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Gaël Benyamin et Joachim Garraud : l'EP California Road 101

Maxime Lopes Par Le samedi, 27 août 2022 à 09:06 0

Dans Culturel

Joachim Garraud a enregistré un EP très inattendu pop/rock avec le chanteur français Gaël Benyamin dans un studio d’enregistrement solaire mobile. Découvrez l'EP California Road 101.

Gaël Benyamin et Joachim Garraud

Au delà de sa carrière de musicien et pionnier de la musique électronique dans le monde, le DJ et producteur Joachim Garraud est le fondateur d'un des plus gros festivals de musique électronique en France ("Elektric Park"), mais aussi un geek absolu : Il a en effet remodelé lui-même un tour bus à la taille XXL en studio d’enregistrement solaire mobile, en Californie où il habite depuis 2012.
Ce studio à la pointe de la technologie qu'il a surnommé LA Good Vibe reste dans le même temps une habitation mobile, entièrement alimentée en solaire, assurant une totale autonomie pour partir enregistrer dans des endroits insolites.

Avec le chanteur français Gaël Benyamin ils sortent ensemble un EP. Leur projet commun s'appelle California Road 101. Cet EP est un concept album rétro-futuriste en français, où le far west rencontre la musique électronique, autour d’un lieu (le grand ouest américain), une rencontre musicale (la funk et la soul de l’Amérique, mélangées aux innovations techniques de la French Touch), et des images à couper le souffle, pour une musique où le géologique et l'astronomie se rencontrent.

Le projet California Road 101 est né de la rencontre de Gaël Benyamin, Joachim Garraud, la Californie et LAGoodVibe début 2019. L’idée était de retranscrire les paysages du grand Ouest Américain en composition musicale produite uniquement grâce à l’énergie solaire. Gaël et Joachim se connaissent bien pour avoir collaboré autour du projet Geyster dans les années 2000. Se retrouver sous le soleil de la Californie à partager les sensations du voyage et les mettre en musique était une vraie expérience de producteur en dehors du cadre classique des studios d’enregistrement.
Laisser les décors guider l’inspiration. Laisser la musique couleur californienne se mélanger aux textes Français.
De ce voyage de 5 jours est né 4 titres et 3 vidéos musicales regroupés dans ce projet qui porte le nom de la route Californienne 101. Un trait d’asphalte qui rejoint Los Angeles à San Francisco, via Santa Barbara, Ventura, Santa Rosa...

Interview

D'où vient votre passion pour la musique ?
De mon père je pense. Je me souviens qu’il y avait de la musique en permanence chez moi quand j’étais petit. Et des choses très variées, aussi bien du jazz que du rock ou de la pop, et aussi énormément de musique brésilienne (bossa, samba,…) car mon père a une longue histoire avec le Brésil de par son métier de grand reporter (j’ai d’ailleurs failli naître à Rio). Et puis autour de mes 9 ans, j'ai reçu un magnétophone à cassette, mais sans cassette. Je suis donc allé piocher au hasard dans les cassettes de mon père et c'étaient les Beatles. Ils sont mes seuls et uniques Dieux à ce jour !

Pouvez-vous nous présenter votre EP Pas la même Californie et son univers ?
C’est un EP écrit, composé et produit entièrement en collaboration avec Joachim Garraud, au milieu du désert californien, dans son bus qui vient de l’espace. Un bus transformé en studio ambulant, et alimenté entièrement par des panneaux solaires installés sur le toit. Il est toujours difficile de décrire son propre travail, mais je dirais qu'il s'agit d'un EP très pop traditionnelle dans l'âme, avec des accents de musiques californiennes des années 70. Le premier morceau que nous avons écrit avec Joachim était "Le Flow de Michel", un hommage à Michel Jonasz et son album "Les années 80 commencent". Pour moi il y a aussi un truc très Laurent Voulzy dans cet EP. Ce fantasme de la musique américaine retranscrit en français.
Ce qui est drôle c’est que bien qu’étant français j’ai toujours écrit en anglais via mon projet Geyster. Et il a fallu que je parte en Californie à plus de 10000km de chez moi pour écrire mes premières chansons en français !

Comment avez-vous rencontré le DJ Joachim Garraud et comment avez-vous travaillé avec lui sur cet opus ?
Je l’ai rencontré en 2002, je cherchais un label afin de produire une poignée de maquettes que j’avais produites dans mon petit home studio. Le CD est tombé dans ses mains et il m’a appelé pour me proposer de travailler sur un album en co-production. À l'époque, il cartonnait déjà avec le premier album de David Guetta. J’étais même étonné qu’il s’intéresse à mon travail étant donné le décalage dans nos musiques respectives. Mais il s’est avéré que lui et moi avons quasiment la même culture et les mêmes goûts musicaux. Pour ce projet, Joachim m'a invité chez lui à Los Angeles afin de partir séjourner dans le désert à bord de son bus aménagé en studio d'enregistrement. Nous nous sommes donc retrouvés au milieu de nulle part à écrire des chansons, les arranger, les produire, et même par moments pendant que le bus roulait. Je me rappelle être en train de trouver une suite d'accords au piano pendant que Joachim me tenait le clavier pour pas que tout se casse la gueule alors que le bus bougeait dans tous les sens sur une route rocailleuse... Nous étions accompagnés de Charles Coolen qui a shooté des images incroyables au drone (images qui ont servi à Olivier Boscovitch afin de réaliser les 3 clips du projet), ainsi que mon fils Nils qui avait 12 ans à l'époque et qui découvrait les USA par la grande porte si je puis dire.

Comment les voyages et les grands espaces vous ont inspiré pour votre EP ?
Comme je le disais plus haut, le fait de se retrouver seuls dans des espaces aussi grandioses afin de composer de la musique est une expérience inédite. Nous traversions des kilomètres dans des lieux inhabités et où la nature et le soleil vous écrasent littéralement. Des espaces gigantesques qui en deviendraient presque angoissants. Je me souviens chaque matin avant de commencer à travailler dans le bus, j’allais faire mon footing dans le désert, je regardais l’horizon en courant qui était tellement étendu devant moi que j’avais l’impression de faire du surplace. Aussi il n’y avait aucun réseau cellulaire où on était. J’avais des petites crises d’angoisse en courant en me disant que si jamais je me blessais en courant je n’avais alors aucun moyen de prévenir la petite équipe restée dans le bus qui devenait tout petit derrière moi.

Pourquoi avoir voulu chanter en français à travers le projet California Road 101 ?
C’est tout le paradoxe que j’évoquais plus haut. Si je devais trouver une explication je dirais que j’ai toujours vu la musique comme un moyen de s’évader, de voyager, et le fait de vivre à Paris et d’y composer quasiment toutes mes chansons me font littéralement fantasmer des lieux comme les grands espaces californiens. Et une fois que je me suis retrouvé dans ces mêmes espaces fantasmés depuis Paris, c’est l’effet inverse qui s’est produit: La France m’inspirait ! De plus, le fait d’écrire les paroles avec Joachim qui est aussi français, était plus fluide et naturel de le faire dans notre langue maternelle.

Quels ont été vos choix sur les instrumentations utilisées ?
Lorsqu’on était dans le bus, on avait loué mon instrument de prédilection qui est le Fender Rhodes (piano électrique) ainsi qu’une guitare Telecaster et une basse Hofner. J’ai donc commencé à enregistrer les pistes et à chanter les paroles qu’on venait d’écrire à bord du bus dans le Protools de Joachim. On a ensuite habillé le tout avec divers instruments virtuels (synthétiseurs,…). En gros on a procédé exactement comme je le fais pour mes projets d’habitude. Joachim a ensuite mixé le tout en modifiant essentiellement les rythmiques.

Avez-vous une indiscrétion ou une anecdote à nous raconter sur votre projet ?
Oui, mon fils Nils, qui avait 12 ans lors de l'enregistrement, a pris les commandes du bus dans le désert. On l’a laissé conduire le bus, mais sur quelques mètres seulement :)

Merci à Gaël Benyamin d'avoir répondu à notre interview !

California Road 101 - LAGoodVibe Theme

interview Musique

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