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Hôtel de l'air prépare l'album Tout recommence

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  • Le dimanche, 05 janvier 2020 à 15:59
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Hôtel de l’Air, c’est le repaire de cinq musiciens poitevins éduqués au rock et qui composent en français. La musique, elle, tantôt agressive, tantôt mélancolique se met au service d’une voix puissante qui déverse ses mots emprunts de mélancolie et de révolte. L'occasion d'en savoir plus sur leur futur album Tout recommence.

Hôtel de l'air

Entretien réalisé avec Nico.

Pouvez-vous nous présenter votre futur album Tout Recommence ?
C’est un album qui va regrouper 10 de nos compositions. On voulait franchir un palier supplémentaire après notre EP de 5 titres d’il y a trois ans et voir c’qu’on pourrait donner en studio sur du plus long terme. En plus, c’était une demande du public qui voulait écouter davantage de titres.
Et puis, 10 titres, cela permet de définir encore davantage les contours de notre univers et inviter les gens à le rejoindre. On compose en français, on a des choses à dire et on fait du rock. Cet album, ce sera notre nouvelle carte d’identité.

Comment l'avez-vous composé et sur quoi avez-vous mis l'accent sur cet opus ?
On l’a composé comme on a l’habitude faire. L’un de nous vient avec son idée et tout le monde se met en recherche en fonction de ses propres influences. On n’a pas forcément les mêmes et le mélange est plutôt intéressant. Cela donne à la fois des morceaux typés et originaux.
Très souvent, avec Mathieu (le bassiste), on compose ensemble, il amène la musique et j’écris les paroles. Parfois, j’apporte juste une succession d’accords avec les textes et le groupe travaille alors sur la structure. Quand ce sont les chansons de Jay, il fait tout : textes, musique et chant. Nous suivons également les propositions rythmiques de Benjamin (batteur). Sur cet album, Loïc, le dernier à nous avoir rejoints, nous a également apporté un morceau avec toute l’énergie rock dont on avait besoin.
C’est justement sur cet aspect que nous avons insisté. Affirmer cette identité rock qui nous unit malgré nos influences diverses.

En quoi est ce important de soigner ses textes dans le paysage rock actuel ?
Tout d’abord, j’aurais du mal à parler du paysage rock « actuel ». Le rock pour moi reste intemporel. Il correspond à un état d’esprit, à une porte entrouverte qu’on pousse pour pouvoir laisser s’exprimer sa révolte, ses souffrances, ses amours, ses doutes, ses espoirs… Bref, pour pouvoir être entier. Après, je ne pense pas que fondamentalement le contenu des textes change par rapport aux époques. Quelques thèmes peut-être. Mais les révoltes des rockers de 68 ne sont pas aussi éloignées de celles de maintenant. Quand tu sens, par exemple, la haine, tu la chantes quelque soit l’époque.
Quand au fait de soigner ses textes, bien sûr que c’est important pour nous, d’autant plus que nous chantons en français. Pour nous, ce qu’on appelle « le rock français » s’éloigne d’une simple imitation du rock anglo-saxon. Il doit posséder selon nous une particularité littéraire. Les textes doivent posséder une sonorité propre à la langue. Attention ! pas de méprise, on ne se prend pas pour Baudelaire, ni Rimbaud. On aurait du mal. Mais nous estimons que nous devons faire cet effort dont a besoin le français pour sonner, surtout sur des musiques pour lesquelles il n’était pas destiné à la base.

Parlez nous du titre Lampedusa et pourquoi avoir voulu signer un titre sur les migrants qui arrivent dans cette ville italienne ? [ce titre figure sur l’ancien EP, ndlr]
Cette île, c’est un symbole. Celui d’un paradoxe historique terrible. Pendant longtemps, durant les colonies, nous européens, avons vanté les mérites de notre civilisation et nous les avons inculqués de force à des populations qui n’avaient rien demandé. On a été chercher tous ces hommes d’Afrique pour nos tranchées afin qu’ils partent en première ligne, pour reconstruire nos pays. Beaucoup ont cru qu’ils seraient alors accueillis à bras ouvert comme une mère peut les ouvrir lorsqu’elle retrouve ses enfants.
C’étaient bien évidemment des foutaises et nous avons encore des jeunes gens qui viennent se tuer en méditerranée, s’échouer sur les côtes de Lampedusa, de Gibraltar ou d’ailleurs.
Et pour les survivants, après la traversée d’un désert et d’une mer, ils se confrontent à cette triste réalité. Non, nous ne les accueillons pas à bras ouverts, nous les repoussons même. Et finalement, ce discours colonial n’était, comme le dit la chanson que ces vents du large dont on ne retenait que les fausses promesses.

Peut-on en savoir plus sur votre passage en studio ?
On a enregistré la partie batterie/basse/guitares rythmiques en live chez Antoine Escalier, grand bassiste de blues, dans ses studios de Gumbo Lab. C’est Caryl Marolleau qui était aux manettes. Caryl est un super batteur bien connu des musiciens poitevins pour avoir notamment enregistré les albums de bon nombre de groupes locaux. Les voix lead ont été enregistrées dans les semaines qui ont suivi. En janvier, il est prévu d’enregistrer les guitares lead, chœurs puis claviers.
Jusqu’ici tout s’est très bien passé. On a vraiment bénéficié des oreilles expérimentées d’Antoine et de Caryl. En plus, j’ai travaillé ma voix avec Yann Ligner le chanteur de Klone qui bien évidemment m’a énormément apporté. S’entourer d’artistes confirmés, c’était l’assurance de nous remettre en question et de ne pas rester installés dans nos zones de confort.

En quoi le financement participatif que vous avez créé va vous aider ?
Il va tout simplement nous aider à financer la partie enregistrement. En plus, on a eu cette chance de dépasser la somme initiale ce qui va nous donner un sérieux coup de pouce pour toute la partie communication comme pour le clip.

Vous pouvez soutenir l'album Tout recommence d'Hôtel de l'air sur KissKissBankBank.

 

Des clips sont-ils prévus et comment les imaginez-vous ?
Un clip est effectivement prévu. On aime laisser carte blanche à Thomas Leclerc et sa société Teel Graffic qui nous a déjà accompagné sur le teaser et sur la conception du livret du CD. Il nous expose ses idées par rapport à ce que tel ou tel titre lui a inspiré et on tranche ensemble. Mais on lui fait entièrement confiance. Pour le moment, on hésite encore entre deux titres. En tous les cas, rien que pour le teaser, on a eu des supers retours.
Alors, on a bien évidemment hâte de voir ce que cela donne pour un clip.

Pourra-on vous retrouver prochainement sur scène et comment vivez votre relation avec le public lors de concerts ?
On s’autorise une petite sortie durant les enregistrements de janvier au RCB Café à Poitiers (le 24 à 21 heures). Sinon, on prévoit de reprendre les concerts à partir de Mai 2020. Les dates de la release party sont déjà fixées au Pince-Oreille autre lieu de concert bien connu des poitevins.
On avoue que cela nous démange de retrouver la dimension live de la musique. Avec cet album, nous, groupe amateur, on aimerait également se confronter à des scènes un peu plus grandes. Cela dit, on ne laisserait pas tomber les bars pour la proximité qu’ils offrent et les rencontres qu’ils permettent.

Une indiscrétion à nous donner sur Tout recommence ?
Ce n’est pas vraiment une indiscrétion puisqu’on l’a évoqué dans la présentation de notre projet de financement. Xavier Pillac, grand bluesman français, nous fera la joie de venir jouer sur un de nos morceaux.

2020 pointe le bout de son nez. Qu'aimeriez-vous voir arriver ou changer pour cette nouvelle année ?
On ne peut pas écrire une chanson comme Tout Recommence, estimer que l’Histoire est cyclique, qu’elle se répète et espérer que les choses changent fondamentalement. Désolé pour la vision désenchantée. Allez ! On peut sans doute s’attendre à ce que l’homme respecte davantage la planète. Et encore, il est capable de déclencher des guerres pour cela.
On peut juste espérer que l’humain lâche les réseaux sociaux et se défasse de cette idée qu’il y existe des débats de fond. C’est une ineptie. Chacun reste campé sur ses positions en ayant l’impression de convaincre alors qu’il ne fait qu’alimenter la haine.
On aimerait le retour du temps long, de la lecture, de la réflexion… Oui, je sais, un peu professoral comme discours… mais bon.
Sinon, pour le groupe, on aimerait tout simplement des concerts et que notre album plaise aux gens qui l’écouteront.

Le nom du groupe est un clin d'œil à la mythique Route 66 ; aimeriez-vous partir à l'aventure le long de cette route pour faire découvrir votre musique ?
Nous sommes amateurs avec les contraintes que cela entraîne. On va bien évidemment défendre notre CD sur scène sans nous lancer dans de grandes tournées. On va se concentrer sur la région de Poitiers et les alentours. Après, si de bonnes opportunités se présentent à nous...

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Remercier divertir.eu pour cette interview et l’intérêt porté à notre projet. Ça motive et nous porte.

Merci à Hôtel de l'air d'avoir répondu à notre interview !
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