Publicité

Ezéchiel Pailhès : l'album Oh !

Sur ce troisième album solo Oh !, Ezechiel Pailhes, le fondateur du duo électro Nôze explore, entre piano et synthétiseur, la rencontre entre poésie et chanson, dans le sillage du succès de Éternel été. Il adapte ici des vers de William Shakespeare, Victor Hugo, Pablo Neruda ainsi que sur trois chansons, la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, pionnière du romantisme et influence de Verlaine et Baudelaire.

Ezechiel Pailhes (crédit Paul Rousteau)

crédit visuel : Paul Rousteau

Sur son troisième album solo, le fondateur du duo électro Nôze explore, entre piano et synthétiseur, la rencontre entre poésie et chanson, dans le sillage du succès de Éternel été. Il adapte ici des vers de William Shakespeare, Victor Hugo, Pablo Neruda ainsi que sur trois chansons, la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, pionnière du romantisme et influence de Verlaine et Baudelaire.Mais quel est donc ce Oh!qui donne son titre au troisième album solo de Ezéchiel Pailhès ? Un Oh! de surprise, d’admiration ou de douleur? «Il s’agirait plutôt du Oh! issu de la poésie romantique», nous dit de sa voix profonde et douce le compositeur et chanteur français. «Une interjection qui désigne une forme de lamentation» qui peut toutefois incarner d’autres émotionscomme la plainte ou la nostalgie, unravissement empreint de tristesse, voire un réconfort espéré.

Avec Tout va bien, son album précédent paru en 2016, Ezéchiel Pailhès avait adapté deux sonnets de Shakespeare. Parmi ceux-ci, «Éternel été» avait connu un beau succès grâce à ses vers teintésde spleen et de félicité. «La poésie, et sa musicalité, ont toujours fait partie de mon univers. Pour ce nouvel album, j’ai donc désiré explorer plus loin l’adaptation de poésies en musique. «Bien Certain» est à nouveau adapté de William Shakespeare. « Tu te rappelleras» est issu du recueil La centaine d’amour de Pablo Neruda. « Oh! Pourquoi te cacher ? » est adapté de Victor Hugo. Et quant à «Sans l’oublier», «Mon cœur est à vendre» et J’avais froid, on les doit à Marceline Desbordes-Valmore, une poétesse française du 19esiècle, parfois méconnue de certains ».

Avec Oh!, Ezéchiel Pailhès se fait plus chanteur que par le passé, à travers sept chansons et quatre compositions instrumentales, aux modulations intimistes et chaleureuses, portées par des mélodies de piano hypnotiques, des instruments au timbre insolite et une subtile production électronique qui rappelle ses productions passées au sein du duo Nôze.

« Je voulais faire évoluer ma musique vers un peu plus de chansons » poursuit Ezéchiel, « travailler davantage ma voix comme un instrument solo, et limiter les superpositions de voix et de chœurs que l’on retrouve sur mes disques précédents ». Réalisé dans son home-studio de Montreuil, Oh !est toutefois empreint d’une émotion semblable aux albums précédents, proche de la saudade ou d’une mélancolie légère, qui se fait parfois plus grave à travers certains textes choisis qui évoquent la déception amoureuse, le manque, deux êtres , ou parfois la faiblesse des hommes . « Ces poèmes évoquent des thèmes qui peuvent paraître loin des préoccupations de notre époque. Ce sont néanmoins des thèmes intemporels et éternels, qui parviennent à exprimer des émotions que l’on peine souvent à dire ou à écrire ».

Moins connue aujourd’hui que ses collègues masculins, Marceline Desbordes - Valmore a toutefois marqué son époque et le Romantisme à travers la qualité de ses textes et ses inventions formelles qui firent l’admiration de Balzac, et dont l’influence semble avoir été décisive sur Verlaine et Baudelaire.

Du classique à la variété, l’adaptation de poésie fait partie d’une longue tradition française. « Les grands compositeurs classiques du début du 20ème siècle comme Fauré, Poulenc ou Duparc, qui m’ont influencé, s’étaient déjà confrontés aux poètes. Sur l’album, des chansons comme « Mon cœur est à vendre » ou « Tu te rappelleras » sont sans doute plus proche , dans leur manière d’approcher la poésie, de Serge Gainsbourg ou de Serge Reggiani, que de Léo Ferré, que l’on cite souvent à ce propos ».

Enfin, Constellation, Wolf 359, Almost There et Cakewalk, les quatre titres instrumentaux de l’album sur lesquels une voix chantonnée ou murmurée vient parfois se poser, explorent quant à eux une inspiration proche des albums précédents, mêlant piano, piano préparé (des objets divers sont disposés entre les cordes afin de transformer son timbre), synthétiseur, clavietta (proche du mélodica), sans oublier quelques collages et traitements numériques. Des balades aux climats cinématographiques qui viennent répondre de manière abstraite et rêveuse aux textes des grands poètes...

Ezéchiel Pailhès en quelques dates

  • 1976 : naissance à Villiers - Le - Bel.
  • 1988 - 2000 : étudie la musique classique avec Sandrine Steciw, puis au Conservatoire de Beauvais. Il obtient en 2000 son diplôme au Conservatoire National de Marseille, dans la classe de jazz de Philippe Renault. Il se destine alors à une carrière de jazz man.
  • 2001 : rencontre Nicolas Sfintescu avec qui forme le duo électronique Nôze et compose cinq albums publiés depuis 2005 chez Circus Company et Get Physical.
  • 2009 : compose avec David Lafore la bande originale du film Bancs publics de Bruno Podalydès.
  • 2013 : sortie de son premier album solo, Divine.
  • 2017 : 2ème album solo, Tout va bien, succès de Éternel été

Musique

Plongez dans le milieu carcéral avec l'album Fleury Plongez dans le milieu carcéral avec l'album Fleury
Découvrez l'album Fleury avec pour architecte sonore Nicolas Repac et le collectif Fleury...
  Dasein Foshan : l'EP Miel ou mort
Dasein Foshan, au travers ce premier EP Miel ou Mort, se fait exister comme sujet et objet de l...
Dasein Foshan : l'EP Miel ou mort

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire