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Joko : l'EP I've Never Been Good with Words

Maxime Lopes Par Le vendredi, 28 janvier 2022 à 10:10 0

Dans Culturel

Joko, alias Iris Di Napoli, propose l'EP I've Never Been Good with Words.

Joko EP (Crédit Ugo Richard)

Crédit visuel : Ugo Richard

Deux ans après un premier EP Loon, Joko revient avec un nouveau projet et offre un voyage en cinq titres au coeur de lʼintimité, la sienne, la nôtre. Joko se confie sur sa fragilité, sur ses difficultés à s'exprimer face aux gens quʼelle aime. Elle se présente et se livre, dévoilant ainsi ses faiblesses, ses peines et ses contradictions.
Elle se met au centre de sa musique mais sans jamais chercher à se donner le beau rôle ou à être lʼhéroïne de sa propre histoire, allant plutôt puiser dans sa personne pour offrir les titres les plus bruts et sincères possibles.
Autodidacte, elle compose en anglais avec les mots de lʼémerveillement et du dépaysement. Ceux de ses rêves alors que toute petite, elle guette ses parents chanteurs dʼopéras depuis les coulisses. Ceux de ses voyages en Irlande, en Ecosse, en Angleterre et au Canada où vit une partie de sa famille. Ceux des artistes/héros quʼelle écoute passionnément en tant quʼado : les Beatles, Janis Joplin, Aretha Franklin et plus tard : Lykke Li, James Blake, FKA Twigs.

« Je vois cet EP comme un miroir à travers lequel on peut scruter son reflet, ses défauts et ses cicatrices, sans aucun filtre. On se regarde avec honnêteté, sans fierté mal placée ni jugement extérieur mais uniquement son propre regard, sûrement le plus dur de tous. Récemment, jʼai pris conscience que je nʼétais pas la meilleure pour communiquer mes émotions. Lʼécriture de cet EP a été une réelle catharsis. Il était déjà question de cette thématique dans mon premier EP : nos faiblesses, nos ratés et nos doutes, ceux qui nous rendent plus humain. Le héros parfait n'existe pas et quand on prétend l'être, ce nʼest que pour cacher un mal-être. Avec Loon, je regardais les autres. Désormais, je regarde vers le miroir. »

Track by track

1. The Knight

Le titre « The Knight / Le chevalier » vient de l'image de l'armure pour traduire ici la sensation de se battre contre ses propres démons et ceux des autres. C'est aussi une référence à Christopher Knight, un jeune américain parti vivre caché dans une forêt pendant près de trente ans sans jamais être découvert alors que son repère était seulement à moins de deux kilomètres des premières habitations. Knight était malheureux avec les autres et a choisi de fuir la société. Pour moi, il symbolise parfaitement la difficulté du vivre ensemble.

2. 1000

« Lʼécriture de 1000 est arrivée après une rupture amoureuse que jʼai vécue comme une période durant laquelle je devais réapprendre à marcher. Depuis l'enfance, j'ai toujours eu des amis garçons avec qui jʼaimais faire le clown. Puis, on a commencé à traduire mes moindres faits et gestes, et je devais rendre des comptes, ce qui mʼagaçait profondément. Un rôle de « séductrice » mʼa été attribué alors que j'avais surtout envie de me faire des amis tout en restant moi-même. Je nʼarriverai pas à exprimer ce que je voulais pourtant crier haut et fort. Le mouvement #MeToo et la lumière qu'il a apporté sur le féminisme mʼa fait beaucoup réfléchir, notamment quant à mon rapport aux hommes, à ma façon dʼêtre et aux gestes et paroles déplacés sur lesquels je fermais les yeux alors qu'ils me mettaient mal à l'aise. »

3. Mood

« Mood est un des morceaux qui me représente le plus. Je lʼai écrite durant un après-midi de studio avec Arthur.
J'étais bloquée, en pleurs, je ne savais plus quoi dire, je ne supportais plus ma voix, je ne me supportais plus moi-même. Arthur a commencé à jouer de la guitare en boucle en me disant « allez maintenant chante, peu importe quoi, on s'en fout mais chante ». Après un très long silence, ces premiers mots sont apparus: « I can't escape out of my head and I don't know how to behave the right way ». Dans ce morceau, je raconte cette sensation dʼêtre prisonnière avec mes propres peurs comme barrières. Le refrain, libérateur, parle du besoin primordial de paix et dʼamour, cʼest un cri de délivrance. »

4. The kid

« The Kid, c'est plutôt la facette « enfant terrible » de ma personnalité. Ce deuxième EP ressemble à un manuel d'utilisation détaillant mes caprices et mes contradictions. On pense pouvoir me faire confiance mais je reste très exigeante, avec le besoin d'être rassurée en permanence. Je déteste les paroles en l'air, je me sens facilement étouffée, et je reste assez solitaire. Tous les paradoxes de chacun pour finalement ne montrer quʼune moitié de soi-même, par peur dʼeffrayer lʼautre. »

5. Call me back for more

« Cette chanson a été écrite alors que je venais dʼarriver à Paris, il y a quatre ans. Jʼessayais de faire de nouvelles rencontres et lier de nouvelles amitiés mais cʼétait très compliqué. Je restais finalement très seule, avec le sentiment de courir après les gens. »

Musique

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