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L'album Contemporary d'Adélaïde Ferrière, nouveau visage de la percussion

En solo avec son marimba, en duo avec la pianiste Fanny Azzuro ou en trio – actuellement sur la scène de la Comédie-Française dans le spectacle mis en scène par Ivo van Hove –, Adélaïde Ferrière incarne un nouveau visage de la percussion en France, jeune, rayonnant et féminin. Celle qui a été élue Révélation Soliste instrumentale des Victoires de la musique classique en 2017 publie ce mois-ci son premier disque sous son nom, Contemporary (Évidence Classics), présenté le 10 mars au Bastille Design Center.

Adélaïde Ferrière

« Les Victoires de la musique classique ont été importantes, confie la percussionniste, car ce furent à la fois une reconnaissance de l’instrument, nommé pour la première fois, et une découverte de la part du public et des programmateurs. Cela a été un véritable tremplin. »

Un instrument très scénique

Adélaïde Ferrière est consciente que ce succès arrivant à point nommé pour elle doit aussi à de nombreux percussionnistes qui depuis des années promeuvent leurs instruments. Dans son cas, c’est un coup de cœur pour le timbre du marimba qui la conduit à partager sa pratique du piano, qu’elle avait entamée plus jeune au Conservatoire de Dijon, avec celle des percussions : la diversité des sonorités, le large éventail d’instruments et toutes les possibilités qui vont avec, le rapport au rythme et à l’harmonie, mais encore le répertoire récent et la possibilité d’adapter des œuvres originales la séduisent.

« La percussion est aussi un instrument très scénique, très visuel, livre-t-elle. Pour moi qui ai beaucoup pratiqué la danse, cet aspect chorégraphique est important. »

En solo et en trio

Si on l’entend, dans le registre de la musique classique, au marimba et seule en scène, Adélaïde Ferrière n’a pas délaissé les autres idiophones auxquels elle s’est formée, à Dijon puis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et au Royal College of Music de Londres, et avec lesquels elle s’est distinguée dans de nombreux concours internationaux : le vibraphone, plus connoté musique de jazz mais qu’elle joue entre autres sur son disque qui paraît ce mois-ci, et tous les instruments anoblis par le répertoire contemporain, en solo et en formation de chambre.

« S’il est restreint, le répertoire pour trio de percussions est néanmoins particulièrement intéressant, précise la percussionniste. C’est pour l’explorer que j’ai fondé le Trio Xenakis, avec Emmanuel Jacquet et Rodolphe Théry. Nous mettons en lumière toutes les possibilités de la percussion, particulièrement dans la musique contemporaine. »

Adélaïde Ferrière est également membre du Trio KDM, consacré à la création contemporaine aux côtés de l’accordéoniste Anthony Millet et des percussionnistes Gilles Durot et Aurélien Gignoux – à noter, l'enregistrement d'une monographie du compositeur Jean-Pierre Drouet – et joue en duo avec la pianiste Fanny Azzuro le répertoire à deux pianos. Les deux claviers sont complémentaires et se marient parfaitement. Leur parenté d’écriture incite Adélaïde Ferrière à puiser assez naturellement aux sources du répertoire pour clavier – y compris dans la musique baroque. Et lorsqu’il le faut, elle met la main à la pâte pour ajuster les transcriptions, comme la version pour marimba de la Rhapsody in Blue de Gershwin qu’elle a récemment signée.

« J’adore cette œuvre, s’enthousiasme-t-elle. Je l’ai jouée avec orchestre, puis avec piano. Je voulais aller plus loin encore. »

Au croisement des arts

La percussionniste trouve son équilibre entre les transcriptions classiques et le répertoire contemporain de la percussion – écrit après 1950, ce dont témoigne son disque Contemporary, avec des pièces de Bruno Mantovani, Philippe Hurel, Richard Rodney Bennett, Franco Donatoni et bien sûr Iannis Xenakis. Cette polyvalence lui vaut de se sentir à l’aise sur toutes les scènes, jusqu’à celle de la Comédie-Française. Jusqu’au 16 février, retenue aux côtés de 6 autres percussionnistes suite à un appel à projet, elle y joue des musiques d’Éric Sleichim et ponctue de textures sonores le déroulement des pièces Électre et Oreste d’Euripide adaptées et mises en scène par Ivo van Hove.
Adélaïde Ferrière avait croisé également la danse en 2017 avec le ballet Play d’Alexander Ekman.

« Ce type d’expérience nous permet, à nous musiciens, d’ouvrir nos regards à d’autres disciplines, d’autres exigences. Ce sont surtout des moments de partage sur scène extraordinaires. »

Avant la reprise de Play à l’Opéra Garnier du 15 juin au 14 juillet prochains, et au cœur d’une actualité de concert qui la mène de Caen à Thionville en passant par Amsterdam, Adélaïde Ferrière sera sur la scène du Bastille Design Center le 10 mars prochain pour le lancement de son album.

Agenda - concerts

29 février - 20h00 - Festival Jeunes Talents - Auditorium du Lycée Louis Legrand, Paris
6 mars - 19h00 - Printemps des Arts de Monte-Carlo - Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice
10 mars - 20h00 - Concert de Sortie “Contemporary” - Bastille Design Center, Paris

Musique

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Commentaires (1)

Dominique LANG
  • 1. Dominique LANG | lundi, 02 mars 2020
À peine cet album parut-il qu'il était déjà dans ma discothèque. Et je n'ai pas de mots pour cette musique bondissante, tournoyante et magistralement interprétée. Un must, même si, comme moi, on n'est pas forcément un aficionado de la musique dite contemporaine.

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