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Julien Bitoun & The Angels : l'album Little Ones

Maxime Lopes Par Le vendredi, 20 mai 2022 à 08:55 0

Dans Culturel

Entre ses interventions comme spécialiste du rock et écrivain et ses démonstrations sur six cordes, Julien Bitoun est une figure familière du paysage guitaristique français. Mais Julien Bitoun est avant tout un amoureux du rock des années 60 et 70. Alors quand il revient avec ses Angels pour un second album, la volonté est on ne peut plus claire : s'adonner, en power trio, à un (classic) rock honnête influencé autant par Creedence Clearwater Revival que par Neil Young ou encore The Who.

Julien Bitoun & the Angels (crédit Stella K)

crédit photo : Stella K

D'où vient votre passion pour la musique ?
J'ai toujours été touché par la musique, et dès mes dix ans je voulais jouer de la guitare et faire du rock dans un groupe. Ça fait bientôt trente ans et ma philosophie n'a pas tellement changé depuis !

Comment s'est passée l'arrivée de Paul Iron et Swanny Elzingre dans la formation et qu'apportent-ils à vos compositions ?
J'ai enregistré l'album solo acoustique de Paul dans mon studio, et j'ai vraiment flashé sur sa voix et son univers, je lui ai donc proposé de rejoindre mon groupe. Swanny est arrivée ensuite suite à un post sur les réseaux sociaux ! L'alchimie a été instantanée, et tous les deux apportent à la fois leur musicalité et leur enthousiasme.

Pouvez-vous nous présenter votre album Little Ones et son univers ?
Little Ones est un album qui est né du confinement, et du fait d'être enfermé dans un petit appartement parisien avec un enfant de deux ans. C'est ce sentiment de journée qui se répète à l'infini qui habite l'album, et les compos sont quasiment toutes venues pendant cette période.

Comment l'avez-vous composé et quelles ont été vos inspirations ?
Je l'ai composé seul la nuit dans ma cuisine en chantant tout bas pour ne pas réveiller mon fils, et mon inspiration a été ce grand sentiment d'absurdité et d'incrédulité qui s'est emparé du monde entier d'un seul coup.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental ?
Nous avons enregistré tous les morceaux en trio live, puis ensuite on est partis de cette base pour ajouter quelques arrangements qui sont venus étoffer le son, comme des guitares acoustiques, des percussions, des claviers et du violoncelle.

Sur quoi attachez-vous le plus d'importance dans la musique que vous composez ?
Tout est important. La première étape est la qualité de la composition, c'est-à-dire ne pas confondre un bon riff et une bonne chanson, passer du temps à développer la grille d'accord, écrire des paroles qui sonnent sans être débiles, trouver les bonnes parties de guitare qui vont avec, caler les arrangements, trouver le son du groupe qui correspond à la chanson, donner la meilleure performance possible pour l'enregistrement en studio, enregistrer chaque piste avec le meilleur son possible, et enfin mixer le tout avec le bon esprit.

Comment se sont passés les enregistrements au Black Box Studio ?
C'était un rêve. Quatre jours complètement coupés du monde dans la campagne angevine, entre les vaches et la mare avoisinante... On a pris beaucoup de plaisir à travailler là-bas, d'autant plus qu'on a eu la possibilité d'y aller avec le producteur Arnaud Bascunana qui sait exactement comment trouver le son que l'on recherche.

Que peut-on savoir du titre Explore the world ?
C'est un titre que j'ai écrit en regardant mon fils se promener dans l'appartement. J'étais au piano à côté de lui, et je me suis dit « ça y est, il marche, et bientôt il s'en ira explorer le vaste monde ». Tout le morceau est venu assez vite à partir de cette image, je le voyais bien partir avec des bonbons dans son sac à dos pour sauter au-dessus des volcans et se reposer sur un nénuphar...

Parlez-nous de la pochette du disque Little Ones...
C'est l'oeuvre du dessinateur Alan Forbes, une légende du rock psychédélique de San Francisco dont j'adore le travail pour les Black Crowes, les Melvins ou les Queens of the Stone Age. Je lui ai donné certains éléments, et il a interprété ça avec sa sensibilité propre.
La girafe est particulièrement importante : c'est l'image d'un jouet d'enfant qui devient inquiétant à force d'être enfermé avec. Au bout de deux mois de confinement, Sophie la Girafe commence à prendre des airs de prédatrice.

Qu'est ce qui vous a intéressé dans le fait de proposer un livret photos avec votre CD ?
Déjà on a eu la chance de travailler avec la photographe Stella K qui a un talent colossal, et d'autre part on voulait que l'auditeur puisse se sentir proche de nous en écoutant notre musique. Avec ces photos, on espère qu'il comprendra notre délire et qu'il aura envie d'y participer.

Que souhaitez-vous apporter au public avec cet album ?
Du plaisir évidemment. Les bonnes chansons ça n'est pas si courant que ça, les groupes de rock qui jouent de façon honnête sans donner dans la nostalgie facile c'est plutôt rare, je pense donc que le public peut trouver quelque chose dans Little Ones qu'il ne trouvera pas ailleurs.

Avez-vous une anecdote à nous raconter ?
Oui.

Des concerts sont-ils prévus et que vous apporte la scène ?
Il y aura bien sûr des concerts, notamment le lancement de l'album au Zèbre de Belleville le samedi 21 mai. La scène est aussi un énorme plaisir, aussi intense et jouissif que le studio, l'occasion de passer un moment privilégié avec le public.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Si on les regarde bien, les girafes c'est quand même super creepy.

Merci à Julien Bitoun & The Angels d'avoir répondu à notre interview !

Julien Bitoun & The Angels - Little Ones

A propos de l'album Little Ones

Quelque part, Little Ones est né de la frustration de Julien Bitoun et de ses "Angels" de ne pas pouvoir défendre sur scène le premier, Big White Moon, sorti quelques jours avant le premier confinement. Ils diront d'ailleurs sans hésiter que Little Ones est né de la joie de se retrouver dans leur local de répétition après trois mois sans avoir pu jouer ensemble et de longues soirées seul dans la cuisine à composer à bas volume pour ne pas réveiller les autres. Avec Little Ones, Julien Bitoun arrive à réaliser la vision sonore qu'il avait dès l'origine pour ce projet. Et cela passe, notamment, par un enregistrement en live sur bande ! Little Ones a été enregistré au Studio 180 (Paris) puis mixé et masterisé par Arnaud Bascunana (Luke, Déportivo, les Wampas, etc.). Son artwork, psychédélique à souhait, est l'œuvre du dessinateur Alan Forbes (Black Crowes, Queens of the Stone Age, Melvins...).

Musique interview

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