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Geoffrey Le Goaziou : l'album Somewhere Quiet

Maxime Lopes Par Le mardi, 26 avril 2022 à 20:06 0

Dans Culturel

Somewhere Quiet est une recherche autour d’un thème général ; celui de l’apaisement. Geoffrey Le Goaziou s’est nourri de ses différents périples afin de donner des couleurs caractéristiques à chaque morceau. Un album mêlant nappes aériennes de synthétiseurs, chœurs et cordes en soutien au duo guitare-voix, qui demeure le cœur et l’âme du songwriter. Ses textes, en anglais, mettent en lumière des sujets tels que l’introspection, la monotonie, le souvenir ou encore le manque de communication.

Geoffrey Le Goaziou (crédit Célia Le Goaziou)

crédit photo : Célia Le Goaziou

D'où vient votre passion pour la musique ?
J'ai commencé la musique à 12 ans par la guitare pour rejoindre un ami qui faisait de la batterie, finalement je n'ai jamais joué avec lui, mais j'ai commencé à jouer seul. J'ai alors découvert grâce à YouTube énormément d'artistes de la scène nord-américaine (USA, Canada) et australienne qui m'ont donné la passion de la guitare acoustique et du "folk". Cette musique m'a passionné tout particulièrement, car j'ai réussi à trouver des émotions fortes que je ne trouvais nulle part ailleurs. La passion de la musique vient donc d'un long chemin de découverte d'artistes et de styles musicaux, je ne viens pas d'une famille où la musique prend une place très importante, il n'y a d'ailleurs pas de musicien de ma famille très proche. La passion s'est donc imposée à moi, je me passionne pour énormément de choses, je ne sais même pas si la musique est une passion...

Pouvez-vous nous présenter votre album Somewhere Quiet et son univers ?
"Somewhere Quiet" est un album qui s’est dessiné tranquillement, il n'a pas été prévu, il a tout simplement eu besoin de sortir. Cet album est une recherche autour de l'apaisement, du besoin de reconnexion avec les choses, les autres, soit même. J'ai longtemps eu honte de ne pas être un musicien qui fait bouger les foules, amène le public à danser et faire la fête. Il m'a aidé à me trouver, en tant que personne et en tant que musicien en acceptant ce pourquoi j'aimais la musique et en ne faisant plus aucune concession avec ce qui résonne en moi.

Comment et dans quelles conditions composez-vous ? Dans un coin calme et perdu ?
Mon endroit calme et perdu est à Rezé, à côté de Nantes, dans ma chambre... Rien de bien poétique, mais c'est ma bulle, l'endroit où j'aime passer mon temps. J'ai composé très rapidement avec un micro au départ pour construire les squelettes. Les chansons « Shell », « Bili », « Somewhere Quiet », « Fearful Man », « Between Untold » et « This Boy » ont été composées en une semaine. Chaque jour, j'en faisais une nouvelle. Je me levais à 9h et terminais passé minuit. Je trouvais les parties de guitares et le texte. C'était une semaine particulière, coupée du monde, une expérience très agréable et étrange en même temps. Tout s'imposait à moi et je n'ai presque pas modifié ces premiers jets quand j'ai réenregistré les chansons ; seuls les arrangements se sont étoffés. Ensuite j'ai transporté ces chansons avec moi pour les terminer, car j'ai passé beaucoup de temps hors de Nantes pour les périodes de confinement (dans les Pyrénées, dans la vallée d'Héas en été et Gavarnie en hiver et dans les plaines des Deux-Sèvres ainsi que proche de l'océan vers Tharon plage) et j'ai ajouté « For Just a Look » et « Courtesy Life » plus tard quand elles sont apparues.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental et qu'appréciez-vous dans la guitare ?
La base est une chanson guitare voix : toutes les chansons sont présentées en live de cette manière.
En home studio ensuite, j'ai pu avoir accès à beaucoup de choses, des synthés, des orgues et des petites percussions. J'ai donc utilisé ce qu'il y avait autour de moi sans trop prévoir ce que j'allais mettre. La guitare acoustique est pour moi un instrument qui me passionne, c'est direct, sans fioriture, c'est un instrument très physique qui répond au jeu très subtilement. La fabrication de ces guitares me passionne, c'est un artisanat très fin et exigeant. C'est la beauté de cette "simplicité" qui me fascine.

Est-il possible de nous parler des enregistrements en studio ?
Je ne suis pas allé en studio pour enregistrer, j'ai enregistré l'album chez un ami qui a du matériel pour les premières chansons, puis j'ai enregistré les voix dans mon appartement quand je vivais à Gavarnie (dans les petits couloirs avec les lits superposés dans l'entrée de beaucoup d'appartements de vacances au ski) et fait quelques arrangements à l'aide d'un micro et d'une petite carte son Focusrite. Puis j'ai terminé l'album en enregistrant « This Boy » dans un garage souterrain à Nantes et dans un studio qu'on a construit en mai dernier avec des amis musiciens pour « Courtesy Life » et « For Just a Look ». Les dernières voix, chœurs et détails ont été faits dans ma chambre à Rezé et le mixage aussi.

Que souhaitez-vous apporter au public avec l'album Somewhere Quiet ?
J'aimerais apporter aux gens ce que cet album m’a apporté ; une acceptation de soi et une sorte de reconnexion avec les choses, les autres et soi-même. Un calme intérieur et de la confiance.

Parlez-nous du titre « Shell » et de son clip...
« Shell » aborde le thème du souvenir et de la manière dont on se le remémore. Le clip est fait d'archives de vacances que j'ai retrouvées après coup, et qui illustrent bien cette nostalgie. D'ailleurs, en visionnant ces images, beaucoup de choses en rapport avec la chanson sont apparues, comme si mon inconscient avait retranscrit ces souvenirs dans une chanson.

Qu'est-ce qui est le plus important pour vous dans la vie ?
J'ai longtemps eu peur de la vie, d'agir, de faire les choses à ma manière. Principalement dû à un grand manque de confiance. Je pense que ce qui est important dans la vie, c'est d'agir et de ne pas trop réfléchir, que si on fait les choses avec cœur et de manière bienveillante, on trouve sa place et on se trouve soi-même.

Arrive-t-on à trouver des endroits calmes qu'on soit en ville ou au beau milieu de la nature à la campagne ?
Pas tellement, j'ai souvent besoin de partir me ressourcer en montagne, où la nature est la seule chose présente, où il lui reste quelque chose de sauvage.

Qu'appréciez-vous dans la scène et des concerts sont-ils prévus ?
Ce n'est pas évident, car mon style implique des conditions très particulières pour prendre sa place, donc j'ai souvent redouté les concerts. Ça a longtemps été un exercice difficile, où à chaque concert je doutais beaucoup et je me posais mille questions. En solo parfois, ce n'est pas évident d'avoir un recul et un sentiment commun comme dans un groupe vis-à-vis du concert vécu. Mais parfois les concerts sont des moments magiques où le temps s'arrête. Pour cela, j'aime imaginer des concerts dans des lieux insolites (patrimoine historique, refuges, chapelles, nature) où la forme change pour faire vivre une autre expérience aux gens.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
J’aimerais remercier les gens qui m’entourent, qui m’écoutent et qui portent ma musique.

Merci à Geoffrey Le Goaziou d'avoir répondu à notre interview !

Geoffrey Le Goaziou - Shell (Official Video)

Musique interview

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