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Grout/Grout : leur futur album Nyctinasty

Rédaction Divertir Par Le dimanche, 09 décembre 2018 à 18:36 0

Dans Culturel

Grout Grout prépare leur troisième album Nyctinasty en utilisant d'anciennes techniques et avec le soutien des internautes.

Grout Grout - Nyctinasty

Que retrouvera-on sur votre 3ème album Nyctinasty et quel en sera son univers ?
Il s'agit d'un album résolument vintage. Le premier que nous enregistrons dans un vrai studio. Sur bandes, et joué quasiment dans des conditions de live. Les voix et quelques guitares ont été ajoutées sur des prises à part. Mais l'idée était d'aller vers une structure essentielle des morceaux, s'approcher des conditions de réalisation de Rubber Soul des Beatles, par exemple…

Quelle est l'origine du nom de cet album ?
Le nom donné à l'album est un terme dédié initialement aux fleurs. C'est la faculté qu'ont celles-ci (ou du moins certaines d'entre elles) de s'ouvrir et se fermer en fonction du jour et de la nuit.
Je trouvais assez beau cette notion de jour/nuit et c'est un peu cette ambiance en clair obscur d'entre 2 états que je voulais donner à l'album. Le mot en soi m'intéressait car étymologiquement, il associe le mouvement à la nuit. Exactement ce qu'on trouve chez les noctambules en partance pour  des boites de nuit. Pour autant, l'album n'a aucun rapport avec la "dance" !

Qu'est ce qui vous plait dans les différentes ballades de l'album (New-yorkaises du Velvet Undeground, Beatles Road accompagné d’ambiances Floydienne, un détour par Wilco, Illinois...) ?
L'idée d'un ailleurs. Autant dans l'espace que dans le temps. J'aime entretenir ce rapport fétichiste aux modèles… c'est ce qui m'emmène sur d'autres univers que celui de mon quotidien. C'est une manière d'embarquer pour un roadtrip, le coude sur la portière… et globalement, de m'approcher de la musique que j'écoute habituellement.

Peut-on en savoir un peu plus sur la répartition des tâches durant la préparation de l'album Nyctinasty ?
J'aime la relation que l'on a sur l'élaboration des morceaux.
Je viens vers les autres avec des chansons, plus ou moins structurées à partir d'une base guitare/voix. Et à partir de là, tout le monde y met du sien !
Je définis un peu mes idées d'arrangement, ou d'atmosphère (quand il y en a !) sinon, chacun des 5 membres apporte sa vision du morceau.
Dany (le bassiste du groupe) est souvent celui qui va chercher la petite bête… et nous pousser dans nos retranchements pour affiner encore et encore la façon dont les chansons doivent se développer lorsqu'on les joue en live. Et c'était réellement important de faire tout ce travail en amont avant de passer en studio. Nous avons d'abord mis tout ce travail à plat en enregistrant des maquettes chez Japy (le batteur).

Comment se sont passés les enregistrements en studio et pourquoi avoir choisi d'enregistrer sur du matériel analogique ?
Cela faisait un moment que j'entendais parler du Mirador Sound Studio géré par David Darmon… jusqu'au jour où David a fait notre son lors d'un concert. On n'a jamais aussi bien joué !!
Plus tard, quand on s'est décidés à venir le voir dans son studio, il nous est clairement apparu que c'était exactement là que nous devions faire ce prochain album !!! Que du matériel vintage, un studio construit avec des matériaux soignés… une ambiance propice à ce que nous avions toujours voulu développer comme univers. Et David (Dad) était parfaitement sur la même longueur d'onde que nous !! Ca a été un régal de travailler avec lui, un type charmant, calme, open, précis et d'une efficacité redoutable !!
Lorsque nous avons achevé la première semaine d'enregistrement, le manque a commencé à se faire sentir… il fallait qu'on retourne au plus vite chez lui finir le job, refaire une session pour se plonger à nouveau dans cette ambiance !

Parlez nous du titre Bugger's Regrets
Arf ! Ce morceau fait directement référence au film de Coppola (Conversation secrète)… dans lequel à un moment, un personnage parle de Gene Hackman à peu près dans ces termes : "You're the best bugger on the west coast !"
Ca m'a fait rire ce terme… du coup, j'ai construit la chanson sur l'ambiguïté du mot "bugger" qui signifie dans ce cas-là une personne qui va poser des micros (des bugs)… mais qui, chez les anglais, bugger désigne plutôt un sodomite… !
Le morceau évoque donc un type qui après avoir mis une femme sur écoute, à force d'écoute secrète se trouve séduit, obsédé par elle… Ca parle de sa propre responsabilité dans l'intrusion qu'il fait de son intimité.

En quoi le financement participatif que vous réalisez va vous aider et quel serait l'argument pour convaincre de vous aider ?
Nous avons porté ce projet aussi loin que nous le pouvions. Nous avons financé les séances d'enregistrement, Dad vient de terminer le mixage donc nous devons le payer, cela coïncide heureusement avec la fin de la campagne de souscription. Mais il reste surtout le mastering et le pressage à financer… plus exactement LES pressages car pour que ce projet se finalise dans toute sa cohérence, nous avons tenu à le presser en vinyle en plus des CD prévus. En effet, il aurait été dommage de ne pas poursuivre cette aventure "analogique" par la sortie d'un vinyle 33T. CA permet en outre de profiter d'un bel objet, avec une pochette en grand format…

Vous pouvez soutenir l'album Nyctinasty de Grout/Grout sur Ulule.

 

Pour revenir sur ce côté un peu ancien qu'on évoquait précédemment, figure dans les contreparties des vinyles et des photos Polaroïds. Qu'est ce qui vous plait dans ces supports et regrettez-vous qu'à l'heure du tout numérique on soit trop qualitatif ?
L'enregistrement sur bande possède des qualités sonores qui conviennent au style de musique que nous voulons faire. Cela permet de flatter les sons un peu chauds, de guitares saturées, sur les voix également, l'enregistrement sur bande restitue un son plus velouté … avec plus de souffle, certes, mais moins cristallin. C'est pourquoi j'ai demandé à la personne chargé de faire le mastering de sublimer en quelque sorte le travail fait par Dad avec ces ambiances vintage et chaudes. La suite logique à toute cette chaîne, c'est évidemment le vinyle. Qui poursuit de par nature via son support ce type de son. En plus, on voit bien le renouveau d'engouement pour les vinyles repeupler les bacs à disques.
De même, les polaroids sont de retour. Un pote m'a offert un vieux sx70 d'origine (années 70) et je vide régulièrement mon compte en banque en prenant des polaroids (oui, c'est tout de même assez cher…) ;-).
Mais même si je pense qu'on n'a pas fait le tour du numérique, que ce soit pour la photo ou pour le son, je crois qu'on a besoin de redécouvrir des objets, du palpable et de faire ce petit voyage dans le temps.
Moi, je viens clairement d'une génération qui a connu ces objets là, les ont vu disparaître… et je suis ravi de la voir à nouveau revenir dans l'air du temps !

Peut-on en savoir plus sur l'artwork du disque et pourquoi avoir choisi des fleurs ?
Il s'agit d'une diapositive (oui encore une vieillerie !) que j'ai prise cet été (lors d'un séjour à Chicago). Je cherchais à faire des images de fleurs en fin de journée (à cause du choix du titre de l'album, j'avais ce genre d'image en tête évidemment…).

Des clips sont-ils prévus et comment les imaginez-vous ?
Bien-sûr qu'il y aura des clips ! J'estime que l'on fait une musique qui se prête assez bien à l'image ; au cinéma… Je travaille actuellement sur le montage du clip Nyctinasty. Même si ce n'est pas celui qui sortira en premier, c'est celui pour lequel j'avais une idée claire de ce que je devais faire. J'ai bénéficié de la grande et précieuse aide d'un pote qui habite à L.A. (Vincent Ducarne) et qui travaille dans la vidéo. Je lui ai demandé de filmer une fille qui marche dans les rues de la ville et part se défouler sur une piste de danse. La structure du morceau étant en 2 parties distinctes, il y a une partie en extérieur et une partie au ralenti qui se limite à des plans de cette fille en train de danser. Les images au ralenti ont quelque chose de quasi aquatique, notamment avec les mouvements des cheveux. J'aime beaucoup les images que Vincent Ducarne m'a tourné… et la présence à l'écran de son amie actrice (Ezmie Garcia) est vraiment top ! Je ne les en remercierai jamais assez.
Sinon, je voudrais expérimenter un principe pour Bugger's Regrets justement… Mes enfants m'ont fait découvrir une appli sur téléphone qui s'apelle Plotagon et qui permet de diriger des personnages en animation dans des décors pré-établis… avec des réactions pré-établies… et une synchro labiale à peu près correcte en fonction de ce que l'on fait dire aux personnages. Ce truc m'amuse beaucoup (et pour le coup, on est loin d'une pratique vintage…)

Sylvain, vous êtes également artiste plasticien : est-ce que le fait de faire également de la musique vous permet de transposer vos arts d'un univers à l'autre ?
J'ai toujours vu ces deux activités comme des récréations de l'une vis à vis de l'autre… Bref, être toujours dans des notions de plaisir.
En art, je ne travaille pas seul non plus, d'ailleurs. Je mène un travail avec Yann Mazéas… et du coup, ce n'est pas Grout/Grout, mais Grout/Mazéas.
Mais du fait de la présence de chansons dans les vidéos que je fais avec Yann ces temps-ci, c'est vrai qu'il y a quelques porosités entre les 2 pratiques.
Et puis, il est peut-être question d'un prochain clip fait par Grout/Mazéas, donc…

Une indiscrétion à nous donner sur l'album Nyctinasty ?
Dad ne s'est pas contenté de mixer… dans son coin, pendant son travail de mix, il a joué des parties de caisse claire sur le morceau Hi... Et c'est exactement ce qu'il fallait pour donner au morceau la tension nécessaire.
Ha si ! une chose sur le morceau Nycinasty. J'avais 2 mélodies en ternaire qui sonnent un peu comme une ritournelle de manège que je traînais depuis de nombreuses années sans jamais en avoir fait quoi que ce soit.
Et d'un autre côté, Vincent avait une grille d'accords qu'il voulait qu'on développe. On s'est vu pour bosser sa grille. J'ai juste ajouté 2 accords à sa structure… et puis un jour, je me suis dit qu'il fallait tenter de coller ces 2 parties… C'est tout le morceau !!!
Le premier fait à 2.

Vous avez des fans dans de nombreux pays y compris outre atlantique, vous attendiez vous à ce que votre musique s'étende ainsi dans différents pays ?
Ah bon… ? Des fans, c'est difficile à dire. Mais je sais qu'on est diffusés dans quelques radios aux états Unis, notamment. C'est assez flatteur, mais ça m'inquiète toujours un peu que EUX, soient capables de voir les aberrations linguistiques de mes textes !

Où aimeriez-vous donner des concerts et avez-vous un rituel lors de représentations ?
Je ne suis pas un fan des concerts. Je préfère de loin les processus d'enregistrement. Mais quelques dates à Paris me plairaient pas mal. J'aimerais bien pouvoir jouer à Lyon également… et pourquoi pas en Angleterre ou aux Etats-Unis…
Non. Pas de rituel. Pas pour le moment. Si ce n'est, de temps en temps, on aime bien placer Avelin (le guitariste) dans un fauteuil sur scène quand on en a l'occasion. Ca lui va bien. Et vu qu'il n'a jamais vraiment trop envie de bouger sur scène, ça fait un accessoire de choix.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
J'aimerais vraiment que ce projet de disque trouve son public. On a vraiment voulu se faire plaisir à tous les niveaux avec cet album. Je souhaite sincèrement que ça puisse être partagé.
La prochaine étape selon moi sera dans des passages radio. Arriver à être défendus pour toucher un public plus large. Transmettre cet esprit récréatif avec lequel on mène les choses.

Merci au groupe Grout/Grout d'avoir répondu à notre interview !
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Musique interview

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