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Cécile Hercule : l'album Perdue au milieu

Maxime Lopes Par Le vendredi, 03 juin 2022 à 10:54 0

Dans Culturel

Cécile Hercule revient avec un nouvel album sur lequel nous pouvons retrouver Tim Dup ou encore Ours.

Après un dernier album encensé par la critique, Cécile Hercule se révèle dans un superbe nouvel album, porté par la finesse de son écriture et l’efficacité de ses mélodies qui touchent au cœur comme sur le sublime “du ciel, de la neige”, chanté en duo avec Tim Dup. La lyonnaise s’affirme définitivement comme une artiste sur laquelle il va falloir compter au sein de la nouvelle scène pop française.

La voix de Cécile nous embarque dès les premiers mots, avec cette autodérision et ce sourire en coin que l’on devine sur ses lèvres. Un mélange de détachement et d’ironie que l’on entend dans sa voix dès la chanson d’ouverture (« On ira pas à Barcelone ») avec ce cocktail très réussi d’humour à froid et de spleen raffiné, porté par une entêtante mélodie. Humour désabusé et mélancolie que l’on retrouve d’ailleurs, dans le talk-over Perdue au milieu.

Mais cette pointe de mélancolie, Cécile Hercule l’exprime toujours de manière subtile l’exprime toujours de manière subtile, sans le moindre pathos, par exemple dans la très belle ballade « Quand Paris n’existera plus » où plane l’angoisse du temps qui passe et de la fin d’une passion amoureuse.
Un romantisme pudique et tout en nuance présent aussi dans l’entêtante « Du ciel, de la neige » que Cécile interprète avec une touchante fragilité, en duo avec la voix délicate de Tim Dup.

Cette belle sensibilité, ce léger spleen et cet idéal romantique et littéraire, et littéraire, trouvent leur pleine mesure dans l’une des plus belles réussites de l’album, « Le silence », petite pépite à la mélodie magnifique, chantée en duo avec Ours.

À côté de ces ballades fragiles, Cécile Hercule manie également avec brio l’humour décalé dans plusieurs chansons de cet album aux arrangements ouvertement pop, comme dans « Laisse tomber la gentillesse » où elle joue avec les mots, avec cet art du rejet très gainsbourgien : « Ta façon singulière de me dire de me taire / Me tiens, me tiens en / Laisse, tomber la gentillesse ». Après quelques écoutes, cette mélodie ne vous quittera plus, tout comme le refrain addictif de « Comédienne », chanson dans laquelle Cécile exprime son amour pour le septième art en citant Gabin et Almodovar. Un fil conducteur cinématographique que l’on suit avec amusement tout au long de l’album où l’on croise aussi les ombres de Buster Keaton, Chaplin, Elizabeth Taylor, les Marx Brothers ou Anne Baxter. Ce goût littéraire et cinématographique n’est d’ailleurs pas sans rappeler les univers de ses illustres aînés, Vincent Delerm ou Yves Simon.

Tandis que le son du clavier d’ « Et ça recommence » emprunte plutôt à l’esthétique des années 80, le son de basse très McCartney de « Je suis bien, je suis mal », nous ramène dans la pop sixties de l’époque du Swinging London avec ce texte qui se joue avec légèreté de nos paradoxes, à la ma nière d’une Clarika. Cet humour un peu absurde lui fait écho dans le faussement ingénu « Et toi tu m’aimes », partagé avec l’irrésistible Oldelaf sur une mélodie diablement efficace. Le même ton délicieusement décalé et féroce se retrouve sur « J’aime les garçons » et sur « Pour que tout le monde se souvienne » où la plume vengeresse de Cécile fait merveille, sur fond de guitare électrique western.

Avec ce troisième album, Cécile Hercule puise dans ce qu’il y a de meilleur en terme de french pop (on pense à la pop acidulée de Gainsbourg période Anna) pour exprimer avec un humour teinté de désespoir ses maux d’amour, le tout porté par des mélodies diablement inspirées.

Musique

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