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Demago : l'EP Au coeur de l'atome

Demago dévoile son EP Au coeur de l'atome et revient sur le devant de la scène. Après 10 ans de concerts hallucinés, le duo parisien explore de nouvelles sonorités et cisèle des textes chantés en français, toujours plus poétiques et subversifs.

Demago - Au coeur de latome

Interview avec Demago

Est-il possible de nous présenter votre EP Au cœur de l'atome ?
C’est le premier volet d’un album qui s’appellera Au cœur de l’atome et qui contient un titre éponyme. Au cœur de l’atome sera la dernière chanson de l’album, un peu  comme on l’avait fait pour Hôpital. C’est une forme de signature.

Peut-on savoir pourquoi vous avez choisi ce nom pour l'EP ?
L’atome c’est assez mystérieux. On ne le voit pas à l’œil nu mais on en voit la matière. La question de l’atome est présente dans de nombreux textes sur l’album. Au cœur de l’atome, c’est poser la question de l’origine à un stade quasi ultime, dans tous les champs de compétence, qu’il soit philosophique, dans la physique quantique et dans la questionnement personnel. Le titre éponyme raconte à cet égard le « big bang »  et l’origine du monde  autour d’un atome d’hydrogène.

Comment travaillez-vous vos titres au sein du duo et d'où vient votre inspiration ?
On travaille toujours en ping pong. La question de cet album ne peut pas être réduite à un duo car c’est le travail de toute une équipe. Un premier ping pong pour le texte (avec Laurent Banitz coauteur des textes)  et ensuite un ping pong pour la musique où on travaille des mois avec Bleach pour trouver l’articulation idéale d’un titre. Ces échanges peuvent durer très longtemps tant le degré d’exigence entre nous est important.

Quelles nouveautés avez-vous souhaité apporter à cet EP ?
On a vraiment souhaité faire un album différent du premier album. On souhaitait conserver une base artistique proche en terme d’identité sonore mais en même temps prendre un maximum de risques artistiques en utilisant le maximum de libertés possibles. On a à cet égard réussi notre mission. Reste au  Cœur de l’aTome de battre tout seul dorénavant.

Vous appréciez chanter des textes poétiques en français, en quoi est-ce important pour vous ?
On s’est toujours dit entre nous qu’on faisait de la musique de « profs ». On cherche à dépasser les limites du « chantable », à savoir chanter autre chose que l’amour, l’égo-trip (on peut utiliser Je sans pour autant parler uniquement de soi), l’argent etc… que l’on retrouve comme valeurs cardinales de la musique mainstream en ce moment.

Les paroles sont fortes, parfois engagées, on peut y voir également un certains sens à l'actualité comme avec La part du gâteau. Vous souhaitez aussi faire un éveil des consciences auprès du public ?
La part du gâteau, c’est la journée d’un trader qui assume complètement son cynisme et son absence d’état d’âme. L’art sert à interpeller, à réfléchir et à poser des questions. La Part du gâteau est un récit, une aventure musicale et sémantique, rien d’autre. Il ne faut pas sortir la chanson de son registre et y voir un objet de conscientisation affectée. On voulait absolument éviter le positionnement moral mais juste être dans la tête du fauve, de sa personnalité sans pitié. Il est là pour faire un massacre, et il l’exécute froidement. On a déjà écrit le mégalo, respirez et Hôpital sur le thème de la finance. Je pense qu’on a continué dans le genre mais en insistant plus sur la psychologie du personnage sur ce coup. De toute façon, le public qui nous suit sait pertinemment que Demago est un repère de libertaires.

Pouvez-vous nous partager les coulisses des enregistrements en studio ?
On a enregistré chanson par chanson sur deux ans, à raison d’une chanson tous les deux mois. C’est une méthode de travail très efficace, qu’on avait pas eu la chance de tester. Au cœur de l’atome s’est mis en place comme un puzzle. Il nous a fallu revenir aussi en studio pour certains titres car on était pas content des versions finales, notamment sur Paris et La part du gâteau, pour obtenir une interprétation qui nous plaise à 100%. Travailler de façon complètement indépendante nous permet de faire ce qu’on veut, sans rendre des comptes à qui que ce soit.

Vous avez travaillé avec Sandrine Monlezun qui a posé sa voix sur 2 titres. Comment vous êtes vous rencontrés et comment se sont passés vos échanges ?
Travailler avec Sandrine c’est franchement du caviar. Elle fait partie d’un chœur des Balkans et on avait remarqué qu’elle chantait juste divinement bien. Sandrine c’est la classe à l’état pure avec le feu de la passion pour le chant. Elle vient, elle écoute, elle pose et quand elle s’en va tu es juste un homme heureux. Aucun état d’âme, aucun caprice de chanteuse difficile à gérer. Cette chanteuse est stratosphérique.  

Parlez nous du titre Paris ne répond plus... Je crois d'ailleurs qu'en tant qu'artistes, ce titre a une résonance particulière pour vous.
Paris c’est un an de travail, que cela soit pour le texte avec Lolo Banitz ou bien la musique avec Bleach. On a cassé, réécrit, tout recassé, tout réécrit jusqu’à l’épuisement. Cette chanson a été une sacrée douleur à tous les niveaux. Déjà parce qu’on a perdu notre luthier Romain Naufle qui bossait avec nous et réglait toutes nos guitares depuis un bon moment. Un putain de luthier, rare à trouver sur Paris. Ensuite, parce que moi (Maun) je vis à 200 mètres des tueries du 10ème et que j’ai été frappé en plein cœur. Le monde s’est arrêté pendant au moins 1 mois de mon côté. J’ai perdu toute forme de vitalité, d’envie, de désirs. On travaillait avec une chanteuse dont on arrangeait l’album à cette époque et là, d’un coup, le coup d’arrêt a été brutal et sans retour. Je n’avançais plus. Cette chanson, elle a connu 76 versions je crois. On a une nouvelle fois voulu éviter les questions du bien et du mal, car la morale de l’histoire est assez évidente. On a souhaité l’écrire comme un roman chorale en quelque sorte, en donnant la parole à plusieurs points de vue afin d’être au plus proche de cette nuit d’horreur. En dernier lieu, Sandrine a apporté une part de lumière incroyable à cette chanson. Elle nous éloigne aussi du récit à certains instants, ce dont la chanson par sa dimension dramatique a besoin pour la rendre digeste.

Peut-on en savoir plus sur l'artwork d'Au coeur de l'atome ?
Ca s’est imposé assez naturellement. Bleach avait programmé une séance avec de la peinture dans une chambre noire et une ampoule sous la direction du graphiste Hashka. On a fait les cons pendant deux heures, en se foutant des grandes baffes de peinture dans la gueule. A la fin, on s’est amusé avec cette ampoule qui avait un côté très Tolkien et Gollum quand il murmure «  my precious ». On s’est mis autour de la lampe en l’entourant de nos mains et on a tout de suite su qu’on tenait l’artwork du Cœur de l’atome sans aucun doute. Le travail de Hashka a été décisif car c’est un mec avec lequel on se trouve plutôt les yeux fermés.

Pouvez-vous nous présenter le clip de Demain et nous en dire plus sur son tournage ?
Demain c’est Isis Wolff d’Upflow qui l’a réalisé, qui est une proche de Demago. On a tourné ça en une journée dans Paris. Un tournage à l’arrache, il faisait froid, très froid. On s’est fendu la gueule à faire ça, avec énormément d’improvisation. Elle a monté ça et on était heureux comme des gosses.

Une anecdote à nous donner sur Demago ?
Demago est tout sauf un groupe anecdotique.

Réfléchissez-vous déjà à une suite d'Au cœur de l'atome ou à un album ?
Oui ce n’est juste que le 1er volet du cœur de l’atome, le 2ème est en phase de finalisation et sortira assez rapidement... On prépare le live en espérant qu’on aura l’opportunité de faire une bonne tournée. J.O. de Sophiane Tour (notre tourneur) nous aide et nous soutient depuis le 1er album pour trouver des dates. Pour le prochain album, on va pas mettre dix ans à le sortir ! On est entrain de se pencher sur le concept. On va encore bien rigoler avec Demago.

Nos confrères du Musicodrome ont souligné la discrétion de Demago et du fait qu'on entend peu parler de vous. Quel regard portez-vous sur cela ?
On est des gens discrets et solitaires. Demago, c’est deux mecs avec peu d’amis et qui aiment refaire le monde. On est chacun dans notre stud’ et on s’envoie nos fichiers par We transfer. On se connaît par cœur, on s’enrichit de nos différences et on résout toujours les différends quand il y en a.
Au niveau réseaux sociaux, c’est sur qu’on n’est pas très forts, mais on y travaille !
On a bien conscience qu’une partie de nos fans ne communiquent que par ce biais, et attendent de nos nouvelles grâce à Facebook, Instagram ou Twitter.

Demago a déjà 10 ans de scènes à son actif. Quelle relation entretenez-vous avec le public et quelles seront les prochaines grandes dates de vos concerts ?
La relation avec notre public est restée forte même si on est moins présent en ce moment. Ca nous a beaucoup touché que les fans soient encore là après 10 ans d’absence. Notre public, c’est vraiment des gens qui recherchent du  texte, des ambiances louches et interlopes. On a conscience que Demago propose un univers singulier et assez éloigné du grand public, et cela nous va très bien. Demago ne rencontre et travaille qu’avec des gens compliqués et torturés. On a cette démarche esthétique d’essayer de faire du beau avec des thèmes compliqués. Puis de toute façon, on a pas le désir de faire autre chose.
Pour le live, on a quelques dates en perspective. On a remixé  5 titres d’Hôpital qui viennent étoffer notre playlist. Avec notre tourneur, on cherche pas mal de dates pour pouvoir repartir rapidement sur la route. En tous les cas,  on est chaud bouillant !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
On est très fiers de notre travail. On a travaillé d’arrache pied tous ensembles comme des malades (que nous sommes, logique après l’« hôpital » !) et le résultat est exactement ce que nous voulions. On a évité l’écueil de faire un Hôpital bis et repousser les frontières tout en restant fidèle à notre éthique de travail et en explorant de nouveaux thèmes plus que jamais d’actualité dans un monde qui souffre toujours plus... En essayant de ne jamais être... Démago !

Merci à Démago d'avoir répondu à notre interview !
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DEMAGO - Demain

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