Publicité

Jonas Verhaeghe : la BD Les Quatre Vents sur un écolieu

Maxime Lopes Par Le lundi, 11 juillet 2022 à 11:46 0

Dans Culturel

Avec la BD Les Quatre Vents, découvrez les aventures d'un écolieu dans le Perche.

BD Les Quatre Vents

Pouvez-vous nous présenter la BD Les quatre vents ?
C'est une BD qui raconte la création et le quotidien d'un écolieu de huit personnes. A travers la voix et le dessin de Jonas, la BD tente de mettre en lumière les réalités d'une vie collective ancrée en pleine campagne. C'est un mélange d'anecdotes personnelles et d'outils d'organisation qui servent la communication, la gouvernance partagée, le maraîchage, etc.

Qu'est-ce qu'un écolieu et pourquoi avoir décidé d'en faire une BD ?
Le concept est vaste et vague mais je dirais que pour moi, c'est un lieu où toute l'organisation et toutes les réflexions sont orientées par des valeurs écologiques avec l'envie de réduire notre empreinte carbone, notre consommation.
Pour moi, c'est un chemin que j'emprunte depuis des années et qui me transmet beaucoup de joie, j'avais donc à coeur de le partager.

Qu'est ce qui vous a motivé à déménager dans ce type d'habitat ?
L'envie d'"agir", de prendre des décisions fortes et de vivre le plus "naturellement" possible, en lien avec la Terre mais aussi avec les autres. J'ai le sentiment qu'on ne peut vivre cette vie de sobriété qu'en collectif, pour pouvoir se soutenir et affronter ensemble les difficultés qui se présentent.

Nous pouvons constater le changement climatique dans notre quotidien. Quel regard portez-vous à ce sujet et quelle place y consacrerez-vous dans la BD ?
Je ne parle directement du changement climatique dans la BD mais indirectement je questionne le monde à venir et dans quel mesure on pourra l'affronter sans avoir des outils adaptés. Ces outils sont autant terrestres (comment préserver son eau, comment cultiver ses carottes, comment se chauffer) que sociaux (comment s'organiser en groupe, comment affronter les crises et les malentendus). Le changement climatique est une conséquence selon moi d'un manque de conscience apporté au vivant et d'une destruction de notre environnement et de nos liens humains. On a essayé de travailler à restaurer ces liens.

Les travaux et la construction d'un écolieu ont une importance dans le respect de l'environnement. Peut-on en savoir plus ?
A l'échelle de l'humanité, j'ai la conviction que notre plus grande crainte doit être la dégradation de notre environnement. Du coup, la seule "solution" est d'agir en conséquence pour préserver l'environnement et c'est, à mon sens, incroyablement plus simple et plus agréable de le faire entouré d'autres personnes. On a l'impression d'agir ensemble et d'être plus aptes à matérialiser le changement si on le fait à plusieurs.

Quelle place occupe le jardinage et la culture de vos propres légumes aux Quatre vents ?
Une très large place, c'était un des piliers de notre organisation. On a essayé de faire pousser un maximum de légumes avec l'envie (clairement pas la réalisation) d'être autonomes en légumes. Dans les faits, on a eu pas mal de réussite et certains échecs mais globalement entre mai et octobre, on a mangé 100% de légumes du jardin.

Que peut-on savoir des relations sociales et quelle importance occupe-t-elle dans un écolieu ?
Alors là ! C'est pour moi le plus grand challenge. Je ne veux pas faire de généralités car tout dépend des personnes qui composent le lieu mais dans notre cas, nous étions 8, on se connaissait très peu et on a tenté de bâtir ce projet basé sur nos convictions écologiques "similaires". Mais dans la pratique, on a beaucoup appris ; beaucoup discuté, essayé de comprendre l'autre mais ça reste très compliqué. Chacun vient de son monde, arrive avec ses convictions et sa réalité et il faut essayer de mélanger tout ça sans heurts. Du coup, ces relations ont pris une place énorme chez nous et j'ai le sentiment qu'on n'a pas réussi l'alchimie de faire vivre nos différences pleinement.

Comment travaillez-vous vos dessins ?
Sur cette BD, c'est tout dessiné sur un programme qui s'appelle Procreate et qui est (malheureusement car je ne suis pas fan d'Apple) uniquement disponible sur l'IpadPro.
Du coup, je faisais un peu des croquis au crayon à papier et sinon j'utilisais beaucoup de montages photos faits sur Photoshop puis je redessinais les traits.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
J'ai tenté d'envoyer à quelques maisons d'éditions mais sans retour, je suis parti dans la voie de l'autoédition. C'est un financement participatif un peu particulier car plus qu'un don/soutien, c'est simplement une commande. Chaque contributeur aura droit à un livre, c'est juste un moyen pour moi de ne pas précommander sans sous et sans garantie des centaines de livres qui ne seront jamais écoulés.

Quels sont vos choix pour l'impression du livre ?
C'est encore flou, j'ai quelques sites en tête et des devis qui tournent autour de la somme annoncée mais j'attends d'avoir la version 100% finale de la BD pour faire les tests (ça devrait être début septembre).

Aurez-vous l'occasion de rencontrer vos lecteurs pour des séances de dédicaces ?
J'espère bien oui ! J'ai proposé 6 grandes villes dans lesquelles j'ai de nombreux amis et l'habitude de passer et je vais organiser des remises en mains propres dans des lieux précis (café asso, tiers-lieux, salle culturelle, etc.)

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
C'est une aventure excitante pour moi, merci de partager cette histoire et j'espère que de nombreuses personnes s'intéresseront à ces questions écologiques et sociales à l'avenir.

Merci à Jonas d'avoir répondu à notre interview !

interview Livres Crowdfunding

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam