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Goldencut présente l'EP Room to Breathe

Maxime Lopes Par Le vendredi, 04 février 2022 à 08:32 0

Dans Culturel

Trois musiciens alchimistes se font les révélateurs d’une géométrie à symétrie variable. En quête de motifs à répéter et détourner, Goldencut façonne un hip-hop incandescent où mots, machines et instruments deviennent les outils d’une exploration fortuite. Découvrez leur EP Room to Breathe.

Goldencut (crédit Brice Hincker)

crédit photo : Brice Hincker

Leur musique est une expérience à résultat modulable : tantôt sombre et hybride, aussi rock qu’électronique, immergeant dans un hip-hop ciselé, transcendant.
Goldencut trace une route, sillonnée à coups de batterie brute, de machines savamment orchestrées et d’un flow flirtant autant avec le spoken word qu’avec une rage animée.

Interview avec Goldencut

Qui se cache derrière Goldencut et pourquoi avoir changé de nom ?

Personne ne se cache. Goldencut est composé de trois musiciens/alchimistes. Geo en est le rythmicien fou, Adam le machiniste magique et Eli (prononcé ‘Iläi’) se fait transformateur de maux en voix lactée.
FreeZ était un projet, Goldencut en est un autre. Le changement de membres et de direction artistique exigeait un changement de nom.

Pouvez-vous nous présenter votre 1er EP ‘’Room to Breathe’’ et son univers ?
Cet EP est issu des différentes explorations et créations de ces dernières années. Il n’y a pas un seul univers, mais des multiples. D’un côté, le besoin de (se) guérir. De l’autre, un besoin de grandir, trouver sa voie, vivre en harmonie.

Quelles sont vos inspirations et comment composez-vous ?
Addicts’ explore le côté sombre des dépendances, souvent mises en place à la suite de certains traumatismes.
A Nation of the People’ est un regard sur les tragédies passées et présentes des injustices raciales. Ces deux chansons viennent clairement de la nécessité de guérir nos blessures.
Sip the Amrita’ est une méditation dans une prairie fleurie.
Pentagram’ est un rappel à regarder au delà du visible car les merveilles du monde se cachent dans la géométrie sacrée de la spirale de l’escargot, de l’unicité du flocon de neige, dans les fractales du chou-romanesco et dans les mouvements tracés par les planètes.
Pour résumer, nos inspirations viennent de l’ombre et de la lumière qui nous entourent.
Concernant la composition, chacun des membres peut être à l’origine de l’idée d’une chanson, les deux autres y trouveront leur place naturellement.

Dans le single A Nation of the People, on vous a entendu vous engager contre les injustices raciales après l'attaque du Capitole aux USA. En quoi ce type de texte engagé est-il important pour vous ?
Le titre fût écrit suite aux meurtres dans la même période de George Floyd, Breonna Taylor et Ahmaud Arbery. Ils sont la conséquence de plus de 400 ans de racisme systémique. C’est donc avant tout une prise de conscience humaniste. On est outré d’assister à des situations aussi tragiques pour certains de nos concitoyens. Et puis il y a des gens qui refusent de remettre en cause leurs privilèges et les injustices présentes dans nos sociétés parce que ça bousculerait trop leurs systèmes de pensée. Eli, notre MC, a découvert le rap avec Public Enemy ; il ne conçoit pas faire du rap sans aborder le racisme inné et l’hypocrisie de l'État. C’est une nécessité pour lui.

Quels sont vos choix sur le plan instrumental ?
Nous ne faisons pas de choix réfléchis en amont. Geo et Adam sont tous les deux beatmakers et multi-instrumentistes. Ils apprécient différentes esthétiques. Il n’y a pas de règle. L’un commence, l’autre enchaîne, Eli propose du rap, la structure s’adapte, les deux brodent autour, on écoute, on discute, on hésite, on refait et à un moment donné, on valide. Car sinon, on ne termine jamais.

Aimez-vous mener des expérimentations dans la musique que vous produisez ?
Clairement. Comme on vient de l’évoquer, chacun a fait partie de différents groupes avec toute une panoplie de styles. On sait qu’on va faire du hip-hop, mais c’est presque un jeu de voir par quoi on peut passer avant d’arriver à cette destination finale. De toute façon, le hip-hop est une musique bâtarde, composée de samples et d’éléments de plein d’autres styles.

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
Certains titres ont pris longtemps, une séance en 2020, une autre en 2021 avec pas mal d’allers-retours, de réflexions et de retouches. D’autres ont été enregistrés au téléphone portable dans une clairière au milieu des montagnes, et entourés par les oiseaux (qu’on entend d’ailleurs).

Que souhaitez-vous transmettre au public avec l'EP Room to Breathe ?
Room to Breathe’ nous semblait être le titre logique d’un disque qui regroupe : ‘Addicts’ qui parle du côté dangereux des drogues et se termine par un arrêt cardiaque avec le mot « breathless » ; ‘A Nation of the People’ qui évoque la meurtre de George Floyd et d’Eric Garner par étranglement « Captured, middle-passaged, stuck in ghettoes and can’t leave / from Staten Island to Minnesota they can’t breathe… » ; ‘Pentagram’ qui explore les mystères cachés de l’univers « there is a show we’ve tuned into. What have we turned into that we can’t turn it down and just be with the breath ? » ; « Sip the Amrita » commence par une phrase qui a beaucoup de sens dans une ère où notre respiration n’est ni fluide en intérieur puisque nous sommes contraints de porter des masques, ni en extérieur car l’air que nous respirons est pollué « I believe that I need more room to breathe ».

Parlez-nous du titre Addicts et de son clip...
Il y a beaucoup de comportements addictifs qui sont glorifiés et/ou encouragés par nos sociétés, les réseaux, la pop culture. Dans la chanson et le clip d’Addicts on voulait mettre en avant le côté plus caché, plus sombre des drogues, de l’alcool, des écrans et du consumérisme sans porter de jugement à l’égard de ses victimes.

Quels ont été vos choix sur l'artwork de l'EP ?
Sur la pochette on aperçoit un paysage presque lunaire avec une lumière sous l’horizon, le tout encadré par le pentagram de Vénus (on vous invite vivement à découvrir l’histoire de cette forme géométrique).

Qu'appréciez-vous dans la scène et quelle place occupe les échanges avec le public ?
Il n’y a pas de moment plus euphorique que l’échange d’énergie entre nous et le public. La scène est vraiment quelque chose d’exceptionnel, des sensations uniques que l’on ne vit pas ailleurs. Après les restrictions sociales vécues ces deux dernières années, les concerts ont pris une place encore plus importante pour nous et on sent que c’est similaire du côté du public.

Des concerts sont-ils programmés et avez-vous un lieu mythique où vous aimeriez défendre Room to Breathe ?
Nous allons présenter notre live d’abord au Grillen de Colmar le 18 février et au Festival Ind’Hip-Hop à Strasbourg le 12 mars. Le reste de la tournée se dévoilera d’ici peu sur goldencutband.com.
On rêve de jouer sur une grande scène de festival (Dour, Eurockéennes, Cabaret Vert, We Love Green) devant un public qui ne nous connaît pas et qui nous découvrirait alors.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci de continuer de soutenir et découvrir (et faire découvrir) de nouveaux artistes. C’est important par les temps qui courent.

Merci à Goldencut d'avoir répondu à notre interview !

Goldencut - Addicts

Musique interview

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