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La Pietà prépare l'album La moyenne

La PieTà nous a dévoilé le premier single Tapez, tiré de son premier album La moyenne. L'occasion d'en apprendre un peu plus avec l'artiste.

La pietà - La moyenne

C'est un cri. Une écorchure. Un désespoir porté par la lumière.

La Pietà cogne, hurle, revendique. Elle caresse, aussi. La Pietà parle aux tripes et aux cæurs, avec la rage du punk et la poésie du slam. C'est un trop plein d'émotions extrêmes ressenties durant une poignée d'années qui a transformé La Pietà pour toujours. « Si la rage est un moteur, alors j'risque d'aller loin », scande-t-elle sur Jusqu'ici tout va bien. Cette hargne, cette rugosité verbale n'est pas plus dirigée contre la société que vers elle-même. Elle est juste l'expression primale d'un cerveau qui refuse de tourner en rond dans sa cage. La Moyenne, Tapez, Ma Guerre est Finie ne sont ni des complaintes ni des errances poético-dégoulinantes : ce sont des pamphlets personnels, des claques que l'on donne aux autres autant qu'à soi-même, des textes d'une noirceur qui n'oublie jamais que renoncer à la lumière est la première des lâchetés.

La Pietà est une lutte, une statue de Michel-Ange version punk, un statut d'un réseau social qui leverait son doigt le plus long en l'air à tous les consensus. La Pietà est brute enragée mais toujours sensible, volcanique et parfois gracile. La Pietà est une griffure, prête à appli quer du baume à celui qui saura l'écouter en regardant à l'intérieur de soi. La Pietà rugit son punk-à-textes-electro-rap (celui qui leur colle l'étiquette musicale qu'il faut gagne son poids en paires de claques).

Depuis trois ans, La Pietà explose sur scène, aux quatre coins du pays. Ces moments live sont tendus, ombrageux, provocants, festifs, propices à la communion. C'est ce même paradoxe qui pulse comme une artère au cœur de La Pietà, que ce soit en électrique ou en piano voix, formule scénique qui donne encore plus de profondeur aux textes. Après trois EP rageurs en forme de chapitres où elle avançait masquée, autant sur scène que symboliquement, La Pietà sort à visage découvert La Moyenne, son premier album, en janvier 2020. La parution d'un roman suivra de près. Une fiction qu'on devine pourtant très personnelle, où sa plume vertigineuse peut s'exprimer en silence, comme pour offrir de nouveaux sous-titres aux arrangements musicaux d'Anthony Bellevrat et Vincent Choquet. C'est un chuchotement.

Un effleurement. Un espoir qui se fraie un chemin sur terrain miné.

Interview avec La Pietà

La Pietà est née à l'origine d'un roman, peut-on en savoir plus à son sujet et qu'est ce qui vous a poussé à en transformer des extraits en musique ?
J’avais eu une expérience douloureuse dans le milieu de la musique à Paris, en plus de choses difficiles dans ma vie personnelle, j’étais arrivée à un moment de ma vie où je sentais que je perdais pied complètement. Alors j’ai décidé de quitter Paris et ma vie précédente, pour en re-créer une nouvelle dans le sud. Repartir à 0, avoir page blanche. Je pensais arrêter définitivement la musique et me tourner complètement vers autres chose. Je me renseignais pour devenir institutrice notamment. Et puis, en fin de compte, j’avais besoin de raconter ce que j’avais vu de ce milieu de la musique, raconter les coups durs pour monter que je pouvais en faire quelque chose, raconter cette histoire là qui était la mienne mais pas seulement, raconter la résilience.
J’ai donc commencé à écrire ce qui est devenu un roman par la suite.
Au bout de quelques mois, j’avais envie de m’amuser avec un petit clavier que je m’étais achetée et mon ordinateur, à bidouiller des sons, et essayer de mettre des extraits du bouquin sur ses sons. Je ne pensais pas faire écouter tout cela un jour. J’ai mis beaucoup de temps avant de faire écouter, puis de sortir tout ça de ma bannière, car je n’avais plus confiance en moi.

Qu'est ce qui vous a motivé à sortir un album et un roman à quelques mois d’intervalles ?
Chaque texte de chanson de l’album est tirée du roman, ils sont donc liés, je voulais les sortir ensemble. C’était compliqué que ce soit pile en même temps, mais comme ça, ils se répondent et se font échos à 2 mois d’intervalles, ce qui permet aux gens de visiter l’ensemble du projet en plusieurs temps !

Quelle est l'origine du nom La Pietà ?
La Pietà est une oeuvre de Michelange que j’aime beaucoup. Elle représente la sainte vierge qui tient le christ mort après la crucifixion. Cette oeuvre questionne sur la femme, la beauté de la femme, sa sensualité, sa sexualité, sa maternité, son rapport au monde... Je trouvais que ça me correspondait bien.

Pouvez-vous nous parler du single j’revendique et son clip ?
Jerevendique est une chanson qui me tient à coeur, elle résume bien l’état d’esprit de La Pietà : revendiquer le droit à la différence, c’est finalement cela mon combat dans tout ce que je fais. Pour le clip que j’ai réalisé moi même j’ai voulu faire appel à Carlos Carreras, acteur, performeur et interprète LSF car je souhaitais centrer le clip sur le chant - signe et la danse. Mêler le corps, les visages, et les mots.

Quelle importance accordez-vous aux textes et selon vous, ceux-ci doivent-ils bousculer les codes et s'inscrivent dans une certaine lutte ?
Mon projet est entièrement créé autour des textes, donc oui c’est primordial pour moi. Ca m’empêche pas d’aimer aussi écouter de la musique ou les textes sont beaucoup moins essentiels. Les textes ne doivent pas forcément être dans la lutte non, c’est mon choix de le faire dans certains titres, mais je n’aimerais pas que toutes les oeuvres musicales soient ainsi. Il faut que tout puisse exister, et co-exister.

Fin mars 2020 vous sortirez l'album La moyenne, pouvez-vous nous le présenter ?
C’est le résultat de 4 années de travail. je voulais faire un album pour clôturer un peu une période, et je pense que cela se sent, il y a un peu une mue entre ce qu’était La Pietà, et ce que cela devient. Je conclue cet album par la chanson Ma guerre est finie et qui résume donc où j’en suis. L’album est riche et éclectique, il est difficile de définir le style, ce qui n’aide pas à en faire sa promotion, mais par contre, je pense qu’on peut dire qu’il ne ressemble à rien d’autre.

A quel point La Moyenne raconte-il votre histoire personnelle ?
C’est aussi bien mon histoire que celle des autres, mon but est de rendre assez flou les contours de mon histoire pour que tout ce qu’il reste ce soit l’émotion ressenti, et que chacun puisse s’y reconnaître.

Peut-on en savoir plus sur sa partie instrumentale ?
J’ai travaillé de manière beaucoup plus organique que sur les EP précédents. Je voulais surtout que la musique soit interprète comme les textes, qu’ils soient vibrants, extrêmes, passionnés, et moins froids. Il y a beaucoup plus de pianos et percussions par exemple, et tout ce qui est électronique est modulaire, donc fait à la main, joué en direct avec nous, i n'y a pas de boucles ni rien de pré-enregistré.

Comment travaillez-vous avec Anthony Bellevrat et Vincent Choquet sur l'album et en quoi vous aident-ils ?
Anthony est un de mes meilleurs amis, on se connait depuis plus de 10 ans. ON s’était appelés pour se raconter nos vies et nos malheurs, et je lui ai demandé s’il avait pas des parties de pianos qui trainaient. IL m’a envoyé un piano que j’ai adoré et sur lequel j’ai posé un texte tout de suite, 7 mois. ON était tous les 2 contents du résultat et on est donc ensuite partis à la campagne pour bosser le reste de l’album ensemble. Sur certains morceaux on partait de mes maquettes à moi et il y rajoutait des arrangeants de piano et/ou de guitares et percussions. Sur d’autres, on partait de ses morceaux à lui. Il a bossé tous les sons, tous les arrangements avec moi. Ensuite on est allés en studio avec Vincent Choquet qui est super pointu sur les sons modulaires et qui a donc bossé les parties électro à partir de son bordel de machines :) Ensuite c’est aussi lui qui a finalisé le mixage de l’album. Il y avait une chouette ambiance, j’ai adoré faire cet album dans le plaisir, on était comme des enfants.

Sur quoi accordez-vous de l'importance dans vos compositions pour ne pas faire un album "Dans la Moyenne" ?
Je ne réfléchis pas comme cela. J’essaie juste d’exprimer des émotions, des messages, des propos, le mieux possibles. J’essaie d’être droite dans mes bottes, me faire avant tout plaisir. Si ça me plait à moi, alors je peux tout affronter derrière.

Selon vous, quelles sont les principales difficultés dans le monde musical actuellement ?
L’uniformisation. Le schéma capitaliste l’emporte aussi dans la musique. Il faut vendre des espaces publicitaires, et on met des artistes qui chantent pour boucher les trous entre les pubs. Ca amène à a recherche de rentabilité, et donc a mettre les chansons qui marchent 15 fois par jour, plutôt que d’en écouter 15 différentes. Mais ça, ça existe depuis longtemps, avec les maisons de disque qui cherchaient à faire du tube. Ce qui m’inquiète maintenant, c’est que les artistes eux mêmes font comme cela. Le cheminement artistique n’est plus le même. J’entends tellement d’artistes chercher à « réussir » plutôt qu’à créer, et qui du coup dans leur création même, réfléchissent uniquement en terme de « quelle image il faut », « comment plaire aux programmateurs radios », « comment faire pour être dans tel journal » ils passent plus de temps à faire des stratégies qu’a mettre leurs couilles sur la table. Je trouve que ça rend tout plat. On appelle ça les « artistes entrepreneurs », et je crois que c’est le début de la fin. Heureusement que d’autres gardent une liberté de ton, et continuent a se battre pour cela. Je fais des playlists régulièrement pour les mettre en avant à mon petit niveau. ce ne sont pas ceux que l’on croise dans les médias en général.

Pour vous, quelles valeurs doit transmettre la musique ?
La musique, comme l’art, transmet l’humanisme. Elle montre comme l’humain peut transcender. Rendre beau l’ignoble. Parler de nous, de notre époque, notre monde, notre coeur. L’art nous raconte à un instant T. Les plus grands artistes sont ceux qui arrivent à ce que leur histoire intime soit suffisamment bien exprimée pour qu’elle soit universelle. On est loin de la recherche de gimmick pour faire plus de streams sur Spotify !

Une indiscrétion à nous donner sur l'album La Moyenne ?
L’album a  été fait juste après le décès de mon père, et la rupture d’avec l’homme que je considérais être l’homme de ma vie. Alors évidemment, cela se ressent. Il parle de douleurs, mais aussi de recherche de sérénité.

Des clips seront-ils prévus et comment imaginez-vous l'univers visuel de l'album ?
Bien sûr j’adore les vidéos clips. Ils ne servent pas seulement à la promotion de l’album, ils font partie intégrante du projet qui se veut pluridisciplinaire. J’essaie que tout l’univers soit cohérent, des images aux textes en passant par la musique.

Plus généralement, si cet EP exprime une certaine rage c'est le cas aussi de nombreux français. Que pensez-vous des mouvements sociaux qui ont lieu au mois de décembre ?
J’en pense que j’ai été flattée quand des manifestants chiliens m’ont écrit pour dire qu’ils chantaient tapez dans leurs manifs. Le monde est injuste, dès lors le monde se soulève. Les changements de climats, les inégalités sociales, le libéralisme assourdissant, tout cela mérite combat, lutte, et nous avons besoin de nouvelles utopies, de croire en quelqu’un et en un avenir.

Comment ressentez-vous la scène et aurez-vous l'occasion de donner des concerts pour présenter l'album ?
Oui bien sûr une tournée est prévue et d’autres dates se calent. Je me sens sur scène chez moi. Je fais deux spectacles cette année. Le spectacle habituel en formule électrique, et puis une formule piano.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
LOVE !

Merci à La Pietà d'avoir répondu à notre interview !
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LA PIETÀ - MA GUERRE EST FINIE (Live Piano Voix)

Musique interview

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