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Fabien Cali : A contre-courant

Maxime Lopes Par Le lundi, 31 janvier 2022 à 17:34 0

Dans Culturel

En 2019, la SACEM décernait à Fabien Cali le Grand Prix de la Musique Classique contemporaine, mettant en lumière un compositeur singulier, à la croisée des mondes. C’est fort de cette reconnaissance que Fabien Cali mûrit aujourd’hui son projet musical à contre-courant, décloisonnant les genres pour donner à la création contemporaine l’énergie d’un concert de rock.

Fabien cali

C’est à dix-huit ans, à l’âge où ses camarades de classe pensaient à leur futur métier, que Fabien Cali découvre la musique, comme beaucoup d’adolescents, par la guitare électrique. Mais pour ce rémois d’origine, le passe-temps devient une passion dévorante qui le pousse à dévaliser les librairies musicales. Le jeune musicien se forme en autodidacte avant d’entrer au conservatoire de sa ville puis d’être admis, au prix d’un travail acharné, au CNSM de Paris où il pratique l’écriture avec Thierry Escaich, l’orchestration avec Yan Maresz, et surtout l’improvisation auprès d’Alexandros Markeas. A côté de ce parcours brillant, il continue la guitare dans des groupes de rock, et c’est justement cette énergie des musiques non-écrites, au sens traditionnel du terme, qui lui donnera l’impulsion initiale vers la composition.

L’impulsion vers la composition

Hanté par le bruit du monde actuel, son œuvre se distingue par un univers rythmique implacable (Furie, démoniaque concertino pour cornet et quatuor à cordes), des paysages orchestraux tourbillonnants (Anxiopolis, pour grand orchestre), ou d’infernales strates mécaniques (Clockworks, pour mandoline, guitare et harpe). Tenant autant à la puissance tellurique de Led Zeppelin, à la polyphonie millimétrée d’un György Ligeti, qu’au lyrisme des madrigalistes de la Renaissance, Fabien Cali parvient à tirer de cette synthèse sa propre voix.
 
En forme de manifeste, son quatuor à cordes Heavy Metal Machine, pulse comme un bon rock et nous fait rêver avec la seule poésie dont est capable un authentique compositeur. Il vient d’être gravé par le Paris Urban Quartet pour le label NoMadMusic.
 
« C’est important pour moi que l’on ressente une sorte d’élan en écoutant ma musique. Qu’elle crée des chocs. Je veux écrire une musique qui s’intègre au répertoire, qui utilise les mêmes codes, mais qui apporte un regard et une énergie issus de ces musiques « électriques » qui me portent depuis mes débuts. »

La musique pour l'image

Cela dit, la musique « de concert » n’est pas la seule corde à l’arc du compositeur. En 2009, Fabien Cali découvre la musique de film au festival d’Aubagne où il reçoit les conseils de Cyrille Aufort. Et c’est une révélation. Il développe son talent notamment auprès de Guillaume Vincent, pour lequel il compose la délicate musique de son film documentaire Terre des Ours (2014) réalisé sous l’impulsion de James Cameron, avec la voix de Marion Cotillard. Plus récemment, il collabore avec Marie-Pierre Camus et Gérard Puechmorel pour leur film La Nuit des Longs Couteaux (2020), écrivant une partition à la fois angoissée et planante.

« Même si aujourd’hui ce sont devenus deux métiers bien différents, je veux continuer d’écrire pour l’image et pour le concert. C’est très enrichissant et libérateur d’avoir la chance de pouvoir s’exprimer dans des domaines artistiques aux enjeux si différents. ».

Le temps où les chemins se croisent

Depuis que le prix de la SACEM est venu le confirmer dans ses recherches, les divers chemins qu’il a parcourus semblent se réunir et Fabien Cali entame une nouvelle période de maturité, mêlant plus que jamais ses langages. En témoigne Blackout pour violoncelle et piano, gravé par duo Neria, une introduction idéale à sa musique en forme de furie sur-vitaminée qui donne envie d’appuyer sur le bouton “repeat” !
 
Mais il retrouve aussi la scène comme musicien de ses propres compositions, prenant place avec sa guitare électrique dans Power Up (créé cet été au Festival Ars Terra) entre un clarinettiste et un pianiste. Preuve que les chemins finissent par se rejoindre.
 
« J’ai toujours été fasciné par la chance qu’ont certains organistes de mener une double carrière de compositeur et d’interprète de leurs propres œuvres. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas essayer aujourd'hui de retrouver le chemin de la scène et faire de même ! ».

Actualités

Artiste associé pour deux saisons à l’Orchestre Symphonique de Mulhouse, il peut y poursuivre ses recherches sonores tous azimuts avec notamment une création autour des textes désespérés d’Elinor Wylie (poétesse découverte dans le journal intime de Kurt Cobain) mais aussi un spectacle intitulé La Musique des Âmes avec entre autres Julie Depardieu et la violoniste Alexandra Soumm. D’autres œuvres doivent voir le jour entre rock, concertos et ciné-concerts.
 
Si à cela on ajoute des créations pour l’Ensemble Orchestral 41 et Noëmie Waysfeld sur des poèmes de Ronsard, une œuvre en hommage à Woodstock à destination de l’Ensemble Sequenza 9.3 et du Trio Polycordes, des musiques de films… les projets du musicien semblent être tentaculaires !
 
Car c’est ici la force de l’univers créatif de Fabien Cali. Ne se laissant enfermer dans aucune case, sans pour autant remettre en cause à un seul instant sa profonde personnalité artistique. Insaisissable, et à contre-courant.

Calendrier 2022

- Compositeur en résidence auprès de l'orchestre symphonique de Mulhouse pour les saisons 2021/22 & 2022/23.
Créations pour orchestre, concerto, conte musical, ciné-concert…
 
- 8 / 9 / 10  avril 2022 : CRÉATION pour orchestre symphonique & chœur
Mulhouse & Strasbourg
Chœur Philharmonique de Strasbourg - dir. Catherine Bolzinger
Orchestre Symphonique de Mulhouse - dir. Stefano Ranzani
 
- 13 avril 2022 : Paris Urban Quartet
La Scala Paris
(Pépin/Dalbavie/Cali)

- 29/30 avril 2022 : "Cueillir le jour" [CRÉATION] pour double orchestre symphonique & voix soliste
Vendôme & Blois
Textes : Pierre de Ronsard
Noëmi Waysfeld : chant
Ensemble orchestral 41 & orchestre de jeunes - dir. Claude Kesmaecker
 
5/6 mai 2022 : "La musique des âmes" [CRÉATION]
Mulhouse & Colmar
Julie Depardieu : récitante
Alexandra Soumm : violon
Maitrise des jeunes garçons de Colmar - dir. Clotilde Gaborit
Orchestre Symphonique de Mulhouse - dir. Victor Jacob

Musique

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