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Karnage Opéra : 1er album V comme Love

Karnage Opéra est un groupe de trois musiciens et deux musiciennes rock qui travaillent ensemble sur divers projet depuis 2006. Ils ont  enregistré deux albums sous le nom de Christian Roux, avant de décider de continuer d’avancer sous un nom commun.

Karnage opéra - V comme love

Leur projet V comme love (sortie de l’album prévue en octobre 2018), toujours chanté dans la langue de Voltaire – ou plutôt  celle de Breton et de Tzara, les textes s’inspirant de leur surréalisme  lyrique – par des voix alternativement masculines et féminines, mêle le  rock et l’électro dans de longues plages instrumentales, poétiques et  envoûtantes.

Karnage Opéra, Fabrik de Musik

Même si la musique est sombre, elle doit être une fête.
Même si nous adulons le rock anglo-saxon, notre langue reste le français.
Même si les ordinateurs sont de magnifiques outils, nous les préférons mariés à des voix et des pattes humaines.
Et même si le marché réclame des normes, nous restons accros à notre liberté, à notre plaisir de jouer et à notre envie de faire durer ce plaisir et de le partager.

Interview de Karnage Opéra

Pouvez-vous nous présenter votre premier album qui sortira prochainement ?
La meilleure définition de ce que nous faisons a été donnée par une fan après notre concert du 9 octobre au FGO-Barbara, même si elle correspond un poil plus au concert (les solos sont moins longs sur l'album, les structures bougent... nous ne donnons pas des concerts pour reproduire un album, il y a même déjà des nouveaux morceaux) : "Rock mélodique avec des morceaux de bravoure hyper rythmés, des chansons de 12 mn avec des solos de 5 mn, des trucs qu'on avait couramment dans les années 70 à 80 mais que la logique du zapping commercial a supprimé à part pour des groupes qui peuvent encore se le permettre comme Muse ou qui choisissent, comme vous, de ne pas s'y soumettre." Ajoutons juste que de bonnes doses d'épices électro ont été ajoutées à cette recette.

Quelle importance accordez-vous à l'écriture de vos textes et leur poésie ?
Beaucoup. D'abord parce que dans le pari de faire une musique de type anglo-saxonne chantée en français, la partie vraiment compliquée, ce sont les paroles. En effet, contrairement à l'approche anlo-saxonne du rock, la chanson française donne la primauté aux paroles. Une voix bien claire, avec un piano ou une guitare sèche qui ne fait pas trop de bruit pour qu'on entende des textes avec un nombre de pieds égaux par vers et des jolies rimes, voilà l'alpha et l'oméga de la chanson française. C'est un carcant beaucoup trop rigide pour nous. Et heureusement, il y a des exceptions comme Noir Désir ou Bashung.
Ensuite parce que tout ça, ce n'est pas une raison pour raconter n'importe quoi. L'auteur des paroles, Christian, est aussi romancier (il est publié chez Rivages) et fan de poésie surréaliste (ou pré-surréaliste, comme Apollinaire). Le pari est de créer des images poétiques tout en trouvant une métrique qui participe de la musique. Le sens - il y en a toujours un - est souvent caché. On ne veut pas qu'un message trop clairement asséné vienne détruire la poésie qui, on l'espère, se dégage aussi de notre musique. La musique dit des choses que le texte ne dit pas, et inversement.

Même si vous adorez le rock anglais, vous composez dans la langue de Molière. En quoi est ce important ?
Pour l'essentiel, parce que le français est notre langue et que Christian manie l'anglais à la truelle (la pelleteuse !). Difficile d'être fin et inventif avec un outil qu'on ne maîtrise pas.

Dîtes nous en plus sur le titre Rivages et la partie instrumentale que vous y avez créé...
Ce morceau est une parfaite illustration de ce qu'on racontait au-dessus : La musique dit des choses que le texte ne dit pas, et inversement. Après, comme toute création, il n'y a pas grand chose de calculé au départ. Il y a des impulsions, des sensations, des élans, comme le sax à la fin, pourquoi du sax ? Peut-être pour évoquer un ailleurs... Lequel ? Va savoir !

Peut-on en savoir plus sur l'enregistrement en studio ?
Comme un artisan devant un bout de bois. Il y a la matière, il faut en faire une oeuvre. Le groupe s'entend très bien et l'ingé son, Nicolas Posé, a très vite adhéré au projet. Donc no problem. Après, chacun aborde ce travail avec sa sensibilité. Il y a ceux qui n'aiment plutôt pas, comme Martin, le batteur - qui préfère plus que nettement la scène, même si ça ne l'empêche pas de faire le job -, celles qui le vivent comme une sorte de retour critique sur elles-mêmes (les chanteuses Laure et Johanna), donc une épreuve pas toujours des plus agréables, et ceux qui y passeraient leur vie, comme Christian et le bassiste, Nicolas, qui trouvent toujours le moyen de poncer un peu plus le bout de bois... Le mixage a été fait par un troisième Nicolas, qui s'est bien arraché les cheveux pendant quelques mois. Les morceaux sont longs, truffés d'arrangements, et faire sonner tout ça n'est plus que pas évident. Mais le résultat est là.

Vous financez l'album V comme love auprès des internautes sur un site de financement participatif. Pourquoi et en quoi cela va vous être utile ?
D'abord parce que ce genre de projet c'est la ruine et qu'on a tout simplement besoin d'aide. Ensuite parce que ça peut peut-être aider à nous faire mieux connaître et à fidéliser un public. Mais franchement, si on avait les moyens, on s'en passerait.

Parlez nous du clip d'Exquise et du tournage de son clip... Pourquoi avoir choisi de le sortir en noir et blanc ?
Le tournage a tout simplement été un moment de pur bonheur. Toute l'équipe de tournage, uniquement constituée de professionnels du cinéma, s'est donnée à fond et sans compter, dans une humeur très joyeuse (pas vraiment le sujet du clip, la joie...). S'il y a la place de tous les citer : Toinette Laquière et Patrick Azam, comédiens, Claire Guillabert, lumière et technicienne caméra, Julien Decoin et Lysa Chamard, assistants, Emmanuel Jego, étalonneur.  Il a été écrit, réalisé et monté par Jean-françois Fontanel, un réalisateur avec qui Christian a travaillé comme scénariste sur un film adapté d'un de ses romans, L'homme à la bombe - qui hélas ne s'est pas fait. Nous lui avons envoyé le disque et lui avons dit de faire ce qu'il voulait sur le morceau qu'il voulait. L'idée était d'avoir le regard d'un autre artiste sur notre travail et ça ne nous intéressait aucunement de nous montrer (d'autant plus que le premier clip, Rivages, était une forme de captation de concert retravaillée où l'on ne voyait que nous). Il a été tourné en quatre jours au Nez-de-Jobourg, dans la Manche, avec cette miraculeuse brume, que même la plus chère des productions n'aurait pas pu nous offrir. Pour le noir et blanc, c'est amusant. Instinctivement, nous le pensions comme tel et un jour le réalisateur nous dit : "Au fait, je ne sais plus si je vous ai dit, mais le clip sera en noir et blanc." Nickel. Mais pour une raison artistique plus précise, il faudrait demander à Jean-François.

Pourquoi retrouve-on une poupée à la tête brûlée dans certains éléments de votre univers visuel ?
Notre musique est sombre mais c'est aussi une fête. Nous voulions un univers graphique qui représente ces deux oppositions sans pour autant donner un sens trop restreint.
L'idée de la poupée, basée sur des morceaux comme La chair qu'ils ne sont pas (une chanson @metoo avant l'heure, sortie après l'heure) et Corps à corps (sur l'amour et la mort), était née : un symbole de joie, de jeux d'enfants, d'innocence cramée par la vie et le monde d'aujourd'hui, par la perte et la mort... mais qui laisse par fulgurance place à la beauté.
Ensuite... En fait, le projet a vu le jour en 2014 - nous avons donné un concert en mai de cette année-là. Nous avions les morceaux, le nom du groupe (on joue ensemble depuis 2007 mais avant, les projets naissaient sous le nom de Christian qui a insisté pour que nous devenions un groupe), le titre de l'album... mais notre chanteuse lead est tombée gravement malade. Son corps a été massacré par la maladie. Elle est morte en février 2015. On a eu du mal à s'en remettre. Et ensuite, donc, cette poupée maltraitée est devenue une évidence. Nicole - c'était son prénom - chantait les chansons reprises par Laure et Johanna. Elle est partout dans cet album.

Une indiscrétion à nous donner sur votre album ?
La voix de choeur qui chante "qui m'égorge" à la fin de Rivages est celle de Nicole. Nous l'avons repéchée dans d'anciennes maquettes.

Le 9 octobre, vous avez donné un concert au FGO Barbara, comment s'est-il passé et comment ressentez-vous la scène et l'échange avec le public ?
Nous en avons un peu parlé en répondant à la première question. Pour nous, ce concert est une victoire. Plus que l'album. Il dit que nous sommes vivants et capables de surmonter l'insurmontable. L'accueil a été plus que chaleureux et personne n'a vu passer le temps - 1h40, pourtant.

Vous allez participer au Ricard Live Music, en quoi cet évènement est important pour vous ?
Bah, toujours pareil : essayer de se montrer et de se faire connaitre.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci.

Merci à Karnage Opéra d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez le groupe sur Facebook.

Exquise (Clip Officiel)

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