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La Miye aux Tiroirs prépare un EP

Porté par le clip et le spectacle Vélyeûsa, La Miye aux Tiroirs prépare un EP avec l'aide des internautes.

La Miye aux Tiroirs

Qui se cache derrière la Miye aux Tiroirs et comment s'est formé le groupe ?
En 2017, des habitant·e·s des Monts du Lyonnais ont commencé à se retrouver chez les un·e·s et les autres pour chanter. Il s'agissait d'une forme de chorale autogérée qu'on appelait « Le Chœur des Monts ». On se retrouvait le temps d'une soirée pour manger ensemble et partager des chansons de tous les horizons. Au milieu du répertoire se sont rapidement glissés des chants en patois. C'est lors de ce rendez-vous plus ou moins régulier que les quatre chanteurs et chanteuses du groupe de La Miye aux Tiroirs se sont rencontré·e·s. Lors de l'élaboration du spectacle nous avons accueilli différentes personnes ressources qui nous ont beaucoup aidé·e·s. Nous avons même fini par intégrer définitivement notre technicien et créateur son et lumière comme membre à part entière de la Miye sur le spectacle Vélyeûsa. Nous sommes donc cinq aujourd'hui à constituer le groupe de la Miye aux Tiroirs.

Peut-on en savoir plus sur l'EP que vous préparez ?
Il s’agit des premiers enregistrements studio pour le groupe. Comme son nom l’indique, l’E.P ne rendra pas compte de l’intégralité des chants que nous interprétons sur scène. Mais nous avons souhaité qu’il soit à l’image du spectacle, nous avons donc sélectionné 5 morceaux reflétant la diversité des influences musicales du groupe et la diversité des parlers arpitans. Nous réfléchissons aussi à de possibles intermèdes qui pourraient imager davantage encore notre univers.

En quoi est-ce important d'avoir des textes modernes ou traditionnels ? Qu'est ce qui vous plait de chanter en arpitan (franco-provençal) ?
Chanter en patois n’est pas neutre. Cela fait référence au passé, ne serait-ce que que parce que ça nous ramène à l’époque où il était parlé couramment par tou.te.s. Aujourd’hui ce sont surtout les ancien.ne.s qui le pratiquent et encore, leur nombre varie en fonction des régions... Mais oublier une langue et la laisser mourir, c’est oublier avec elle tout un univers, tout un imaginaire qui lui sont propres. Chanter en arpitan (ou franco-provençal) c’est faire vivre un imaginaire spécifique et le nourrir, c’est brandir une culture populaire et cela nous semble important, que cela passe par l'usage du patois d’ici ou d’ailleurs, des créoles ou d’autres langues minoritaires et souvent méprisées. Pour ancrer l'arpitan dans le présent, nous interprétons aussi deux textes écrits très récemment par de jeunes locuteurs. L’un de ces deux textes parle de la lutte contre l’A45 qui a eu lieu sur notre territoire il y a peu.
Nous avons choisi d'utiliser notre langue régionale car c'est une façon de rester proche des zones que nous habitons tout en travaillant en résonance avec le monde (cette ouverture est très importante pour nous et on peut la sentir dans nos arrangements musicaux métissés). Nous pencher sur le francoprovençal nous a aussi permis de rencontrer de nombreuses personnes passionnées par cette langue et qui luttent pour sa survie (voir le site arpitania.eu).
Au-delà de la langue employée, la pratique du chant permet de se rassembler, de s’exprimer et de revendiquer nos libertés et nos convictions.

Est-il possible de nous parler de l'ambiance sonore et des instruments ?
La Miye aux Tiroirs est un ensemble polyphonique. Cela signifie qu’il n’y a pas d’autres instruments que nos voix et des percussions que nous effectuons à partir d’objets bruts et d’objets du quotidien. Cela crée une vibration très particulière, une sorte de nudité touchante, directe, rustique, sensible…

Comment imaginez-vous l'univers visuel du clip Vélyeûza que vous souhaitez tourner ?
Nous imaginons un univers visuel proche de celui que nous avons créé pour le spectacle. Pour Vélyeûsa, nous avons privilégié une sobriété dans les décors qui permet à chacun.e de se projeter. « Velyeûsa » signifie « la veilleuse ». C'est un terme qui peut désigner à la fois les chanteuses qui veillent le temps du spectacle ainsi que les spectatrices qui veillent en leur compagnie. Cela évoque les soirées qui s'éternisent en musique et que nous aimons vivre. Comme pour le spectacle, l’ambiance lumineuse sera très importante.

En quoi les 4 jours de résidence que vous projetez vous seront utiles ?
Nous projetons 4 jours de résidence pour effectuer un travail vocal de précision et pour enregistrer une bande-son particulière pour le clip.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Nous réalisons un financement participatif car nous sommes encore un projet émergent et avons peu de moyens pour réaliser ce clip et cet EP, d’autant que la période n’est pas propice aux concerts en salle. Un projet comme celui-ci demande une grande implication et une disponibilité importante. Pourtant il nous est aujourd’hui impossible de payer toutes nos heures de travail… Nous conservons l’argent gagné pour réaliser des projets comme celui du clip, mais souvent cela ne suffit pas car les postes de dépenses sont nombreux : il nous faut payer un réalisateur, un travail de techniciens en studio, louer du matériel technique...

En quoi la SACEM vous apportera son soutien ?
La SACEM nous apportera un soutien financier à hauteur de 1000€, ce qui est une somme importante pour nous ! Elle participera à financer le réalisateur du clip.

Souhaitez-vous nous parler du spectacle Vélyeûsa et sa mise en scène ?
Le spectacle Vélyeûsa est composé de nos morceaux (issus, pour la plupart du répertoire populaire mais que nous avons réarrangés musicalement et parfois textuellement), de la création lumière, d’une mise en scène sobre qui permet la prise de parole en français et en patois pour raconter des histoires au public, et d’un décor. Le décor a été créé après de longs échanges entre nous. Il a été dessiné puis « réalisé-maison » par le groupe. Ce qui a été le plus difficile, ce n'est pas de le fabriquer, c'est de l'imaginer. Nous voulions quelque chose de neutre mais de signifiant, en matière noble, impossible à dater, esthétique et discret, qui puisse mettre en valeur la lumière.

En quoi la scène est importante pour vous et comment vivez-vous le contexte du Covid-19 ?
Chanter en polyphonie c’est chanter avec d’autres, pour d’autres. La scène est importante parce qu’elle est le moteur de notre création. Celle-ci n’a de sens que si elle peut être partagée. La scène est un moment de partage en direct que nous aimons beaucoup. Par ailleurs, cela fait plusieurs années que l’économie du disque s’est effondrée. Pour les musicien.ne.s, la scène prend donc un aspect fondamental car aujourd’hui, pour vivre de sa musique, il faut absolument monter sur les planches. Nous avons de la chance, nous faisons partie des musicien.ne.s qui aiment ça. Le contexte du COVID est évidemment très difficile pour nous. Il est difficile pour beaucoup, et pas seulement dans le milieu du spectacle.

Dans quels endroits aimez-vous particulièrement jouer ?
Nous aimons jouer dans toutes sortes de lieux. De petits lieux avec un public réduit donnent un sentiment d’intimité et de partage intense très agréable. Des lieux plus grands qui nous permettent d’amener tous nos décors, nos lumières et nos effets sonores apportent quelque chose d’un peu plus spectaculaire que nous aimons beaucoup aussi.

Merci à La Miye aux Tiroirs d'avoir répondu à notre interview !
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Extraits spectacle-concert Vélyeûsa

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