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BD Bruxelles 43 : la vie à Bruxelles pendant l'occupation allemande

Avec la BD Bruxelles 43, découvrez la vie à Bruxelles sous le joug Allemand ! Nous avons eu l'occasion d'échanger avec le dessinateur Baudouin Deville, alors que le projet est plébiscité par les internautes.

Bd Bruxelles 43

Bruxelles 43 : le pitch de la BD

Bruxelles, 1960. Revenue du Congo, Kathleen aide sa mère à ranger son grenier. Elle y découvre une enveloppe contenant de nombreuses planches de bande-dessinée, destinées à la presse clandestine et qui dénonçait l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale.

1943, Kathleen avait 12 ans. Bruxelles est occupée par les Allemands. La jeune fille ne comprend pas grand-chose à la guerre. Son père, Fernand, tient un kiosque à journaux, Place de Brouckère. Il est passionné de bande-dessinée.

Un dimanche de juin, Bob, un dessinateur, ami de Fernand, lui montre ses strips de BD. Des histoires corrosives à l’encontre d’Hitler, qu’il tente de faire publier dans un journal de la Résistance. Bob se sait surveillé.

L’atmosphère devient de plus en plus irrespirable à Bruxelles. Les rafles anti-juifs et les bombardements se multiplient. L'amitié entre 3 enfants va vaciller...

Interview de Baudouin Deville

Pourquoi avoir voulu faire une bande dessinée sur l'occupation allemande de Bruxelles et qu'est ce qui vous a motivé sur l'année 1943 en particulier ?
Bruxelles 43 s’inscrit dans une préoccupation large de retracer l’histoire de la Belgique au travers des aventures fictionnesque d’une jeune femme, tour à tour hôtesse d’accueil à l’Expo 58 puis hôtesse de l’air à la Sabena avant de la voir occuper d’autres fonctions dans les albums qui suivront. Nous avons choisi 1943 comme thème du 3ème album pour raconter un pan important de l’histoire de notre pays à savoir l’occupation allemande et ses conséquences sur la vie quotidienne des Belges. Pour ce faire, nous avons rajeuni notre héroïne (qui aura donc 12 ans) et en faisons un témoin privilégié de cette période. Cette collection d’albums (chaque album est auto-conclusif) s’inscrit sur une ligne du temps (Tome 1 : 1958, tome 2 : 1960, tome 3 : 1943, tome 4 : 1967, etc.)

Avez-vous réalisé des recherches documentaires pour coller au mieux sur le récit historique ?
Enormément comme pour tous les albums. Retracer une époque demande une large documentation (mode, véhicules, architecture, etc), rencontre et interview de témoins de manière à coller au mieux à l’époque. Recherche dans les bibliothèques, sur le net. Prise de vues sur les sites. Notre scénariste, Patrick Weber est journaliste, scénariste et est en plus, historien, donnant là une réelle crédibilité à nos récits.

Est-ce qu'il y a un évènement particulier qui vous a marqué dans la capitale belge à ce moment là ?
Le bombardement de 1943 sur Bruxelles qui, à cause d’une erreur de visées des bombardiers alliés, a provoqué la mort de nombreux civils et la démolition de tout un quartier. Nous retraçons d’ailleurs cet épisode douloureux dans Bruxelles 43.

Quelle place occupait la bande dessinée en Belgique pendant la 2nde guerre mondiale et l'occupation allemande ?
Il y avait plusieurs journaux de BD publié à cette époque : Bravo, Spirou, etc. Il y avait aussi Le petit Vingtième, le supplément hebdomadaire du journal Belge Le Vingtième. Le rédacteur en chef du Petit Vingtième était Hergé et y a crée Tintin. Le journal de Spirou a été crée en 1938 et fut censuré en 43 pendant la guerre par l’occupant. Donc beaucoup de créateurs à cette époque dont un certain nombres iront un temps derrière les barreaux, à la libération, pour avoir travaillé durant l’occupation sur des supports contrôlés par les autorités allemandes.

L'histoire se déroule en 1960, le Congo (colonisé alors par la Belgique) devient indépendant. Comment cette partie de l'histoire s'intègrera dans la BD Bruxelles 43 ?
Léopoldville 60 se déroule dans l’ex-Congo Belge. Nous avons donc quitté le site de l’Exposition Universelle de Bruxelles 58, thème du premier album pour rejoindre la colonie Belge où Kathleen percevra la fin des illusions des Colons, incapables de comprendre qu’une époque se termine. Ce qui réunit toutes ces histoires, c’est l’héroïne Kathleen. Chaque histoire/livre est auto-conclusif et non pas une suite nécessairement du précédent. Kathleen a travaillé à l’Expo puis est partie au Congo, n’ayant plus de travail. C’est plus un parcours de vie.

Peut-on en savoir plus sur le personnage principal de la bande dessinée : Kathleen ?
On pourrait écrire un roman sur elle… Jeune fille effacée au début de Sourire 58, je dirais même un peu naïve, elle va progressivement s’affirmer. Nantie d’un bon caractère, elle est le témoin privilégié d’une époque. Son père est libraire et sa mère travaille dans un grand magasin à Bruxelles. Kathleen est une jeune fille moderne, ouverte et curieuse du monde. Aventureuse dans l’âme, détestant les trahisons. Une jeune fille de son époque qui verra progressivement la condition des femmes évoluer au XXème siècle. Elle s’affranchira du mode de vie dépassé de ses parents et s’affirmera comme une jeune femme libre et indépendante.

Comment réalisez-vous les dessins ?
La technique est hybride. Une fois le scénario reçu, je réalise un storyboard sommaire fixant le découpage et le nombre de vignettes par planche. recherches et croquis sur des feuilles séparées puis report des croquis définitifs sur la planche proprement dite. Les crayonnés sont retravaillés puis encrés (plume et pinceau, encre de Chine). La planche a un format de 32 x 43,5 cm. Scanning puis réduction au format de parution de l’album. généralement, je « chipote » encore beaucoup la planche scannée, rajoutant ici et là un élément ou en supprimant d’autres. Travail à la tablette graphique pour ce faire. Puis envoi du fichier à ma coloriste, Bérengère Marquebreucq.

Quels sont vos choix sur l'impression et le papier utilisé ?
Je laisse ce choix à mon éditeur, Nicolas Anspach qui a un soucis de qualité et qui prend de beaux papiers couchés satinés, restituant parfaitement le dessin et la couleur.

Qu'est ce qui vous a motivé à réaliser un financement participatif ?
Nous produisons des grands albums couteux de 64 pages (52 pages de BD + un dossier de 8 pages retraçant le cadre historique). Le financement participatif permet aux Editions Anspach de payer à leur juste valeur le travail des auteurs et de la coloriste ; ainsi que d’accompagner la publication de l’album par différentes actions marketing.

Bruxelles 43 a connu un bon démarrage sur le crowdfounding, comment vous expliquez-vous que le public s'intéresse autant à la BD historique ?
Il y a pas mal d’albums historiques mais notre série a connu un réel succès, trustant le top des ventes en Belgique pour le T1 et le T2. Nous ne partons pas de zéro. La série commence à s’ancrer et nous bénéficions d’une excellente distribution même si la maison d’édition n’a que 2 ans d’âge. Le crowdfunding a très bien fonctionné puisque l’objectif est pratiquement atteint en une semaine ! Il y a peu de projet capable d’une telle réussite et d’un financement aussi rapide. Je crois que nous avons une belle crédibilité auprès du public et que la « ligne claire » intéresse toujours autant le public. Nous soignons nos albums et nous avons un soucis de les améliorer de titre en titre. Je crois que nos lecteurs s’en aperçoivent ! Les éditions Anspach prennent progressivement leur place sur le marché. Son fondateur est ambitieux et ne met pas la charrue avant les boeufs ! Peu d’albums mais de qualité !

En quoi les éditions Anspach vous aident dans votre projet ?
Je travaille étroitement avec mon éditeur et nous concevons ensemble la communication. Nicolas Anspach agit aussi comme « éditeur » de mes albums et assure un suivi et une critique constructive, aussi bien sur le scénario que le dessin. Il se charge aussi de prendre des contacts et de négocier les droits. Sourire 58 a été optionné par un acteur audiovisuel majeur pour une adaptation en film ou série.

En quoi le devoir de mémoire est-il important pour vous et des échanges avec des élèves dans des établissements scolaires vous intéresserait-il ?
Le devoir de mémoire est évidemment un but aussi poursuivi par Bruxelles 43. Période sombre qu’on espère ne jamais revoir. Pour le tome 2 (Léopoldville 60), nous avons fait une animation dans une école. L’enseignant a saisi l’opportunité de la sortie de l’album pour l’intégrer dans ses cours afin de parler de la question coloniale belge à ses élèves.
Il est probable que nous parlerons aussi de l’occupation. C’est assurément intéressant mais mon temps est limité à ce propos !

Quand la BD Bruxelles 43 sera disponible et des rencontres avec les lecteurs sont prévues ?
Sortie : octobre 2020
Nous faisons un grand nombre de séances de dédicaces en Belgique francphone et flamande et en France à la sortie (Fnac, librairies spécialisées, festivals, etc.). La liste sera affichée sur la page Facebook des éditions Anspach ou sur la mienne (Baudouin Deville).


Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Passionnant métier mais harassant ! 1% d’inspiration et 99% de transpiration !, comme disait le grand Franquin ! Mais quel bonheur et quelle fierté de voir ces livres derrière moi, mes compagnons de voyage !

Merci à Baudouin Deville d'avoir répondu à notre interview !

A propos du dessinateur Baudouin Deville

Né à Liège (Belgique), Baudouin Deville est titulaire d'un graduat économique (EPHEC). Il a suivi une formation de graphiste et d'illustrateur à l'Académie des Beaux-Arts de Saint Gilles (Bruxelles) et au CAD (College of Advertising & Design (Bruxelles).

A propos du scénariste Patrick Weber

Patrick Weber est né à Bruxelles. Après des études d’Histoire de l’art et d’Archéologie, il se dirige vers une carrière de journaliste. Il publie des romans historiques et des bandes dessinées. Passionné depuis toujours par l’histoire royale, il a écrit de nombreux ouvrages sur le sujet. Il devient chroniqueur royal.

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