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CCQUEEN présente l’album Scavenger

Maxime Lopes Par Le samedi, 15 octobre 2022 à 08:30 1

Dans Culturel

Le groupe bordelais CCQUEEN prog rock alternatif dévoile l'album Scavenger, accompagné du clip Common Sense.

Scavenger - ccqueen

Fondé en 2015, le groupe de rock progressif et alternatif CCQUEEN revient après son EP «Nancy».
La sortie de leur album « Scavenger » est annoncée avec un clip le 7 septembre 2022 pour le single «Common Sense».
En collaboration avec l’artiste Grégory Dayon, CCQUEEN ouvre alors ses portes sur un univers psychédélique et mélancolique, mêlant des inspirations fortes comme Nick Cave, Iggy Pop ou encore All Them Witches, invitant à faire un voyage, à vivre une véritable expérience.

Interview

Qui se cache derrière le groupe CCQUEEN et comment s’est-il formé ?
L’aventure CCQUEEN a démarré en 2015. Sonakid (chanteur lead), après une longue période loin de la musique suite à certaines difficultés de la vie, a rencontré Puce (batteur) lors d’une soirée jam et alcool dans un studio. C’était la première fois que Sonakid remettait les mains sur une guitare et la bouche sur un micro depuis 6 ans. Dans la foulée, on a contacté Skinny Bob (guitariste) qui au départ s’est retrouvé à la basse avant de passer à la guitare avec l’arrivée de M-Ti (bassiste). Le groupe a bossé avec différents musiciens et différents instruments (et continue encore aujourd’hui) avant de se stabiliser sous cette forme solide. Sur les concerts et sur l’album, Amélie nous accompagne notamment au violoncelle et aux choeurs.
Daygor, le dessinateur fait aujourd’hui partie intégrante du groupe, mais je suppose qu’on en reparlera.

Pouvez-vous nous présenter l’album Scavenger et son univers ?
Scavenger signifie « charognard » en anglais. Deux morceaux de l’album portent ce titre et sont divisés en « part 1 » et « part 2 ». Il s’agit de la description et d’une mise en garde face aux personnes toxiques qui potentiellement ne payent pas de mine et pourtant peuvent ruiner des vies insidieusement. Scavenger part 1, morceaux sombre aux infra-basses puissantes et guitares acides, dresse le portrait de plusieurs personnages derrière des masques du quotidien. Scavenger part 2, dans un morceau piano-violoncelle met en garde une jeune femme contre ce prédateur qui plane très haut au dessus de sa tête mais qui lui tombera dessus au premier signe de faiblesse de sa part.
L’univers de l’album entier oscille entre le sombre et le clair et miroite de mille ambiguité. Parfois on interprètera clairement tel morceau comme traitant de ceci mais après ré-écoute on se demandera si finalement il ne traite pas d’autre-chose…
L’exemple dans Many Years : le mot anglais « chest » signifie à la fois « poitrine » et « meuble »… Quand l’amour y est rangé, la signification devient ambiguë…
Dans la vie, rien n’est jamais aussi simple que « I love you baby - Baby I love you »… Il y a toujours tout un panel d’incompréhension et d’interprétations subjectives.
L’album traite poétiquement de ces incertitudes.

Comment l’avez-vous composé et quelles ont été vos sources d’inspirations ?
Scavenger a été un accouchement long mais sans forceps, tout au naturel. Il a été composé de façon assez spontanée bien que la plupart des morceaux connaissent chacun entre 4 et 12 versions…
Il a fallu au préalable trier parmi une cinquantaine de morceaux de Sonakid. Ce process a pris une année entière en tête à tête avec Skinny Bob, puis les morceaux ont été digérés par le groupe jusqu’à un appropriation totale.
Cependant, certains morceaux sont à l’inverse, des improvisation presque inchangées; voir enregistrés et pressés en partie tels quels, en refaisant simplement les voix et agréments.
Les sources d’inspiration sont un sujet merdique car la réponse réside dans « tous les morceaux qui nous ont marqué dans nos vies »…
Habituellement on répond : David Bowie, Pink Floyd, Iggy Pop, Lou Reed, Nick Cave, All Them Witches, Archive, Alain Bashung… histoire de centrer sur une liste courte.

Quelle importance accordez-vous à l’histoire racontée dans votre album ?
Evidemment une importance fondamentale. Invariablement les morceaux narrent les difficultés émotionnelles et les sensibilités affectives des uns et des autres sous toutes leurs formes.
Difficultés personnelles ou universelles, vécues ou fictionnelles.
Le travail avec Daygor (dessinateur) a permis une construction plus complexe grâce à la mise en image des personnages, univers et symboliques complexes.
Le long travail entre l’esprit complexe de Sonakid et la talentueuse patience de Daygor a vu naître un bestiaire psycho-magique.
L’histoire résonne par le son et raisonne par l’image. Se plonger dans l’univers de CCQUEEN est fatalement plus complexe et introspectif qu’au premier abord.
C’est une question qui mériterait un long développement…

Quels sont vos choix sur le plan instrumental ?
CCQUEEN est un groupe de rock dans la lignée d’un Lou Reed : la plupart des morceaux n’excèdent pas trois accords pour leur structure. Pour autant ils sont complexes grâce à l’expertise de Skinny Bob entre autre.
Le basse-batterie de M-Ti et Puce se veut lourd pour ancrer l’auditeur dans le sol, tel un corps endormi pesant de tout son poids et les instruments de Skinny Bob et de Sonakid permettent de vivre l’expérience psychédélique dans les poussées oniriques, comme les vagues d’un rêve.
Les morceaux sont des montées inexorables, des pauses courtes parfois puis des montées encore plus hautes comme les rêves puissants que l’on fait la nuit lors de la phase de sommeil paradoxal.
Les instruments utilisés sont de beaux instruments (guitares Gretsch, basse Fender, batterie DW, clavier Crumar…) et d’autres sont parfois de simples objets du quotidien qui trainaient par là et dont la sonorité s’est parfois avérée salvatrice…

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
Nous avons la chance de posséder un studio qui nous sert à la fois de lieu de répétition et d’enregistrement.
La technologie moderne fait le reste.
La base a été faite en formule « groupe au complet » afin d’être au plus près de l’énergie, de la symbiose du groupe, puis le chant et les instruments additionnels ont été rajoutés à mesure de l’avancée et des choix artistiques.
Globalement il faut retenir que la base d’un bon travail préparatoire pour CCQUEEN c’est : de bonnes bouffes ensemble, souvent en famille, pour bien se marrer avant tout ! La part sombre est réservée à la création artistique en elle même (musique et visuels). C’est un exutoire !

Parlez-nous du titre « Common Sense » et de son clip…
C’est est une collaboration entre Daygor et Sonakid.
Le clip est parti d’un storyboard et d’un pêle-mêle de dessins nocturnes de Sonakid et une fois passé par le génie créatif et artisanal de Daygor, il a abouti à ce gros trip chamanique.
On avait besoin d’un clip afin d’exister en temps que « groupe moderne world-wide-web 2.0 ». On a réfléchi à une captation vidéo mais les idées impliquaient une trop grosse entreprise et what-mille dollars pour y arriver (peut-être plus tard si on devient de riches rockeurs ego-centriques héhé)… Le plus cohérent et fort pour nous a été de se dire: « en dessin tout est faisable, il faut juste avoir la patience et le talent », Daygor a justement ces deux qualités.
On a la chance d’avoir été sélectionnés dans un festival de courts-métrages et d’avoir reçu un titre honorifique « Winner Award of Merit » dans un festival californien (Best Shorts Competition) on a été retenus parmi plus de 1000 participants.
On attend en ce moment même les réponses d’autres festivals internationaux.

Que souhaitez-vous procurer au public avec l’album Scavenger ?
Un bonne dose d’émotion ! Personnellement je pense qu’il faut toujours aborder un morceau avec l’intention de toucher UNE personne. UNE personne c’est tout ce qui compte en définitive ! La seule personne à atteindre dans ses émotions c’est l’auditeur qui écoute CE morceau. On dit parfois que lorsque tu te te sens bien, tu ressens la musique et lorsque tu va mal, tu entends les paroles.
C‘est ça que l’on recherche. Participer à la vie quotidienne des inconnus qui nous écoutent en leur proposant un tremplin émotionnel. A titre personnel la musique m’a toujours accompagné dans les moments d’amour ou les moments les plus immensément tristes de ma vie. Parfois, même dans le silence, une mélodie revient à nos souvenirs.
J’aimerais un jour que quelqu'un nous contacte pour nous dire « notre premier baiser de couple était sur un morceau de CCQUEEN ». Ce jour-là sera un jour heureux pour moi. C’est d’ailleurs le thème du dernier morceau de l’album : « Delicious ». Un premier baiser dans un bar sur un morceau de JJ Cale. « When the love came to life on the sound of music played loud ».

Que peut-on savoir de l’artwork de l’album ?
Ce sujet est d’une grande complexité et mérite probablement un article entier tant c’est un travail de fourmi et un « work in progress » qui ne fait que commencer…
La plupart des détails ne sont pas le fruit du hasard et à terme ce travail donnera probablement vie à une expansion artistique de CCQUEEN.
Tout dépendra de la réceptivité des fans car tout ça est extrêmement chronophage et commence à nécessiter un certain budget puisqu’on est sur une auto-production à 100%…

Avez-vous une anecdote ou une indiscrétion à nous raconter ?
UNE SEULE ? ? ? HAHAHA
Voyons voir… Alcool ? Drogue ? Sexe ?… nan nan… pas aujourd’hui chéri j’ai la migraine…
Sur le morceau Anarchy One, on cherchait un son additionnel de percussion sourd et on ne savait pas dans quelle direction électronique chercher… La technologie actuelle est extraordinaire mais demande parfois certaines compétences qui nous dépassent souvent. Après quelques tentatives infructueuses qui sonnaient trop « synthétiques et industrielles », particulièrement pour un morceau qui parle d’anarchie comme un mouvement libérateur, on a opté pour un carton d’emballage (d’une grande marque allemande qui vend des instruments qui finissent par coûter les yeux de la tête….) dans lequel on a fourré un micro, on a pris la baguette matelassée d’un tambour chamanique sud-américain et POUM-POUM. En 5 minutes l’affaire était dans le sac.
J’aurais pu également choisir une anecdote implicant des… mais non… suivez-nous au long-cours on a assez d’histoires pour une longue soirée arrosée, on vous racontera.

Des concerts sont-ils prévus et que vous procure la scène ?
On espère que des tourneurs vont s’intéresser à nous car nous avons certains fantasmes…
Nous souhaiterions jouer « à l’internationale ». Aucune prétention ego-centrique de « devenir un groupe de renommée internationale » mais par contre nous souhaitons réaliser nos fantasmes d’adolescents mal grandis et « tourner à l’internationale ». CCQUEEN ON TOUR.
On sait que les anglo-saxons par exemple apprécient notre musique et ayant eu des expériences de vie que se soit en Angleterre ou aux Etats-Unis au sortir de l’adolescence pour certains membres du groupe, on souhaite tourner là-bas au moins une fois dans nos vie. Ou en Belgique/Pays-Bas/Allemagne par exemple.
Et s’il est permis de rêver : en Argentine ! parce que… et pourquoi-pas ?
La scène est un moment unique. Systématiquement unique. La scène c’est comme un câlin au lit : parfois on a été bon, d’autres fois moins, parfois l’alchimie était exceptionnelle et on se croit au sommet du monde et parfois on a baisé sans jouir… C’est jamais gagné d’avance. Avec l’expérience on apprend à donner et recevoir ce qu’il faut pour que ce soit bien et agréable. Mais on recherche le frisson de « l’instant total ». Sortir de scène et voir que des larmes ont coulé par exemple, c’est un moment indescriptible. Avoir quelqu’un qui vient vous voir pour vous dire « Je peux vous prendre dans mes bras un moment ? Vous m’avez procuré une émotion que je n’attendais pas … Ca c’est l’intérêt de la scène.
Se foutre à poil émotionnellement ou ne pas monter sur scène du tout. La seule chose qu’apporte l’expérience, comme en amour, c’est apprendre à doser pour une meilleure alchimie et éviter le crash quand ça prend pas autant qu’espéré…
Pour les dates, vous avez les réseaux sociaux. Ou bien vous pouvez nous contacter pour en discuter.

Quelle place occupe l’univers visuel sur scène  ?
Dans le cas de CCQUEEN, l’univers visuel prend une place centrale. L’image fait maintenant partie intégrante de la démarche artistique, au même niveau que le musique et le paroles.
On fait assez souvent des « concerts dessinés » ou Daygor dessine pendant qu’on joue. Dans ces moments-là, le groupe se met un peu en retrait scéniquement afin de laisser d’avantage de place aux dessins.
Lorsque on joue en « format concert », alors il y a des projections vidéos animées préparées en amont et redynamisées en direct à l’aide d’un logiciel de Vjaying sur lequel on planche à l’heure où je vous parle.
« Le son résonne et l’image raisonne »… Mais ça je l’ai déjà dit.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
« Le son résonne et l’image raisonne »… hahaha
Sinon : « Aimez-nous et je vous garantie que la tentative de réciprocité est toujours authentique ».
Namasté

Merci à CCQUEEN d'avoir répondu à notre interview !

CCQUEEN - Common Sense

Musique interview

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Commentaires

  • Martin H.

    1 Martin H. Le mardi, 18 octobre 2022

    Vu en concert il y a quelques semaines, c'était génial! Un concert vraiment à part et immersif avec les dessins. J'ai écouté l'album du coup et je reste convaincu que cet "univers" est différent! Un coup de coeur particulier pour la reprise de Basket Case de Green Day ainsi que pour Scavenger part 1. Bravo les gars
    A suivre!

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