Publicité

Dame Zina présente son EP Sorcière

Maxime Lopes Par Le jeudi, 22 septembre 2022 à 08:32 0

Dans Culturel

Dame Zina dévoile Sorcière, un EP de 4 titres féministes et un clip.

Dame Zina - Sorcière

Pouvez-vous nous présenter votre EP Sorcière ?
Sorcière est un condensé de ce que j’aime dans l’idée d’être une femme, et de ce qui me révolte ! C’est un paradoxe incessant, plein de préjugés, de prerequis, à la fois oppressant et libérateur. Être une femme est un sentiment incroyable, je suis fière d’appartenir à ce grand groupe sensible et courageux, et je suis tellement heureuse quand je vois une femme se sentir libérée du carcan de la société patriarcale.
Sorcière, c’est une intention libératrice.

Quelles ont-été vos sources d'inspirations ?
Clara Luciani et sa chanson « drôle d’époque » et Pomme et sa chanson « sorcières ». Ces deux chansons tournaient en boucle dans ma tête quand j’ai écrit celle-ci ! Elles évoquent toutes les deux l’ambiguïté d’être une femme fière et frustrée à la fois, d’être consciente de son oppression sans s’en victimiser, de revendiquer la féminité sans la fragmenter. Être une femme entière, c’est être une sorcière.

En quoi est-ce important de proposer des textes forts ou porteurs de sens ?
Pour moi, c’est absolument essentiel. Quand j’écris, je veux dire quelque chose. Je veux parler d’humanité, de société, de sensibilité. Je veux apporter ma pierre à l’édifice de la recherche personnelle que nous réalisons chacun sur terre. Je veux que mes auditeurs se disent « oh mais je ne suis pas seul.e à me poser ces questions, je suis légitime. »

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental ?
On écrit en gros un instrumental par jour, à divers stades d'avancement. Certains prennent des mois à se finir, d'autres sont écrits en 2 heures en entier... Dans tous les cas, quand une chanson est finie, on choisit ou on écrit un texte selon le mood de l'instrumental. Donc les instrus naissent avant le texte. Une chanson à la base c'est parfois simplement une mélodie et les accords au piano, ou une ligne de basse ou de synthé, et l'arrangement (les autres instruments, la rythmique, etc.) peut être fait avant ou après le texte, mais souvent on a la chanson complète avant le texte, avec son ambiance : on construit l'ambiance d'une chanson à partir des premiers éléments qu'on a posé et de ce que ça nous évoque. Une fois qu'on a le texte, on transpose pour être dans le bon registre de timbre de voix, on pose la voix, on enregistre une première version chantée, et on retouche ou complète l'arrangement une fois la voix posée. En général on reprend des voix quelques semaines après, une fois le premier mixage fini. C'est un processus assez circulaire qu'on peut se permettre parce qu'on fait tout nous-même.

Parlez nous du titre Sorcière et de son clip...
Sorcière évoque métaphoriquement et physiquement la sortie de la prison que peut devenir la féminité dans la société contemporaine occidentale. Dans les paroles, je parle de sororité, et de l’oppression trop connue des femmes. Nous ne sommes plus brûlées au bûcher pour être indépendantes, mais nous sommes toujours marginalisées et delegitimises pour vouloir vivre notre vie comme on l’entend.

Que souhaitez-vous apporter au public avec l'EP Sorcière ?
Une libération, celle des femmes, aux femmes, celle que je recherche moi même. Je crois que toutes les femmes qui désirent plus que leur statut de « femme » comme genre secondaire recherchent cette libération, et je partage ma recherche pour que nous marchions main dans la main dans nos explorations.

Dans quelle ambiance se sont passés les enregistrements en studio ?
C’est en famille. On enregistre à la maison, tous les deux, quand ça nous chante ! On aime ça, on peut rester des journées entières à enregistrer plusieurs chansons par jour !

Souhaitez-vous nous parler de la pochette du disque ?
Pour cet EP, je voulais à la fois quelque chose de doux, de féminin, de fleuri, et quelque chose de sordide : être une femme indépendante fait peur, et souvent les femmes qui vivaient leur vie comme elles le voulaient étaient associées à la mort. On se s’expliquait pas leur indépendance, et on préférait imaginer qu’elles n’étaient pas vraiment humaines, qu’elles étaient laides et cruelles… les pieds qui flottent dans une eau fleurie, c’est Ophélie, la jeune femme incomprise qui fascine… mais n’a pas son mot à dire dans Hamlet.

Est-ce un bon EP à écouter le soir d'Halloween autour d'une cheminée et de citrouilles ?
ABSOLUMENT !!! Qui ne se complaît pas à se sentir sorcière pour Halloween ? Je me suis souvent déguisée en sorcière dans mon enfance, et aujourd’hui plus que jamais, je suis fière d’être une sorcière !

Avez-vous une anecdote ou une indiscrétion à nous raconter ?
Le clip de sorcière s’est déroulé en petit comité, avec Gaelle, la co-réalisatrice et camerawoman, et Atalia, l’artiste qui a réalisé la cage, sur un concept très simple : tourner le clip à l’envers et le retourner au montage. En tout et pour tout, nous en avons eu pour 2 heures de tournage, le temps de terminer mon paquet de paillettes dorées, et j’ai monté le clip en moins d’une journée le lendemain… et hop le clip était dans la boîte !
Étonnamment, malgré cette efficacité légère, c’est notre clip préféré !

Des concerts sont-ils prévus prochainement ?
Nous ne faisons pas de concert pour le moment, notre musique est un refuge de l’intime, à déguster chez soi, avec un chocolat…

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Être une femme, être une sorcière, c’est un don, et c’est une malediction. Je tente de trouver ma part, et j’ai hâte que le monde fasse sa place aux femmes sans avoir à leur chercher des noms… en attendant, Vive les sorcières !!

Merci à Dame Zina d'avoir répondu à notre interview !

Dame Zina - Sorcière

Musique interview

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam