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Iris présente le clip Smile

Rédaction Divertir Par Le jeudi, 30 septembre 2021 à 14:32 0

Dans Culturel

Iris est un groupe de rock alternatif basé en Essonne. Il dévoile le clip Smile extrait de l'EP Microcosm.

Iris

Iris  est un quatuor essonnien qui navigue sans complexes entre rock alternatif, énergie post-punk et mélodies à deux voix. De cet alliage s’échappe une musique brute qui puise dans les courants rock des années 60 et 90, une sorte d'équilibre entre sensibilité et nervosité, entre fragilité et exutoire.
2021 est l'année de la sortie de leur premier EP, “Microcosm”, (autoproduit, enregistré et mixé par Heartsick studios). En septembre, le groupe s’apprête à sortir le clip de “Smile” (réalisé par Mute Me Hard).
Il existe autant de microcosmes qu'il y a de rencontres, et la formation d'IRIS n'aurait pu se faire hors de ces environnements particuliers, ces cercles sociaux qui rapprochent et écartent parfois leurs membres les uns des autres. C'est ça le microcosme dont parle ce premier EP : un cocon doux et amer à la fois, un besoin qui peut se muer en blessure. On en sort comme on y rentre, par la grande porte, celle de la passion, aussi créatrice que destructrice.

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre EP Microcosm et son univers ?
Bonjour Divertir ! Merci de nous recevoir.
Nous avons enregistré cet EP en août 2020 chez Heartsick studios. A cette époque, on trainait pas mal de morceaux, composés depuis 2 ans. On voulait vraiment coucher tout ça sur un album pour avoir l’esprit libre et enfin passer à autre chose. Après tout le monde connaît l’histoire... Des confinements successifs, plus de concerts, c’était compliqué d’organiser des répétitions. Finalement, ce temps en « off » nous a permis de mieux préparer cette première sortie qui a eu lieu le 2 juillet 2021. On a eu la chance de faire notre release party chez nous en Essonne, au Stock (Mennecy) juste après.
Pour vous expliquer son univers, on pourrait dire que notre microcosme se trouve dans une période d'entre-deux, à la rencontre de plusieurs dynamiques. Il est empreint de doute. C'est un instant de remise en question, de réflexion sur la place qu'on occupe ici et ailleurs, et c'est aussi un refuge lorsque l'orage arrive. On y est libre, cependant, on y est paradoxalement aussi esclaves du poids parfois glaçant d'un environnement incertain. Cet entre-deux dont on parle peut également être traité avec une approche historique. À l'image des années 1920, les années 2020 qu'on vit nous laissent entrevoir le monde de demain, finissant d'enterrer nos années d'enfant et d'adolescents de début de siècle. On entend parler du réchauffement climatique, de la montée en puissance de l'extrême droite et avec elle des idées fascisantes, d'une nouvelle division du monde entre un modèle européen en relance, un rêve américain mort noyé dans le sang de ceux qui luttent pour leurs droits et un modèle économique chinois de plus en plus agressif et affirmé, mais aussi d'un virus qui s'est imposé a nos vies depuis près de 2 ans. Tant de choses qui, très sérieusement, comme à tout moment de chaleur historique, nous font comprendre que le monde de demain offre des possibilités multiples, mais parmi l'écrasante majorité d'options déprimantes, il existe un futur radieux et paisible. C'est à nous de le bâtir, c'est à nous de faire les choix qui doivent être faits, et surtout, il est indéniable que tôt ou tard, des nuages orageux tomberont les premiers éclairs. Et il faudra que toute la pression accumulée en sorte pour enfin laisser place au beau temps. Microcosm offre donc une réflexion et exprime notre ressenti, par l'intermédiaire de 5 compositions, à ces questionnements contemporains. C'est autant un exutoire qu'un parapluie, on s'y cache en sachant pertinemment qu’on n’y est pas plus en sécurité qu'ailleurs. Puis on vient y chercher quelque chose qui est en nous. C'est ça Microcosm, un mélange, parfois confus, de nos anxiétés, nos peurs, nos joies, de nos amitiés, nos amours, nos déceptions. On y est bien quand on y est. Jusqu'à quand ? Depuis quand existe-t-il ? Peu importe, ce qui compte c'est l'instant, le choix qu'on doit faire pour continuer à avancer.

Comment composez-vous et quelles sont vos sources d'inspirations ?
La composition se fait d'abord par Thibaut (bassiste et chanteur) et Marek (guitariste et chanteur). C'est d'eux qu'émanent les premières esquisses des sons qu'on entend dans l'EP. Pour faire simple, ils viennent fréquemment en répète avec des démos enregistrées sur Reaper, la plupart du temps en acoustique. C’est le groupe dans son ensemble qui va modifier, rajouter et se charger de rendre tout ça beaucoup plus rock. Le groupe a des inspirations assez variées, on écoute tous pas mal de chose différente en général. Ça va du rock et la surf des années 60', à la new wave, la scène "grunge" et la Britpop des années 90'. Mais le groupe est aussi influencé par la scène rock et post-punk contemporaine, notamment par des groupes comme IDLES, Fontaine's D.C ou encore Johnny Mafia et Structures. On va donc retrouver dans nos compositions des idées, des ambiances et des sons qui, ci et là, rappelleront des choses à certains, ou pas. C'est l'idée, on aime faire voyager les gens tout en les emmenant dans notre réflexion sur nous-même et sur le monde.

Quels ont été vos choix sur la partie instrumentale ?
Pour la partie instrumentale, on est resté sur une formation standard guitare/guitare/basse/batterie. On se met tous d’accord durant la compo sur les parties de chacun et, s’il y a une hésitation, on cherche ensemble. On essaye aussi de tester nos compos en live pour voir ce qui marche ou pas. Par rapport au live où on sonne beaucoup plus garage et punk, on voulait avoir un son beaucoup plus travaillé en studio, plus produit. Ça vient aussi de notre passion pour certain album dont on est assez impressionné par le son. On a essayé de retranscrire ça avec des arrangements ou des ajouts d’instruments que l’on n’utilise pas en live par exemple, comme le xylophone que l’on peut entendre à la fin de Lose.

Dans quel genre de « microcosme » aimez-vous vous réfugier ?
Si on parle de microcosme à l’échelle du groupe, il y en a deux qui nous viennent à l’esprit. Ce sont des lieux physiques. Le premier est notre local de répète, c’est une cave que l’on a aménagé (tant bien que mal) pour y faire du son. C’est notre bulle de création, là où notre musique prend forme.
Le deuxième lieu c’est la Yourte. Un endroit isolé de tout en pleine nature, avec tout le confort nécessaire pour y vivre. On a beaucoup de souvenir rattachés à cet endroit. C’est un lieu où on se réunit avec nos potes mais aussi où l’on se réunit seulement tous les 4, pour décompresser, parler du groupe ou refaire le monde.

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
On a enregistré Microcosm la première semaine d'août 2020, il y a plus d'un an maintenant ! C'était un moment fort, on était tous impatients et ça faisait longtemps qu’on en parlait. On était aussi un peu anxieux car c’était notre premier studio, mais on avait 9 jours au total chez Heartsick. On a passé la semaine ensemble, on dormait chez Mathis (notre guitariste), et c'était quelque chose dont on avait besoin, qui nous permettait de souffler de la journée et de nous rassurer pour la session de rec du lendemain. On était quand même bien fatigués... Quand on rentrait le soir on se remettait au travail.
Autant vous dire qu’on tournait beaucoup au café et au redbull. Chad Menu, qui s'est occupé de nous faire la prise de son et le mix, nous a d'emblée mit dans de bonnes conditions. Le studio est bien équipé, il y a de la place et un canapé c'était royal. Seul souci, à la différence de l'été 2021, début août 2020 c'était la canicule. Le studio, lui, se situe dans les combles. Le premier jour on a dû perdre 5L d'eau en cumulé. Mais c'était bien, on se sentait vivants, ça nous a plu d'être à fond, peu importe ce qu'il y avait autour parce qu'on s'était donné un objectif, et on l'a tenu. Maintenant qu'on a vu le cheminement et le travail que ça demande, on a pris note de nos erreurs et on a hâte d’y retourner !

Parlez-nous du single Smile...
C’est une chanson sur l’acceptation de soi et l’appel au lâché prise, même si la fin de la musique et beaucoup plus chaotique et critique par rapport aux paroles, c’est un contraste.
Thibaut et Marek ont écrit Smile en un week-end, en même temps que Gonna Rain. C’est un titre qui a mis du temps avant de prendre sa forme finale est être tel que vous le connaissez aujourd’hui. On pense que ça a pris un peu plus d’un an d’ailleurs. On a pris plein de direction différente pendant les maquettes pour finalement retenir quelque chose de plus simple et efficace.

Quels ont été vos choix pour le clip de Smile ?
Avec notre budget on ne voulait pas se risquer à trop scénariser. On voulait faire quelque chose d’assez percutant et surtout en rapport avec les paroles. On a décidé de travailler avec Mute Me Hard (réalisateur), qui sont des amis proches et dont on connaît le travail de qualité. On a décidé de se filmer chacun dans une pièce différente (on les avait décorées de A à Z et différemment pour l’occasion). On s’est un peu inspiré du clip de « Supersonic » d’Oasis ou encore de « I don’t belong » de Fontaines D.C sur les plans rapprochés poitrine sur Thibaut. Pour la suite, on a rassemblé des idées de plans dans l’optique de mettre le spectateur de plus en plus mal à l’aise (les mains sur nos visages en période de covid). Y’a aussi un côté « cirque » dans Smile, c’est pour ça qu’il y’a des plans sur un tourniquet ou que l’on a utilisé des ballons.

Où avez-vous puisé votre inspiration pour l'artwork de l'EP Microcosm ?
C’est une longue histoire. D'abord, nous étions partis sur l'idée de représenter le microcosme avec des gens (nous et nos potes), disposés autour d'une table, en extérieur. Aspect soirée, joie etc. C'était pas l'idée du siècle mais ça pouvait le faire. On a donc organisé un événement, invité des gens qui étaient d'accord pour être sur la pochette, préparé une table, des éclairages puisqu'on était dehors et en pleine nuit, et fait venir Thomas Dumont de Mute Média pour prendre la photo. Dit comme ça, il y a une idée, un traitement, ça coule de source. Mais on était le 31 décembre, et il gelait. En somme, les clichés rendaient froid (on avait froid), c'était pas top. On peut d'ailleurs voir l'esquisse de cette pochette dans les casettes qu'on a sorti cet été ! On a commencé à réfléchir à nouveau. Thibaut et Marek sont allés poser leurs idées sur la table à la Yourte, un endroit où l'on se retrouve souvent entre amis pour faire des soirées et faire de la musique. Ce petit chez-nous a été inspirant. Très vite, on décide que ça sera là qu'on prendra la photo. L'idée de faire une sculpture conceptuelle et éphémère est également actée. Le microcosme qu'on a représenté est une version moderne et extrapolée d'un feu de camp, cœur des premières sociétés humaines, endroit où l'on se retrouve toujours pour manger, boire un coup, chanter, passer des moments agréables en se réchauffant. Il est symbolisé par la table renversée, la lampe et le radiateur. Il nous a aussi semblé relevant d'ajouter une frontière, car là où une société humaine se forme, un trait se tire, un mur, parfois franchissable parfois non, se dresse entre "nous" et "eux". Il nous fallait matérialiser cela par des barbelés, déroulés autour de la structure. Mais, si cette ligne de défense obligatoire est inconsciente, notre microcosme n'est pas fermé, la preuve il évolue au fur et à mesure des années, nos amis changent, tout comme nos amitiés évoluent. Il ne faut pas rester enfermé, c'est pourquoi les barbelés s'arrêtent à un endroit pour laisser place à un paillasson, signifiant tant la sortie que l'entrée du microcosme. Cependant, quand on regarde l'image, on est invités à ce moment qu'est Microcosm.
Pour la suite, nous avons travaillé avec Thomas Dumont pour le graphisme et avec Mégane Aly pour latypographie.

Pourquoi avoir sorti Microcosm en K7 et quel regard portez-vous à ce support ?
Alors on l’a fait pour plusieurs raisons. Déjà petit, certains d’entre nous se planquaient avec des K7 et un magnéto sous leur couette, le soir, pour pouvoir écouter de la musique en douce. Les k7 ça coûte 50 centimes même pas en brocante, c’était accessible pour des enfants. Donc on était émotionnellement attaché à ce support. Pour des groupes comme nous ce n’est pas si commun de se produire sur k7, même si ça revient un petit peu, et à chaque fois en édition très limitée. C’est un support qui reste très peu rependu mais qui a clairement sa culture et ses codes. On trouvait que ça collait bien avec notre musique, c’est alternatif. La seconde raison c’est d’avoir rencontré Ana de Deadmadam Record (label de K7 parisien) qui nous a proposé de se lancer avec elle sur ce format. On a tout de suite eu un bon feeling, le projet était cool.
D’un point de vue plus factuel aussi, si ça peut nous permettre de toucher un public différent, ça ne pouvait que nous être bénéfique.

Une indiscrétion à nous donner sur l'EP ?
Il est bourré d’anecdotes notamment sur la semaine d’enregistrement. Par exemple, nous avons enregistré six titres et non pas cinq. On l’a juste jugé trop en dessous du reste pour qu’il figure sur l’EP.
Mais s’il y a une anecdote à retenir, c’est quand Thibaut enregistrait la voix sur Passing Away et qu’on a reçu un appel de Marek. Il était parti avec Mathis pour faire les courses du midi et s’était fait arrêter par les flics. Il a failli se faire retirer le permis. On habitait à 1h10 du studio, autant vous dire qu’on avait réellement besoin de cette voiture. Mais les gars ont été très cool vu qu’ils l’ont laissé repartir sans contrôle ni rien.

Que représente la scène pour vous et aurez-vous l'occasion de vous y produire prochainement ?
Pour nous la scène est super importante. On se sent vivant sur scène et notre musique est faite pour être jouée en live. C’est un espace qu’on aime qualifier d’exutoire, c’est-à-dire où l’on est libre d’extérioriser nos émotions, de se défouler. On attache beaucoup d’importance à ce que le public puisse entendre autre chose que notre musique enregistrée en venant nous voir en concert.
Pour la suite, un de nos membres vient de partir en Erasmus pour quelques mois. On va essayer de donner quelques concerts là où il est, on vous tiendra au courant. On devrait reprendre les dates dès février/mars 2022. On va donc continuer à composer l’après Microcosm.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci beaucoup à toute votre équipe pour cet interview !
En ce qui nous concerne, le clip de Smile vient de sortir, et si ça vous plait n’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux. On souhaite remercier toutes les personnes qui nous ont aidées à sortir ce premier opus. On vous encourage aussi à sortir voir des concerts. Il y a une scène rock émergente en France qui est captivante. On pense fort à ce qu’il se passe chez nous en Essonne en ce moment !

Merci à Iris d'avoir répondu à notre interview !
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IRIS - Smile (OFFICIAL VIDEO)

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