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Helen Juren : l'album Les Grandes Traversées

Helen Juren dévoile un album dans un genre "Folk Ethnik" chanté en français et dans différentes langues du monde et intitulé Les Grandes Traversées.

Helen Juren - Les Grandes Traversées

A propos de Helen Juren

Helen Juren est une auteure-compositrice et chanteuse, sur scène depuis de nombreuses années.
Son travail d’artiste est une recherche de dialogue entre les cultures, entre les arts et les musiques pour explorer les liens entre les peuples. Son album Folk Ethnik « Les Grandes Traversées » est sorti en novembre 2020. Il parle de « la femme à travers les cultures du monde ». Elle y chante dans plusieurs langues (français, tchèque, zoulou, turc, espagnol, wolof, kabyle...) pour faire voyager les sonorités des langues du monde. Ses textes parlent de l’amour, l’exil, la femme, et les voyages qui vous emmènent loin et tout près, dans un métissage de world music et de chanson française sur fond de guitares Latinos et sur des mélodies d’Afrique et d’Orient. Les musiciens qui l’accompagnent viennent de la scène World Music.
En parallèle à ses métiers de la scène, elle écrit de la poésie classique et de la poésie libre, dans des recueils poétiques et dans des chansons. Elle a reçu plusieurs distinctions pour ses poèmes et a été publiée dans de nombreux ouvrages poétiques collectifs.

Interview avec Helen Juren

D'où vous vient votre passion pour la musique ?
J’ai beaucoup écouté les chanteurs français à textes quand j’étais petite, parce qu’il y avait des vinyles à la maison : Barbara, Renaud, Piaf, Brassens, Higelin. Mes parents écoutaient également Dvořák, Beethoven, Mozart et Vivaldi en passant par Léo Ferré, Léonard Cohen, Bob Dylan, Boby Lapointe et Bob Marley. Adolescente, j’ai passé du temps à copier les paroles de chanteurs, à acheter les disques et à chanter pêle-mêle : Nino Ferrer, Thiéfaine, Bashung, Joe Dassin, Les VRP, Joan Baez, Madonna, Cindy Lauper, Kate Bush, Balavoine, Goldman, Cabrel, la Mano Negra, les Beatles, les Stones, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Louis Armstrong.
A 22 ans, je suis allée donner des cours de danse à Varsovie (Pologne) lors d’un échange avec une compagnie théâtrale dans laquelle on apprenait des chants polyphoniques ukrainiens (chants a capella à plusieurs voix). Je suis littéralement tombée en amour pour les « Chants du Monde » et les différentes façons de placer la voix suivant les langues. En rentrant en France j’ai continué à me former. J’ai arrêté la danse et j’ai poursuivi la musique et les chants polyphoniques : Voix Bulgares, Chants Corses, Chants Soufis, Chants du Maghreb, d’Afrique Subsaharienne, chants régionaux de France et d’Europe...

Pouvez-vous nous présenter votre album Les Grandes Traversées ?
Il s’agit d’un album Folk Ethnik : chanté en Français et également dans différentes langues du monde (Zoulou, Espagnol, Tchèque, Wolof, Peul, Kabyle, Turc) qui parle de « La Femme à travers les cultures du monde ». J’ai volontairement fait traduire certains de mes textes pour les chanter dans différentes langues, car j’adore travailler sur les sonorités des langues chantées (que je ne parle pas, par ailleurs !). J’aime aussi laisser place à la poésie brute en français, sans mélodie.
Pour parfaire mon voyage autour du monde, je me suis entourée de musiciens issus des musiques du monde. Nous sommes 15 musiciens à jouer et chanter sur l’album.

Comment composez-vous et quelles sont vos sources d'inspirations ?
Soit je commence par le texte, soit j’ai une idée de mélodie et j’écris ensuite le texte. Je commence plus rarement par des accords d’instrument, mais ça arrive aussi. Pour les paroles, au tout début je partais d’une urgence : écrire sur tel sujet, parce que c’est maintenant qu’il faut que j’écrive. A présent pour écrire, le plus souvent je pars d’une « contrainte d’écriture » : par exemple une contrainte de forme poétique ou de figure de réthorique. Le sens vient ensuite. Après coup, je sélectionne, bien sûr, parmi ce que j’écris. Tout n’est pas exploitable ! Mes sources d’inspiration peuvent être l’actualité ou les valeurs que je défends, qui peuvent d’ailleurs se rejoindre en essayant d’avoir un angle d’approche intéressant.

Qu'est ce qui vous a motivé à chanter dans différentes langues du monde et quels ont été vos choix sur les différentes langues utilisées ?
Suite à des années d’apprentissage des chants polyphoniques du monde, j’ai eu envie dans mon album de conserver les sonorités des langues, comme un voyage de musicalité des langues. J’avais de nombreux morceaux prêts, il a fallu faire un choix pour cet album de 11 titres. J’ai essayé d’être cohérente en gardant tout ce que j’aime : les textes, la chanson française et les voix et musiques du monde.

On retrouve dans cet album des langues rares ou peu communes comme le wolof, kabyle... Comment les avez-vous découvertes et est-ce essentiel de les mettre toutes sur un pied d'égalité ?
C’est au fil des rencontres avec que j’ai voulu chanter dans ces langues, parce qu’elles me plaisent dans leurs musicalité. J’ai d’abord écrit en français, puis j’ai fait traduire mes textes. J’ai ensuite demandé où se trouvaient les accents toniques des mots (dans les langues que je ne comprend pas) afin que l’accent mélodique tombe sur l’accent tonique. Pour l’interprétation, j’ai demandé validation pour savoir si l’on comprend ce que je chante. J’espère que c’est le cas, car j’aime être comprise quand je chante ! Je fais le parallèle entre le fait d’utiliser des langues différentes, certaines plus répandues que d’autres à travers le monde, et le fait d’accepter l’autre dans sa singularité. Peu importe quelle langue on parle, quelle langue on chante, nous sommes tous des êtres humains. La réalité du monde d’aujourd’hui nous met tous face à cette évidence : nous sommes tous égaux devant la pandémie mondiale, devant l’écologie, la planète. J’essaye de faire entendre des langues qui, bien sûr, me plaisent et que j’aime chanter, mais qui peuvent être également des langues que l’on n’a pas forcément l’habitude d’entendre. Alors, oui, c’est un parti-pris de faire entendre des musicalités différentes à travers les langues et les instruments.

L'album s'ouvre sur le titre Fukushima Tripoli. Pourquoi avoir choisi ces deux villes ?
C’est un morceau que nous avons co-écrit et co-composé avec Thierry Le Pollès il y a maintenant 10 ans. En mars 2011, les infos parlaient en boucle de ces deux villes. D’un côté, les nouvelles inquiétantes de la ville de Fukushima avec le tsunami sur la centrale nucléaire qui se déversait dans l’océan et dans l’air. Cela concernait l’humanité entière, avec des questions légitimes : Peut-on encore se baigner et manger du poisson ? Est-ce qu’un nuage nucléaire pollue notre air ? Quelles seraient les conséquences à long terme ? Et d’un autre côté la ville de Tripoli qui se faisait bombarder. Nous avons décidé de garder cette chanson, car 10 ans après : Qu’en est-il de l’écologie et de notre planète ? Et des révolutions du monde arabe ? C’est encore bien présent dans notre actualité. Cette chanson est une succession de questions en langue espagnole : Quelle heure est-il pour l’humanité ? A quelle heure passera la vague ? A quelle heure tombera la bombe ? Nous avons composé la musique sur un rythme joyeux et entrainant, à l’opposé du sens du texte.

En quoi était-ce important d'évoquer la place de la femme à travers les cultures du monde et de mettre en place un lien entre les peuples ?
On vit une sacrée période par rapport à la place de la femme dans nos sociétés. Ce qui se passe actuellement dans nos prises de conscience par rapport à la femme est incroyable et beau. Je suis heureuse de vivre cette période-là. Pas seulement parce que je suis une femme. Mais aussi parce que la femme, c’est la moitié de l’humanité. Il était temps qu’on s’intéresse à comment elle fonctionne, ce qu’elle ressent, ce qu’elle a vécu, ce qui la compose, plutôt que de la considérer comme le fameux « sexe faible » forcément soumis au sexe fort. J’essaye d’avoir un regard le plus neutre possible par rapport aux autres traditions, pour ne pas plaquer mon regard d’occidentale sur certaines pratiques liées à la femme.
Parallèlement, c’est en s’intéressant aux autres cultures qu’on peut avoir un éclairage sur la notre. La musique permet ce genre de dialogues et de ponts entre les cultures et les traditions, même si l’on ne parle pas la même langue.

Est-il possible de nous parler de la partie instrumentale ?
Après avoir terminé les arrangements de l’album avec des « instruments logiciels », on est passé en studio pour enregistrer avec de vrais musiciens. C’était un choix de départ de produire un album très acoustique : on a gardé très peu de matière « logiciel » ! Chaque instrumentiste a joué la partition qui était prévue au départ, et ensuite on leur a proposé de la ré-interpréter à leur manière. Nous avons vécu des moments magiques à l’enregistrement où la matière prenait forme dans nos oreilles grâce au talent des musiciens. Il a fallu par la suite trier tous les enregistrements pour avoir un ensemble cohérent sur chaque morceau.

Parlez nous du titre Encore Un et son clip...
On a choisi de sortir ce titre en premier single pendant l’été car c’est une chanson légère. On a tourné le clip avant l’année de confinement, dans des endroits de nature, entre les Cévennes et l’Isère. On s’est relayé pour tenir la caméra. On a fait des duos de danse dans la nature avec ma soeur Eva Juren : ce sont ses jambes à elle qui dansent en jean et baskets ! J’avais déjà écrit plusieurs chansons en juxtaposant des extraits de mots de journaux découpés. J’ai voulu conserver cette idée pour écrire des passages de la chanson à l’intérieur de l’image : par exemple quand mon pied marche sur le texte, ou encore quand j’embrasse le mot « embrasser ». Pour donner de la cohérence à l’ensemble des images tournées, j’ai demandé à Bénédicte Cazauran qui a ramené son univers de réalisatrice et monteuse sur les rythmes reggae.

Avez-vous fait de "grandes traversées" pour préparer cet album ?
Oui, c’est le cas de le dire ! Ceci dit, le titre était choisi avant d’enregistrer, mais peut-être que ça a influencé l’enregistrement. Nous avons commencé à enregistrer à Paris et en région parisienne, avec Steven Moalic au son et Thierry le Pollès à la réalisation. Puisqu’il s’agit d’auto-production, Steven nous a trouvé des lieux d’enregistrement en fonction des besoins et de petits moyens financiers : par exemple un grand studio pour les batteries et percussions et des studios plus petits pour des instruments plus petits. On a fait une souscription, mais on savait d’avance que ça ne suffirait pas financièrement pour produire le son qu’on cherchait. En cours de production, Steven a déménagé en Bretagne dans le Finistère. On a donc fait des aller-retours pour continuer à enregistrer avec lui, ce sont nos grandes traversées géographiques ! Au fur et à mesure, ça nous a permis de rencontrer de nouveaux musiciens qui ont aimé le projet et ont joué sur l’album. Et pour la dernière étape du mixage, on est revenu sur Paris pour travailler avec Thomas Verovski.

Quels ont été vos choix pour l'artwork du disque ?
Je voulais des fleurs et de la couleur, puisque l’album est coloré de voyages musicaux. Je me suis inspirée en regardant des peintures et des photos de femmes avec des fleurs. Frida Kahlo est la peintre qui a magnifié la femme et les fleurs. Elle revenait tout le temps dans mes recherches. J’ai fait plusieurs essais en petit format : pour la peinture, les formes et les couleurs. Et je me suis arrêtée sur le fond rouge. Nous avons peint le bouquet de fleurs sur une grande toile avec Tilpi.
J’ai trouvé un oiseau en plâtre dans un magasin de décoration que j’ai repeint avec des couleurs vives. Et j’ai posé devant la toile peinte avec l’oiseau dans la main, à la manière de Frida Kahlo !

Quelle place occupe les échanges avec d'autres artistes dans votre parcours et votre musique ?
Je n’envisage pas l’art sans partage lors de la création. Je ne parle pas seulement de musique. Les projets avec plusieurs artistes qui se complètent m’intéressent. Je suis peut-être capable d’écrire et de composer toute seule, mais lorsque je donne la matière que j’ai créée à d’autres, la façon dont ils la retravaillent donne un nouvel éclairage, un nouveau regard. Par le passé, j’ai donné des concerts seule. Mais je n’ai pas trop aimé. Je préfère partager la scène et être au moins deux pour faire un spectacle. Pour l’album, je suis persuadée que l’apport créatif des autres musiciens a enrichi et embelli la matière de départ. C’est pourquoi on a co-composé avec Thierry Le Pollès et les arrangements sont signés par différents musiciens qui ont ajouté leur pâte.

Vous écrivez également beaucoup de poésies. Qu'est ce qui vous intéresse dans ce format ?
C’est le côté brut, immédiat et concis. Je n’écris pas de longs textes. Je cherche des liens directs entre les mots, leurs sens et l’expression de quelque chose de clair en peu de vers. Bien sûr, venant de la culture du « texte de chanson », je pense que les textes de poésie que j’écris sont influencés par ce format. La différence entre chanson et poésie, c’est qu’une poésie peut se lire sans oraliser.
En poésie écrite, on peut faire des jeux de mots ou de sens qui ne s’entendent pas à l’oral.

Les concerts sont à l'arrêt depuis plusieurs mois. En quoi la scène vous manque-t-elle et avez-vous un souvenir de concert à nous raconter ?
Ça me manque. Je n’ai pas le souvenir d’une période aussi longue sans date de spectacle dans mon agenda. Chaque concert est un moment suspendu dans une bulle unique, avant, pendant et après le spectacle. Je peux raconter un sacrée date lors des vacances d’hiver 2018. On devait jouer en quartet dans la station de Vaujany en Isère. On est tombé en plein dans la tempête Eleanor qui a provoqué des coulées de neige sur les routes. Notre camion avec tout le matos est resté coincé dans la neige. On a gratté à 4 pattes dans la boue froide pour pouvoir l’extraire. Finalement, on a pu faire les balances, s’habiller, s’échauffer et jouer... Et même le public est parvenu à venir nous voir malgré les routes bloquées ! Les moments que l’on partage avec le public après ce genre d’aventure sont savoureux.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Merci de m’avoir laissé la parole pour exprimer ce qui m’est cher et les valeurs que je défends. Je peux ajouter que mon album Les Grandes Traversées est disponible chez Inouïe Distribution : sur les plateformes de téléchargement (Apple Music, Itunes, Spotify, Deezer, Qobuz) et chez les disquaires en CD physique.

Merci à Helen Juren d'avoir répondu à notre interview !

Encore Un - Helen Juren (Clip Officiel)

Musiciens et équipe de l’album « Les Grandes Traversées »

Helen Juren : auteure-compositrice, voix et choeurs
Thierry Le Pollès : compositeur, guitares, synthé, choeurs
François Collombon : percussions, batterie, darbouka, karkabou, bodhran, cajon
Benjamin Body : basse, contrebasse
Awena Burgess et Sandrine Monlezun : choeurs
Cristobal Corbel : guitare flamenca
Crystel Galli : accordéon
Jonathan Dour : violon
Johanne Mathaly : violoncelle
Dramane Dembélé : flûte, Tama, n’goni
Ibrahim Keita : kora
Grégory Dargent : oud
Steven Moalic : glockenspiel, shaker, synthé, clap hand
Thomas Verovski : piano, synthé, sound design
Enregistrement : Steven Moalic / Studio itinérant Stiff Ker Moalic
Mixage : Thomas Verovski / Des Mesures Prod - Paris
Mastering : Jeremy Henry / La Villa Mastering - Montreuil (93)

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