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Emakio présente son album Partir à pied

Rédaction Divertir Par Le mardi, 17 mai 2016 à 13:09 0

Dans Culturel

Ema et Akio, c'est un mélange de Jazz, classique, world, électro, pop. Leur musique est touchante, déjantée, inventive et affranchie. Le duo nous présente son futur album Partir à pied dans cette interview.

Emakio - Album Partir à pied

- Est-il possible de nous dire qui se cache derrière Emakio ?
Ema : Emakio est né de la rencontre d'Ema et Akio au sein de l'école de Jazz et de musique actuelle : l'EDIM, en 2009. C'est lors de notre formation (de chant et trompette pour Ema et de piano pour Akio) que nous avons avons décidé de composer notre propre répertoire. Dès les premières notes nous étions en osmose, la création de nos morceaux s'est faite de manière totalement intuitive. Baignant dans les ensembles de jazz et de classique depuis plusieurs années, nous avons arrangé nos chansons de manière à ce qu'elles soient enrichies par l'interprétation de plusieurs Jazzmans dont Daniel Palomo Vinuesa, Lo Azelo, Jean-Luc Dayan, Laurent Bernard et bien d'autres.

- Vous avez une diversité de styles musicaux importante, pouvez-vous nous en dire plus ?
Akio : Pour nous, la musique ne se résume pas à un style en particulier. Beaucoup de musique que l'on connaît aujourd'hui sont le résultat d'un métissage issue de plusieurs cultures ayant mûries au fil des époques, des civilisations.
Nous aimons nous surprendre, créer en mélangeant ces styles, pour créer notre propre musicalité. C'est la recherche d'un autre son à travers le classique, le jazz, le rock, la musique de film, le Sound design et les sons qui nous entourent qui nous amuse. Nous les utilisons comme des paysages pour accompagner nos histoires.

- L'album Partir à pied va sortir. Peut-on en savoir plus ?
Akio : Tout a commencé dans un petit studio avec de bonnes idées et de beaucoup de curiosités. Nous tâtonnions sur le projet au détour de quelques voix enregistrés et d'instruments virtuels. Nos premières versions nous font sourire aujourd'hui. Nous faisions tout nous même : la composition, l'arrangement, l'interprétation, l'enregistrement et le mixage.
Ema : Nous avons pas mal voyagé en France, en Europe, au Japon. Nous avons vécu dans le stress des grandes villes et le silence de la nature sauvage. Partir à pied est un voyage au fil des compositions, au au gré de nos découvertes et de notre désir de raconter le monde à travers la musique et les mots que nous avons rencontré. Cette album repose sur un équilibre entre mes turbulences  et la stabilité d'Akio.

- Vous êtes originaire de différentes cultures (France, Espagne, Japon). Est-ce que cela a une influence sur vos compositions artistiques ?
Ema : Non pas du tout ! (Rire). 
J'ai grandi avec un père espagnol qui sortait avec sa vieille guitare à chaque vacances pour nous faire chanter mon frère, ma sœur et moi autour d'un feu de camps, rempli d'ami(e)s et d'inconnus. Nous n'avions ni télé, ni radio et mon père travaillait beaucoup. Ces moments de retrouvailles étaient précieux et intenses. Le chant a toujours fait parti de ma vie, l'écriture et la composition sont venues plus tard à la vingtaine, avec la découverte de grands ensembles musicaux et de met teurs en scène comme Ariane Mnouchkine, Doclan Donnellan, et d'auteurs comme Tchekov, Shakespeare ou  Proust.
Akio : De parents musiciens japonais et français, j'ai été imprégné de ces deux mondes. Au commencement c'était plutôt mon côté Français car j'étudiais la musique classique au conservatoire. Ce n'est qu'à partir de mon adolescence que j'ai cherché mes racines japonaise. Le plus étrange est que ce fût comme un héritage silencieux car je me surprends aujourd'hui à mélanger ces deux cultures à travers mes compositions.

- Le 20 mai 2016 on peut vous retrouver en concert aux Trois Baudets. Quelle importance y apporter vous dans la rencontre avec le public ?
Ema : Depuis cinq ans, nous avons joué notre répertoire dans pas mal de petites scènes parisiennes et de café-théâtres provinciaux. Cette année est un tournant important pour nous car nous avons mis tout en œuvre afin d'être visible du grand public, tout en gardant notre identité artistique. Notre chance a été de rencontrer Tony Bonfils, directeur de VLF productions et Cocto, directeur de l'agence MMC. Notre travail commun nous a permis entre autres d'accéder à cette belle salle parisienne consacrée à la chanson francophone et de partager notre univers à un public plus large.

- Récemment est sorti le film d'animation Matin gris. Pouvez-vous nous en parler et raconter l'histoire de ce titre ?
Ema : J’ai écris Matin gris, un matin où j’ai vu débarquer chez moi un ami trempé de la tête au pied par une averse soudaine.
Il était tout retourné de constater qu’il avait passé des années, "la tête dans le guidon" sans se rendre compte du vide qui s’était installé dans sa vie.
L’éclair de lumière dans ses yeux m’a donné envie d’écrire cette chanson.
La mélodie et les paroles sont venues à moi comme si elles étaient déjà écrites. 
L’arrangement a été plus long. Akio et moi avions envie que cette chanson ai une lente progression pour illustrer le temps qu’avait mis cet homme à réaliser ce qui comptait réellement dans sa vie.
Un jour, lors d’une répétition, un des musiciens m’a fait la remarque que l’introduction était trop longue avant que la chanson démarre vraiment. Il ne comprenait pas pourquoi on attendait si longtemps avant de faire bouger la musique. Ca l’énervait. Cela m’a amusé parce que c’était exactement ce que je voulait décrire. 
On a réuni dans cette chanson, plusieurs influences musicales. Le conteur, le jazz, le rock et l’électro. On s'est beaucoup amusé.
En ce qui concerne l’image, je voulais faire un clip avec des dessins. La liberté et la poésie qu'apportent une peinture, un dessin ou une animation graphique me fait voyager loin. Et je crois que je suis encore une enfant.
C’est pourquoi nous avons fais appel à un ami Samuel Durand, qui porte la magie que nous cherchions à déployer.
Nous nous sommes vu plusieurs fois. Le résultat à dépassé mes espérances. J’aime quand la vie nous offre ses surprises.

- On a déjà pu vous retrouver dans les musiques de nombreuses séries et films. Existe-il des différences entre faire un titre pour un disque et un titre pour l'audiovisuel ?
Akio : On peut faire une relation entre les deux si l'on considère que les paroles sont équivalent à l'image : tout deux véhiculent une histoire, un propos. Il n'y manque plus qu'un paysage sonore. Toutefois, nous avons plus de liberté sur nos morceaux car nous choisissons nos propres thèmes.
Ema : Nous travaillons à l’image séparément. Ce qui nous permet de déployer un monde musical plus personnel et de nous enrichir ensuite d’expériences différentes. 
Je travail au coup de coeur. Pour un organisme ou un projet engagé, dans le respect des droits de l'Homme, des enfants, des femmes, des animaux et de l’environnement. Je travaille aussi avec le label GUM Collections. Ces compositions étant destinés à l'image du petit ou du grand écran elles exigent des codes musicaux assez précis. Je crée donc à l'intérieur de ce cadre de contraintes.
Ce qui n'est pas le cas des compositions d'Emakio. Une idée jaillit, d'Akio ou de moi et nous la jouons ou la chantons. Le reste se dévoile peu à peu avec les instruments du moment.

- Quel effet ressentez-vous en regardant le clip Qu'il est bon ? Ne pensez-vous pas qu'on parle moins des artistes qui les composent que pour leur album ?
Ema : Qu’il est bon n’a pas été créé pour que l’on parle de nous. Emakio n’a pas pour vocation de parler des musiciens qui le compose. 
Je pense que le rôle de l’artiste est de déployer un regard singulier sur le monde. Pas de parler de lui-même.
Qu’il est bon est l’une de nos premières chansons. Je l’ai écrite car j’avais envie de mettre en avant les petites plaisirs de la vie quotidienne. L’idée est de savoir reconnaître les instants précieux que la vie nous offre.
A l’époque, Sarkozy et sa pléiade de médias nous martelaient à longueur de journée « Travaillez plus pour gagner plus ! », « Le temps, c’est de l’argent ! ». Ce qui me semblait avoir pour effet d’infantiliser et de culpabiliser chaque jour, un peu plus la population Française. 
En même temps, les entreprises en profitaient pour délocaliser, licencier et faire fructifier leurs intérêts, en toute impunité. 
Cela me mettait hors de moi.
Nous avons donc fait appel à un jeune cinéaste, Mathieu Naert qui partage le même point de vue que nous sur cette mascarade politico-économique. Et nous avons mis en scène cet ouvrier, interprété par Christophe Kourotchkine, qui, du jour au lendemain se retrouve dans la précarité sous l’indifférence générale.
L’idée est de démontrer que la précarité n’est pas dû à la « fainéantise », mais à un enchainement d’évènements dont nous ne sommes pas toujours maîtres.
La solidarité est vécue aujourd’hui comme quelque chose de « ringard ». La compétition, la vulgarité, l’humiliation et la violence sont devenues les maîtres mots.  C’est triste.
C’est pourquoi ce petit film porte un double message. L’image souligne la dureté des conséquences d’une société oligarchique, tandis que la musique propose la légèreté du plaisir dans le besoin de peu de chose. 
J’ai voulu que le dernier plan ouvre une perspective plus grande. Un regard posé sur un horizon plus vaste, l'océan d'une vie en devenir.
Je citerai pour finir les paroles d’un grand homme José Mujica :
«  Le bonheur sur terre (…) ce sont quatre ou cinq choses, les mêmes depuis l’époque de Homère : l’amour, les enfants, une poignée d’amis… »

- Quel va être la suite des aventures ?
Ema : Nos albums Partir à pied et Fragment (rencontre instrumentale autour de  trois cultures : le Japon, l'Espagne, la Russie), nous ont permis d'ouvrir de nouvelles perspectives d'expérimentations musicales. Dans notre prochain album,  Une goutte d'eau nous utilisons des instruments peu connus comme le rammerdrum ou le metadrum avec des instruments plus traditionnels comme les cordes d'un ensemble classique ou des tambours Japonais. Nous nous amusons toujours à mêler les sons avec la musique électronique. Nous jouons aussi avec la mixité de nos langues maternelles.
Bref, nous sommes en plein effusion d'idées !

Merci à Emakio d'avoir présenté l'album Partir à pied dans cette interview !
Retrouvez le duo également sur Facebook.

EMAKIO - Film "Matin Gris" ("Grey's Morning")

Musique interview

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