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Boucan présente l'album Colère Mammouth

Maxime Lopes Par Le vendredi, 28 janvier 2022 à 08:25 0

Dans Culturel

Boucan présente l'album Colère Mammouth. Découvrez le boucan du mammouth de ce duo atypique !

Boucan (crédit Ariane Ruebrecht)

crédit photo : Ariane Ruebrecht

Né en live sur un mini album, “Premiers cris”, Boucan était Mathias Imbert (contrebasse), Brunoï Zarn (guitares, banjo) et Piero Pépin (trompette ). Une rencontre, une évidence en concert et des titres crus envoyés à John Parish qui produira leur premier album "Déborder".
Et puis vint 2020. Piero s’en va en février, la France est confinée en Mars et la colère devient mammouth.
Tout change. Il faut aller à l’essentiel. Bruno abandonne la guitare, il cherche un nouveau son. Le bidon. Une guitare à 4 cordes tirée sur une caisse qui se désaccorde au gré des émotions, c’est avec elle que s’ouvre “Tout ce qui ne vaut rien”, hymne à nos vies grains de sables qui filent entre nos mains, la voix poète de Mathias sur les choeurs de La Mòssa, quintet polyphonique, s’envole comme un cri d’enfant sur une berceuse de mère attentionnée. Car ce nouvel album n’est pas que Colère, il est aussi deuil. Du deuil de la trompette naît le chœur, le cri, une nouvelle vie.

Ce feu qui réchauffe les harmonies de Boucan, se déchaine d’un vent de l’est, Bruno cherche ses mots en guttural, yaourt en polonais, sa flamme vient aussi de l’Amérique, du désert de Tucson, mais aussi de l’Espagne. Il est banjo, il est trompette avec Nathanaël Renoux qui a remplacé Piero dans le Tigre des platanes, il est violon, avec Mathieu Werchowski, qui signe aussi la pochette du disque en collage. C’est d’ailleurs de cela qu’il s’agit, la musique s’écrit, ici, comme un collage, un clin d’oeil au reggae sur “Je sifflerai” alors que les guitares bidons s’enragent, on casse des cailloux Cayenne, sur “Prison” avec la voix magique de la chanteuse Jur, on hurle des choeurs de résistance, militants pudiques, sur “C’est un ordre”.

Que la mort nous fiche la paix ! Colère Mammouth, cherche la vie, la paix, même au milieu du pire des mois de novembre, il vacille de mélancolies, en espoirs, se termine en fanfare par “La Duende”, un grand boucan far west hispano polonais, où l’ivresse d’un Tom Waits tituberait dans un film d’Emir Kusturica. C’est d’ailleurs Oz Fritz compère de Tom Waits qui mixe l’album en Californie, les chats noirs et les chats blancs se retrouvent toujours quand tombe la nuit.

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre album Colère Mammouth et son univers ?
C’est un album qui arrive après différents bouleversements dans le groupe, la mort de Piero Pepin le trompettiste et le Covid qui a suivi, ce qui a eu pour effet de nous questionner sur la survie de Boucan et de la manière dont ça allait se passer. Il nous a semblé évident de continuer à deux et donc de ré-inventer notre musique, pour cela Mathias a pris des percussions aux pieds et Bruno a laissé ses guitares de côté pour n’utiliser que des guitares bidon et du banjo toujours. Ses nouvelles « contraintes » nous ont amené à notre nouveau Boucan, aux termes de répétitions acharnées.

Quelles ont été vos inspirations pour cet opus ?
C’est la vie qui nous inspire et tout ce qui en est fait son essence, la mort, l’amour, comme tout le monde et du fait de nos vies sociales quelque peu chamboulées, on a été sûrement amenés à plus trouver l’inspiration à l’intérieur de nous-même plutôt que dans le monde extérieur par écrans interposés.

Avez-vous été puiser des idées en pensant à certains pays ou certaines cultures ?
Inconsciemment oui, sûrement, on écoute toutes sortes de musique de toutes origines, donc forcément ça nous influence, après de quelle manière et à quel point, ce sera aux gens de nous le dire. Comme chacun a sa vision, du fait de sa personnalité, c’est toujours intéressant de savoir ce que les gens entendent et ressentent en t’écoutant. Parfois, on se découvre des influences inconnues et ça c’est chouette.

Dans quelles conditions avez-vous préparé cet album et le Covid-19 a-t-il impacté le projet ?
Cette période, qui est arrivé un mois après le départ de Piero, nous a permis de prendre le temps de se reconstruire, on s’est consacré à essayer, imaginer, composer. Quasiment tout l’album a été composé en quelques mois, comme un jet de peinture sur une toile blanche mais pas vierge, comme ça, sans réfléchir, on était dans l’instant. Vite, avancer.

Quand le mammouth est en colère, est-ce qu'il fait du Boucan ? D'ailleurs, d'où vient l'idée du mammouth...
Bien sûr qu’il fait du boucan, le mammouth quand il est en colère! On a plusieurs explications pour ce titre, comme la fonte du Permafrost qui fait ressurgir des milliers de mammouths du passé comme venus nous rappeler la colère ancestrale qui s’abat sur le monde, inexorablement.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental et comment se sont passés les enregistrements en studio ?
D’abord ce sont les instruments qui choisissent la musique, on a mis des percussions, beaucoup plus de voix, les bidons qui couinent, les banjos qui saturent, puis la musique s’est resserrée, a été plus directe semble-t-il.
Il fallait que les morceaux existent à deux sur scène. Après en studio, on a invité plein de copains musiciens, Laurent Paris, percussionniste sur 4 morceaux, les polyphonies de La Mòssa, Jur qui est venu chanter sur un morceau, l’orgue Hammond de Cédrick Maurer, puis on a fait un morceau à 12 musiciens en one shot avec presque tout ce beau monde plus les musiciens Tigre des Platanes ainsi que Mathieu Werchowski violoniste et Seb Cirotteau à la trompette. Un moment nécessaire qui clôt l’album et une étape de Boucan.
Tous ces moments d’enregistrements ont été forts et intenses.

Parlez nous du titre Oh Ma Lo' et de son clip...
Un morceau sur le départ, le manque, sur tout ce qui part en fumée en somme.

Que souhaitez-vous procurer au public avec l'album Colère Mammouth ?
L’envie de le ré-écouter.

Quels ont été vos choix sur l'artwork de l'album ?
C’est un collage de Mathieu Werchowski, « effusion », qui joue aussi du violon sur 2 titres. Permafrost, lave en fusion, colère mammouth, tout se tient, ça sent pas bon, quoi !

Des concerts sont-ils prévus et que représente la scène pour vous ?
La scène, c’est là où vivent les morceaux, où la musique prend son élan et tout son sens du fait de ce que nous renvoient les gens. Ce qu’on appelle vulgairement le spectacle vivant, pour des gens vivants, debout qui dansent avec le sourire pas uniquement dans les yeux.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Le nouveau Boucan est là, ce n’est qu’un début, continuons le combat...

Merci à Boucan d'avoir répondu à notre interview !

BOUCAN - Oh ma Lo' (scopitone #164)

Musique interview

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