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La BD Morphée le petit paresseux pas si paresseux

Maxime Lopes Par Le mercredi, 10 février 2021 à 14:42 0

Dans Culturel

Morphée est un petit paresseux qui vit dans la forêt amazonienne en Guyane. Il est le héros d'un album de bande dessinée publié par les éditions Plume Verte. Les dessins sont de Caroline Gysen et les textes de Jean-Luc Cornette.

BD Morphée le paresseux

Pouvez-vous nous présenter votre BD Morphée le petit paresseux pas si paresseux ?
Morphée est un petit paresseux de Guyane de l’espèce des aïs. Il est très curieux et s’aventure dans l’épaisse forêt amazonienne. C'est l’occasion pour lui de faire de nombreuses rencontres.

Pourquoi avoir choisi le paresseux pour incarner votre histoire ?
Amoureux des animaux en général, je suis tombé sous le charme des paresseux lors d’un de mes voyages en Guyane. J’en ai observé dans la forêt et j’ai pu également en approcher dans un centre de réhabilitation où l’on soigne les paresseux blessés ou orphelins. Ils dégagent une telle tendresse lorsqu’ils vous regardent. Et si vous avez la chance d’en avoir un dans les bras (à ne pas faire avec les paresseux à l’état sauvage), il vous étreint fortement. C’est un animal fragile qu’on a tout de suite envie de le protéger. Sa lenteur pouvant en faire une cible facile pour les prédateurs ou les braconniers

Que peut-on savoir de Morphée et quel est son caractère ?
Il est très jeune et vit avec sa maman au sommet d’un arbre. Mais il est aussi très curieux, assez candide et il fait confiance aux autres animaux. En deux mots il est mignon et sympathique.

Les aventures se déroulent en Guyane. Peut-on en savoir plus sur ce choix et en quoi était-ce important que l'histoire se déroule ici ?
On ne trouve des paresseux qu’en Amérique Centrale et Amérique du Sud. Pour moi il était important que Morphée vivent ses aventures dans un décor que je connais. Et à l’endroit-même où les paresseux m’ont procuré de belles émotions lors de nos rencontres.

Morphée vit au coeur de l'Amazonie qui est en partie menacée (déforestation, orpaillage). La BD sera-elle l'occasion de sensibiliser les lecteurs sur certaines problématiques ?
C’est une bande dessinée qui s’adresse aux tous petits, donc le ton est poétique et humoristique. Ce n’est pas un livre frontalement militant ou dénonciateur. Par contre, je le considère comme écologique. Il met en valeur la faune et la flore Amazonienne. Je pense que notre respect à Caroline Gysen, la dessinatrice, et à moi, pour cette nature en danger se ressent. On  également voulu montrer des enfants Amérindiens. J’ai eu l’occasion d’aller en pirogue au coeur de la forêt pour réaliser des ateliers de dessins avec les enfants Wayana. Les populations amérindiennes sont également en danger. Il est important de parler d’elles lorsqu’on le peut.

Morphée le petit paresseux pas si paresseux s'adresse notamment aux plus jeunes. Cela nécessite-il une approche particulière dans l'écriture de l'histoire ?
Je ne me pose pas vraiment la question car l’écriture de bande dessinée est naturelle pour moi. Je sais que je m’adresse à des enfants très jeunes et, automatiquement dans ma tête, j’écris pour eux. Sans y réfléchir. C’est comme lorsque vous parlez à un enfant, vous êtes plus clair, plus simple, que si vous parlez à un adulte. Mais vous le faite instinctivement sans y penser.

Comment travaillez-vous les illustrations ?
Caroline a dessiné de façon traditionnelle. Elle commence au crayon et repasse le dessin à l’encre de Chine noire en utilisant une plume. Les couleurs sont faites à l’aide d’un ordinateur.

Vous êtes deux à avoir travaillé sur la BD, comment se sont passés vos échanges ?
Caroline n’a jamais été en Amazonie et n’a pas eu la chance de rencontrer des paresseux. Je lui ai beaucoup parlé de mes expériences et je lui ai apporté des photos. Elle s’est très vite sentie à l’aise avec cet univers.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
La bande dessinée est publiée par les éditions Plume Verte qui ne sont diffusées qu’en Guyane. C’est avant tout un album de bande dessinée réalisé pour les enfants de Guyane. Mais en Belgique et en France, des amis voulaient aussi pouvoir lire les aventures de Morphée. On a alors pensé au crowdfunding. Le financement participatif ne servira donc pas à éditer l’album, mais à en acheter un stock à notre maison d’édition guyanaise et à payer leur acheminement jusqu’en Belgique d’où on renverra leurs exemplaires à tous nos acheteurs.

Quelles sont vos choix concernant le format et l'impression de la bande dessinée ?
On s’est adapté à une collection de bande dessinée éditée par Plume Verte. Un format un peu plus petit que les BD traditionnelles et 48 pages.

Une indiscrétion ou une anecdote à nous donner sur la BD Morphée le petit paresseux pas si paresseux ?
Morphée est un petit paresseux très propre. Il ne fait ses besoins qu’une fois par semaine, comme tous les paresseux. Et pour cela, il descend de son arbre. C’est d’ailleurs comme ça que ses aventures commencent.

Qu'est ce qui vous a motivé à proposer la BD en métropole et en Belgique ? Et sans me faire l'avocat du diable, ne pensez-vous que du point de vue de la métropole la Guyane c'est Kourou, Ariane et le reste c'est quelque chose de loin… ?
La Guyane est connue pour le centre spatial de Kourou. Dès qu’on s’éloigne de cette zone où sont injectés des milliards d’Euros, on se retrouve sur un territoire magnifique mais extrêmement pauvre. Vu sa distance, il est oublié par le gouvernement français. C’est le territoire le plus riche par sa nature et le plus pauvre économiquement. Il n’est pas inutile de le rappeler.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Faisons des siestes ! Il est bon parfois d’être paresseux.

Merci à Jean Luc Cornette d'avoir répondu à notre interview !
Suivez ses aventures et celles de Morphée sur Facebook.

MORPHEE LE PETIT PARESSEUX PAS SI PARESSEUX

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