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Cuarteto Tafi prépare l'album Amanecer

Maxime Lopes Par Le mercredi, 04 novembre 2020 à 20:56 0

Dans Culturel

3 ans après son précédent opus, Cuarteto Tafi prépare l'album Amanecer grâce à l'aide des internautes. L'occasion de plonger dans un univers argentin...

Cuarteto Tafi (crédit Alexandre Ollier)

crédit visuel Alexandre Ollier

L'album Amanecer

Après avoir parcouru les chemins de la musique à travers l’écriture de 3 albums, dont le dernier Semillas est entièrement fait de compositions, le Cuarteto Tafi s’attèle aujourd’hui à la création de son 4ème album, mélange inventif de tradition et de sons nouveaux.

Amanecer se veut à la croisée d’un voyage temporel où nous semons les graines naissantes de huit années de réflexions. Au bout de ce chemin, se crée alors une nouvelle terre, chargée d’espoir et de justice où chacun et chacune d’entre nous trouve sa place, celle qu’il veut, celle qui lui ressemble de près ou de loin, une place dans la nouvelle aube de notre terre.

Plus que jamais actuel et ambitieux, le spectacle Amanecer éclaire les vies brutalisées d’aujourd’hui et sème des graines ardentes et libres, justes et nouvelles.

Interview

Entretien avec Leo, chanteuse et auteure des textes

Qu'est ce qui vous plaît dans la musique argentine et qu'est ce qui vous a poussé à créer un groupe sur cet univers ?
Je suis moi même argentine, fille d'exilés politiques de la dernière dictature argentine. Très attachée à ma culture et à mes racines il était essentiel pour moi que de me rendre ne serait ce que par la musique dans mon pays à chaque fois que je chantais ! La musique a toujours été présente dans ma famille, ma mère avait l'habitude de chanter des tangos et des chansons révolutionnaires italiennes à la fin de chaque réunion de famille !
De plus, la musique a toujours été pour moi un acte intimement lié à la vie, à son imparfaite beauté. Mais chanter c'est aussi un acte militant de résistance et d'éclairage des injustices sociales qui nous traversent toutes et tous. Chanter et créer pour ne pas tomber en quelques sortes.
Nous nous sommes connus tous les 4 au pied de la montagne des sept couleurs au Nord ouest argentin, le voyage a soudé notre amitié et en rentrant on s'est dit qu'il fallait faire durer cette rencontre avec l'Argentine en rendant hommage au folklore populaire. On a arrangé des morceaux du répertoire populaire argentin et on a sorti notre premier album PRIMERITA, depuis, on s'est plus quitté !

Pouvez-vous nous présenter votre futur album Amanecer ?
Amanecer, "le lever du jour", arrive après que nous ayons sortis 3 albums. Mais celui-ci est différent, plus intime je dirais. Très proches de ce que nous sommes, fidèle à nos envies de mélanger les codes, les styles, sans frontières ni carcans. Amanecer traverse de manière organique l'univers musical de nos 4 individualités. Nous avons eu envie de nous entourer de musiciens et musiciennes amis qui ont apporté leurs mondes, leurs touches, leurs personnalités à cet album. Une touche de hip hop, d'electro, de modernité et d'imaginaire.
Nous avons invité sur cet album Gislain Rivera, Leila Martial, Deep Kellins, Serge Lopez, Jean-luc Amestoy et Matthieu Saglio. Des artistes beaux et généreux ! Nous nous estimons extrêmement chanceux d'avoir pu créer avec eux quelques bouts de Amanecer.

En quoi le partage artistique est important pour vous et comment cela se traduira-il sur ce projet ?
Le partage est la base de la création. Nous composons et nous produisons sur scène pour créer ce lien invisible mais bien réel entre le public et nous.  

Peut-on en savoir plus sur la partie instrumentale ?
Les percussions afro-latines s'ouvrent à une nouvelle palette de sons : ambiances et nuances électroniques (grâce à l'utilisation d’un trigger)  le bouzouki grec, la guitare flamenca et le oud alternent entre tradition et contemporanéité : on devine des mélodies aux accents traditionnels/pops/modernes sur des rythmiques utilisant les figures métriques empruntées au style majeur de la musique latine (salsa, chacacera, zambas, milongas, tangos…).

Parlez nous du titre La Cumbia de los Indios et son clip...
Ce morceau parle de la revendication des peuples originaires de l’Amérique latine et de l’Argentine, des peuples bâillonnés par des grands propriétaires terriens qui les ont chassé de leurs terres, qui brûlent, maltraitent et vendent leurs terres en toute impunité. Ces peuples natifs, ces communautés résistent et se battent.
J'ai l'habitude en concert de dire que ce morceau est un bras d'honneur destiné à Bolsonaro, l'actuel président brésilien !

Que souhaitez-vous apporter au public avec cet album ?
Un message plein de lumière et d'espoir, la nuit va bientôt se finir et le soleil se lève ! Nous vivons une période extrêmement difficile, nous marquons une page de l'histoire, à nous de nous approprier cette nouvelle ère qui j'espère sera meilleure, plus juste. Certains parlent de la fin du monde, je me plais à penser que c'est plutôt la fin d'un système néo libéral, un système qui arrive à bout.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
Le studio est un moment précieux dans la vie d'un artiste, nous nous confrontons intimement, devant ce micro qui enregistre absolument tout, à ce que nous sommes à cette instant T ! Nous avons eu le bonheur de rencontrer Luis Mazzoni avec qui nous avons déjà enregistré notre dernier EP. Le studio est aussi une rencontre avec le technicien qui t'enregistre, une confiance et un lâcher prise doivent s'harmoniser afin que la bonne note, la bonne émotion se fasse ressentir à l'écoute. Le studio est surtout le moment où nous accouchons tous d'heures de travail, de résidence, d'arrangements, de questionnements, c'est le moment où l'on cristallise nos désirs. C'est très intense.

Comment le Covid-19 affecte-il la préparation de cet album ?
Il nous affecte surtout émotionnellement, cette crise nous traverse perpétuellement, et le fait de ne pas pouvoir jouer, monter sur scène et partager avec notre public ces chansons font que nous sommes "en pause" sans trop de spectactives. Mais cette attente nous la remplissons de projets de nouvelles chansons, nous lançons notre campagne de financement, travaillons sur les réseaux sociaux...

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif ?
Au delà de l'aspect financier : nous aider à absorber la charge importante qu'incombe la production de l'album (studio, mastering, pressage, réalisation de clip, attaché de presse, photographe, graphiste...), le financement participatif aide à créer une communauté, une famille, une dynamique autour de notre projet. Du coup nous ne sommes plus 4, mais nous sommes un collectif !

Souhaitez-vous nous parler de la pochette du disque d'Amanecer ?
La pochette de l'album est une toile originale crée par l'artiste américaine Sarah ButSavage. Un coup de coeur, une rencontre, une esthétique. Cet artiste nous a proposé cette pochette organique et sensuelle, un trait qui ne s'arrête jamais et qui relie nos 4 visages, avec, en fond, des couleurs vives d'un soleil naissant.

Quelle est l'ambiance en concert et avez-vous un souvenir de scène à nous raconter ?
Nos concerts sont à chaque fois différents, uniques. Chaque concert est une rencontre avec un public. Une parenthèse, une respiration. Nous passons de la poésie, à l'énergie et la puissance sans jamais oublier notre engagement. Je garde en souvenir les applaudissements d'une salle comble lorsque j'ai présenté un morceau qui dénonçait les violences faites aux femmes, c'était très fort de sentir une salle émue à ce point.

Aimeriez-vous pouvoir jouer un jour votre musique en Argentine ?
Bien sûr que nous rêvons de cette prochaine rencontre avec mon pays! on espère que la tournée AMANECER pourra se faire extra muros ! 

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
GRACIAS !

Merci à Cuarteto Tafi d'avoir répondu à notre interview !
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Cuarteto Tafi - La Cumbia de los Indios (Clip Officiel)

A propos de Cuarteto Tafi

C’est lors d’un voyage en Argentine, sur les terres colorées et arides du nord ouest argentin, que ce quartette franco argentin se retrouve pour la première fois. Perchés sur une montagne à 3000 mètres, en arpentant les scènes ouvertes populaires, les musiciens décident d’appeler cette rencontre musicale et humaine le Cuarteto Tafi.

Depuis ses débuts sur la scène française le groupe a apporté sa touche personnelle et originale à la world music en mêlant du chant en espagnol poétique et engagé - douce nostalgie de l’exil argentin de la chanteuse - au son de la Méditerranée oriental du bouzouki grec, à la douceur et à la dextérité de la guitare flamenca et aux rythmes envoûtants des percussions afros-latines.

Chacun avec son histoire et ses influences métal, salsa, flamenco, rock. De ces différentes personnalités et histoires musicales ils ont réussi à créer une entité, 4 albums et une notoriété remarquée dans la scène nationale.

Aujourd’hui le style musical se décloisonne, se décomplexe, se propulse et s’affranchit : une originale fusion entre la musique aux influences latino-américaines et les arrangements aux sonorités modernes.

Leur musique nous murmure et nous crie le monde, avec ses aigreurs et ses failles, ses douloureuses frontières et ses révoltantes injustices, mais aussi avec ses beautés et ses bourgeons d’espoir, ses amours et ses combats.

Autour de Leonor Harispe, chanteuse rayonnante avec une présence scénique remarquable, Ludovic Deny (Bouzouki), Matthieu Guenez (Guitare et Oud) et Frédéric Theiler (Percussions) s’imposent avec force sur ce 4 ème album irrésistiblement énergique et poétique.

Musique interview

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