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Fabien Hyon et Juliette Sabbah : Paris vagabond

Maxime Lopes Par Le mardi, 16 février 2021 à 14:22 0

Dans Culturel

Fabien Hyon et Juliette Sabbah vous invitent dans leurs vagabondages parisiens...

Fabien Hyon et Juliette Sabbah

Une vision capitale et poétique

Ville Lumière ? Digne hôte de Notre-Dame ? Berceau d’histoire(s), de littérature et d’arts en tous genres ? Lieu de mille rencontres ? Ou simple fourmilière agitée par ses habitants pressés, qui en dessinent les contours et les reliefs dans un mouvement perpétuel et détaché ?

Parisiens d’adoption, le ténor Fabien Hyon et la pianiste Juliette Sabbah ont souhaité livrer leur vision poétique de la capitale à travers les références qui ont modelé leurs constructions musicales respectives, avec Paris Vagabond, un récital personnel et original élaboré dans le cadre du festival « En Voix ». Ce projet s’est construit en collaboration étroite avec son directeur artistique Eric Rouchaud, également directeur du théâtre impérial de Compiègne.

Réveiller l'imaginaire collectif

Toujours à la recherche d’un ton propre qui sache donner la parole à l’un et à l’autre pour mettre en valeur la double singularité à l’origine de leur union artistique, le duo a souhaité suivre le fil d’une narration rythmée par une série d’ellipses, alimentant l’imaginaire collectif du Paris des années cinquante.
 
« L’espace dans lequel nous installons notre récital parle à tous les spectateurs ; chacun pourra se retrouver dans les scènes ou les ambiances invoquées ». C’est en suivant un personnage cher à la littérature française que l’histoire contée par Fabien Hyon et Juliette Sabbah se développe : l’intrépide Gavroche des Misérables, enfant des rues et témoin d’un environnement complexe qui le dépasse et le surprend, mais également théâtre d’émotions universelles – les premières amours, le rapport à l’âge passant…

Quand le classique s'adresse à la chanson

A l’appui de ce récit, Juliette et Fabien ont naturellement convié le duo Kosma / Prévert : « nous avons souhaité faire le lien entre la musique dite savante et une culture plus proche de la chanson. Nous sommes très touchés par la capacité du compositeur à donner vie au texte, et à dresser le décor idéal pour magnifier la lettre, sans jamais se placer en travers du sens ». Alors que ce répertoire tient ses lettres de noblesses de personnalités telles que Yves Montand, Juliette Gréco ou Barbara, c’est à travers un prisme classique parfaitement assumé que s’est construit ce nouvel hommage : « nous ne cherchons pas à faire de la variété, mais restons fidèles à nos influences, même si nous sommes évidemment nourris d’inspirations du jazz ou de la chanson… »

Sourire en coin

Placer Poulenc au cœur du programme était une évidence : « les deux compositeurs s’accordent parfaitement sur leur dimension populaire, et se magnifient. Kosma révèle l’aspect parisien et gouailleur de Poulenc, tandis que ce dernier met en valeur l’élégance du premier ». Ce sont des images, des impressions ou des odeurs que racontent les textes d’Apollinaire ou d’Éluard, mis en musique par Poulenc. « Il ne fait jamais de surenchère mais porte un amour véritable au mot. On retrouve dans ses lignes musicales une communion, et un véritable acte de foi ». Et en filigrane, le sourire en coin colore une narration parfois triste ou sombre : « certaines pièces sont lourdes de sens, mais jamais l’histoire ne s’arrête sur une tonalité dramatique ».

Ponctué de lectures sur scène, ce programme se retrouvera au disque dès le printemps prochain dans les micros du label Passavant, pour une diffusion élargie de ce duo sensible et délicat, toujours en quête de répertoires nouveaux et divergents.

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