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Hermetic Delight : l'album F.A. Cult

Après 3 EP et d’innombrables dates, Hermetic Delight revient avec un 1er album F.A. Cult, produit par Charles Rowell (Crocodiles Band) et sur les conseils artistiques amicaux d’Anna Calvi.

Hermetic Delight (crédit Philippe Mazzoni)

crédit visuel Philippe Mazzoni

A la fin des années 2000 vivaient à Strasbourg 4 musiciens qui cherchaient un nom pour leur groupe. Ils aimaient bien Siouxsie & the banshees, Bauhaus, Depeche mode, les Pixies, The cure, Wire ou encore Sonic Youth mais tous ces noms étaient déjà pris. Alors ils décidèrent de s'appeler Hermetic Delight. Un nom qui claque sous la langue puis fond dans la bouche, comme leur musique entre violence post punk et loopings mélodiques plus délicieuse qu'hermétique.

FA Cult est leur premier album, après 10 ans d'existence, 3 EP et d'innombrables concerts. Ils ont pris leur temps, parce que le temps n'existe pas. Nicolas Kientzler alias Bob, le bassiste du groupe, explique la chose suivante : quand il a commencé à écouter des disques, les notions de passé et de présent n'avaient pas de sens pour lui. Il écoutait simplement de la musique, peu importe que le groupe existe encore ou non, peu importe qu'elle ait été enregistrée en 1979, 2009 ou qu'elle puisse être celle de demain. Et Bob a raison. C'est ainsi que sur F.A. Cult Hermetic Delight aborde et transfigure la musique. Pas comme un répertoire ancien à rejouer à l'identique et en costume d'époque, mais comme une matrice dans laquelle le groupe injecte sa propre énergie, ici et maintenant.

Ce qui frappe d'abord chez Hermetic Delight, c'est la batteuse Delphine Padilla, qui frappe son instrument dans un mélange implacable de puissance et de précision. Ce qui frappe ensuite, c'est la voix de la chanteuse Zeynep Kaya. Originaire d'Ankara en Turquie, Zeynep Kaya a fait ses classes dans les basements du rock indé féministe. Puis elle est arrivée à Strasbourg pour s'intéresser de plus près au chant lyrique et a rejoint Hermetic Delight.
Son chant trilingue (anglais, français et turc) traverse la musique comme un oiseau pique à travers des nuages chargés d'électricité. Atef Aouadhi, à l'origine des compositions et à la guitare sur scène, crée cette nébuleuse kaleidoscopique de sons en mouvement. Jusqu'à F.A. Cult, Hermetic Delight avait la réputation d'être un groupe plutôt sombre. Il fait toujours nuit dans la ville, moderne et ancienne à la fois, comme Strasbourg que le groupe arpente en passant sous les réverbères. Ce disque s'écoute comme une divagation nocturne et urbaine, dont David Lynch aurait pu imaginer les zones d'ombre. Mais il fait aussi entrer la lumière, blanche et sidérante comme une avalanche qui emporte les chansons. Voilà le versant pop du groupe, maître en la matière.

Hermetic Delight a enregistré F.A. Cult avec Charles Rowell de Crocodiles à la production (Atef Aouadhi est bassiste de Crocodiles) et avec l'amie Anna Calvi aux bons conseils. A ses débuts, le groupe a grandi seul à Strasbourg, faute de scène musicale. Puis il a trouvé son public, et enfin une famille musicale à son image, internationale et passionnée. Désormais bien entouré, Hermetic Delight réinvente sa musique comme un alliage d'obscurité et de clarté, invoquant maintenant des comparaisons avec les Cocteau Twins, Chromatics, My Bloody Valentine ou Goldfrapp. C'est toujours de la magie, et c'est de la magie blanche.

HERMETIC DELIGHT - Rockstarları (official music video)

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