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Gilles Scherlé : la BD À la recherche du rythme perdu

Maxime Lopes Par Le jeudi, 09 juin 2022 à 08:35 0

Dans Culturel

La bande dessinée À la recherche du rythme perdu de Gilles Scherlé vous entraînera à la découverte de rythmes oubliés.

Gilles Scherlé - À la recherche du rythme perdu

À la recherche du rythme perdu

Un percussionniste noir américain en tournée dans le monde. Une femme européenne, la quarantaine, à la recherche de ses origines. Ensemble ils vont parcourir cinq continents, au gré des concerts et de leur intérêt pour l’origine des percussions. Ils rencontreront des musiciens, des scientifiques, différentes populations dans leur voyage à la recherche d’explications quant à l’enregistrement d’un mystérieux instrument laissé par le père disparu de la jeune femme.

Un index illustré des instruments décrits dans le livre permet de se familiariser avec les différentes familles de percussions.

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre bande dessinée À la recherche du rythme perdu ?
C’est avant tout un travail de commande. Les éditions Favre souhaitaient publier une BD dans le cadre d’un festival de percussion qui a lieu à Lausanne du 17 au 19 juin 2022.  Je ne suis pas du tout musicien et je n’aurais pas abordé ce sujet spontanément. Mais je me suis laissé prendre au jeux et j’ai rapidement eu l’idée d’une quête qui conduirait mes personnages autour du monde, à la recherche de l’origine d’un rythme oublié.

Qu'est ce qui vous a intéressé dans l’idée de faire un livre sur les percussions ?
Il est évidemment difficile, voir frustrant, de vouloir transcrire de la musique en BD. Le son n’est par essence pas très visuel. Mais il y a d’autres angles intéressants. D’abord les percussions sont une invitation au voyage. J’ai choisi de m’intéresser au Sénégal, au Japon et à l’Amérique latine et visuellement c’est très intéressant. Ensuite il y a les instruments eux-même qui sont souvent très beaux et donc agréables à dessiner. Et, pour finir, les percussions sont le support de plein de traditions, d’usages culturels ou religieux comme la Santería à Cuba par exemple.

Que peut-on savoir des principaux personnages de À la recherche du rythme perdu ?
Les personnages principaux sont fictifs. Même si Amadou, le percussionniste, ressemble beaucoup à un ami musicien. Par contre ils vont, au cours de leur voyage autour du monde, rencontrer des personnages existants ou ayant existé comme Doudou N’Diaye Rose au Sénégal ou Eitetsu Hayashi au Japon et d’autres encore.

Comment avez-vous travaillé l'histoire sur les origines des percussions et avez-vous rencontré des professionnels ?
La période du Covid n’était propice ni aux voyages ni aux rencontres. J’ai donc beaucoup lu sur le sujet des percussions et me suis documenté sur le web.
L’avantage d’une BD c’est qu’on attend pas qu’elle parle de l'histoire des percussions de manière exhaustive ou académique. J’espère toutefois ne pas avoir raconté trop de bêtises. A noter que parallèlement à cette BD, les éditions Favre ont publié un livre sur l’histoire des percussions. Livre que j’ai d’ailleurs illustré. (Percussions : et la musique est née Une histoire de percussions)

Est-il possible d'en apprendre un peu plus sur les différents instruments présents dans le livre et pourquoi était-ce important de créer un index ?
En faisant cette BD j’ai découvert plein d’instruments. Il y notamment le délicat Tsuzumi, petit tambour japonais tout en finesse et légèreté. On trouve dans de nombreuses régions du monde des instruments sous forme de tronc d’arbre évidé, comme des pirogues dont ils sont probablement issus. Le célèbre djembé de l’Afrique de l’Est est très proche des mortiers dans lesquels les femme pillent le mil. Et que dire de la quijada, une mâchoire de cheval aux dents déchaussées que l’on frotte et racle avec une baguette ? De quoi faire vibrer la curiosité du lecteur…

Qu'est ce qui vous a intéressé dans l’idée de faire revivre des rythmes et instruments oubliés ?
Il me fallait une histoire, un ressort narratif. J’ai pensé à un son dont on aurait perdu l’origine. Je crois que tout le monde aime l’idée que quelque part des usages ancestraux se perpétuent. Comme des fossiles vivants.

Quelle place occupent les voyages dans votre bande dessinée ?
Sur les conseils de mon éditeur, je me suis limité à un voyage en Afrique, Asie et Amérique du Sud. Mais j’aurais bien amené mes personnages dans d’autres régions du monde. C’est intéressant à dessiner et les transitions donnent du rythme à l’histoire. Mais cette histoire est également un voyage dans le passé des percussions.

Comment avez-vous travaillé les dessins de votre ouvrage ?
Le délai était très serré en raison de ce festival de percussion dans le cadre duquel la BD devait être publiée. J’ai donc opté pour un dessin au crayon, sans encrage. La couleur est ajoutée numériquement.

Rencontrerez-vous prochainement vos lecteurs en salons ou librairies ?
En librairie. Et il y a aussi ce festival de percussions.

Passionné par l'image, vous donnez des cours de dessin et peinture à des personnes en situation de handicap. Souhaitez-vous nous en dire quelques mots... ?
J’aimerais bien que mes dessins aient la fraicheur et la spontanéité des dessins de certains de mes élèves handicapés.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Que je travaille sur un projet de BD, Le Mur d’Hannibal, qui se passe dans les montagnes suisses, à cheval entre les années 1960 et l’Antiquité. Voyage dans le temps cette fois.

A propos de l'auteur

Né en Valais en 1971, Gilles Scherlé s’est toujours intéressé à l’image sous toutes ses formes. Après des études en illustration et multimédia dans une école d’art, il est devenu graphiste et illustrateur indépendant.
Quelques expositions de photos et de peinture ont également jalonné son parcours. Il a co-géré une galerie d’art durant une dizaine d’années.
Parallèlement, il donne des cours de dessin et peinture à des personnes en situation de handicap. Il a publié en 2020 aux Éditions Favre la BD Reverdir le Sahara.

Livres interview

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