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Jewly : l'album Toxic

Dans son nouvel album Toxic, Jewly raconte 10 expériences toxiques rencontrées à différents moments de la vie.

Jewly - Toxic

Sortir un concept album en 2020 ? Il faut oser à l’heure où les disques s’écoutent à la découpe en mode aléatoire. Mais le concept s’est imposé à Jewly dès le début de l’écriture de Toxic, son troisième album, engagé et universel. Et ce qui frappe en le découvrant, c’est ce son rock singulier, mélange entêtant de guitares et de sons synthétiques et sa voix, féline, assurée, se promenant là avec aisance et élégance. Si les morceaux sont graves sur le fond, la forme est catchy, nerveuse, taillée pour le live, souvent assortie d’une touche de menace qui plane...

C’est avec “Purify” que Jewly s’est lancée dans l’écriture de Toxic. Le 27 décembre 2019, deux ans jour pour jour après sa naissance, sort ce premier morceau en forme de confrontation intime d’où découle le reste de l’album. Le fil conducteur est le parcours de vie d’une personne confrontée à des êtres ou des situations toxiques et qui tente de s’en émanciper. Les dix titres de l’album mis bout à bout forment la phrase qui témoigne de sa libération :

my dear i just need to listen
to myself and realise i am
strong enough, ready to
purify, face and change the
stupid game of toxicity.

On l’aura compris, c’est un disque personnel pour Jewly, mais ses thèmes sont universels et nous concernent tous... Qui n’a pas croisé un jour un pervers narcissique ?
Passé le premier morceau, My Dear, qui présente l’état de fait ayant permis à Jewly de dérouler sa pelote narrative, l’album retrace de façon chronologique plusieurs phases de la vie, de 4 à 37 ans où la toxicité se manifeste sous différentes formes.

Jewly n’est pas née dans la culture rock, mais a suivi une formation d’altiste et violoniste. Après avoir d’abord chanté en cachette, vers 23 ans elle fait des concerts de jazz en mode piano-voix. Puis une envie furieuse de rock s’impose à elle, résultat de l’électrochoc provoqué par l’écoute de “Summertime” repris par Janis Joplin. Jewly le comprend à cet instant : être chanteuse, c’est ça, c’est viscéral, c’est à fleur de peau, c’est avant tout une affaire d’émotions fortes.

Jewly est née et célèbre cette arrivée au monde en sortant un EP de six titres, No Shoes, en 2011. Au fil des concerts, on lui propose une tournée aux Etats-Unis. Les retours là-bas la poussent à enregistrer son premier album. Bang Bang Bang sort en 2014, suivi d’une cent cinquantaine de dates.

L’album suivant, Drugstore (2017), est enregistré en Angleterre, dans le studio des Stranglers, avec leur ingénieur du son. A l’issue de la tournée de plus de 200 dates, dont des premières parties pour Macy Gray, Scorpions, Lucky Peterson, Yarol Poupaud et No One Is Innocent, entre autres, la Laiterie, LA salle rock de Strasbourg, l’invite à jouer en première partie des Stranglers. Une boucle symbolique se boucle, avant l’étape suivante...

Pour son troisième album, Toxic (qu’elle écrit et compose seule), Jewly réalise, comme toujours, un casting d’arrangeurs et envoie trois chansons à plusieurs candidats en leur demandant d’arranger celle de leur choix. Lorsqu’elle échange avec un certain Moon Pilot (c’est un pseudo...), elle réalise qu’il finit ses phrases, mais qu’il est également capable de la faire sortir de sa zone de confort. Ça tombe bien, c’est ce qu’elle recherche. Musicalement et humainement, la symbiose opère. Elle lui confie la double casquette d’arrangeur et réalisateur et le rejoint à Angers pour travailler avec lui sur les arrangements. En studio, Jewly découvre une nouvelle équipe et invite une vieille connaissance, le bassiste Phil Spalding (Mick Jagger, Robbie William, Mike Oldfield, etc.) qui a co-réalisé son album précédent et joué sur le premier. Invité sur trois titres, il laisse finalement sa marque sur sept. Ce n’est pas le seul invité sur Toxic : Jewly a envie d’ajouter une touche de blues à son cocktail de rock et d’électro.
Le guitariste Justin Adams (Robert Plant) est présent sur I Just Need To, Axel Bauer joue un solo sur The Stupid Game Of et Pascal Danaë, chanteur-guitariste de Delgres, groupe de blues caribéen, vient avec son dobro sur “Toxicity”.

Et pour accompagner un album narratif, Jewly se lance un ultime défi : réaliser un clip par chanson et tourner le tout en 24 heures. Ce sera le road-trip de la protagoniste lui permettant de s’immerger dans ses émotions. Un challenge qui aurait pu mal finir. Le tournage a débuté en soirée, avec Jewly au volant d’une vieille Alfa. Au petit matin, elle et l’équipe sont dans un coin perdu, quand une Mercedes à vitres teintées se gare derrière eux et coupe ses phares. Les réalisateurs décident de filer sans demander leur reste, s’engouffrent dans une voie sans issue, Jewly démarre, suivie par la Mercedes qui finit par la lâcher. Ils comprennent alors qu’il s’agit sans doute d’un mac voulant les chasser de son territoire... Voilà pour la note finale de toxicité.

Jewly reconnaît qu’elle se fixe inconsciemment des contraintes pour dépasser ses limites, évoluer d’un album à l’autre, sans se départir de son authenticité. Après l’accueil favorable reçu par Drugstore, elle savait qu’elle devrait frapper fort pour faire encore mieux. Et c’est justement ce qu’elle a accompli avec Toxic.

JEWLY - Ready To - Age 6/10 (Official Video)

Tracklist

  1. MY DEAR
  2. I JUST NEED TO
  3. LISTEN TO MYSELF
  4. AND REALISE
  5. I AM STRONG ENOUGH
  6. READY TO
  7. PURIFY
  8. FACE AND CHANGE
  9. THE STUPID GAME OF
  10. TOXICITY

1 / MY DEAR

J’ai la clé maintenant pour parler de ces choses toxiques : ces rencontres, ces situations, ces conditions... Grâce à toi j’ai compris, je vais enfin pouvoir aller au bout de cette phrase et trouver les mots.

2 / I JUST NEED TO

J’ai 4 ans... et ma phase des pourquoi.
On est confronté très tôt aux choses toxiques et on veut comprendre même si nos parents ne savent pas toujours comment nous l’expliquer. Faut-il masquer ou expliquer la vérité face à des situations toxiques (les femmes battues, la mort, le cancer, la pauvreté jusqu’à être dans la rue, la séparation, le racisme, l’homophobie...) ?

3 / LISTEN TO MYSELF

J’ai 12 ans. Et tout ce qu’on t’oblige à faire, à être, cette bienséance et cette société dont il “faut” accepter les codes... ou pas... Être médecin, aimer le sexe opposé, la même religion, la même couleur, avoir des enfants à 30 ans. Je crois que je ne veux pas de ce formatage toxique et je peux avoir le choix !

4 / AND REALISE

Je suis ado, j’ai 14 ans, presque 15... bientôt !
Not perfect... très loin de l’être, je me déteste, je n’suis pas comme les autres, je ne connais pas ma place, tout le monde se moque, tout le monde me déteste et me trouve nulle...
Persécution, violence, harcèlement au collège et en plus le cyberharcèlement de retour à la maison... Survivre ou vivre avec ces ressentis toxiques et ces épreuves... Il y a un cinquième titre sur l’album, j’arrive donc à éviter de faire le pire...

5 / I AM STRONG ENOUGH

J’ai 17 ans. Je continue ma construction, je deviens tout doucement une femme... Et là, la situation toxique que je n’imaginais pas, la mort... le décès du père qui modifie tout le schéma familial, les repères. Il va falloir se construire après cela, faire le deuil, passer par toutes ces étapes et réussir à vivre sans toi, ne pas s’attacher à toi pour les mauvaises raisons, te laisser partir même si tu seras toujours là quelque part.

6 / READY TO

Ça y est, je suis une jeune femme. J’ai 21 ans. J’ai compris les différences ou plutôt les non-différences...
Les toxiques ne sont pas les homos, les trans, les autres religions ou autres couleurs de peau, les fous, les toxico, les handicapés, les clochards, eux, ce sont les champions. Les toxiques sont ceux qui les jugent !
Et qui pourrait avoir la prétention de fixer les normes d’une soi-disant barrière de la normalité ?

7 / PURIFY

J’ai 24 ans.
Je commence à voir clair dans le jeu de ces pervers narcissiques et manipulateurs(trices) autour de moi. Je dois m’en débarrasser, je n’ai pas besoin d’eux et surtout ils me consument ! Comme un besoin de me purifier et de me protéger.

8 / FACE AND CHANGE

J’ai 29 ans. Parfois il y a des moments où tout bascule... on a honte et pourtant ce n’est pas à celui qui a subi d’avoir honte.
Mais comment avoir le courage d’en parler, de l’accepter, de l’affronter ? Et si tout se retournait contre soi ?
#MeToo

9 / THE STUPID GAME OF

J’ai autour de 30 ans.
Addiction quand tu nous tiens... elle peut être tellement diverse et si sournoise, elle est là où on ne l’attend pas... Mais je lutte !

10 / TOXICITY

J’ai 37 ans. La frontière entre toxicité et atoxicité : où se situe-t-elle ? Après tout ça, moi j’ai trouvé ma toxicité. “Toxic” ou “Non Toxic” ? Je suis juste hypersensible, et ce n’est pas une maladie non ! C’est ma force et ma faiblesse. Grâce à toutes ces étapes et rencontres toxiques je l’ai compris, ou par toutes ces étapes je le suis devenue ? Qu’importe ! J’ai fait le cheminement, je crie et j’assume ma singularité.

Musique

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