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Dirty Zoo présente l'album Futurs Anciens

Maxime Lopes Par Le vendredi, 18 juin 2021 à 08:50 0

Dans Culturel

Le Dirty Zoo, c'est un groupe de 4 MC's au style incomparable, mêlant boum bap, hip hop, influences ragga et électro, avec une énergie folle qu'ils ont portée sur de nombreuses scènes sur plusieurs centaines de dates, notamment en première partie des Svinkels à L'Olympia.
Découvrez l'album Futurs anciens mis en avant par le single La moula.

Dirty Zoo (crédit Marie Flament)

crédit visuel : Marie Flament

Comment s'est formé le groupe Dirty zoo et qu'est-ce qui vous unit ?
On vient tous de Maurepas (78), et on s’est connu au collège et au lycée. Le groupe s’est véritablement formé en 2012 avec à la base Barhow, 2ksee, Namko, Biga, Runo et un DJ Neo. Runo a quitté le Zoo car il a bougé de région parisienne mais à l’époque on écumait ensemble les open mics, et c’est à lui que l’on doit d’avoir rencontré Saya B, le 4ème MC. On était tous amoureux du rap et ça a tout de suite collé.
Ce qui nous a uni, c’était un état d’esprit très technique et très festif. On était influencé par des groupes comme les Svinkels ou Saïan Supa Crew. On se retrouvait sur cet univers commun, on avait les mêmes références cinématographiques, les mêmes influences musicales. Et humainement, on était très amis. Ça a été fusionnel. D’ailleurs c’est à peine quelques mois après notre formation qu’est sorti notre premier EP, La visite.

Pouvez-vous nous présenter l'album Futurs Anciens et son univers ?
Cet album a été nourri de nos diverses influences musicales et personnelles. On a accepté ces influences et on a réussi à les faire interagir. C’est un peu un melting pot de tout ce que l’on aime. On a assumé cette diversité et cet éclectisme, quitte à prendre des risques. On a voulu s’éclater sur toutes les couleurs musicales que l’on apprécie : d’ailleurs, à l’écoute, ça va du rock au ska en passant par le ragga muffin, ou encore la trap d’Atlanta. Et ce qui réunit tous ces morceaux, c’est vraiment l’énergie qui nous caractérise. Ils nous représentent sur tout ce que l’on peut écouter et sur qui nous sommes.

Comment composez-vous et quel regard portez-vous aux textes ?
On compose généralement à 4 MC’s en partant de la prod et de l’instrumental. Quand on a une « couleur » musicale, il y a des thématiques qui émergent et on identifie ce que ça nous inspire. On essaie de choisir des thématiques qui nous correspondent et qui collent à notre état d’esprit du moment. Chacun écrit ensuite son couplet, et on marie, on fusionne, on retravaille le morceau tous ensemble. On met beaucoup d’autodérision dans l’écriture : on ne va pas faire du social au premier degré, et c’est valable pour le festif aussi, c’est rarement gratuit.
On peut même dire qu’on est des anti-punchliners. On ne cherche pas à faire des textes politisés mais il y a une réflexion sur les gens, la société, les dynamiques sociales… On ne se prend pas au sérieux, mais ça ne veut pas dire qu’on ne l’est pas. Nos textes peuvent aussi amener à réflechir. On adore le fantastique et l’absurde. On raconte des histoires, des fictions, c’est un travail de storytelling au service du flow. Pour nous, l’énergie est primordiale.
Quand on compose un titre, on pense toujours à comment on va le défendre sur scène. Bien sûr qu’il y a des contraintes d’écritures. Mais on en joue, on adore les multisyllabiques, trouver des bonnes formules… Mais pour nous, la priorité reste l’énergie. On ne se définit vraiment pas comme des des lyricistes, on adore écrire mais ce qui prime ce sera encore et toujours cette énergie.

Quels sont vos choix sur le plan instrumental de l'album Futurs anciens ?
On voulait vraiment de l’éclectisme. On a fait le pari de retenir différentes couleurs de prod. Sur chaque morceau, on retrouve un univers différent. On réfléchit à nouveau en terme d’énergie et à comment transposer ça sur quelque chose de scénique, qui donne envie aux gens, qui fait bouger.
Un morceau comme Chercheurs d’Or qui a été fait par ProleteR va être dans un côté hip hop swing, vachement dynamique. One Shot va être plutôt ska reggae. Paris dernière va être une espèce de trapp jazzy. Nos instrumentales sont souvent des ovni musicaux. Et on adore ça ! On rajoute en plus derrière une couche car on essaie souvent de faire un brassage de deux/trois cultures sur une même instru.
On a collaboré avec plusieurs beatmakers différents pour cet album. La réalisation a été faite par S.O.A.P qui a beaucoup travaillé avec Taiwan MC. Il a produit 7 titres de l’album. On a aussi collaboré avec Mr. Ours, qui vient du « glitch hop » ou DJ Low Cut, qui lui va être plus dans un hip hop boum bap new-yorkais. Ce ne sont pas des associations qui peuvent sembler évidentes à première vue mais ça montre la largeur de notre spectre musical et ça fonctionne car c’est notre dynamique artistique. On se nourrit d’influences différentes et on ajoute notre patte. Et boum, ça fait du Dirty Zoo.

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
On a enregistré dans le studio AudioLingus, chez S.O.A.P, dans une ambiance décontractée. On bosse entre potes, c’est super bon enfant, sans prise de tête. On vient avec nos textes, une idée de ce que l’on souhaite obtenir, mais c’est une fois que chacun passe en cabine qu’on parvient vraiment à structurer le morceau, retravailler la direction dans laquelle on souhaite aller. S.O.A.P nous a vraiment accompagné dans cette étape, il a partagé son expérience et son expertise pour chaque morceau. En studio, on travaille jusqu’à ce qu’on obtienne vraiment un rendu qui nous est propre et qu’on aime tous.

Parlez-nous du titre La moula et de son clip...
La Moula a été créée à partir d’une expression qui est devenue ultra commune et qui nous a toujours beaucoup fait rire. Aujourd’hui tous les clips super mainstream – qui peuvent être très bons au demeurant – où il y a une vraie course à l’argent, ultra capitaliste, ça nous fait sourire. Ca sonne très individualiste, c’est un peu à celui qui fera le plus d’argent. Nous, sans verser dans la démagogie, on pense surtout qu’on devrait se soutenir.
On a du coup voulu prendre le contre-pied. Ce n’est pas un morceau d’ambiance mais on a voulu faire bouger les gens, c’est quasi un banger, mais on n’oublie pas le fond et on plaisante de ce côté « Moula » en disant que nous on essaie juste de gagner notre vie.
L’individualisme et l’égoïsme, être plus riche que son voisin, ça ne nous semble pas viable. On pointe du doigt ça et on montre la réalité : aujourd’hui on peut bosser 35/40 heures et ça ne nous fait pas pour autant rouler sur l’or. L’argent c’est important, on a besoin de manger, mais la course à l’argent, ça fait peur. En vrai, qu’est-ce qu’on en fait quand on en a beaucoup ? Enfin, pour nous la question est réglée, on n’est pas dans ce cas là (rires).
Pour le clip, on a eu le plaisir de collaborer avec Tease Production, une équipe super sympa et très inspirée. C’est un exercice difficile de retranscrire un projet en images mais ils ont tout de suite capté l’essence du morceau, ils se le sont réapproprié et ils nous ont fait des propositions. On était dans une vraie relation de confiance et ils se sont vraiment investis. Ils sont parvenus à un parfait mariage d’absurde, d’humour et de réalité, fidèle à ce que l’on souhaitait. Et on est très contents du résultat ! A tel point d’ailleurs qu’on a rempilé avec eux pour notre second clip J’irai vomir chez vous. Vous voyez, quand on parlait du texte, on est toujours très inspirés (rires).

Pour faire un album, faut-il beaucoup de moula ou est-ce une bonne affaire ?
(Rires) Clairement, pour faire de la musique, il faut être passionné avant tout. Effectivement, ça coûte de la moula. Quand t’es indé, tu galères forcément un peu, mais la passion te permet de trouver des ressources, des solutions pour amener plus loin ton projet musical.

Quelle place occupe l'univers visuel dans la musique selon vous ?
A l’heure de Youtube et de l’image omniprésente, le visuel est essentiel. Les gens s’intéressent d’ailleurs parfois plus à l’image qu’à la musique. Donc c’est un passage obligé quand on a un projet musical.
Aujourd’hui, on scrolle vachement sur les réseaux, on est saturé d’info, donc t’es obligé d’avoir une image et un visuel un peu « catchy » pour attirer l’attention. Ca s’applique dans tous les domaines et bien entendu à la musique.
Pour cet album, on a essayé de transposer notre esprit dans tout l’univers visuel qui l’accompagne : les clips, bien entendu, mais également la pochette. On est super fiers qu’elle soit faite par Lazoo, une légende du graff et du dessin. Il nous a fait une véritable œuvre !

Que souhaitez-vous apporter au public avec cet opus ?
Nous, cet album, on l’a pensé pour la scène. On bosse d’ailleurs sur une scénographie conséquente. Notre souhait, c’est de partager de l’énergie à fond avec le public. L’objectif quand on a fait l’album il était clair : repartir sur les routes, et kiffer avec le public. Cet album a vraiment été fait pour ça.

N'avez-vous pas peur de devenir à votre tour de futurs anciens, au risque d'atterrir dans un zoo sale... ?
On en est déjà des futurs anciens en vrai. Clairement, on cherche pas à être dans la tendance. Mais de ne pas être à la mode, ça permet de ne pas être démodé (rires).

Des concerts se programment-ils pour présenter l'album et avez-vous hâte de retrouver la scène ?
On a une première date le 3 juillet au Festif L’art (en Seine-et-Marne, dans le 77) et une seconde le 14 juillet à la Rochelle, dans la programmation Off des Francofolies (Francoff). Et clairement on espère qu’il y en aura bien d’autres à venir car la scène c’est vraiment là où on s’éclate. C’est pour les concerts qu’on a fait de la musique. Et on a vraiment hâte de retrouver les planches et le public.

Quel souvenir gardez-vous de votre première partie à l'Olympia ?
Un super moment, c’était une salle mythique à faire. On a mis la même énergie que sur toutes les dates que l’on peut faire. On était super contents de le faire en plus en première partie des Svinkels, qu’on a toujours beaucoup écouté et qui nous ont fait confiance sur cette date importante. C’était légendaire et on espère transformer l’essai en y revenant un jour en tête d’affiche (rires).

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Streamez l’album, kiffez le, faites-le vivre, appropriez-le-vous et venez nous voir sur scène !

Merci à Dirty Zoo d'avoir répondu à l'interview !
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