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Benjamin Cotto dévoile l'EP Bleu

Maxime Lopes Par Le vendredi, 29 octobre 2021 à 08:39 0

Dans Culturel

Bleu est le premier EP solo de Benjamin Cotto. 35 ans. Cinq titres.

Benjamin Cotto (crédit Elisa Baudoin)

crédit photo : Elisa Baudoin

Il a tout fait : paroles et musiques. Spectres et refrains. Il a travaillé avec son ami, arrangeur et réalisateur, Giacomo Lecchi D'Alessandro. Antoine Gaillet et David Mestre, à la réalisation et au mix également conviés. Ce disque, il le travaille au corps et d l'âme depuis deux ans. Deux ans et toute une vie pour être tout d fait précis. "J'aime cette couleur, j'aime le bleu de la mer, du ciel, dans les yeux d'une femme. Et la plupart des femmes pour lesquelles rai écrit ces chansons ont les yeux bleus."

Benjamin Cotto n’ignore pas que c’est le chemin qui compte, que les chimères et le désir n’abdiquent jamais. Cette capacité à écrire des chansons à la fois ambitieuses et simples, lumineuses et crépusculaires, comme dans les années 70, est assez saisissante. Comme si Benjamin avait retrouvé la sauvagerie et la pureté de l’enfance, quand leslimites à l’imaginaire n’existent pas encore. Quand Lilly Wood and the Prick débutait... Benjamin a peut-être voulu se prouver, se (re)trouver. Sans filet et avec une certaine ferveur.
« Je voulais avoir à nouveau les mains dans le cambouis, faire tout tout seul. Me mettre en danger. Comme aux débuts de Lilly Wood, quand on créait dans cette chambre de bonne. Retrouver une spontanéité, une instantanéité. »
Grave et beau. Anecdotique et éternel. « Bleu » offre un autre tempo, un autre rythme, une autre temporalité. À l’opposé de la peur et de l’accélération de particules que la société actuelle offre comme unique échappatoire à ses locataires.
Et même si Benjamin Cotto a creusé ses entrailles et un certain passé, la nostalgie n’est ici presque qu’une excuse. Ce n’est vraiment pas un disque rétroviseur. C’est un disque d’horizon. Furieusement vivant, un disque de l’instant. Entre velours et aube nacrée. Une proximité s’installe sans attendre. “Le Grand Bleu”, premier single, accompagné d’un court-métrage réalisé par Benjamin, prend par la main. C’est un voyage immobile, un trip jamais acide, une déambulation d’éclipse. Dans “Bleu”, il est moins question de dauphins que de sirènes, d’auto-fiction que d’épopées des sentiments. D’apnée que de cœurs en quête. Chez Cotto, la musique est au centre de tout. Son nombril est un passage, jamais un terminus. Il y a des ponts, des introductions, des envolées, des fins, des thèmes, des strates, des choses qu’on pensait réservées à un illustre passé. Et puis, dans ce disque, il y a le cinéma.
Benjamin est de ces hommes qui ont besoin de vivre une histoire pour pouvoir ensuite la raconter, avec des notes ou des images. Provocation. Narration. Incarnation.
Il reconnaît être un flâneur. C’est ainsi qu’il convoque les muses, qu’il ravive ce qui n’est plus.
Il déambule, dans les rues et les souvenirs. Il croise les époques et les sentiments. Un disque assurément très proustien. Il cultive ce rapport quasiment accidentel à la création et c’est heureux. Ses chansons n’en sont que plus belles, indomptables, accueillantes, magiques.
Profondes et aériennes. Paradoxales, comme toutes les bonnes chansons. Il y a des peintres que des montagnes, des villes, des fleurs obsèdent. Chez Benjamin Cotto, sur ce disque, ce sont les femmes, indéniablement. Ellessont plusieurs à chanter à ses côtés : Marine Quéméré, Margaux De Fouchier, Manon Leloup, Sarah Bouakline Le Scouarnec...
Dans le court-métrage “Le Grand bleu”, il y a deux actrices, Lou Lampros et Marie-Ange Casta. Cette chanson, c’était un peu un fantasme. Ces deux filles-là, Benjamin les a aimées et désirées et les a mélangées pour qu'elles ne fassent plus qu’une seule personne.
Rive”, c’est le souvenir d’une ex, avec qui Benjamin marchait dans les rues de Paris. Une fille qu’il trouvait sublime. “Depuis Que Tu n’es Plus Là”, Benjamin le reconnaît volontiers, est un hommage à Barbara. Encore une histoire amoureuse. Les souvenirs, d’un été peut-être... “Tu Danses” plonge avec délice dans l’italo-disco ! Benjamin est dans une boîte de nuit et observe intensément une femme. Mi-groove mi-lubrique, impeccable !
Toutes ces chansons, c’est d’abord au piano que Benjamin Cotto les a façonnées. Sur un Wurlitzer qu’il a acheté pour l’occasion. Benjamin Cotto est un admirable collectionneur de fantômes. Et il y a sa voix. Grave et secrète, celle d’un ogre et d’un conteur. Une voix mythologique. Force et faiblesse mêlées. Il parle-chante, talk-over. Ce n’est pas un énième disque troupier de post-crooner au narcisse brûlé, non, mais bel et bien plutôt celui d’un homme qui préfère les songes, l’élégance, l’amour quand il ne triche pas, quitte à chialer des larmes de sang.
On tourne les pages de « Bleu ». On plonge sans crainte.

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre EP Bleu et son univers (la place des femmes, choix du titre,...) ?
Ce sont des chansons qui racontent des histoires d'amour, teintées de mélancolie, de brefs souvenirs et de femmes qui m'entourent, amantes, amies, mère.
Le bleu est une couleur aux multiples facettes, on y trouve tous les sentiments, c'est une couleur aussi profonde que légère elle peut évoquer tant le bleu de la mer et le bleu du ciel que le bleu des yeux d'une femme.

Qu'est ce qui vous a donné l'envie de vous lancer dans un projet solo ici ?
L'envie de mettre des mots sur des sentiments, de prolonger ou cristalliser certaines histoires, et de partager une autre culture musicale que celle partagée avec Lilly Wood And The Prick.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental et que peut-on savoir de l'instrument Wurlitzer que vous avez utilisé ?
J'ai rapidement choisi de travailler avec le Wurlitzer afin de changer ma façon d'écrire, il m'a permis d'aller autre part, et de définir un son, un son rétro avec toutes les références que comporte sa musicalité et de stimuler mon écrire romantique.
Je trouve que son son est proche de celui des vagues lorsque nous sommes en pleine mer sur un bateau à voiles.

Comment avez-vous travaillé avec Giacomo Lecchi D’Alessandro sur cet opus ? Est-il possible de connaître les conditions d'enregistrement en studio ?
Giacomo est une personne très talentueuse qui m'a encouragé dès le début à écrire et faire confiance à ma voix.
On a travaillé à 4 mains, j'arrivais chez lui et je me mettais à son piano et je lui jouais mes nouvelles chansons, ensuite nous allions dans sa toute petite cave dans le 10ème arrondissement de Paris commencer à arranger les chansons.
Je me souviens lui avoir offert une flûte traversière pour son anniversaire et lui avoir dit en septembre je veux de la flute sur mon album, je rentre de vacances et il savait jouer de la flûte ;)

Parlez nous du titre Le grand bleu et de son clip en forme de court métrage... Pourquoi avoir voulu faire un court métrage pour ce titre ?
Pour moi il était plus qu'important de tout de suite developper mon univers, le son est indissociable de l'image et la musique du cinéma.
J'aime tout autant le cinéma que la musique, j'ai décidé de réaliser ce court-métrage/clip et d'y injecter le plus possible de références cinématographiques, La Piscine, Plein Soleil, de travailler au maximum les plans de caméras, mouvements, mais aussi le stylisme, les décors etc..

Une anecdote ou une indiscrétion à nous partager sur l'EP Bleu ?
J'attends de savoir si certaines femmes vont se reconnaître dans mes chansons ;)

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Un poème de Paul Eluard
L'Amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens
Elle a la forme de mes mains
Elle a la couleur de mes yeux
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire
Parler sans avoir rien à dire
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse
L'amoureuse

Merci à Benjamin Cotto d'avoir répondu à notre interview !
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Benjamin Cotto - Le Grand Bleu (court-métrage)

Musique interview

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