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Emmanuel Commenges : l'album Des larmes de couleur

Quand la chanson française allie des textes-poèmes tendres ou véhéments et les mélodies d’un musicien de jazz imprégné par une longue pratique du chant indien vibratoire. Emmanuel Commenges, musicien, saxophoniste, auteur, compositeur et interprète prépare l'album Des larmes de couleur.

Emmanuel Commenges

Pouvez-vous nous présenter votre 2ème EP Des larmes de couleur et quelles sont vos inspirations ici ?
Pour ce deuxième EP j'ai laissé mûrir 7 chansons qui traitent toutes d'une manière ou d'une autre de la vie intérieure. Pour évoquer les pensées, les sensations et les aspirations, certaines sont plus intimistes et d'autres plus énergiques. Il y a parfois un jeu avec les codes de notre société et avec l'absurde. Je me suis inspiré parmi d'autres artistes de Bertrand Belin, Philippe Katerine, Camille, notamment en ce qu'ils créent dans une grande liberté qui les différencie d'un courant chanson plus traditionnel.

Comment composez-vous et avez-vous un endroit dans lequel vous aimez écrire ?
Je compose souvent au piano, dans mon salon ou dans mon garage quand c'est l'été parce qu'il n'est pas chauffé l'hiver ! J'aime avoir une pièce dédiée à la musique d'autant que je vis avec ma femme et mes 3 enfants mais dans mon logement actuel ce n'est pas possible. Du coup je ménage des temps où je peux être seul, le soir ou quand ils ne sont pas là. Il faut pouvoir s'essayer d'abord sans être vu ni entendu ! Pour les textes, je m'installe à l'ordinateur le plus souvent, dans mon coin de salon toujours. En général, j'ai plus de facilité à aborder la musique que le texte. J'ai la chance d'avoir étudié à la fois la musique et la littérature mais je suis venu à la chanson sur le tard. C'est l'endroit de la réunion entre ces deux discipline. A 22 ans j'avais écrit mon premier spectacle de théâtre musical sur ce sujet, mais j'ai mis longtemps à me rendre compte que je pourrais m'exprimer en mettant des textes en musique ou de la musique en textes.

Quelle place occupent les textes dans vos morceaux et en quoi est-ce important d'écrire en français ?
En général j'ai besoin d'écrire mes textes car j'ai un univers très personnel et il faut que je me sente suffisamment en vibration avec les mots (comme avec la musique d'ailleurs). J'ai besoin que mes chansons parlent de quelque chose qui me touche vraiment et de ma façon de voir le monde. Il arrive parfois qu'un texte de quelqu'un d'autre puisse produire cela mais c'est plutôt rare (Nougaro, Barbara). J'aime aussi les jeux de forme avec le texte, le décalage, l'humour (mais pas les blagues ou les gags). J'aime que ce soit concret ou suggestif.

Peut-on en savoir plus sur la partie instrumentale et notamment les influences musicales jazz, groove et musiques du monde ?
J'ai été saxophoniste et clarinettiste dans plusieurs projets de jazz et musiques du monde avant de chanter. j'ai beaucoup écouté et aimé les musiques black américaines des années 1930 à 1970 (soul, jazz, gospel, Monk, Mingus...), les musiques cubaines, brésiliennes et africaines ; j'ai aussi écouté et pratiqué la musique classique indienne qui a été un accès vers le chant pour moi quand j'avais 25 ans. Ces influences se ressentent dans la composition des chansons de l'album Des larmes de couleur. De plus, j'ai fait appel à deux super musiciens pour le studio. Xavier Duprat aux claviers amène un sens du groove, avec des gimmicks et des basses bien présentes, un sens du phrasé et de l'harmonie toujours au service de la musique. Luc Girardeau aux percussions orientales offre toute une gamme de couleurs avec le tombac, le daff, les cymbales, le udu... ainsi qu'une  précision et une grande expressivité rythmique.

Vous vous caractérisez comme un artiste polymorphe. Qu'est ce que cela signifie ?
J'ai un parcours atypique car je n'ai jamais pu me limiter à un moyen d'expression. J'ai commencé par la musique instrumentale, puis j'ai écrit un spectacle. J'ai beaucoup travaillé avec le collectif Monts et Merveilles sur Bordeaux qui crée des performances et installations autour de la participation du public et d'un art contextuel. Ces enjeux me traversent encore à travers un jeu sur les conventions. J'ai participé à des spectacles de danse ou de théâtre, suivi des stages de clown et de danse butô. J'ai écrit un livre, réalisé des court-métrages et des projets photo. Et même dans toutes ces expériences, aucune de mes productions ne rentrait vraiment dans les cases.

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
J'ai passé pas mal de temps ces derniers mois au studio Lauzanette à St jean de Duras (47), petit village de 200 habitants où je vis depuis 3 ans. Ce studio tenu par Michel Eskenazi à vu passer pas mal de grands musiciens dont toute la bande de Bernard Lubat.
Nous avons passé 3 jours avec les musiciens pour qu'ils fixent leurs parties. Ensuite, pour la plupart, j'ai refait mes parties voix, sax et pianos additionnels. Puis, nous avons travaillé sur place le mixage.

Que souhaitez-vous transmettre au public avec cet album ?
Un son chaleureux, quelque chose d'original, d'atypique qui sort du déjà entendu, qui chatouille l'oreille et en même temps qui soit agréable à écouter. Une façon de se décaler des conventions, de voir les choses autrement. Une recherche de sincérité, d'authenticité.
Des émotions, celles que j'ai pu ressentir dans ma vie, et en composant et en interprétant ces chansons.

Pourquoi avez-vous lancé un financement participatif ?
Pour m'aider à financer les coût de la production et pour commencer à diffuser l'album auprès du public.
On peut encore souscrire pour acheter l'album et le recevoir chez soi.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la partie visuelle de l'album Des larmes de couleur et des clips sont-ils prévus ?
J'ai fait un premier clip sur la chanson qui ouvre l'album Nous mettons tout en oeuvre où l'on me voit nu de dos, marcher dans un grand champ labouré, à l'image de ce que je ressens de notre condition humaine. On avance dans une vaste étendue en quête d'un idéal qu'on ne trouvera peut-être jamais. Un autre clip est prévu pour l'automne sur la chanson Lounge Bar avec la participation d'une danseuse.

Pour la photo de la pochette de l'album Des larmes de couleur vous avez reçu l'aide de nombreuses personnes. Face à la difficulté du choix, Julie Lagarrigue a écrit des paroles pour vous. Peut-on en savoir plus à ce sujet ?
J'ai toujours eu du mal à choisir, c'est à dire à prendre le risque de me tromper. C'est parfois paralysant pour moi, et quand j'ai choisi un plat au restaurant, en général je le regrette aussitôt. c'est catastrophique ! Ca rejoint la difficulté à choisir un moyen d'expression aussi ! Du coup, j'ai demandé à Julie Lagarrigue que j'apprécie beaucoup et avec qui je collabore souvent, de m'écrire un texte à ce sujet. Sa proposition m'a vraiment plu, donc je l'ai mise en musique et chantée. Cette problématique est revenue au moment de choisir la photo pour la pochette de l'album et j'ai demandé de l'aide sur les réseaux sociaux. ç'a été merveilleux de lire les amis et le public qui me donnaient leur avis, ça m'a vraiment aidé à faire le bon choix et au final je suis super content de ce visuel qui marque justement une affirmation franche et claire, presque guerrière.

Dans quel contexte pleurez-vous des "larmes de couleur" ?
J'ai appris à pleurer et j'adore laisser venir les larmes qui lavent l'âme. Les pleurs sont toujours beaux parce qu'ils sont vrais, ils sont l'expression de notre sincérité et de notre connexion réelle avec l'intériorité. Je pleure souvent en chantant, mais aussi en touchant une blessure ou en me laissant aller à la nostalgie (que j'exprime dans la chanson Des larmes de couleur justement en parcourant des vieilles photos).

Souhaitez-vous nous partager un souvenir de scène qui vous a marqué ?
Dans une de mes chansons Projet éducatif, je mets en scène l'enfant submergé par les injonctions des adultes qui devient comme fou. Je me mets en général à monter sur le piano, à le prendre pour me rouler par terre... Une fois ça a particulièrement dégénéré, les démos du piano se sont lancées malgré moi (la lettre à Elise !), le stand ne tenait plus et j'ai dû appeler les techniciens à l'aide pour qu'ils le réparent en direct !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Un grand merci Maxime pour ces questions précises et pointues, j'ai eu beaucoup de plaisir à y répondre. J'espère que cet album vous plaira et vous accompagnera dans différents moments de vos vies. Vous pouvez en découvrir quelques avant-goûts sur mon site web.
La sortie était prévue pour le 15 mai mais elle sera peut-être reportée en septembre vu la situation. J'espère vous rencontrer bientôt en concert. Bonne continuation confinée !

Merci à Emmanuel Commenges d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez le également sur Facebook.

TEASER Des larmes de couleur

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