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L'album éponyme de Maine in Havana

Découvrez l'univers du groupe Maine in Havana, fondé en 2016, et qui dévoile son album éponyme.

Maine in Havana (artwork)

Entretien avec Eduardo Lecleres Diaz, chanteur du groupe Maine in Havana.

Qui se cache derrière Maine in Havana et pourquoi avoir choisi ce nom ?
Le USS Maine était un bateau de l’armée américaine. Le navire a été détruit dans le port de La Havane en 1898, ce qui a déclenché la guerre hispano-américaine. Le résultat de cette guerre fut la prise de contrôle par les États-Unis des anciennes colonies espagnoles dont Porto Rico, mon pays d’origine. Comme Porto Rico, Maine in Havana mélange des influences des fois choisies, d'autres fois subies pour créer une identité sonore qui se nourrit d'influences garage, blues, folk, psychédélique et même afrocubaines.

Pouvez-vous nous présenter votre album éponyme ?
Maine in Havana, c’est le résultat de deux ans de travail intermittent. C’est un album autoproduit dans lequel on s’est permis beaucoup de libertés et d'exploration collective. L'album a été mixé et réalisé par Luca Sapio (Blind Faith Records) à Rome et masterisé par Gabriel Kerpel (King Coya) à Buenos Aires.

Comment travaillez-vous la composition de vos morceaux au sein du groupe et en quoi les textes sont-ils importants ?
Notre façon la plus récurrente de composer, car il y en a plusieurs, c’est de partir d'une mélodie basique qui nous évoque des images ou des histoires, ce qui nous révèle ainsi la direction générale de la chanson. Ensuite, et de façon collective, chaque musicien propose son ressenti par rapport à cette idée et à travers son instrument. On s'écoute, on s'entend et on modifie la chanson jusqu'à trouver une version qui nous convient. Dans Maine in Havana, la seule figure autoritaire, c’est la chanson elle-même et ce qu'elle réclame.

Parlez nous du titre The veil...
The veil parle de la peur qui nous consomme et qui consomme chaque jour la société. Elle parle de la peur comme d'un voile qui déforme tout ce que que on peut voir et ressentir. La peur pousse aux gestes les plus égoïstes et cruels de la nature humaine. The veil évoque aussi la pulsion de nous battre contre la peur.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
L'enregistrement s'est déroulé en deux sessions de deux jours. Il est basé sur des prises live, l'utilisation d’une batterie, d'une basse, de guitares et de claviers. Par la suite, quelques rajouts ont été effectués par Lucas Sapio.

Sur quoi attachez-vous de l'importance dans votre musique ?
On valorise beaucoup la simplicité et l’efficacité. Le plus important pour nous, c'est que la musique accompagne le mieux possible les textes, et vice-versa, presque comme d'une façon cinématographique. On valorise aussi les silences et ce qu'ils peuvent apporter : des moments d'introspection autant pour nous que pour le public.

Peut-on en savoir plus sur la pochette de l'album Maine in Havana ?
La conception de la pochette de notre album a été complètement réalisée par l’artiste montpelliérain Cahuate Milk. Je suis passionné par les dessins anciens de sciences naturelles. Imaginez la complexité de représenter et d'expliquer une créature exotique à quelqu’un qui ne l’a jamais vue.
Pendant des siècles, on a vécu comme dans la caverne de Platon, mais au moment où on voit une de ces créatures avec ses propres yeux pour la première fois, la représentation que l'on connaissait devient de l’art. Et enfin, la pochette, c’est un oiseau... on veut tous voler, non ?

Une indiscrétion à nous donner sur Maine in Havana ?
Une indiscrétion ? Je regarde les 8 films de la saga Harry Potter 3 fois par an... et j'ai un tatouage des paroles de la compagnie créole.

Cet album est également disponible en vinyle. En quoi ce support est-il important pour votre musique ?
Écouter la musique en vinyle change toute la perspective et la relation avec des albums. Quand on fait l’effort de mettre un vinyle sur la platine, on est plus attentif à l’œuvre en entier, c’est très important pour comprendre les intentions des musiciens. C’est triste par exemple, de voir des gens qui adorent Comfortably Numb de Pink Floyd mais qui n'ont jamais écouté The Wall dans son intégralité. C’est possible aussi de dire simplement que ça sonne mieux.

Que représente la scène pour vous et quelle est l'ambiance en concert ?
Chaque fois qu'on monte sur scène, on s’attend à transmettre les émotions qu'on croit avoir mis dans les chansons. Le meilleur moment de la vie, c’est quand le public est réceptif. Quand cette communication entre nous et le public est effective, on partage un moment de communion intense, du moins pour nous.

Vous produire un jour sur une scène à La Havane vous ferait-il plaisir ?
La Havane, dans le Maine... même sur la Lune si l'opportunité se présente. On est ravi de partager notre musique avec qui veut bien l’écouter.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Cette année difficile, c’est une épreuve pour nous tous, mais c’est aussi l’opportunité de nous réinventer. Il y a des tonnes de bonne musique en train de se perdre car on est réticent à consacrer du temps pour explorer. Je vous invite à écouter vos groupes locaux et dès que la situation le permettra d'aller les voir en concert... la vie est courte !

Merci à Maine in Havana d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez les également sur Facebook.

Maine in Havana - The Veil

A propos de Maine in Havana

Groupe de Montpellier formé en 2016. Musique minimaliste, tour à tour grave et enlevée, intrigante et habitée. Inspirée de folk, de blues et de rock, mélange d'ambiances psychédéliques, américaines et latines, de guitares fuzz et d'orgues vintages.

Des poèmes réalistes et crus, chantés en anglais, où la nuit accompagne la solitude et l'alcool dans la brume d'un New-York transfiguré en une cité méditerranéenne.
Entre Tom Waits et les Cramps, Nick Cave et les Doors.

Maine in Havana, c’est Eduardo Lecleres Diaz (chant, percussions), Frédéric « Panda » Loumagne (basse, contrebasse, choeurs), Vincent Thoyer (batterie et percussions), Boris Blancas (guitares, choeurs) et Yanis Blancas (claviers, choeurs).

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