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La BD Les algues vertes, l'histoire interdite d'Ines Leraud

Il y a des thèmes sur lesquels il est bien difficile d'enquêter. Ines Leraud en a fait les frais, heureusement dans son combat elle a reçu le soutien d'un collectif de 500 journalistes. Ines Leraud voulait comprendre pourquoi les algues vertes envahissaient les plages bretonnes chaque été depuis 50 ans. Un sujet tabou entretenu par l'industrie agroalimentaire et les pouvoirs publics. Malgré les nombreuses pressions, la journaliste a mis le nez dans ce magma politico-financier puant. Le résultat c'est la BD Les algues vertes, l'histoire interdite.

Algues vertes - Ines Leraud

Après qu'4 ans d'enquêtes semées d'embuches, la journaliste Ines Leraud écrit une histoire qui n'existait pas encore dans son intégralité, celle de la pollution des algues vertes en Bretagne. Elle montre que le phénomène est la conséquence directe de la culture intensive, que les algues tuent et surtout que les algues vertes sont une véritable omerta. Son enquête dérange.
Auprès d'Arte elle indique que son travaille peut être discrédité sur les réseaux sociaux, notamment des groupes agro-alimentaires. De gros groupes vont dire que ses enquêtes sont un tissu de mensonge. L'auteure a été déprogrammé du salon du livre en Bretagne, sur intervention d'élus, au prétexte que son travail n'est pas aimable avec la chambre d'agriculture de Côte d'Armor (dirigée par la FNSEA). Ines Leraud indique également avoir eu des poursuites en diffamation.

De nombreux écologistes se sont émus des pressions reçues par Ines Leraud. Un collectif de 500 journalistes vient de se créer pour la soutenir.
Morgan Large (radio Kreiz Breizh), qui fait partie des signataires, dénonce l'ingérence incessantes de l'industrie agroalimentaire et des autorités publiques dans le travail des journalistes. Lors d'un direct, elle recevait une association qui s'opposait à une maternité porcine ; auprès d'Arte elle indiquait que le maire de la commune a téléphoné pendant le direct pour annoncer le retrait de la subvention accordé à la radio. Une situation difficile à tenir pour une radio associative.

Le collectif de journaliste s'est tourné vers le conseil régional de Bretagne, qui subventionne largement l'activité agroalimentaire, pour réclamer son appui.
Le président de la région Bretagne Loïg Chesnais Girard, interrogé par Arte, précisait qu'il était inenvisageable qu'une entreprise accompagnée par la collectivité locale pour assumer la transition écologique ou pour l'emploi masque des données ou refuse d'être transparente avec les journalistes.
Il y a un réseau de protection de cette économie qui c'est mis en place. C'était difficile de montrer le revers du système, tel que la prolifération des algues vertes en Bretagne. Un tabou s'est mis en place face à leur présence, au point d'en nier leur existence.

Comme dans toutes les enquêtes au long cours qui dévoilent les conséquences environnementales, Ines Leraud jette une lumière crue sur un ensemble d'acteurs qui s'accroche fermement à leurs intérêts et refusent de se tourner vers des pratiques plus vertueuses considérées comme moins rentables.

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