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Le Big Bang de Thierry Maillard avec Zappa Forever

Il y a chez Thierry Maillard comme une contradiction permanente, un écartèlement entre des faces paradoxales de sa personnalité, qui font sa complexité et qui sont sa richesse. Cette figure importante du monde du jazz depuis 30 ans compte pas moins de 17 albums à son actif comme leader, dans différentes formations dont celle des plus prestigieuses de son tout premier trio composé en 1998 pour l’album Paris-New-York avec Dennis Chambers (batterie) et John Patitucci (contrebasse).
Thierry Maillard dévoilera le 24 avril 2020 son projet Zappa Forever.

Thierry Maillard

Flash Back

Il vient alors de fêter ses 22 ans et réalise un album au casting mirobolant que nombre de ses collègues jazzmen quinquagénaires (d’hier ou d’aujourd’hui) n’imagineraient même pas en rêve. Le jeune homme vient alors de croiser la route de Michel Petrucciani qui a repéré son grand talent et semble bien décidé à l’aider, et a déjà reçu les encouragements de Richard Galliano. Ces deux grands ainés soulignent ses qualités de compositeur... L’album qui sort sur le prestigieux label américain Emarcy est une grande réussite. La presse est dithyrambique
Une star du jazz est née ?

Le pianiste qui avait un orchestre dans la tête

Mais Thierry Maillard n’est pas du genre à s’extasier ni à s’étonner trop longtemps de ses succès et de ce première séquence « américaine ». Et il a la bougeotte. Ses rêves et son appétit sont grands. A l’image de l’orchestre qui sonne dans sa tête en continu. Car ses racines et son identité musicales profondes sont d’abord à chercher dans le monde symphonique. 

« Les oeuvres orchestrales ont toujours été essentielles et ont guidé ma vie de musicien.
Jusqu’à l’âge de 15 ans, ce sont les symphonies de Beethoven et Mozart que j’écoutais tous les jours, pas les Stones ou Coltrane ! J'écoutais très peu de musique en dehors de la musique symphonique. Ces compositeurs ont littéralement bercé mon adolescence.
J’ai été imprégné par la musique symphonique classique. Plus tard, j’ai découvert Stravinsky et Bartók qui m’ont complètement bouleversé. Pour moi, les compositeurs classiques sont bien évidemment à l’origine de ce qu’est la musique d’aujourd’hui, aussi bien d’un point de vue mélodique que rythmique. Et le jazz, comme toutes les musiques, se nourrit de ces grands maîtres qui ont absolument tout créé » insiste Thierry Maillard.

Jazzman or not Jazzman

Cet amoureux transi des concertos pour piano de Mozart, du Sacre du Printemps et du Concerto pour orchestre de Bartok, qu’il connait par cœur, se souvient-il avoir décidé un jour de devenir « musicien de jazz » ? « Oui ! » répond-t-il sans hésiter :
« A l'écoute de Bill Evans et sa façon d’harmoniser, j’ai réalisé que j’avais envie de jouer cette musique-là. J’ai été passionné par le coté très romantique et classique qui ressort de son jeu et son toucher pianistique. Le premier vinyle que j’ai acheté, « Enigmatic Ocean » de Jean Luc Ponty, a été un grand choc ».

Au fil de sa carrière, les groupes de jazz s’enchaineront ensuite, multipliant disques et concerts, parcourant la planète entière, mais sans que jamais la passion de composer dans d’autres dimensions ne cesse de le rattraper : musiques de films, musiques de publicité, albums mobilisant tour à tour quatuors à cordes ou orchestre symphonique comme « The Kingdom of Arwen »… Thierry Maillard, un classique chez les jazzmen ? Ou l’inverse ?

Sur le chemin du bonheur : La passion Zappa

« Lorsque Zappa bute sur des résistances en 1975 au moment d’enregistrer l’album « Orchestral Favorites », un projets atypique et complètement fou d’un point de vue artistique ou financier, il exprime aussi le fait qu’il ira au bout de cette folie, que ça plaise ou non. Je me reconnais totalement dans cette attitude » explique Thierry Maillard.

Cette volonté d’embrasser et d’embraser la musique dans toutes ses dimensions - de son piano, de sa table de compositeur et de son pupitre de chef d’orchestre – et en approfondissant encore son obsession du son orchestral, vient de trouver dans sa nouvelle aventure en big band, une nouvelle traduction décisive.

D’abord en 2018 avec l’album Pursuit of happiness qui a créé la surprise en rassemblant un véritable « all stars » du jazz français. Puis peut-être plus encore aujourd’ hui avec le projet en éclosion - Zappa Forever qui offre à sa musique une dimension tout à fait singulière qui semble le conduire à un saisissant point de synthèse et de cristallisation. Comme si le format du big band – dont les plus grands compositeurs du jazz ont fait leur instrument privilégié, d’Ellington à Gil Evans - qu’il sait utiliser de manière très personnelle et libre (« J’ai composé cet album et attribué des rôles aux instruments plus à la manière d’un orchestre symphonique qu’à la manière d’un big band traditionnel de jazz » confie-t-il) fusionnait soudain toutes ses aspirations, ses passions, ses démons, ses pulsions, ses folies, ses contradictions…

Avec comme phare l’exemple de Frank Zappa lui-même, dans lequel il se semble reconnaitre un grand frère en musique, comme un double inclassable de lui-même quand il s’agit d’être confronté à des freins ou des rejets au moment de proposer des objets musicaux singuliers et hybrides, avant d’imposer sa personnalité et sa démesure.

Et si en se rassemblant lui-même dans le format Big Band,Thierry Maillard ne venait-il pas d’aligner ses planètes internes et de réussir son propre Big Bang ?

Portrait  écrit par Jean-Luc Caradec

THIERRY MAILLARD BIG BAND ZAPPA FOREVER "EPK"

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2 votes. Moyenne 3.00 sur 5.

Commentaires (2)

Aouate
  • 1. Aouate | jeudi, 13 février 2020
Je voulais mettre 5 étoiles et non 1 étoile. Et ensuite pour dire qu’il s’agit d’un hommage à Zappa et non de plagier ce grand musicien. Je trouve que le mélange des univers rythmique, mélodique et instrumentaux rejoint l’esprit de Franck zappa et de sa musique, tout en respectant la sensibilité et la créativité du compositeur et orchestrateur qu’est Thierry Maillard qui s’en est inspiré au plus près quand on connaît bien la musique de zappa.
Il faut être soi même compositeur, arrangeur et musicien pour comprendre la démarche et les intentions d’une telle aventure où le résultat à l’écoute de cet extrait est monstrueux d’ingéniosité, d’invention, de richesse musicale tout comme nous le démontrait la musique de Zappa....digne d’un hommage justement rendu. C’est une musicienne qui parle.
Andy Nicolet
  • 2. Andy Nicolet | jeudi, 13 février 2020
L'usage de la dénomination "Zappa Forever" pour un projet musical qui ne contient pas une note de Frank Zappa me semble poser problème.
Indépendamment de la contrefaçon de marque déposée qu'il constitue, l'usage de ce patronyme est un agissement parasitaire.
Bref, de quel droit ce monsieur Thierry Maillard appelle t'il sa musique "Zappa Forever"?

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