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La Nose prépare son premier album...

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  • Le samedi, 04 janvier 2020 à 17:36
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  • Dans Culturel

La nose, c'est trois ans de chansons, composées par Pauline Willerval (gadulka, chant), arrangées en groupe avec Lisa Langlois-Garrigue (chant), Aurélien Arnoux (guitare électrique) et François Rossi (batterie). Un album est en préparation pour cette nouvelle année, l'occasion de le découvrir.
Deux femmes aux voix dénudées, plus sorcières que rosières. Elles chantent ensemble un français qui détone... L'une d'elle détourne la gadulka de ses rhizomes bulgares pour l'unir à la cadence puissante de la guitare électrique et de la batterie.

La Nose

Pouvez-vous nous présenter votre premier album que vous préparez et son univers ?
Nous préparons douze chansons originales, certaines sont répétitives, entêtantes, d'autres au contraire à la progression lente et orchestrée. Les deux voix féminines fonctionnent ensemble et donnent souvent l'impression d'une chanteuse à deux têtes, un peu sorcière. Nous essayons de marier la fluidité du chant populaire avec la profondeur du baroque et la puissance du rock. Les textes sont en français, certains sont riches de sens et souhaitent s'inscrire dans le sillon de poètes de l'urgence comme Léo Ferré. D'autres se veulent plus loufoques, et s'aventurent soit sur les terrains de l'imaginaire fou à l'instar de notre Brigitte Fontaine admirée, soit sur les terrains sonores déjà défrichés par des vocalchimistes comme Minvielle.

Comment composez-vous vos chansons ?
Pauline compose les textes, la mélodie, sa structure rythmique et harmonique, puis, en groupe, nous arrangeons les chansons, quitte parfois à modifier des harmonies, ajouter des parties instrumentales. C'est un travail de groupe, chacun.e ajoute sa patte artistique et cherche à adapter sa partie pour que le tout soit uni et puissant. L'essentiel est que tout le groupe prenne plaisir à jouer cette musique sur scène et en studio.

Quelle importance accordez-vous aux textes ?
Le texte est primordial dans la plupart des chansons. Il se veut parfois obscur, il n'est jamais quotidien et réaliste, mais que le texte soit déclamé, chanté, scandé, ou improvisé, chaque chanson a son identité propre et c'est le texte qui en donne la couleur.

Peut-on en savoir plus sur les instruments et certains mettent-ils en valeur vos compositions ?
La batterie de François et la guitare électrique d'Aurélien apportent beaucoup de force aux chansons. Les deux musiciens ont baigné dans le rock, le jazz, le mathrock, et l'improvisation noise, et en tirent une grande précision rythmique et un art de la puissance. La voix de Lisa Langlois-Garrigue, qui a elle baigné dans les polyphonies occitanes et le chant populaire, est-elle aussi gage d'intensité, d'un autre genre : profonde, sorcière, elle vise droit et touche net, elle revient de loin. Celle de Pauline vient la doubler, la soutenir, l'harmoniser, en recherchant toujours un chant commun direct et cru. Le violoncelle fait souvent office de basse, et contribue à la référence baroque et orchestrale du groupe. Tandis que la gadulka, vièle bulgare à archet déviée de ses origines par Pauline, électrifiée et inattendue, assure le lien entre les voix et les instruments, avec un jeu qui circule librement entre la mélodieuse tradition classique et des traditions populaires plus énergiques, dédiées à la danse.

Parlez nous du titre Soies...
Soies, c'est encore une rupture ! Le thème de la rupture amoureuse ne cessera jamais de forger des milliers de chansons... Celle-ci revient sur les quinze mois passés en une comptine rageuse. On y retrouve la vierge et la pute réunies dans ce qui ressemblait à de la soie et s'est transformé en vide.

Appréhendez-vous les enregistrements au studio onde source qui auront lieu en février 2020 ?
Nous appréhendons bien sûr toujours un minimum, parce que ça nous tient à coeur de faire un album très réussi, mais nous avons surtout hâte d'y être, et de pouvoir enfin donner à ces années de travail ensemble une forme aboutie et concrète, en attendant la suite de notre aventure qu'on espère pouvoir continuer longtemps ! Nous nous sommes bien préparés, alors nous avons confiance ! En plus, nous serons en studio en plein dans le verseau, c'est idéal pour garder la magie et l'inspiration nécessaires à toute bonne prise, laisser fleurir l'intention après avoir digéré la méthode.

Que mettrez-vous en avant avec cet album ?
Nous voulons proposer un son de groupe nouveau, brut et cohérent, c'est pour ça que nous tenons à enregistrer un album complet, une heure de musique, plutôt que de produire plusieurs clips de quelques minutes : l'album s'écoutera en entier, il aura un récit à donner sur une heure et ça nous tient à coeur de prendre ce temps-là pour pouvoir développer notre son aux oreilles des auditeurs et auditrices.

Beaucoup de monde semble vous aider pour matérialiser cet album, en quoi est ce important ?
Aujourd'hui, il est difficile de trouver des soutiens publics en tant que groupe de musique : les subventions baissent, les réseaux paraissent parfois ne pas se renouveler, les styles et les identités artistiques représentés publiquement peuvent paraître cloisonnés. Même si nous avons trouvé des soutiens institutionnels en région (La gare de Coustellet, La Meson, L'embobineuse, l'AMI), et même si leur aide logistique nous a déjà permis de faire avancer notre travail, nous avons maintenant besoin d'argent pour financer la location du studio, le graphisme, le pressage, la prise de son, le mixage... en comptant sur le travail bénévole des musicien.ne.s.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif et quel serait l'argument pour convaincre de vous aider ?
Les plateformes de financement participatif permettent aux groupes qui n'ont ni financement public ni capital privé, de matérialiser quand même leurs projets. C'est une très bonne nouvelle pour nous et nombreux de nos collègues, et ça permet à la création musicale de perdurer de manière indépendante ! D'autant plus que les personnes qui souhaitent nous aider à faire cet album, le recevront à sa sortie, donc ça n'est pas tout à fait un don sans retour, c'est l'achat de l'album à l'avance, une preuve de désir et de confiance. 

Vous pouvez soutenir l'album de La Nose sur Ulule.

 

Des clips sont-ils prévus et quel impact à l'univers visuel dans la musique selon vous ?
Nous avons eu le plaisir de travailler avec Hadrien Bels à la vidéo en 2019. Nous avons beaucoup aimé cette collaboration. Dès que possible, nous aimerions retravailler avec lui, parce que sa patte artistique met en valeur notre musique : son oeil est vif et fin, au service du mouvement et de la poésie. Il nous a permis de réaliser à quel point la vidéo est un savoir-faire complexe qui a ses règles propres, et de sortir de l'amateurisme en la matière.

Comment travaillez-vous justement l'univers visuel avec Vanessa Dakinsky et Kate Fletcher pour cet opus ?
Vanessa Dakinsky est une peintre extrêmement talentueuse. Nous avons aimé la personne et l'oeuvre : elle travaille avec beaucoup de couleur, et un rapport toujours fluide bien que très surprenant, entre des objets tout à fait actuels et percutants, et un pinceau très savant, très technique. Nous utilisons déjà comme visuel une de ses toiles, Nebula. La pochette de l'album sera basée sur une autre de ses toiles, Enter the glitch.
Exceptionnellement, parce qu'elle aime le travail de Kate et notre musique, Vanessa a accepté que Kate Fletcher, graphiste, ajoute sa patte artistique à la toile. Kate est d'une grande poésie et son univers visuel nous parle : sombre mais drôle, franc mais fourni. Kate fera aussi le livret et d'autres éléments de la pochette. Nous pensons la pochette ensemble, pour qu'elle soit belle, parlante, et aussi pour que la fabrication du disque utilise le moins de plastique possible.

Une indiscrétion à nous donner sur cet album ?
Ce n'est pas une indiscrétion, mais il est important de savoir que Tomy Jaunin, ingé son, nous suit sur toute cette aventure ! Souvent les ingés son restent dans l'ombre, comme s'ils étaient interchangeables, comme si leur travail se résumait à de la technique pure, mais ils ont comme les musiciens leur identité artistique, et celle de Tomy nous a convaincus !

Des concerts sont-ils prévus pour la sortie de l'album et en quoi la scène est-elle importante pour La Nose ?
Nous avons plusieurs pistes de concert pour la sortie de l'album qui devrait se faire en septembre 2020. Mais il est probable qu'elle ait lieu à la gare de Coustellet ! Nous espérons aussi avoir l'occasion de présenter bientôt notre groupe aux bretons et bretonnes, fortiches en matière de création musicale ! La scène, c'est beaucoup d'enjeu pour nous, même si on adore ça, on a le trac parce qu'on veut réussir à toucher vraiment l'oreille du public, à le bousculer, à l'inviter dans notre musique, et cette magie demande à la fois beaucoup de travail et beaucoup de relâchement. Généralement, ça se passe très bien et on a d'excellents retours après les concerts, qui nous aiguillent beaucoup pour la suite. 

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Vive la création, vive l'écriture et la recherche musicales !

Merci à La Nose d'avoir répondu à notre interview !
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LA NOSE / Soies

interview Musique

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