtriser ses pouvoirs et sa colère, il incendie la Grand Ville. Vient alors le temps de l’errance, où Chems devra composer avec ce Ciel-Feu ennemi qu’il a toujours fui, mais surtout avec sa propre identité.

Pourquoi avoir voulu aborder la question du genre et de l'identité avec Chems ?
Valérian : Je voulais évoquer cette question à petits pas, sans violence, dans l’empathie. Le “genre” ne fait jamais débat dans Chems. Nous avons juste affaire à un héros qui se confronte à la solitude et apprend à se découvrir en toute authenticité, loin du regard des hommes. Et parmi mille découvertes, vient celle de sa féminité. La question n’est jamais résolue : a-t-on affaire à une petite fille qui se rêve fils du Soleil ? un petit garçon efféminé ? La réponse est sans doute donnée par le Khatakalikat : “qu’importent les mots si nous sommes ce que nous sommes, et que nous le savons”.

D'où vient l'idée du nom de Chems ?
Valérian : Chems, c’est le soleil en arabe. C’est aussi un prénom épicène, qui peut être masculin ou féminin. Il contient donc en lui la descendance et les questionnements du héros.
Christine : Pour l’anecdote, au début, le personnage principal devait être une petite fille nommée Zoé... J’ai juste dû réajuster un peu mon personnage quand Valerian en a fait un “prétendu” garçon : j’ai affiné un peu sa silhouette et j’ai surtout changé son regard.

Comment avez-vous choisi les personnages que Chems allait rencontrer ?
Valérian : Ils sont venus soit des illustrations de Christine (l’escargot-forteresse, le parasite) soit de mon propre univers : Jack Worm, éternel marginal, était déjà le sujet d’une chanson de mon album The Freak Parade et il y a quelques allusions aux personnages du clip de The Man who became a rabbit, comme ce Khatakalikat qui est à la fois l’héritier du Cheshire Cat et d’une tradition théâtrale du Sud de l’Inde à laquelle j’ai été initiée. Ces monstres sont toujours les projections d’une certaine intimité.

Le début de l'histoire me fait un peu penser au personnage de Kirikou. Avez-vous un personnage de dessin animé préféré ?
Christine : Tous ceux de l’univers de Tim Burton.

Pensez-vous qu'on vit dans une société où l'on veut (trop) nous formater ?
Valérian : Formater l’autre, c’est humain, même animal. Nous n’avons qu’une vision réduite de ce qui fait les gens qui nous entourent. Là où le processus peut devenir assez violent, c’est lorsque le désir de satisfaire les autres nous pousse à abandonner ce qui fait notre propre essence. C’est ce qui arrive à Chems dès son plus jeune âge : il adopte docilement l’identité d’orphelin nocturne qu’on lui a créée de toute pièce : seule la solitude lui permettra de réaliser qu’il n’est pas cette personne.

Avec le chapitre L’Arbre et parasite on pourrait facilement faire un lien avec les fables de La Fontaine. Est-ce là une approche intéressante pour votre conte et dont vous avez pu en partie vous inspirer ?
Valérian : Ces fables font partie de notre inconscient collectif, comme le lapin d’Alice ou le renard du Petit Prince, auxquels il est fait allusion dans le conte. J’aimais l’idée d’inscrire Chems dans une lignée un peu sacrée, de jouer avec le thème de la réincarnation. Écrire un conte, c’est forcément s’inscrire dans un tradition très codifiée, qu’il est aussi amusant de subvertir un peu.

Quelle était l'histoire que vous aimiez qu'on vous raconte lorsque vous étiez enfant ?
François : J’étais passionné de mythologie grecque.

Est-ce que s'adresser à des enfants nécessite une approche particulière dans votre travail ?
Valérian : Chems propose plusieurs niveaux de lecture : les enfants peuvent déambuler dans la fantasmagorie en effleurant des questions qui feront peut-être sens plus tard. Les adultes comprennent les choses différemment. Nous avons fait le choix de ne pas simplifier le texte : le mystère et les zones d’ombres sont inhérentes au contes, il n’est pas nécessaire de tout comprendre. Si la lecture d’un chapitre peut mener à une discussion entre des parents et leurs enfants, ce serait la plus belle des interactions.

L'ouvrage de Chems et la parade du Ciel Feu commence avec une citation d'Oscar Wilde. Pourquoi avoir choisi cette citation ?
Valérian : « Un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes. ». Cette citation illustre bien le vagabondage de Chems, qui va « trouver son chemin » en même temps qu’il apprivoise la lumière du jour.

Christine, qu'avez-vous souhaité apporter avec les dessins ?
Christine : Valerian est parti des illustrations qui étaient déjà existantes pour la plupart afin d’écrire le conte. L’histoire est en fait née sur le terreau des images !

Comment travaillez-vous les dessins et quels outils utilisez-vous ?
Christine : Je répondrais en citant Christian Bobin : “Tu sais ce que c’est que la mélancolie ? Tu as déjà vu une éclipse ? Et bien c’est ça, la lune qui se glisse devant le cœur et le cœur qui ne donne plus sa lumière, la nuit en plein jour”.
Les illustrations ont toutes été réalisées à l’aquarelle. J’ai effectué de nombreuses recherches et de croquis avant d’arriver à Chems.

Jacqueline, peut-on en savoir plus sur la partie musicale de Chems et la Parade du Ciel-Feu ?
Jacqueline : J'ai composé un accompagnement pianistique pour le conte. L'idée était « d'habiller » le récit pour créer une ambiance presque cinématographique. J'ai commencé à travailler sur les personnages pour lesquels j'ai développé des thèmes à partir des illustrations.
Ensuite François et moi avons travaillé ensemble sur le texte. C'était génial de coller au maximum à son interprétation et en même temps de lui proposer un matériel musical qui lui permette d'expérimenter. J'ai beaucoup de plaisir lors des présentations publiques car nous sommes dans l'échange et le jeu. C'est très vivant ! Le chapitre des champignons est l'unique chanson du conte. Lors de ma première lecture ça a tout de suite été une évidence : la chanson était là sous mes yeux ! Elle s'est faite presque toute seule et je pense qu'elle trouve toute sa place.

François, en tant qu'orateur, à quoi faites-vous attention lorsque vous contez l'histoire ?
François : A l'imaginaire et aux visions provoquées par le texte, au plaisir de dire, à l’importance des mots, à entrer en contact par le regard avec le public pour partager cette vision.

Quels ont été les premiers retours de lycéens auprès de qui vous avez fait découvrir votre récit ?
Jacqueline : J'étais heureuse de l'enthousiasme des élèves et encore plus de leurs questions concernant le processus de création. Il n'est pas courant de rencontrer des compositeurs (et encore moins des compositrices).
Valérian : Il y a souvent beaucoup de questions, notamment sur le genre du personnage. C’est un projet qui, globalement, interpelle et questionne.

Des expositions et des performances du conte sont-elles prévues ?
Christine : Oui, nous proposons notamment une performance “à distance” en piano-voix pour les centres culturels, médiathèques et écoles. Des expositions ont déjà eu lieu en Haute-Savoie et auront lieu après la diffusion du livre, avec des ateliers autour des personnages. Nous réfléchissons également à une adaptation théâtrale.

Quel était votre rêve d'enfant ?
François : Devenir comédien.
Christine : Mon rêve d’enfant était de dessiner et surtout d’illustrer des livres car en plus d’être une grande fan de BD, films d’animation et toute autre forme d’arts, j’ai eu la chance d’avoir un grand-père qui m’a insufflé sa passion pour le dessin et la peinture.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Valérian : Vous pouvez découvrir l’univers de Chems sur le site internet de Valerian MacRabbit et nous contacter sur l’adresse penguinoprod (arobase) gmail.com. Nous serions ravis de faire voyager Chems jusqu’à vous !
François : En ces temps incertains, rappeler que le désir s'éprouve dans l'ambigu.
Christine : Je citerais Muldoon : « Captivez l’imagination et vous captiverez le cœur » mais également Einstein : « la créativité c’est l’intelligence qui s’amuse ».

Merci à Valérian, Christine, Jacqueline et François d'avoir répondu à notre interview !
Suivez les également sur Facebook.

Trailer conte musical "Chems et la parade du ciel feu"

interview Musique Art

Sans Prétention du Vent pour son clip Sans Prétention du Vent pour son clip
Cet été, Sans Prétention a pris tout le monde par surprise avec le succè...
  L'exposition virtuelle Des concerts pop...
Nicolas Vidal dévoile l'exposition virtuelle Des concerts pop... ce 10 novembre.
L'exposition virtuelle Des concerts pop...

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire